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EAN : 9782070205844
424 pages
Gallimard (26/10/1966)
3.91/5   69 notes
Résumé :
Le héros de ce roman, Mose Herzog, professeur âgé de quarante-sept ans, jouissant d'une certaine renommée dans l'université où il enseignait, est abandonné par sa seconde femme, Madeleine.

Il s'isole dans la maison de campagne du Massachusetts qu'il a habité dans les premiers temps de son mariage, et traverse une grave crise nerveuse. Au bord de la folie, Mose Herzog se met à écrire des lettres à sa famille, à des collègues, aux membres du gouvernemen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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michemuche
  06 juin 2015
Moses. E. Herzog, professeur, homme lettré, chercheur, deux fois divorcé, deux enfants.
Moses est un homme inquiet, sa vie est un perpétuel questionnement.
Sa deuxième femme Madeleine lui fait des misères.
Madame Herzog va avoir une relation avec le meilleur ami de Moses, Valentin Gersbach.
Que faire quand votre femme vous met à la rue avec interdiction d'approcher le domicile conjugal ?
Herzog va écrire des lettres, une sorte d'exutoire, il écrit aux psys, aux avocats, à ces ex-femmes, à ces amis et collègues, même Nietzsche aura sa lettre.
Entre écriture et introspection Herzog va tout faire pour garder le contact avec ses enfants June et Marco.
Une dernière chose qui a son importance, Herzog est juif.
Tout au long de ma lecture, un visage s'offrait à moi, celle de Woody Allen, même stéréotype du juif américain empêtré dans ses questions existentielles, sa relation avec les femmes, sa santé mental, son appartenance à la communauté juive .... comme d'ailleurs le personnage de Philip Roth "Nathan Zuckerman ".
Saul Bellow était un érudit, un fin lettré je dirais même un amoureux de la littérature française, citant Proudhon, Condorcet, ou Rousseau.
Ce roman n'est pas facile, je me suis souvent égaré dans la pensée de Saul Bellow, mais quel bonheur quel raffinement que cette écriture.
Je ne crois pas me tromper en disant que le roman " Herzog " m'a fait découvrir une autre dimension dans la littérature, c'est comme une porte fermée avec l'inconnu derrière.
Amateur de philosophie et de folie, vous qui aimez les défis, l'effort cérébral, ce livre est pour vous.
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MarianneL
  26 avril 2013
Avec Herzog, ce roman exceptionnel publié en 1964, d'une incroyable modernité par son propos et son style, Saul Bellow a dû inspirer beaucoup d'auteurs, Woody Allen, Philip Roth, et les frères Coen entre autres.
Il nous fait ici pénétrer – comme à l'aide d'un scanner - dans l'esprit et les émotions de Moses Herzog, érudit spécialiste de l'histoire des idées, ancien professeur d'université, que Madeleine sa deuxième femme a quitté pour Valentin Gerbasch, son ami à la jambe de bois, et néanmoins orateur flamboyant et sans complexes.
Déprimé d'avoir été abandonné, enragé d'avoir été manipulé, exalté, doté d'une mémoire exceptionnelle mais manquant totalement de sens pratique, en proie à des impulsions et des émotions qui le submergent, Herzog oscille en permanence entre force et faiblesse, acceptation et esprit de vengeance, ambition folle [d'améliorer la condition de l'humanité avec ses idées] et désolation face à son impuissance, euphorie [d'une nuit passée avec Ramona, sa maîtresse au corps superbe] et dépression, gardant [toujours] une conscience aigüe de la dimension comique du quotidien.
Dans cette période de sa vie où tout semble se dilater, comme exutoire des observations et émotions très violentes qui l'envahissent, Herzog ne cesse de composer des lettres, imaginaires ou réelles, pour lui-même, pour ses proches, pour des personnes qu'il a croisées, pour les médias, des hommes politiques, des philosophes, des scientifiques jusqu'à Dieu.
