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ISBN : 2070205843
Éditeur : Gallimard (26/10/1966)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Le héros de ce roman, Mose Herzog, professeur âgé de quarante-sept ans, jouissant d'une certaine renommée dans l'université où il enseignait, est abandonné par sa seconde femme, Madeleine.

Il s'isole dans la maison de campagne du Massachusetts qu'il a habité dans les premiers temps de son mariage, et traverse une grave crise nerveuse. Au bord de la folie, Mose Herzog se met à écrire des lettres à sa famille, à des collègues, aux membres du gouvernemen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  06 juin 2015
Moses. E. Herzog, professeur, homme lettré, chercheur, deux fois divorcé, deux enfants.
Moses est un homme inquiet, sa vie est un perpétuel questionnement.
Sa deuxième femme Madeleine lui fait des misères.
Madame Herzog va avoir une relation avec le meilleur ami de Moses, Valentin Gersbach.
Que faire quand votre femme vous met à la rue avec interdiction d'approcher le domicile conjugal ?
Herzog va écrire des lettres, une sorte d'exutoire, il écrit aux psys, aux avocats, à ces ex-femmes, à ces amis et collègues, même Nietzsche aura sa lettre.
Entre écriture et introspection Herzog va tout faire pour garder le contact avec ses enfants June et Marco.
Une dernière chose qui a son importance, Herzog est juif.
Tout au long de ma lecture, un visage s'offrait à moi, celle de Woody Allen, même stéréotype du juif américain empêtré dans ses questions existentielles, sa relation avec les femmes, sa santé mental, son appartenance à la communauté juive .... comme d'ailleurs le personnage de Philip Roth "Nathan Zuckerman ".
Saul Bellow était un érudit, un fin lettré je dirais même un amoureux de la littérature française, citant Proudhon, Condorcet, ou Rousseau.
Ce roman n'est pas facile, je me suis souvent égaré dans la pensée de Saul Bellow, mais quel bonheur quel raffinement que cette écriture.
Je ne crois pas me tromper en disant que le roman " Herzog " m'a fait découvrir une autre dimension dans la littérature, c'est comme une porte fermée avec l'inconnu derrière.
Amateur de philosophie et de folie, vous qui aimez les défis, l'effort cérébral, ce livre est pour vous.
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Charybde7
  26 avril 2013
Avec Herzog, ce roman exceptionnel publié en 1964, d'une incroyable modernité par son propos et son style, Saul Bellow a dû inspirer beaucoup d'auteurs, Woody Allen, Philip Roth, et les frères Coen entre autres.
Il nous fait ici pénétrer – comme à l'aide d'un scanner - dans l'esprit et les émotions de Moses Herzog, érudit spécialiste de l'histoire des idées, ancien professeur d'université, que Madeleine sa deuxième femme a quitté pour Valentin Gerbasch, son ami à la jambe de bois, et néanmoins orateur flamboyant et sans complexes.
Déprimé d'avoir été abandonné, enragé d'avoir été manipulé, exalté, doté d'une mémoire exceptionnelle mais manquant totalement de sens pratique, en proie à des impulsions et des émotions qui le submergent, Herzog oscille en permanence entre force et faiblesse, acceptation et esprit de vengeance, ambition folle [d'améliorer la condition de l'humanité avec ses idées] et désolation face à son impuissance, euphorie [d'une nuit passée avec Ramona, sa maîtresse au corps superbe] et dépression, gardant [toujours] une conscience aigüe de la dimension comique du quotidien.
Dans cette période de sa vie où tout semble se dilater, comme exutoire des observations et émotions très violentes qui l'envahissent, Herzog ne cesse de composer des lettres, imaginaires ou réelles, pour lui-même, pour ses proches, pour des personnes qu'il a croisées, pour les médias, des hommes politiques, des philosophes, des scientifiques jusqu'à Dieu.
