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ISBN : 2370550163
Éditeur : Le Tripode Editions (10/04/2014)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Historien de formation, gros consommateur de littérature et de bandes dessinées depuis mon adolescence, j’ai, sur la quarantaine, traversé une drôle de crise: durant plus de cinq ans, je ne suis pratiquement arrivé à lire que des livres de linguistique, essentiellement des grammaires de langues rares et lointaines. Aujourd’hui le gros de l’orage est passé, mais je persiste à consommer nettement plus de linguistique que de romans. Je n’apprends pas ces langues: à par... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Charybde7
26 mars 2014
«En un mot, ce livre chantera la poésie de la grammaire. Car il est des êtres dans la vie desquels cet art occupe la place de la lune pour Hugo, de la mer pour Valéry, de Lou pour Guillaume et de Verlaine pour Rimbaud ; enfin il en est au moins un et il se trouve que c'est moi.»
Autodidacte de la linguistique et acheteur et obsessionnel des livres traitant du sujet, Jean-Pierre Minaudier possède à ce jour 1163 ouvrages de linguistique concernant 864 langues, qu'il dévore « comme d'autres dévorent des romans policiers ». Et cet amoureux de la culture et passionné par la découverte de l'autre s'y nourrit de son amour pour les langues parlées, aux antipodes de la rigidité des normes et des règles de grammaire dont nous fûmes nourris sur les bancs de l'école.
Il faut accepter dans cette lecture de voguer entre les genres, et de vagabonder soi-même, de prendre ce que l'on peut saisir dans l'érudition phénoménale de Jean-Pierre Minaudier. Alors on prend le livre, on le pose, on le reprend avec étonnement et un plaisir grandissant, d'abord avec la découverte de la poésie des noms des langues, du basque au kilikilibamba, de leurs sonorités et de leurs migrations. Puis s'ouvre la partie la plus passionnante du livre, la partie proprement linguistique où l'on découvre ce qui nous apparaît comme des bizarreries ou des objets fascinants, témoignages de l'inépuisable variété de l'esprit humain et de la multiplicité des visions du monde – avec par exemple la découverte des «impressifs, très utilisés notamment en japonais, des sortes d'adverbes inexistants chez nous et qui servent à donner une coloration particulière à une phrase - comme « butu-butu » qui évoque un grommellement ou « nyoro-nyoro » les contorsions d'un serpent.

«… dans une grammaire, les exemples présentent le charme de n'avoir pas été arrangés en fonction d'une progression, d'une démonstration : le charme de l'imprévu et de la variété, le charme du corail. Leur désordre aussi radical que possible, puisqu'ils sont rangés non en fonction de leur sens, mais des leçons grammaticales qu'on peut en tirer, produit sur le lecteur bien disposé le même effet poétique qu'une classification des animaux selon Borges, et parfois il se dégage de cette anarchie quelque chose comme un mystérieux sens global, fait d'allusions et de sensations confuses plus que de démonstrations, d'affirmations et de structures – telles ces taches au dos d'un jaguar ou un prisonnier délirant déchiffre l'écriture d'un dieu dans une autre nouvelle de Borges
En vagabondant dans la «Poésie du gérondif», on refoule l'ennui mortel du Bescherelle pour aimer à son tour les langues comme des êtres vivants. On en ressort émerveillé par «la diversité radicale, la poétique et féconde anarchie des langues réelles», «fruit de millénaires d'élaboration collective et pour l'essentiel inconsciente», que Jean-Pierre Minaudier nous fait toucher du doigt avec beaucoup d'humour et de subtilité.
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peache
05 septembre 2014
Mont Dore, Nouvelle Calédonie, le 30 août 2014
Monsieur
Foin de minauderies, il n'est point dans ma nature d'accepter les injures gratuites et injustifiées de la part de quidams impudents, qu'il fussent bêta ou lambda voire pensent être l'alpha et l'oméga de la culture.
Hors donc, je viens ici vous entretenir de vos propos, parus à la page 19 de votre livre " La Poésie du Gérondif". En cette oeuvre qui se veut spirituelle - et l'est parfois, il m'en faut convenir - vous expliquez au lecteur vos affections grammaticales, ce qui pourrait être signe de grande culture . Mais, car, vous remarquerez que si je vous ai ci-avant décerné quelque fleur, il y a un mais, de quel droit, de quel esprit saugrenu faites vous état en qualifiant, sans pudeur, ni même le plus élémentaire respect pour son travail titanesque, M. Zamenhof de grotesque et de hideux, voire de producteur de patois latin dégénéré.
Pour votre gouverne, si tant est que vous acceptiez un avis différent du vôtre, je vous informe, à toutes fins utiles, que l'Espéranto, bien plus que le lituanien ou le danois, est parlé , lu et écrit par une dizaine de millions de personnes, dans tous les pays du monde, de la Chine au Nunavut, en passant par les Philippines, Zanzibar, Andorre et même la France .
A moins que vous ne considériez Jules Verne, Umberto Eco, Élisée Reclus, ou votre collègue enseignant et grammairien André Cherpillod , et tant d'autres génies, comme d'aimables hurluberlus voire de doux dingues, vous ne pourrez que reconnaître que votre qualification de l'Espéranto - permettez à mon indignation de me répéter - de hideux et de grotesque, n'est pas la plus brillante idée qui ait germé dans votre grammatical esprit.
J'admets, et, si vous avez le moindre petit souffle de bonne foi, vous serez bien obligé d'admettre aussi, que la grammaire de l'Espéranto permet d'apprendre cette langue sans difficulté. Et son but n'était et n'est toujours pas de torturer les neurones des vrais gens, (ceux qui ne font pas de bruit littéraire mais permettent vraiment au monde de continuer à fonctionner ) mais seulement de les aider à communiquer pacifiquement.
Et permettrait de fort substantielles économies, par exemple au parlement Européen, où quelques espérantistes suffiraient pour remplacer efficacement les très onéreux bataillons d'interprètes et de traducteurs qui sont hélas indispensables pour que les parlementaires des 28 états membres puissent presque s'entendre.
Je ne professe qu'un très relatif intérêt pour les plus ou moins tortueuses circonvolutions des diverses grammaires dont vous vous délectez. Mais j'ai été élevé dans le respect des opinions des autres, et je ne me permettrais pas de prétendre que vos propos démontrent la moindre hideur ou la plus petite bouffonnerie. Quoi que...
Par contre, je m'élève, et s'élèvent aussi tous les Espérantophones du monde contre votre insultante appréciation de ce qu'ils considèrent comme un moyen de communication, de compréhension et par conséquent de paix.
Mais il faut bien admettre que tous les tyrans et tyranneaux, de hitler à staline, en passant par mussolini, batista, franco et tant d'autres monstres ( sans majuscule, ces nobles lettres n'allant qu'à ceux qui les méritent ) ont poursuivi, condamné et même exterminé de nombreux espérantistes, car ils craignaient la propagation de leurs idées pacifistes.
Loin de moi l'idée de vous assimiler à ces dégâts collatéraux de l'humanité, mais j'en aurais presque eu la tentation lors de ma première lecture.
Vous souhaitant bonne réception et une meilleure acceptation des idées de vos contemporains, je vous salue d'un simple mais distant
Cordialement.
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Apoapo
04 décembre 2016
Tout est dit dans le sous-titre : « Vagabondages linguistiques d'un passionné de peuples et de mots ».
Cet ouvrage est une sorte de catalogue de collection : de « la bibliothèque la plus snob de Paris », composée de livres de linguistique et de grammaires de presque neuf cents langues, avec une prédilection marquée pour celles qui sont exotiques et transocéaniques, insulaires et isolées, amazoniennes, sibériennes ou désertiques, éloignées et les plus dissemblables des indo-européennes que tout le monde connaît (!), de préférence au seuil de l'extinction, en somme : « pratiquées "dans le cul de l'ours" (selon une jolie expression estonienne) »...
Comment communiquer les trésors de jouissance que recèlent de tels volumes, souvent réputés arides ? D'abord en précisant ce qui intéresse dans la grammaire :
« Ce n'est donc pas sur la grammaire en tant que norme, guide et carcan que ces pages vont se pencher, mais sur la mise en système par un linguiste d'une expérience réelle de parole collective, sans souci d'en fixer l'usage : je m'intéresse à la grammaire de ce qui se parle, non à la grammaire de ce qu'il faut parler. » (p. 18)
… et dans leur multiplicité :
« Pour moi, l'intérêt de l'existence de six mille systèmes linguistiques différents dans cet improbable recoin de la galaxie où il nous est donné de faire trois petits tours réside essentiellement dans cette diversité de visions du monde ; deux linguistes américains du début du XXe siècle ont formulé la même idée sous la forme d'une hypothèse célèbre qui porte leurs noms : l'hypothèse Sapir-Whorf. » (p. 57)
Il en découle, naturellement, une certaine approche ethnographique ou ethnologique, qui n'ignore ni ce qu'il y a de précieux dans la variété des cultures et dans la diversité des peuples, ni leur localisation et leurs migrations. Les présupposés éthiques (et esthétiques) de cette approche peuvent être synthétisés ci-dessous :
« La diversité des langues, dont la lecture de chaque grammaire révèle une facette inédite, remet en cause non seulement la grammaire universelle des chomskyens, mais tous les universalismes, qui ne sont généralement que des occidentalocentrismes, des provincialismes aveuglés par l'arrogance et l'ignorance de l'autre. L'inépuisable variété des manières de mettre le réel en mots renvoie à leur profonde inexistence intellectuelle tous les cornichons persuadés que la seule manière digne d'intérêt de penser et d'exprimer le monde est celle en vigueur dans leur village natal, et ignorant ou méprisant tout ce qu'ils ne distinguent pas du haut de leur clocher : philosophes qui confondent les préjugés de leur siècle et de leur société avec des universels intemporels, littéraires figés dans un dialogue millénaire avec une tradition "classique" prise pour le centre du monde parce qu'elle se trouve être à l'origine de notre patois, nationalistes assez obtus pour oublier que la richesse des nations réside dans leur pluralité » (p. 65)
Dès la moitié du livre, l'émerveillement qui découle de cette variété est décliné dans une foultitude d'instances grammaticales – et aussi en partie phonétiques et lexicales – choisies parmi les plus inattendues, rares, dépaysantes vis-à-vis de nos propres modes de conceptualiser et d'exprimer le réel. L'isolement des langues tend parfois à complexifier les grammaires, mais pas toujours ; la relative pauvreté lexicale de certaines est parfois compensée par leur « obésité » grammaticale, ou vice versa, mais pas nécessairement. On récusera en tout cas une quelconque hiérarchisation ethnocentriste des systèmes qui possèdent tous une complexité et une aptitude ou inaptitude à la communication absolument comparables.