Ainsi, le récit est extraordinaire car il ne cesse de mêler dans une trame unique les pensées intimes d'Herzog et ses idées sur la conduite du monde, l'intérieur et l'extérieur.
« Notre civilisation est une civilisation bourgeoise. Je n'emploie pas ce terme dans son sens marxiste. -Trouillard !- Dans le vocabulaire de l'art moderne et de la religion d'aujourd'hui il est bourgeois de considérer que l'univers a été créé pour que nous l'utilisions en toute sécurité et pour nous donner confort, bien-être et soutien. La lumière voyage à trois cent mille kilomètres par seconde pour que nous puissions voir pour nous peigner les cheveux ou pour lire dans le journal que le jambonneau est moins cher qu'hier. Tocqueville considérait le mouvement vers le bien-être comme une des plus fortes tendances d'une société démocratique. On ne peut le blâmer d'avoir sous-estimé les forces destructrices engendrées par cette même tendance. -Il faut que tu aies perdu la tête pour écrire au Times comme ça ! Il y a des millions d'amers voltairiens dont l'âme est pleine de furieuses satires et qui cherchent sans cesse le mot le plus mordant, le plus venimeux. Au lieu de cela, pauvre imbécile, tu pourrais envoyer un poème. »
Le charme et l'intérêt du roman tiennent enfin aussi au cadre très présent par l'acuité des observations d'Herzog, comme une ode à New-York, à Chicago et à la maison de campagne dans laquelle celui-ci se réfugie, et à la période d'expansion des années soixante dont Saul Bellow et Herzog perçoivent les limites et les dérives avec une lucidité folle, comme s'ils étaient déjà les hommes d'un monde d'avant.
« Dans le taxi qui traversait les rues brûlantes où s'entassaient les immeubles de brique et de pierre, Herzog se tenait à la poignée et ses grands yeux contemplaient New-York. Les formes carrées, loin d'être inertes, étaient vivantes, elles lui donnaient un sentiment de mouvement inéluctable, presque d'intimité. Dans une certaine mesure, il avait l'impression de faire partie de tout cela – des chambres, des magasins, des caves – et en même temps il percevait le danger de ces multiples excitations. »
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Mermed
  26 mai 2022
Le héros de 43 ans, personnage principal roman le plus connu de Saul Bellow est absurde. Moses E. Herzog croit en la raison, mais souffre d'une crise nerveuse perpétuelle, suite à l'échec de son deuxième mariage, qui le conduit au bord du suicide. Il déplore la vogue actuelle de l'éthique de crise, des renaissances dionysiaques et des apocalypses palpitantes, mais est professionnellement un historien intellectuel du mouvement romantique qui voyage avec un volume de poche des poèmes de Blake dans sa valise.
C'est un citadin de Montréal qui a passé la majeure partie de sa vie à Chicago et à New York, mais la seule chose qu'il possède est une ferme délabrée dans une zone dépeuplée des Berkshires. Il croit que "la fraternité est ce qui rend un homme humain", mais il a été cocu par son meilleur ami et est devenu un homme à une époque où six millions de ses compatriotes juifs ont été exterminés par les nazis et leurs alliés.
Sa mission sur są terre, il la voit comme "un grand fardeau destructeur d'individualité et de développement personnel", il sait de quoi il parle lui qui a échoué en tant que père, amant, mari, écrivain, universitaire et il fait face chaque jour et chaque nuit à la possibilité que son psychisme soit envahi par les processus d'auto-désintégration d'une véritable psychose.
Herzog est un grand livre parce qu'il a de grands personnages. D'abord, Herzog lui-même. Il erre, distrait, charmeur et nerveux, une sorte d'Oblomov intellectuel en cavale, un Pierre Bezhukhov du siècle thermonucléaire. Il revisite en imagination les scènes de ses mariages brisés, de sa carrière brisée, de son enfance. Il disparaît de New York, se présente à Vineyard Haven, s'envole pour Chicago, où, arme à la main, il aperçoit par une fenêtre l'amant de son ex-femme baignant la propre petite fille d'Herzog et se rend compte qu'il ne pourra jamais saisir la logique rapide de l'assassin.
