AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1507770324
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (28/01/2015)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
"Défense et illustration de la langue française" par Joachim Du Bellay. Joachim Du Bellay était un poète français de l’école de la Pléiade (1522-1560).
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  25 mai 2015
Acte de naissance du mouvement de la Pléiade et témoin de l'idéologie humaniste, le livre de la Défense et illustration de la langue française est aussi un acte politique d'unification du royaume français.

Ses fondements sont ceux de l'humanisme et expriment un fidèle attachement aux sources antiques grecques et latines du savoir. Joachim du Bellay recommande l'étude et l'imitation de ses meilleurs auteurs mais limite cet apprentissage dans le temps de formation du nouveau poète. La littérature antique ne doit plus être considérée comme fin mais comme moyen. On peut s'en nourrir mais il faudra ensuite lui faire connaître le processus alchimique de transsubstantiation. Parvenu au point d'innutrition des sources antiques, celui que nous ne pouvions jusqu'alors pas encore appeler un poète aura fait siennes ses références et elles seront si bien assimilées qu'elles se mettront à s'exprimer en lui avec leur langage propre ; le poète pourra alors prendre la plume et s'atteler au travail créatif. Cessant d'être asservi au passé, le poète pourra construire la littérature moderne.

Pour guider son nouveau poète, Joachim du Bellay se livre à une critique de la littérature de son époque, qu'il juge inconsistante et sans caractère, et préconise, à l'aune de la Pléiade, la création poétique avivée de néologismes et de nouveaux tours littéraires. Mais surtout, il recommande l'abandon du latin au profit de la langue vulgaire, c'est-à-dire du français.

A l'époque de la publication de son livre, le latin était encore la langue de référence de l'élite mais son utilisation commençait déjà à être contestée dans d'autres pays et surtout en Italie, avec Pietro Bembo et Sperone Speroni. Privilégier l'utilisation du français conduisait alors à s'inscrire dans la continuité de ce mouvement et à renforcer l'unité nationale française particulièrement menacée dans l'affrontement entre le roi François Ier et Charles Quint. Joachim du Bellay juge sans doute également que la cohésion sociale et culturelle se fera dans l'adoption d'une langue commune et le français, entre le latin et les patois foisonnants, pourrait susciter l'unanimité.

On lira ce court texte comme une curiosité performative à la fois au niveau littéraire, pour le renouvellement poétique affranchi de ses références antiques, mais aussi au niveau politique, pour l'affermissement de la cohésion nationale par l'utilisation généralisée et légitimée d'une langue commune accessible au clerc comme au peuple.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   24 juin 2015
Il me semble (lecteur ami des Muses françaises) qu’après ceux que j’ai nommés, tu ne dois avoir honte d’écrire en ta langue ; mais encore dois-tu, si tu es ami de la France, voire de toi-même, t’y donner du tout, avec cette généreuse opinion, qu’il vaut mieux être un Achille entre les siens, qu’un Diomède, voire bien souvent un Thersite, entre les autres.
Commenter  J’apprécie          210
colimassoncolimasson   06 juin 2015
O combien je désire voir sécher ces Printemps, châtier ces Petites jeunesses, rabattre ces Coups d’essai, tarir ces Fontaines, bref, abolir tous ces beaux titres assez suffisants pour dégoûter tout lecteur savant d’en lire davantage. […] Je supplie à Phoebus Apollon que la, France, après avoir été si longtemps stérile, grosse de lui, enfante bientôt un poète dont le luth bien résonnant fasse taire ces enrouées cornemuses, non autrement que les grenouilles quand on jette une pierre en leur marais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          132
colimassoncolimasson   26 juin 2015
Ne craignez plus ces oies criardes, ce fier Manlie, et ce traître Camille, qui, sous ombre de bonne foi, vous surprennent tous nus comptant la rançon du Capitole. Donnez en cette Grèce menteresse, et y semez encore un coup la fameuse nation des Gallogrecs. Pillez-moi, sans conscience, les sacrés trésors de ce temple Delphique, ainsi que vous avez fait autrefois : et ne craignez plus ce muet Apollon, ses faux oracles, ni ses flèches rebouchées. Vous souvienne de votre ancienne Marseille, seconde Athènes, et de votre Hercule gallique, tirant les peuples après lui par leurs oreilles, avec une chaîne attachée à sa langue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
colimassoncolimasson   08 juin 2015
Pour conclure ce propos, sache, lecteur, que celui sera véritablement le poète que je cherche en notre langue, qui me fera indigner, apaiser, éjouir, douloir, aimer, haïr, admirer, étonner : bref, qui tiendra la bride de mes affections, me tournant çà et là, à son plaisir.
Commenter  J’apprécie          100
colimassoncolimasson   04 juin 2015
Bien te veux-je avertir de chercher la solitude et le silence ami des Muses, qui aussi (afin que ne laisses passer cette fureur divine qui quelquefois agite et échauffe les esprits poétiques, et sans laquelle ne faut point que nul espère faire chose qui dure) n’ouvrent jamais la porte de leur sacré cabinet, sinon à ceux qui heurtent rudement. […]
Encore te veux-je avertir de hanter quelquefois, non seulement les savants, mais aussi toutes sortes d’ouvriers et gens mécaniques comme mariniers, fondeurs, peintres, engraveurs et autres, savoir leurs inventions, les noms des matières, des outils, et les termes usités en leurs arts et métiers, pour tirer de là ces belles comparaisons et vives descriptions de toutes choses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Joachim Du Bellay (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joachim Du Bellay
Comme le marinier, que le cruel orage - Joachim Du Bellay
autres livres classés : traductionVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
672 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre