AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2221239946
Éditeur : Robert Laffont (21/02/2019)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 70 notes)
Résumé :
A chaque fois qu'elle débarque à l'hôpital, un bras cassé ou le visage tuméfié, elle prétend être tombée dans l'escalier ou s'être cognée à une porte. Aucun médecin n'est dupe à cause de son haleine empestant l'alcool. Ce que personne ne soupçonne, c'est que le mari si attentionné est le seul responsable de ces brutalités. L'histoire pathétique d'un couple irlandais par un jeune romancier dont plusieurs livres ont été portés à l'écran.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
pyrouette
  02 février 2014
J'ai lu l'histoire de Paula comme un témoignage. L'auteur écrit à la première personne du singulier et on oublie complètement que c'est un homme qui raconte le calvaire de cette femme. Il a réussi à se glisser dans la peau de Paula d'une manière bluffante et subtile. Ce jour-là un jeune policier vient annoncer la mort du mari de Paula. Il a tué une femme, il a été abattu par les guards. Cette nouvelle va plonger Paula dans ses souvenirs depuis sa tendre enfance. Une enfance mitigée puisque ses deux soeurs n'ont pas du tout les mêmes souvenirs du père. La rencontre avec son mari puis dix-sept ans de violence arrosés d'alcoolisme pour supporter le tout dans l'indifférence générale des médecins, de sa famille et même la joie qu'elle lira dans les yeux de son propre père. Quatre enfants plus tard, je ne compte pas le cinquième tué à coups de pieds dans le ventre de sa mère… Une survie de tous les jours. La culpabilité, l'amour, l'acceptation, un constat clair cruel et bourré d'humour…. Et oui, Paula ne se lamente pas, elle raconte. Elle sauvera sa peau et celles de ses enfants le jour où elle verra son mari regarder leur fille ainée, âgée de dix-sept ans, avec une haine implacable. Elle prendra la poêle en fonte et frappera jusqu'à ce qu'elle puisse le traîner hors de la maison. Elle verra la peur dans ses yeux, la peur d'un lâche et il ne reviendra jamais. Paula arrivera à se reconstruire avec l'aide de ses deux soeurs.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
maevedefrance
  28 avril 2012
Roddy Doyle réussit un tour de force littéraire pour évoquer un sujet délicat et difficile. La première chose surprenante que l'on constate une fois le livre terminé, c'est qu'on a complètement oublié, pendant la lecture, qu'il a été écrit par un homme ! le récit à la 1ère personne n'y est sans doute pas pour rien, celui du témoignage et du vécu. Mais surtout les sentiments, les émotions féminines sont incroyablement restitués. Paula, Dublinoise, fait le récit de son enfance, de sa famille, de la rencontre de celui qui deviendra son mari, un certain Charlo Spencer, pendant les trois quarts du livre. On en vient même à se demander si le livre traite bien du sujet que l'on croyait et que le titre laisse deviner : celui d'une femme battue. En effet, pendant les trois quarts du livre il n'est pas question de coups et de maltraitance, mais de bonheur, de souvenirs d'école, d'enfance, de jeunesse et de fiesta que Paula et ses soeurs se racontent. le présent se superpose au passé, les pistes temporelles sont brouillées. Puis la violence surgit et se déchaîne quand on ne l'attendait plus, d'un coup (c'est le cas de le dire!), sans explications. Charlo (nom prédestiné!) en colle une à Paula parce qu'elle lui a dit d'aller se faire ton thé lui-même. Tout au long du récit, ce sont alors des dents cassées, des yeux au "beurre noir", des cheveux arrachés, des coups de poings etc. Pour tenir le choc, pour ne pas commettre le pire, il y a l'alcool. Paula devient alcoolique. Une aubaine pour son abruti de mari, qui lorsqu'elle est trop amochée, l'emmène à l'hôpital en disant qu'ivre, elle s'est cognée dans une porte... Pourquoi Charlo agit-il ainsi se demande Paula et le lecteur avec elle. L'auteur ne donne aucune explication parce qu'il n'y en a aucune à donner et laisse le lecteur juger : Charlot n'a aucune excuse. Charlot est un assassin. Charlot est un malade. Charlot est un macho. La violence est purement gratuite. le roman, malgré ce sujet délicat, est bourré d'humour et Paula a son franc parler. La manière dont elle parvient à se débarrasser de son tyran est hilarante et une juste vengeance pour les humiliations subies pendant des années. Pour maintenir un peu de suspens, je vous ne dis pas comment...
Je mets ce livre en première place de mon hit-parade des livres de Roddy Doyle, loin devant Paddy Clake ah! ah!ah!, le livre qui a rendu Roddy Doyle populaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          112
Epictete
  15 décembre 2013
Avec ce roman, (ce document) on entre dans le malheur, le quotidien de la honte, des femmes battues, des femmes qui aiment quand même, et qui n'osent pas...
Un sujet toujours d'actualité.
On se rend compte que l'on supporte très bien la lecture de Zola parce que cela se situe dans une époque révolue. On observe cela de loin, en se disant que c'était bien triste en ce temps là !
Ici, on est chez, nous, dans notre époque et les actes, eux ne sont pas "révolus". Ce sont les mêmes.
C'est nettement moins supportable !
Le livre, lui devait être écrit et il doit donc.être lu.
Commenter  J’apprécie          110
Titine75
  17 juillet 2012
« Je m'appelle Paula Spencer. J'ai 39 ans. La semaine dernière, c'était mon anniversaire. Je suis veuve. J'ai été mariée pendant dix huit ans. Mon nom de jeune fille est O'Leary. Mon mari est mort l'année dernière, il y a presque un an jour pour jour. Il a été abattu par les Guards. Il m'avait quitté un an avant cette histoire. Je l'ai mis à la porte. Son nom était Charles Spencer; tout le monde le surnommait Charlo. Sauf sa mère et son père. Et le prêtre chargé de ses obsèques. J'ai quatre enfants (Ils auraient pu être cinq; j'ai perdu un bébé.) »
Au début du roman de Roddy Doyle, Paula Spencer reçoit la visite d'un guard chargé de lui annoncer le décès de son mari. Cette nouvelle plonge Paula dans ses souvenirs. Toute sa vie défile : son enfance plutôt heureuse avec ses nombreux frères et soeurs ; la dureté et la vulgarité du collège où elle devient une coriace ; la rencontre avec Charlo, l'homme de sa vie. Elle est fascinée par lui, tout le monde l'admire. Il est beau, dur à cuire mais il sait être tendre avec Paula. Ils se marient, Paula est aux anges. Tout semble aller pour le mieux jusqu'à ce que Paula ordonne à Charlo d'aller se faire son thé lui-même. Une gifle part, envoyant Paula au sol. Ce sera la première d'une longue liste.
« La femme qui se cognait dans les portes » est un roman magnifique, un bijou. Roddy Doyle a réalisé un véritable tour de force pour deux raisons. La première est de nous faire oublier que l'auteur du livre est un homme. L'histoire de Paula est racontée à la première personne du singulier et c'est totalement une voix de femme que l'on entend. Ses préoccupations, ses réflexions, ses sentiments sont ceux d'une femme.Elle raconte son histoire d'un seul trait comme pour un témoignage. Elle passe d'un sujet à un autre, d'un souvenir à un autre. La voix de Paula Spencer est très forte, très belle et elle nous entraîne complètement. On s'attache à ce personnage et on ne la lâche plus jusqu'à la dernière ligne.
Le second tour de force c'est de parler d'un tel sujet sans aucun pathos. Paula est une femme battue par son mari. La violence s'abat sur elle de manière imprévue, elle n'a pas vu venir les coups. Comme nous d'ailleurs, car malgré le titre qui laissait présager du sujet, la première gifle arrive tard dans le livre, elle est une déflagration aussi bien pour le lecteur que pour Paula. Mais elle ne quitte pas Charlo, elle l'aime passionnément. Et puis les enfants arrivent, Paula ne travaille pas. Elle encaisse, se taît, couvre son mari en expliquant aux médecins qu'elle se cogne dans les portes. Pour supporter la douleur, les os cassés, les cheveux arrachés, Paula plonge dans l'alcool. « La femme qui se cognait dans les portes » raconte la déchéance de Paula, sa descente en enfer. Et pourtant pas de mélodrame, pas de tire-larmes, Paula a beaucoup d'humour, beaucoup d'auto-dérision. Elle n'épargne ni son entourage, ni elle-même et son franc-parler est d'une grande fraîcheur.
J'avais découvert Roddy Doyle avec le premier volet de la trilogie de Barrytown qui m'avait enchanté par son énergie et son humour. Là je reste scotchée par « La femme qui se cognait dans les portes ». le personnage de Paula Spencer est extrêmement touchant, c'est sans condescendance que Roddy Doyle fait le portrait de cette femme battue. La voix de Paula nous happe dès les premières pages et elle nous tient jusqu'au bout. Il est difficile de laisser un tel personnage mais heureusement Roddy Doyle a renoué avec Paula, dix ans après « La femme qui se cognait dans les portes. »
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Cocotte8017
  19 février 2015
Le roman débute lorsque Paula apprend la mort de son mari des dix-sept dernières années, Charlo Spencer, un homme violent qui lui aura fait vivre les pires atrocités. Paula raconte sa vie ponctuée de coups, d'alcool et surtout d'une grande détresse.
Ce roman a été pour moi un coup de poing dans la gueule, sans mauvaise blague. Chapeau à Roddy Doyle d'avoir réussit à traduire les pensées de Paula. C'est d'ailleurs ce qui fait en sorte que ce livre touche autant, c'est Paula qui raconte son histoire de sa rencontre avec cet homme jusqu'à la dernière chicane. On suit pas à pas ce qui se passe dans la tête de Paula. le sentiment de se sentir idiote (si je n'avais pas fait ça, il ne m'aurait pas frappée), l'indifférence des autres, l'espoir de voir son mari changer, et même l'amour qu'elle lui porte malgré tout. L'aspect psychologique est très intéressant. Certains passages plus violents m'ont carrément donné la nausée. Dire que c'est une histoire réaliste qui se passe plus près qu'on pense, c'est troublant!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
REINETTE55REINETTE55   25 juillet 2018
Je descends l'escalier.J'atteins l'entrée. Je traverse la cuisine. J'écarte le rideau. J'ai besoin de lumière pour mes recherches. Je déverrouille la porte. Une de mes terreurs : que la clé se casse dans la serrure. Je sors. Je sais où chercher. Dehors. J'ai triché aujourd'hui. J'ai suivi la clé des yeux pour voir où elle tombait. Je savais que je serais dans cet état. J'ai été sage ; je n'ai pas besoin de souffrir. Je pourrais m'arrêter si je voulais. N'importe quand. L'herbe est mouillée. Quand je ne serais pas si occupée. Je n'ai pas de chaussures. Tant pis ! Je n'en mourrai pas. Je sais où est la clé. Juste la lumière de la cuisine. Posée sur l'herbe. C'était ce matin. A moins qu'un oiseau ne l'ait volée. Ou un chien ou un hérisson- j'en ai aperçu un, une fois, Je ne la vois pas. Je tourne le dos à la lumière. Elle n'y est pas. Un con de lapin a dû l'emporter. La clé, donnez-moi la clé. Je ne casserai pas le verrou. Non. Calme toi. Je ne casserai pas le verrou. Je contrôle la situation. Plus de vomissements, plus de syncopes. J'en ai fini avec ça. Je suis à genoux. Elle était là ce matin, exactement là ; j'ai compté les pas. Elle était ici. Je peux toujours aller chez le marchand de vins. Pas d'argent, pas d'argent. Je pourrais m'arrêter ce soir. J'arrache l'herbe. Elle n'y est pas. Casser le verrou. J'en achèterais un autre. Rien qu'une fois, je repartirai à zéro. Je verserai le reste dans l'évier. Je le ferais. Ce n'est qu'un verrou ; ce ne sont pas les Tables de la Loi. Rien qu'une fois. La clé ! Je l'ai trouvée ! Je contrôle la situation. Je pleure, je tremble. Je n'arrive pas à enfoncer la clé. Stop, du calme ! Tu vas laisser tomber la bouteille. Je cache la lumière. Ça y est. ouvrir. La bouteille, la bouteille. Je referme bien la porte. On ne peut pas me voir. J'enlève le bouchon. Je la porte à ma bouche. Je renverse la tête, à la verticale. Je déteste j'aime je déteste j'aime je déteste j'aime j'aime j'aime. Je rajeunis. Je suis en forme. Je suis mince, j'ai chaud.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
pyrouettepyrouette   31 janvier 2014
Voilà le problème avec mes souvenirs. Je ne peux pas faire la difficile. Je ne peux pas faire semblant. Il n'y a pas eu de bons moments. Je ne peux jamais me raccrocher à un beau souvenir, m'y attarder avec le sourire. Ils sont tous pollués, tous détruits.
Commenter  J’apprécie          120
pyrouettepyrouette   01 février 2014
C'était ma faute ; j'avais voulu la mettre dans la confidence. Elle est trop jeune. Elle n'a pas encore de passé. Remarquez, ce n'est pas vrai non plus. Mais son passé est trop proche de son présent. Elle n'a pas encore besoin de regarder en arrière.
Commenter  J’apprécie          80
pyrouettepyrouette   02 février 2014
Elle ne s’aime pas trop ; mais elle n’est plus aussi certaine d’être idiote. Elle se débrouille ; c’est une survivante.
Commenter  J’apprécie          110
rkhettaouirkhettaoui   04 janvier 2013
Moi, je pouvais voir tous ces gens, mais eux ne me voyaient pas. Ils voyaient bien la main qui tendait l’argent. Ils voyaient bien la main qui tenait la porte ouverte. Ils voyaient bien le pied qui essayait la chaussure. Ils voyaient bien la bouche qui parlait. Ils voyaient bien les cheveux qu’ils coupaient. Mais ils ne me voyaient pas, moi. La femme qui n’était pas là. La femme qui ne souffrait de rien. La femme qui allait bien. La femme qui se cognait dans les portes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Roddy Doyle (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roddy Doyle
Smile, Written and Read by Roddy Doyle
autres livres classés : femmes battuesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

L'Irlande

Le pays est divisé en deux : l'Irlande du Nord et...

La République d'Irlande
Le Royaume d'Irlande
La Principauté d'Irlande

11 questions
110 lecteurs ont répondu
Thèmes : irlande , paysCréer un quiz sur ce livre
.. ..