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EAN : 9791031200712
131 pages
Editions Ateliers Henry Dougier (07/04/2022)
3.79/5   12 notes
Résumé :
Peintre de La Famille de Charles IV et graveur des Désastres de la guerre, homme d'affaires âpre au gain ou romantique hanté par le néant, libéral réformiste ou opportuniste prudent, artiste engagé ou fantasque, patriote espagnol né en Aragon ou universaliste des Lumières mort exilé en France, qui fut vraiment Goya ? Pourquoi le Tres de mayo, qui est aujourd'hui le tableau le plus célèbre du peintre et même peut-être du musée du Prado, a-t-il été méprisé lors de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Je découvre cette collection avec un vif intérêt et ne m'arrêterai pas à la lecture de ce roman. L'idée est qu' en " mêlant récit romanesque et enquête historique, chaque auteur raconte la véritable saga d'une oeuvre en la mettant en scène à son époque. "
Ici il s'agit du Très de mayo,de Goya, mais d'autres oeuvres du Maestro sont évoquées elles aussi car il est difficile de dissocier le peintre,l'homme, de ses oeuvres.
Le petit fils de Goya,Mariano,la soixantaine, se rend en 1869 au cimetière des chartreux de Bordeaux afin d'exhumer son grand père et le rapatrier en Espagne afin de lui rendre l'hommage qui lui est dû après quarante ans de délaissement. Les choses ne se passent pas comme prévu, les démarches diplomatiques s'annoncent longues et Mariano repart à Madrid sans le corps de son abuelito mais en emportant son âme et son essence ! Il a,en effet, trouvé sous ses os et ses vêtements, un carnet qui se révèle être le journal de la vie de Goya. Dans ce journal il s'adresse d'abord à son ami Zapater, puis à Mariano qui vient de naître. On va ainsi suivre les heures de gloire de l'artiste mais aussi ses tensions avec le pouvoir. On découvre un homme sensible,très perméable au regard porté sur lui,tiraillé aussi par le besoin de produire pour entretenir sa famille et son désir d'envoyer au diable certains de ces grands hommes ! Goya se révèle comme un grand amoureux et ses peintures en parlent elles aussi. Mais, on comprend surtout comment et à quel point il a été choqué,meurtri,terrorisé par l'absurdité et l'extrême violence de la guerre . Commandée par le général Murât les français vont mener une guerre de cinq ans aux espagnols. Les 2 et 3 mai 1808 écrasent l'insurrection espagnole dans un bain de sang qui se grave à tout jamais dans l'histoire collective et aussi dans le coeur de Goya. Ce n'est que six ans plus tard qu'il trouvera la force de peindre ces deux fameux tableaux : la charge des mamelouks et le Très de mayo. Il a aussi,en 1809,créé une série de gravures pour dénoncer les désastres de la guerre. Il veut que ces oeuvres horrifient ceux qui les contempleront. Elles doivent choquer et remplir d'effroi afin de dénoncer définitivement ce que la guerre fait aux hommes en les sortant de l'humanité, en les transformant en monstres.
J'ai eu la chance d'admirer ces tableaux au Prado et il est vrai qu'il est difficile de détacher le regard de la force qu'ils expriment et de l'émotion qu'ils procurent.
Votre souhait est atteint Maestro,car votre message deux siècles plus tard vibre toujours!
C'est un grand merci que j'adresse à Babelio et aux Ateliers Herry Dougler pour ce beau moment de lecture. Je n'oublie pas non plus de de féliciter Sophie Doudet,l'autrice de ce roman qui a su parfaitement allier fiction et réalité historique pour nous offrir un roman, non seulement très instructif mais aussi empreint de l'émotion nécessaire pour approcher au plus près ce grand peintre dans ses ambivalence,ses doutes et ses valeurs.
Comme je suis très gourmande, je regrette cependant que le sujet ne soit pas davantage développé, mais c'est peut-être une consigne de cette collection d'être sur des romans assez cours ?
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Voilà ce qu'écrit Goya dans ce journal imaginaire qui sert de trame à ce nouveau volume qui vient rejoindre la série très réussie "le roman d'un chef d'oeuvre"

"Voici à peu près ce qu'il s'est passé.
Tout a commencé le 2 mai, au petit matin, lorsque le peuple a appris que Napoléon avait donné l'ordre d'évacuer les derniers membres de la famille royale vers Bayonne où ils sont tous rassemblés. Cela fait un mois, en effet, qu'il a « invité » en sa résidence basque Godoy, Marie-Louise et Charles IV pour négocier la succession du roi. Et Ferdinand, alléché par le pouvoir, a fini par venir, lui aussi, en espérant tirer le meilleur parti du partage du gâteau. C'est de l'Espagne qu'il s'agit ! Il a été évidemment retenu prisonnier : pauvres imbéciles qui pensent que l'ogre français ne veut pas régner seul dans le pays. Bref, qu'ils s'entre-déchirent, pourquoi pas. Bon débarras, même… nous connaîtrons bien assez tôt le nouveau maître de l'Espagne. Et nous avons compris hier qu'il ne parlera pas castillan.

Or, pour prendre le pouvoir, il ne faut plus d'héritier légitime en Espagne. Donc Napoléon a mandé Marie-Louise et François de Paule, les deux derniers infants présents à Madrid. Il a recommandé la discrétion mais voilà que le petit prince résiste au moment de monter dans son carrosse ! Il éclate en pleurs et crie qu'il ne veut pas quitter son pays. Il hurle tant et si bien qu'il attire l'attention des domestiques et du petit peuple qui passe derrière les grilles du palais. Une femme proteste qu'on enlève François de Paule et on entoure la calèche. On retient l'enfant. le ton monte avec la garde qui prend peur et tire sur la foule. Aussitôt, tous se dispersent et appellent à la révolte dans les rues alentour. En quelques minutes, Madrid s'embrase et le peuple déchaîné s'attaque à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un Français. Les mamelouks de Murat, qui défilaient depuis quelques jours en ville, chargent la foule qui, armée de couteaux, de piques et de fusils, leur résiste âprement. Les cavaliers sont pris en étau par la populace enragée qui coupe les jarrets des montures, jette à terre les soldats et égorge, transperce, en un mot massacre l'étranger. le sang coule bientôt dans tout Madrid car le peuple ivre de rage traque les soldats en fuite, fouille les maisons et finit même par tuer des Espagnols soupçonnés d'être favorables aux Français. Rien ne semble avoir été prémédité. Hier encore, les Madrilènes saluaient bas Murat et ses troupes ! Mais une étincelle, un cri d'enfant a allumé l'incendie et a libéré une immense colère aveugle et sauvage.

Hélas, Murat a vite réagi en mobilisant les dix mille hommes qui stationnaient dans la capitale et tout autour…

Le jour qui a suivi, le 3 mai, hier, est celui de la passion du peuple madrilène et du pays tout entier. C'est aussi la déclaration de la guerre entre les Français et nous. Avec méthode, Murat a organisé une répression abominable. Quartier par quartier, rue par rue, maison par maison, ses hommes ont tout ratissé, traqué les insurgés jusque dans les caves et les greniers et quand ils les ont trouvés… certains ont été, dit-on, jugés, mais la plupart ont été exécutés sur place ! Toute personne qui portait un couteau sur elle était coupable. Ceux des insurgés qui s'étaient réfugiés autour de la Puerta del Sol et des églises, ceux qui avaient tenté de sortir de la ville ont été acculés par les Français et fusillés en masse. Par fournées, les hommes attendaient la mort et leurs corps tombaient sur ceux encore chauds et sanglants de leurs camarades tués quelques minutes plus tôt ! Ils ont tous vu la mort des autres avant d'affronter la leur ! Comment est-ce possible ? Comment des hommes ont-ils pu faire cela à des hommes, des frères ? Des ruisseaux de sang baignaient la terre, les prêtres priaient, suppliaient, pleuraient. En vain ! Les barbares ont fait leur office monstrueux jusqu'au petit matin, éclairés par de sordides lanternes. Les fusils ne se sont tus qu'à l'aube, lorsqu'il ne resta plus aucun rebelle vivant.