Ainsi, le récit est extraordinaire car il ne cesse de mêler dans une trame unique les pensées intimes d'Herzog et ses idées sur la conduite du monde, l'intérieur et l'extérieur.
« Notre civilisation est une civilisation bourgeoise. Je n'emploie pas ce terme dans son sens marxiste. -Trouillard !- Dans le vocabulaire de l'art moderne et de la religion d'aujourd'hui il est bourgeois de considérer que l'univers a été créé pour que nous l'utilisions en toute sécurité et pour nous donner confort, bien-être et soutien. La lumière voyage à trois cent mille kilomètres par seconde pour que nous puissions voir pour nous peigner les cheveux ou pour lire dans le journal que le jambonneau est moins cher qu'hier. Tocqueville considérait le mouvement vers le bien-être comme une des plus fortes tendances d'une société démocratique. On ne peut le blâmer d'avoir sous-estimé les forces destructrices engendrées par cette même tendance. -Il faut que tu aies perdu la tête pour écrire au Times comme ça ! Il y a des millions d'amers voltairiens dont l'âme est pleine de furieuses satires et qui cherchent sans cesse le mot le plus mordant, le plus venimeux. Au lieu de cela, pauvre imbécile, tu pourrais envoyer un poème. »
Le charme et l'intérêt du roman tiennent enfin aussi au cadre très présent par l'acuité des observations d'Herzog, comme une ode à New-York, à Chicago et à la maison de campagne dans laquelle celui-ci se réfugie, et à la période d'expansion des années soixante dont Saul Bellow et Herzog perçoivent les limites et les dérives avec une lucidité folle, comme s'ils étaient déjà les hommes d'un monde d'avant.
« Dans le taxi qui traversait les rues brûlantes où s'entassaient les immeubles de brique et de pierre, Herzog se tenait à la poignée et ses grands yeux contemplaient New-York. Les formes carrées, loin d'être inertes, étaient vivantes, elles lui donnaient un sentiment de mouvement inéluctable, presque d'intimité. Dans une certaine mesure, il avait l'impression de faire partie de tout cela – des chambres, des magasins, des caves – et en même temps il percevait le danger de ces multiples excitations. »
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Roggy
  02 mars 2015
Je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle entre Moses Herzog et Ignatius Reilly dans La conjuration des imbéciles…
Tous les deux sont des esprits brillants, développés mais très perturbés, qui traversent une grande crise nerveuse et décident d'écrire des lettres pour exaucer leur mal-être…
Herzog, dans une déferlante d'idées plus ou moins classées, nous entraîne dans un tohu-bohu de pensées mal cousues mais définitivement brillantes. Il défend ses idées et ses idéaux avec une logique pertinente et constante. Il s'accorde la mission de penseur des progrès de la civilisation et constitue une sorte de biographie spirituelle.
Dans ce fatras qui inonde les pages sans crier gare, fusionnent des pensées sur la religion juive, le rôle de la femme dans les années 60 et les difficultés des relations amoureuses.
Sa propre histoire malheureuse avec une femme le plonge dans le plus grand désespoir et précipite la spirale de sa dégringolade.
C'est extrêmement disparate et l'enchevêtrement des destinataires de ses lettres écrites ou simplement imaginées donne parfois le tournis. L'intelligence de l'écriture de Saul Below, figure importante de la littérature américaine et Prix Nobel de littérature en 1976, en vaut le détour !
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SBys
  02 août 2014
Pour moi, ce fut une réelle découverte. C'est un roman d'une intelligence déconcertante; un récit fin, lucide et vif. Un type, Herzog, n'arrête pas d'écrire des lettres à presque n'importe qui. À des proches bien sûr, mais aussi au président des États-Unis, à Heidegger, même à Spinoza et j'en passe. La vie s'entremêle à ses observations minutieuses qui s'écrivent au fil de sa pensée. Il se trouve donc toujours à prendre des notes pour ses lettres à venir. Il donne envie de se mettre devant son ordinateur et d'entreprendre des correspondances avec tout le monde; d'émettre des opinions sur tout.
Herzog est surtout attachant.Cet intellectuel, voire érudit, en bave avec sa vie sentimentale: deux femmes, deux divorces, un enfant à chaque fois. Pour faire plaisir à sa deuxième femme, il dilapide l'héritage familiale pour acheter une maison qui tient à peine de bout, en pleine campagne, évidemment, retour à la nature oblige. Cette même femme s'ennuie et le quitte avec son meilleur ami. Il retourne à Chicago chez des amis qui trouvent qu'il a mauvaise mine. Chacun, comme il peut, tente de le remettre sur pied, mais Herzog ne voit pas que ça cloche, si, mais fait comme si tout allait bien. Ça chauffe dans la tête de ce Herzog, et tant mieux, car ça nous fait suivre des pistes théoriques fantastiques, qui partent dans tous les sens, sans aucune limitation. C'est comme en période d'insomnie où l'imagination s'excite et frétille.
On peut le mettre dans la même lignée que Philip Roth, intellectuel, juif, new yorkais, mais pour Roth, personnellement, je suis incapable, mais il a bien un lien. C'est d'ailleurs lui qui signe la préface. Pour l'anecdote, l'écrivain espagnol Vila-Matas disait à quel point il détestait Philip Roth car il ne fait qu'imiter Saul Bellow! L'original, c'est toujours mieux… ou peut-être, seulement, être original!
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Corboland78
  26 mai 2014
Saul Bellow (1915-2005) est un écrivain canadien-américain fils d'immigrés juifs-russes, élevé à l'école de la rue mais universitaire de carrière, notamment à Chicago. Saul Bellow a obtenu trois fois le National Book Award, pour Les Aventures d'Augie March (1953), Herzog (1964) et La Planète de M. Sammler (1969). Il reçut le prix international de littérature en 1965 et le prix Nobel de littérature en 1976. Cinq fois divorcé, l'écrivain vivait entre le Vermont et Boston, remarié à une ex-étudiante de trente ans sa cadette, lorsqu'il décède en 2005.
Moses Herzog, universitaire à l'approche de la cinquantaine, vient de se faire quitter par Madeleine, sa seconde épouse pour se mettre en ménage avec son amant, le meilleur ami de Moses. Herzog sombre alors dans la déprime et se met à rédiger des lettres ressassant ses griefs – qui ne seront jamais postées - à un peu tout le monde, de Nietzsche à Dieu, à des hommes politiques ou à lui-même. « Peut-être que j'ai perdu l'esprit, mais ça ne me dérange pas, songea Moses Herzog. » Les lettres vont faire ressurgir des souvenirs, proches ou lointains mêlés au présent et nous allons voir défiler une foule de personnages, Daisy sa première femme dont il a eu un fils Marco, Madeleine la seconde avec laquelle il a engendré Junie sa fille dont il voudrait récupérer la garde, Ramona sa maîtresse actuelle, sa famille, son psychiatre, son avocat…
Roman dense et touffu, narration et lettres écrites par Herzog s'interpénètrent, personnages multiples déclenchant des digressions à n'en plus finir d'où la longueur du roman. J'ai parfois (souvent ?) râlé in petto contre cette histoire interminable, mais pourtant, impossible de lâcher le bouquin ; il n'y a aucun suspense mais l'écriture et son rythme m'ont bercé jusqu'à l'épilogue. de la relative indifférence du début je suis passé à l'intérêt pour le sort de cet Herzog qui finalement n'est pas un mauvais bougre mais un homme un peu paumé dans un monde qui lui échappe au point qu'il en arrive à s'interroger « Ce qui l'ennuyait, pourtant, c'est qu'elle ne le reconnaissait pas comme américain. Ca le blessait ! Qu'était-il d'autre ? A l'armée, ses camarades aussi l'avaient considéré comme un étranger. » Finalement, après s'être longuement débattu avec ses démons intérieurs, quand le roman s'achève, Moses Herzog revient dans la maison de campagne du Massachusetts qu'il a habitée dans les premiers temps de son mariage avec Madeleine, il paraît avoir retrouvé une sorte de sérénité, « Ce qui l'avait possédé au cours de ces derniers mois, cet envoûtement, il semblait sur le point d'en être délivré pour de bon.»
