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ISBN : 2072758521
Éditeur : Joëlle Losfeld (01/08/2018)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Victor Forde vient de se séparer de sa compagne, Rachel Carey, le grand amour de sa vie. Il retourne vivre dans le quartier dublinois de son enfance, près de la mer, où il s’installe dans un immeuble moderne abritant essentiellement des émigrés d’Europe de l’Est. Il se force à se rendre tous les soirs dans le même pub, comme «on irait à la salle de sport ou à la messe». Il y rencontre un certain Ed Fitzpatrick, qui lui assure être un ancien camarade de classe. Il ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  23 septembre 2018
A 54 ans, Victor Forde revient vivre dans le quartier populaire où il a grandi à Dublin. Sa femme l'a quitté, sa carrière littéraire est au point mort, et il a sabordé son travail de journaliste en se positionnant publiquement en faveur de l'avortement. Désormais seul et mélancolique, il fréquente assidûment le Donnelly's, un pub où la bière coule à flots. C'est là qu'il est abordé par Ed Fitzpatrick, qui le reconnaît, se présente comme un camarade de classe lorsqu'ils fréquentaient tous les deux le collège des Frères chrétiens. Mais Victor ne se souvient pas de cet ami ; instinctivement, cet homme vulgaire, bruyant, grande gueule et grand buveur lui est antipathique, le met mal à l'aise.

Pourtant, cette rencontre fortuite oblige Victor à se pencher sur son passé, à écrire à nouveau, à faire émerger des détails de son enfance et adolescence, à les assembler, à se remémorer des bribes de plus en plus précises d'une période de sa vie qu'il a refoulée. Les scènes au pub alternent avec les périodes d'introspection douloureuse. Dans les souvenirs de Victor, certains sont lumineux comme sa relation avec Rachel, dont il est éperdument amoureux : La rencontre de la carpe et du lapin, la jeune femme d'affaires sublime et le gamin qui choque la nation en prononçant des mots comme « préservatif », « athée », ou « avortement » ; ses velléités romancières lorsqu'il projette d'écrire « L'Irlande, un conte d'horreur », pour faire le point sur tout ce qui ne va pas dans son pays infecté par l'Eglise et sa répugnante tradition pédophile "initiatique", la politique rétrograde, les inégalités, les blocages ancestraux, avec leur cohorte de visions archaïques et virulentes, notamment lorsque les femmes sont concernées.

Malgré son titre, Smile ne prête guère à sourire. Smile appartient à la catégorie des romans dont la lecture indispensable et salutaire marque au fer rouge la mémoire, dont le dénouement virtuose et inoubliable met le lecteur ko debout, le souffle coupé, les larmes aux yeux. Un grand merci à Babelio et aux Editions Joëlle Losfeld pour cette découverte très appréciée.
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Guylaine
  13 janvier 2019
Nous faisons la connaissance de Victor Forde, le narrateur, alors qu'il est en train de s'installer dans un quartier populaire de Dublin, celui de son enfance.
Il vient de rompre avec sa femme, la célèbre Rachel Carey et doit donc s'organiser une nouvelle vie.
Ce nouveau départ l'incite à se remémorer, à faire émerger les souvenirs, les pans de sa vie passée qu'on découvre avec curiosité...
Pour ne pas rester seul, il s'oblige à sortir régulièrement au pub, il aimerait se faire de nouveaux amis.
Et là, il rencontre un ancien du collège, Ed Fitzpatrick qui se souvient très bien de lui, mais (et là c'est un peu gênant) lui n'a absolument aucun souvenir de ce garçon.
Ce drôle de type, toujours attifé du même short et du même tee-shirt rose, cherche à s'accaparer l'attention de Victor et devient vite un boulet.
Roddy Doyle est un grand écrivain !
Il m'a complètement promenée dans son récit, installant tranquillement la matière, le temps et l'espace autour de son personnage, jusqu'à l'uppercut final...
Il est vrai qu'il y avait des détails par ci par là qui m'intriguaient, des petits cailloux abandonnés (j'en ai d'ailleurs mis un dans ce billet, l'air de rien !), mais je ne m'attendais pas à cette chute là...
J'ai terminé ce livre hier soir, tard, parce que je n'ai pas pu lâcher les dernières pages... Et bien je peux vous dire que ce n'est pas facile de trouver le sommeil ensuite...
Il n'y a qu'une question qui me chafouine un peu : pourquoi ce titre ? J'ai dû passer à côté d'un truc...
Le caillou de mon billet :
CQFD :-)


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Bazart
  08 janvier 2019
Pour les cinéphiles, le grand romancier irlandais Roddy Doyle est surtout connu pour avoir écrit The Snapper et The van ( dont les adaptations réalisés par Stephen Frears ont fait merveille dans les années 90 ), ainsi que The Commitmets ( dont le film lui avait été pouplarisé par Alan Parker) et n'avait pas son pareil pour décrire les affres d'une famille des quartiers populaires de Dublin.
"Je n'avais aucune idée de son identité. Trente-huit ans, disait-il. Nous avions dû nous connaître au collège. Mais je ne visualisais aucune version plus jeune de cet homme. Je ne l'aimais pas. Ça, je l'ai su immédiatement. »
Il revient plusieurs années après son fait d'armes, avec un roman bien plus noir, situant l'intrigue de son nouveau roman sur les retrouvailles entre un quinqua un peu dépressif Victor Forde et son passé à travers l'intervention d'un ancien camarade de classe, Fitzpatrick qu'il rencontre au détour d'un bar de sa ville natale où il est revenu vivre.
Entre son histoire d'amour malheureuse avec Rachel la brillante épouse qui l'a quitté, les chroniques radio qu'ils l'ont fait connaitre, et l'histoire plus ancienne que lui rappelle Fitzpatrick, Victor essaie de surnager et de combler les béances de sa mémoire .
C'est donc un puzzle psychologique que distille ce suspense autour d'un traumatisme dont on devine vite les contours, mais pas la portée que le dénouement, particulièrement noir et virtuose ne manquera pas de souligner.
Terriblement déchirant dans sa façon de décrire une violence que chacun a tendance à banaliser, Smile est également une peinture saisissante de l'Irlande des dernières décennies , la plume de Roddy Doyle étant ici à son meilleur...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Franckync
  30 octobre 2018
Titre : Smile
Auteur : Roddy Doyle
Editeur : Joelle Losfeld
Année : 2018
résumé : Victor Forde revient dans le quartier de son enfance. Récemment célibataire, il se rend, chaque fin de journée, dans un pub Dublinois pour tenter d'y prendre ses habitudes. Un soir comme un autre, il fait la rencontre d'un certain Ed Fitzpatrick, qu'il a bien du mal à reconnaître; à priori un ancien camarade de classe de son école chrétienne. En sa présence, Victor ne se sent pas à l'aise mais presque chaque soir, à cause de Fitzpatrick, des pans entiers de son enfance lui reviennent.
Mon humble avis : Malaise. Rarement un mot n'aura été si juste pour évoquer un roman. Un malaise presque palpable, une gêne, quelque chose qui ne tourne pas rond, comme un gravillon dans la chaussure. C'est ce que j'ai ressenti tout au long de la lecture de Smile, et c'est, je pense, l'effet recherché par Ruddy Doyle. Dans la tête de Victor, ce sont des tombereaux de boue, de souvenir douloureux, d'immenses douleurs enfantines qui se mêlent à un présent sans intérêt, un quotidien sans rêve ni aspiration. Dans une société Irlandaise sclérosée, une société ployant sous la chape de plomb des traditions et de la religion, Victor tente de garder la tête hors de l'eau. Pourtant sa vie se présentait sous les meilleurs auspices : marié à une star de la télévision, futur écrivain de génie, dandy radiophonique adulé ou méprisé pour ses prises de position progressistes, le garçon faisait la fierté de sa mère et de son épouse, la sublime Rachel. Et puis le poids du passé, un destin retors, une mémoire tenace et voici Victor, a qui l'on promettait un avenir radieux, le voici dans un appartement minable, seul et perturbé. Vous l'aurez compris, Smile est un roman sombre, un texte simple en apparence où l'auteur radiographie la société irlandaise par le prisme du destin d'un homme. C'est fort, surprenant, noir sans être larmoyant et la fin - bien que prévisible - est tout simplement vertigineuse. Vous l'aurez compris j'ai beaucoup aimé ce roman. J'ai aimé les passages lumineux alors que Victor s'ouvre à la vie, j'ai aimé l'émergence progressive et douloureuse de la mémoire, j'ai aimé la manière dont Ed pousse Victor dans ses retranchements, leur relation toxique. Je ne connaissais pas Doyle, à peine gardais-je un souvenir de l'adaptation de l'un de ses romans par Alan Parker au début des années 90. J'ai découvert un auteur passionnant, un texte d'une acuité rare, une charge contre la société Irlandaise, un texte au suspens psychologique distillé avec maestria, bref un bouquin marquant. L'un de ses romans courts et percutant qui vous frappe au foie et vous laisse pantelant, au moment de refermer l'ouvrage.
J'achète ? : Smile se délecte comme un bon whisky irlandais. Apre et surprenant au premier abord puis doucereux et addictif. Ensuite on s'y laisse prendre, les verres  s'enchaînent et on finit ivre et penaud, avec une gueule de bois persistante et des images qui ne s'effacent plus. Un excellent roman.