Murat a écrasé l'insurrection mais on dit que l'alcalde de Móstoles a paru sur le balcon de la mairie et a déclaré la guerre. Jamais le 3 mai ne sera oublié et déjà, dans toute l'Espagne, la colère s'étend comme une traînée de poudre. La révolte a déjà gagné Oviedo et Valence, elle descend vers l'Andalousie…
Ce matin, avec les insurgés du 3 mai c'est la paix qui a été exécutée.
[...] Je tourne dans mon atelier comme un lion en cage. Moratín m'a dit qu'il faudrait peindre tout cela. Mais comment oser prendre encore un crayon face à un tel massacre ? Comment colorer une toile quand la nuit tombe sur l'Espagne ?
Faudra-t-il que je trempe mon pinceau dans le sang ? "

On connaît ces 2 tableaux" Dos de mayo" et surtout le "Tres de mayo". Ces deux tableaux considérés aujourd'hui comme les plus célèbres de Goya. Mais leur histoire surtout celle du second est moins connue.
Et c'est ce mystère que nous propose de remonter l'auteur.
Et c'est une réussite, utilisant comme vecteur un journal intime imaginaire.
On y retrouve les angoisses du peintre, les choix picturaux qu'il s'apprête à faire
Un tableau pratiquement sans horizon, mais tout en horizontalité,
Un tableau sombre mais pas sans éclat tel celui de la chemise blanche ou celui de la lanterne ;
Un tableau dont les trois personnages symbolisant la révolte, la prière et le sacrifice s'abîmeront dans le sang.
"C'est l'Espagne qui est exécutée en jaune, noir et rouge."

Cela se lit très vite, on découvre où redécouvre l'oeuvre de Goya, car au-delà de ces 2 tableaux les livres de cette collection nous poussent à en apprendre plus sur les artistes, leurs oeuvres et les contextes dans lesquels chacun est né.
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Bonsoir,
Vous connaissez cette fabuleuse collection des ateliers henry dougier « le roman d'un chef d'oeuvre », je vous en ai déjà parlé plusieurs fois car je l'adore. J'ai lu « La mort en face selon Goya » de Sophie Doudet . Comme d'habitude on se plonge dans l'histoire à l'époque de la création du tableau et si certains éléments sont avérés, d'autres relèvent de la fiction mais le tout forme quelque chose de formidable. Là je suis allée en Espagne dans les années 1800 et j'ai suivi le petit fils de Goya à la recherche des tableaux historiques faits par son grand père les deux et trois mai. Il découvre lors de l'exhumation du corps de son grand-père pour le rapatrier en Espagne, un carnet vert, qui est une espèce de journal intime. J'ai adoré comme toujours même si au départ le titre et le tableau ne faisaient pas parties de mes premiers choix.
Quatrième de couv. Mêlant récit romanesque et enquête historique, chaque auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre.
Peintre de la Famille de Charles IV et graveur des Désastres de la guerre, homme d'affaires âpre au gain ou romantique hanté par le néant, libéral réformiste ou opportuniste prudent, artiste engagé ou fantasque, patriote espagnol né en Aragon ou universaliste des Lumières mort exilé en France, qui fut vraiment Goya ? Pourquoi le Tres de mayo, qui est aujourd'hui le tableau le plus célèbre du peintre et même peut-être du musée du Prado, a-t-il été méprisé lors de sa création en 1814 puis oublié pendant plus de quarante ans ? Comment ce tableau historique, qui évoque l'écrasement de l'insurrection espagnole en 1808, est-il devenu, à l'instar du Guernica de Picasso, l'accusation absolue de la guerre ?
La vie et l'oeuvre de Goya sont une énigme ; et ce sont des réponses que Mariano Goya est venu chercher, un matin de juin 1869, au coeur du cimetière des Chartreux de Bordeaux, face à la tombe de son illustre grand-père. Sous la dalle, au milieu des os, un journal intime attend de faire entendre enfin la voix d'outre-tombe.
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J'ai reçu ce livre grâce à l‘opération masse critique de Babelio.
Et c'est une très belle découverte de cette collection « le roman d'un chef d'oeuvre »
Ici, nous suivons le petit-fils de Goya, Mariano, qui retrouve un carnet de son grand-père dans lequel ce dernier décrit la période de guerre civile qui a déchiré l'Espagne à son époque.
Mariano découvre ainsi la correspondance de Goya avec son ami Zapater où il décrit sa vie, les commandes de tableau qu'il reçoit, notamment de la part de la famille royale espagnole.
Goya s'adresse également dans son carnet à son petit-fils, encore tout jeune enfant, et regrette qu'il soit né dans une période si troublée pour l'Espagne.
Goya décrit enfin la réalisation de deux tableaux, Dos de Mayo et Tres de Mayo, qu'il a peint pour témoigner de cette insurrection du peuple espagnol et de sa répression. Or, le Tres de Mayo est inconnu. Mariano part donc à la recherche de ce tableau, auprès du conservateur du musée du Prado.