Enfin, il revient à la ferme du Massachusetts où des hiboux se perchent sur les poteaux de son ancien lit conjugal et où la cuvette des toilettes contient de minuscules squelettes d'oiseaux. Tout au long de son cheminement mental et physique, il a composé des lettres - à des amis et des ennemis, des rivaux professionnels et des collègues, au général Eisenhower et Friedrich Nietzsche, à sa seconde épouse Madeleine, à une femme nommée Wanda avec qui il a eu une brève liaison pendant une tournée de conférences parrainée par la fondation dans les pays du rideau de fer.
Les lettres sont grincheuses, brillantes, poignantes et, bien sûr, elles ne sont jamais envoyées. Le livre, entièrement composé dans la tonalité de la voix et de la conscience d'Herzog, se tait. Mais nous savons que sa voix, malgré sa sauvagerie, son étrangeté et sa folie, est la voix d'une civilisation, notre civilisation.
Le livre réserve ses critiques les plus acerbes à ceux - et on les trouve sans doute aussi bien parmi les hommes publics que parmi les théologiens et les artistes - qui tentent de faire face homéopathiquement à la menace de violence sous laquelle nous vivons tous en cultivant une attitude analogue, une violence imaginaire ou un désespoir intempérant. 
Comme le dit Moses E. Herzog :
'Nous aimons trop les apocalypses... et l'extrémisme fleuri avec son langage palpitant. J'ai eu toute la monstruosité que je voulais.'
Lien : http://holophernes.over-blog..
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Roggy
  02 mars 2015
Je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle entre Moses Herzog et Ignatius Reilly dans La conjuration des imbéciles…
Tous les deux sont des esprits brillants, développés mais très perturbés, qui traversent une grande crise nerveuse et décident d'écrire des lettres pour exaucer leur mal-être…
Herzog, dans une déferlante d'idées plus ou moins classées, nous entraîne dans un tohu-bohu de pensées mal cousues mais définitivement brillantes. Il défend ses idées et ses idéaux avec une logique pertinente et constante. Il s'accorde la mission de penseur des progrès de la civilisation et constitue une sorte de biographie spirituelle.
Dans ce fatras qui inonde les pages sans crier gare, fusionnent des pensées sur la religion juive, le rôle de la femme dans les années 60 et les difficultés des relations amoureuses.
Sa propre histoire malheureuse avec une femme le plonge dans le plus grand désespoir et précipite la spirale de sa dégringolade.
C'est extrêmement disparate et l'enchevêtrement des destinataires de ses lettres écrites ou simplement imaginées donne parfois le tournis. L'intelligence de l'écriture de Saul Below, figure importante de la littérature américaine et Prix Nobel de littérature en 1976, en vaut le détour !
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SBys
  02 août 2014
Pour moi, ce fut une réelle découverte. C'est un roman d'une intelligence déconcertante; un récit fin, lucide et vif. Un type, Herzog, n'arrête pas d'écrire des lettres à presque n'importe qui. À des proches bien sûr, mais aussi au président des États-Unis, à Heidegger, même à Spinoza et j'en passe. La vie s'entremêle à ses observations minutieuses qui s'écrivent au fil de sa pensée. Il se trouve donc toujours à prendre des notes pour ses lettres à venir. Il donne envie de se mettre devant son ordinateur et d'entreprendre des correspondances avec tout le monde; d'émettre des opinions sur tout.
Herzog est surtout attachant.Cet intellectuel, voire érudit, en bave avec sa vie sentimentale: deux femmes, deux divorces, un enfant à chaque fois. Pour faire plaisir à sa deuxième femme, il dilapide l'héritage familiale pour acheter une maison qui tient à peine de bout, en pleine campagne, évidemment, retour à la nature oblige. Cette même femme s'ennuie et le quitte avec son meilleur ami. Il retourne à Chicago chez des amis qui trouvent qu'il a mauvaise mine. Chacun, comme il peut, tente de le remettre sur pied, mais Herzog ne voit pas que ça cloche, si, mais fait comme si tout allait bien. Ça chauffe dans la tête de ce Herzog, et tant mieux, car ça nous fait suivre des pistes théoriques fantastiques, qui partent dans tous les sens, sans aucune limitation. C'est comme en période d'insomnie où l'imagination s'excite et frétille.
On peut le mettre dans la même lignée que Philip Roth, intellectuel, juif, new yorkais, mais pour Roth, personnellement, je suis incapable, mais il a bien un lien. C'est d'ailleurs lui qui signe la préface. Pour l'anecdote, l'écrivain espagnol Vila-Matas disait à quel point il détestait Philip Roth car il ne fait qu'imiter Saul Bellow! L'original, c'est toujours mieux… ou peut-être, seulement, être original!
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critiques presse (1)
Bibliobs   04 août 2014
Si Woody Allen avait été moins névrosé et plus psychotique, il aurait écrit «Herzog».
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   02 mars 2015
Mais que peuvent faire les humanistes et les penseurs sinon s'efforcer de trouver les termes appropriés? Prends mon cas, par exemple. J'ai écrit pêle-mêle des lettres partout. Encore des mots. Je cherche à saisir la réalité par le langage. Peut-être que j'aimerais changer tout en langage, contraindre Madeleine et Gersbach à avoir une Conscience. Voilà un terme pour toi. Je m'évertue sans doute à maintenir toutes les tensions sans lesquelles les humains ne peuvent plus être appelés des humains. S'ils ne souffrent pas, ils m'échappent. Et j'ai inondé le monde de lettres afin d'empêcher leur fuite. Je les veux sous leur forme humaine, si bien que je crée tout un environnement dans lequel je les enferme. Je mets tout mon cœur dans ces constructions. Mais ce ne sont que des constructions.
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DravotDravot   20 octobre 2014
Reprenant son examen de conscience, il admit qu'il avait été un mauvais mari - - par deux fois. Daisy, sa première femme, il l'avait traitée de façon ignoble. Quant à Madeleine, sa seconde, elle avait tenté de l'éliminer. Pour son fils et sa fille, il était un père aimant mais un mauvais père. Pour ses parents, il avait été un fils ingrat. Pour son pays, un citoyen indifférent. Pour ses frères et sa sœur, affectueux mais distant. Avec ses amis, égotiste.Avec l'amour, paresseux. Avec l'éclat, terne. Avec le pouvoir, passif. Avec son âme, évasif.
Satisfait, de sa sévérité, positivement ravi de la dureté et de la rigueur factuelle de son jugement, il s'étira sur le canapé, les bras jetés derrière lui, les jambes allongées mollement.
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michemuchemichemuche   26 mai 2015
Dans chaque communauté il existe une catégorie de gens infiniment dangereux pour les autres. Je ne parle pas des criminels. Pour eux, nous avons des sanctions. je parle des dirigeants. Les gens les plus dangereux aspirent invariablement au pouvoir.
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Nastasia-BNastasia-B   12 octobre 2013
Non, je suis content d'être débarrassé d'elle. Je ne la méprise même plus guère. Et elle peut garder tout ce qu'elle m'a escroqué, grand bien lui en fasse. Elle a dû mettre mon argent de côté. Parfait ! Qu'elle le garde avec ma bénédiction. Bénie soit la garce ! Bonne chance et adieu.
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enkidu_enkidu_   08 juillet 2017
‘’Depuis Hiroshima (et Mr. Truman traite d’âmes sensibles ceux qui critiquent sa décision de bombarder Hiroshima), la vie dans les pays civilisés (parce qu’ils survivent grâce à l’équilibre de la terreur) repose sur le risque. C’est ce qu’affirme le Dr. Strawforth. Mais ensuite, il compare la vie humaine au capital-risque dans la finance. Quelle idée ! Les grosses entreprises ne prennent pas de risque comme l’a montré la récente enquête sur les constitutions de stock.