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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encoredunoir
  24 août 2018
« Je n'avais aucune idée de son identité. Trente-huit ans, disait-il. Nous avions dû nous connaître au collège. Mais je ne visualisais aucune version plus jeune de cet homme. Je ne l'aimais pas. Ça, je l'ai su immédiatement. »
Victor Forde, 54 ans, connu essentiellement pour ses interventions jugées provocantes dans des talk-shows radiophoniques et pour être marié à Rachel Carey, célébrité de la télévision dont il vient de se séparer, est revenu vivre dans le quartier de son enfance dublinoise. C'est là, dans un pub, le Donnely's, dont il a décidé qu'il y aurait dorénavant ses habitudes, qu'il croise l'étrange et quelque peu inquiétant Ed Fitzpatrick. C'est que si Fitzpatrick semble savoir beaucoup de chose sur l'adolescence de Victor et fait remonter à la surface de bien désagréables souvenirs, Victor, de son côté, n'arrive pas à se rappeler de cet homme à l'époque du collège.
À partir de cette inconfortable situation initiale, Roddy Doyle fait peu à peu émerger le passé de Victor Forde. Un passé sur lequel Forde lui-même, ainsi qu'il s'en rend peu à peu compte, avait posé un couvercle. Il y a certes les bons moments, la rencontre avec Rachel et leurs premières années de vie commune, il y a aussi les amitiés du début de l'adolescence et le souvenir de la rude éducation dispensée par les frères chrétiens, leurs poings ravageurs et leurs mains baladeuses. Chaque passage au Donnely's, chaque rencontre avec Fitzpatrick fait ainsi resurgir des souvenirs de plus en plus désagréables.
À travers l'introspection comme forcée de Victor Forde, Roddy Doyle fait émerger avec une délicatesse renforcée par une pointe d'acidité les contradictions de la société irlandaise. Une société obsédée par la manière dont les femmes disposent de leur corps et qui entend à tout prix légiférer, s'immiscer dans leurs choix ; c'est ce qui fait connaître Victor au public, lorsqu'au moment du référendum de 1983 sur l'avortement, il plaide en faveur de l'IVG. Mais aussi une société qui détourne le regard, refuse de se mêler et se fait ainsi complice des scandales sexuels dans les institutions catholiques dont sont victimes des milliers de jeunes irlandais.
Embarqué dans une intrigue dont il ne sait jamais vraiment où elle va le mener mais qui le met de plus en plus mal à l'aise au fur et mesure que se fait de plus en plus prégnante une certaine sensation d'anormalité, le lecteur de Smile se trouve quelque peu malmené jusqu'aux vertigineuses dernières pages. Terriblement émouvant dans sa manière de faire émerger la violence de la confrontation à la réalité et la recherche désespérée d'une supposée normalité, le roman de Roddy Doyle est de ceux qui vous frappent à l'estomac.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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critiques presse (2)
Liberation   17 septembre 2018
Peut-être est-ce une manière pour l’écrivain dublinois, dont c’est le onzième roman et sans doute un des plus ambitieux et sombres, de dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Dans une veine introspectrice, préférant le pub au divan, Smile emmène progressivement dans les bas-fonds d’une blessure oubliée susceptible de briser une âme. La fin, presque expéditive, prend totalement par surprise.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   10 septembre 2018
L'écriture, limpide, sans fioriture, donne une sensation abrupte qui conforte le paysage irlandais brossé. Difficile de savoir si le pessimisme est la clef de ce roman : l'ironie du titre ne manquera pas de faire sourire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   22 septembre 2018
- Ca doit être la loi de la jungle, cette histoire d'écriture. Avec Amazon et les liseuses Kindle et tous les trucs comme ça. Les livres, c'est foutu à ce que j'ai entendu dire.
p. 40
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GuylaineGuylaine   12 janvier 2019
C'est ce que j'aime chez les femmes, avoir vécu toutes ces années et ne toujours pas savoir quoi boire quand elles entrent dans un pub.
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namelessnameless   22 septembre 2018
- Et toi, a-t-elle demandé. Comment est ta maman ?
- Super
- Une réponse de garçon.
p. 104
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remygrenierremygrenier   31 janvier 2019
J'observais ses pieds sur les pédales ; elle avait ôté ses chaussures. J'observais ses mains, ses longs doigts agrippés au volant.
J'observais la façon dont elle mettait ses cheveux noirs derrière son oreille. J'observais son oreille. J'observais sa bouche quand elle parlait et quand elle attendait aux feux rouges. Elle ne parlait qu'en roulant.
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kathelkathel   17 septembre 2018
Nous avions dû nous connaître au collège. Mais je ne visualisais aucune version plus jeune de cet homme. Je ne l’aimais pas. Ça, je l’ai su immédiatement.
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Videos de Roddy Doyle (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roddy Doyle
Smile, Written and Read by Roddy Doyle
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