Ce roman est très intéressant car il replace dans le contexte la réalisation de ce tableau très connu. Il permet d'apprendre la suite des événements historiques par le récit de Goya, ce qui est donc facile à lire.
Dans le carnet, Goya décrit également les émotions qu'il a voulu faire passer dans ce tableau.

Ce qui m'a plu dans ce roman est la facilité de lecture. J'ai aussi aimé l'édition qui propose une image du tableau sur un pan de la couverture intérieure du livre et un détail du tableau sur l'autre. Cela permet de s'y référer facilement. C'est un moyen de découvrir un peintre, une oeuvre mais également le contexte historique dans lequel a été réalisée l'oeuvre. C'est très intéressant.
Pendant toute la lecture, je me suis sans cesse demandé ce qui était vrai de ce qui avait été inventé. Et en dernière page, l'auteur détaille et donne les réponses.

Je ne connaissais pas cette collection et ce premier ouvrage m'a donné envie d'en lire d'autres !
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Dernier livre de Janvier et sélection masse critique de Babelio.com .
Une série de livre intéressante et passionnante.
Dans ce dernier livre on revit les tristes événements de la guerre en Espagne et plus particulièrement El très de mayo 1808. (3 mai 1908)
Ce fameux tableau de Goya..
On y découvre un pan de la vie de ce célèbre peintre...
Merci à Babelio.com et a l'éditeur @atelier henri dougier pour cet envoi ..
Une collection à decouvrir...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Alors je les peins tous dans leur comédie de la puissance, de la famille et de la richesse. Ils parlent devant moi comme si j’étais transparent. Et c’est en quelque sorte ce que je suis puisque je suis leur serviteur. Un domestique plus talentueux que les autres : une sorte de magicien qui adoucit les visages jusqu’à les rendre non seulement supportables mais beaux, dignes et parfois émouvants. Un magicien qui arrondit les bras des vieilles et rosit leur chair grise pour la rendre désirable. Un magicien qui fait de la misère humaine un rêve de grandeur et d’éternité.
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Alors je fais comme souvent : je me dédouble. Le bon serviteur, sourd comme un pot, obéit et déploie sa palette de pastels pour célébrer l’allégorie de la ville, tandis que le vieil homme hanté et solitaire se fabrique des exorcismes la nuit tombée. J’ai bien réfléchi : il n’y a pas de couleurs dans la nature mais seulement de la lumière qui se pose différemment sur le monde, le caresse ou le gifle.
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Vidéo de Sophie Doudet
Animé par la fougue de l'écriture, André Malraux pénètre finalement dans l'univers politique au côté du général De Gaulle, qui lui offre en 1959 le premier poste de ministre des Affaires culturelles.
Comment expliquer alors la carrière politique de Malraux qui chercha à rendre accessibles les oeuvres capitales de l'humanité au plus grand nombre en mettant notamment en place les Maisons de la culture pour déconcentrer la culture en France ? Peut-on choisir entre l'action culturelle et l'éducation populaire ?
Pour parler tour à tour de la figure littéraire et politique, Olivia Gesbert reçoit Sophie Doudet, maîtresse de conférences en littérature française et Aurélie Filippeti, ancienne ministre de la Culture et directrice des Affaires culturelles de la Ville de Paris depuis novembre 2022.
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