J’aimerais attirer votre attention sur l’une des prophéties de Tocqueville. Il croyait que les démocraties modernes engendreraient moins de crimes et davantage de vices individuels. Peut-être aurait-il dû écrire moins de crimes individuels et davantage de crimes collectifs. Justement, le crime collectif ou organisé a surtout pour objet de réduire le risque. Certes, je sais que ce n’est pas une sinécure que de gérer les affaires de cette planète et ses milliards d’habitants. Le chiffre est lui-même une manière de miracle qui rend obsolète notre pragmatisme. Peu d’intellectuels ont compris quels sont les principes sociaux qui régissent cette transformation quantitative.

Notre civilisation est une civilisation bourgeoise. Je n’emploie pas ce terme dans son sens marxiste.’’

Dégonflé !

‘’Dans le vocabulaire de l’art moderne et de la religion, il est bourgeois de penser que l’univers a été créé pour nous et notre sécurité, pour nous fournir confort, bien-être et soutien. La lumière voyage à trois cent mille kilomètres par seconde afin que nous puissions voir pour nous coiffer ou lire dans le journal que le prix du jambonneau a baissé par rapport à hier. Tocqueville considérait la quête du bien-être comme l’un des éléments moteurs d’une société démocratique. On ne peut pas le blâmer d’avoir sous-estimé la force de destruction générée par ce même élément moteur.’’

Tu dois avoir perdu la tête pour écrire des trucs pareils au Times !
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Vidéo de Saul Bellow
Dans "Les Nétanyahou", l'écrivain américain Joshua Cohen revient sur un épisode anecdotique de l'enfance de "Bibi" Netanyahou : le recrutement du père dans une université américaine. Une anecdote métaphorique questionnant le sionisme et l'identité juive-américaine avec humour.
Dans ce nouvel ouvrage inspiré de faits réels, l'héritier de la tradition littéraire juive-américaine de Saul Bellow et Philip Roth recouvre la réalité d'un voile de fiction. le critique littéraire Harold Bloom — dont les souvenirs inspirent le roman — devient Ruben Blum, un historien américaniste spécialiste de la taxation. Avec son épouse Edith et leur fille Judith, les Blum forment une famille américaine moyenne d'origine juive mais ayant délaissé le traditionalisme religieux pour l'académisme et la modernité. Exit les fêtes religieuses passées au temple, place à la télévision en couleurs et au réfrigérateur. Une famille presque parfaitement assimilée.
Or le livre s'ouvre sur le rappel désagréable qu'ils ne le sont pas tout à fait. Ruben Blum devra accueillir un aspirant-professeur venu d'Israël, un certain Ben-Zion Netanyahou, au seul prétexte qu'il est le seul Juif de son université. le plongeon dans les recherches de Ben-Zion Netanyahou est un moyen pour Joshua Cohen d'évoquer l'histoire du sionisme et ses courants variés. Notamment le "sionisme révisionniste" de Ben-Zion qui, plus tard, inspira la politique d'un certain Benyamin Netanyahou, aux commandes d'Israël pendant douze ans.
Puis, dans la deuxième moitié du livre, la rencontre entre les Blum et les "Yahou" donne à voir un choc des cultures entre les Juifs d'Israël et les Juifs de la diaspora américaine — une occasion de plus pour sonder l'identité particulière des juifs-américains.
A mi-chemin entre le roman de campus et le roman historique, Joshua Cohen creuse sa page d'une encre humoristique corrosive et terriblement actuelle. Et ce alors que "Bibi" Netanyahou ne quittait le poste de premier ministre qu'en juin 2021, après un règne ayant porté le sionisme révisionniste à son apogée.
Olivia Gesbert invite à sa table l'auteur Joshua Cohen pour présenter son dernier livre.
#JoshuaCohen #Netanyahou #Littérature _____________
Prenez place à La Grande Table pour rencontrer d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture, ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrpsBVAaqJ_sANguhpPukaiT ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie
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