Saul Bellow confie à Moses Herzog des éléments de sa propre vie, le juif-russe passant par le Canada ou le père bootlegger distillant son alcool. Sans vouloir faire de comparaison – ce qui serait faux ou nous entrainerait trop loin – le roman rappelle l'univers d'un Philip Roth ou d'autres écrivains juifs américains (qualificatif que Roth renierait – mais comme il ne me lira pas…) : le héros est un intellectuel tourmenté « Tu es le vrai, l'authentique exemple du Juif qui creuse jusqu'au fond des émotions », le sexe et les femmes difficiles à comprendre, le psychiatre, les maladies etc. Pour le confort, on regrettera que cette édition n'offre pas un court lexique yiddish en fin d'ouvrage.
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critiques presse (1)
Bibliobs   04 août 2014
Si Woody Allen avait été moins névrosé et plus psychotique, il aurait écrit «Herzog».
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   02 mars 2015
Mais que peuvent faire les humanistes et les penseurs sinon s'efforcer de trouver les termes appropriés? Prends mon cas, par exemple. J'ai écrit pêle-mêle des lettres partout. Encore des mots. Je cherche à saisir la réalité par le langage. Peut-être que j'aimerais changer tout en langage, contraindre Madeleine et Gersbach à avoir une Conscience. Voilà un terme pour toi. Je m'évertue sans doute à maintenir toutes les tensions sans lesquelles les humains ne peuvent plus être appelés des humains. S'ils ne souffrent pas, ils m'échappent. Et j'ai inondé le monde de lettres afin d'empêcher leur fuite. Je les veux sous leur forme humaine, si bien que je crée tout un environnement dans lequel je les enferme. Je mets tout mon cœur dans ces constructions. Mais ce ne sont que des constructions.
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DravotDravot   20 octobre 2014
Reprenant son examen de conscience, il admit qu'il avait été un mauvais mari - - par deux fois. Daisy, sa première femme, il l'avait traitée de façon ignoble. Quant à Madeleine, sa seconde, elle avait tenté de l'éliminer. Pour son fils et sa fille, il était un père aimant mais un mauvais père. Pour ses parents, il avait été un fils ingrat. Pour son pays, un citoyen indifférent. Pour ses frères et sa sœur, affectueux mais distant. Avec ses amis, égotiste.Avec l'amour, paresseux. Avec l'éclat, terne. Avec le pouvoir, passif. Avec son âme, évasif.
Satisfait, de sa sévérité, positivement ravi de la dureté et de la rigueur factuelle de son jugement, il s'étira sur le canapé, les bras jetés derrière lui, les jambes allongées mollement.
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michemuchemichemuche   26 mai 2015
Dans chaque communauté il existe une catégorie de gens infiniment dangereux pour les autres. Je ne parle pas des criminels. Pour eux, nous avons des sanctions. je parle des dirigeants. Les gens les plus dangereux aspirent invariablement au pouvoir.
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Nastasia-BNastasia-B   12 octobre 2013
Non, je suis content d'être débarrassé d'elle. Je ne la méprise même plus guère. Et elle peut garder tout ce qu'elle m'a escroqué, grand bien lui en fasse. Elle a dû mettre mon argent de côté. Parfait ! Qu'elle le garde avec ma bénédiction. Bénie soit la garce ! Bonne chance et adieu.
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michemuchemichemuche   01 juin 2015
- Mais Mady - tu connais mes sentiments....
- Tes sentiments ? Epargne-moi tes platitudes sur les sentiments. Je n'y crois pas. Je crois en dieu - au péché - à la mort - alors ne vient pas me débiter tes conneries sur les sentiments.
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