Retiendra-t-on la notion d'ergativité, le pluriel affectif du basque, les 117 ou 126 consonnes du !xoon du Botswana, les impressifs japonais, les modes verbaux à suffixes évidentiels des langues finno-ougriennes, le trill bilabial (« brbrbrbrbrbr ») valant comme consonne, ou les cas appliqués aux conjugaisons verbales plutôt qu'aux déclinaisons nominales ? Peut-être plutôt l'usage hypertrophié revendiqué des notes de bas de page, au nombre mystique de cent, presque une liturgie doublée d'un article de foi, au sein desquelles les références aux éditions DE GRUYTER – MOUTON, en majuscules et en gras s'il vous plaît, font l'objet d'actions de grâce et d'imploration de bénédictions divines, comme si l'auteur attendait de cette maison quelque bienfait secret... ; ou bien les cent trente et une citations en autant de langues différentes, campées verticalement au-dessus du nombre des pages concernées, véritables hiéroglyphes dont le mystère est dévoilé en fin d'ouvrage ; dans tous les cas, on ne saurait oublier l'incessant humour de l'auteur, ou plutôt la furieuse gaieté de cette drôle d'érudition qui se transmet à un lecteur souvent enjoué, parfois pouffant...
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mollymoon
17 juin 2017
Ouvrir cet essai, c'est pénêtrer dans un bien singulier cabinet de curiosité !
Avec l'enthousiasme du passionné J.P Minaudier nous y nous invite à découvrir " l'odorante fleur du langage " dont il possède des spécimens aussi rares qu'exotiques.
Dans sa bibliothèque il s'émerveille de la variété et la richesse des langues, toutes les langues même les plus étranges et les plus lointaines dont il chante ici la poésie, la capacité à le faire rêver car pour lui « toute langue recèle une vision du monde »
Son propos est illustré par de nombreux exemples plutôt abscons pour le néophyte mais qui n'entravent en rien le plaisir de la lecture car l'immense érudition de l'auteur est tempérée par un humour fort bienvenu.
A ce vagabondage grammatical ne manque que la bande son pour apprécier la musique de ces parlers improbables pratiqués " dans le cul de l'ours "
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luocine
13 octobre 2014
Il est rare qu'un livre me fasse éclater de rire mais j'ai pouffé plusieurs fois. J'espère que comme moi, vous serez sensible aux charmes et au dangers de la langue Najavo :
En navajo qui n'a jamais chipé un seul verbe à aucune langue étrangère, le refus de principe de l'emprunt aboutit à des résultats certes décoratifs, mais discutables du point de vue de l'efficacité communicationnelle : ainsi « tank » se dit chidinaa'na'ibee'eldoohtsohbikàà'dahnaazniligii, littéralement « voiture qui glisse sur le sol avec de gros fusils dessus. Il est probable que dans la pratique, les Navajos recourent à l'anglais pour le genre de conversations où l'on a à mentionner un tank – c'est une bête question de sélection naturelle: le temps de s'écrier « gare le tank arrive » , l'obstiné navajophone est déjà réduit à l'état de crêpe Suzette, dans l'indifférence de ses compagnons d'armes plongés dans leur dictionnaire.
J'ai retrouvé en le lisant l'ambiance iconoclaste des séminaires de linguistique générale de mon université. Enfin, quelqu'un qui explique le plaisir de la langue, bien loin des stériles discussions sur ce qu'il faut dire ou ne pas dire, qui font tellement plaisir au tout petit monde des gens « comme il faut », qui pensent qu'être bon en grammaire française c'est savoir dire « déjeuner » ou « dîner » et non pas le si vulgaire « manger ». Tout à coup le monde entier est là dans toutes sa diversité, on ne peut plus se hausser du col avec notre si belle langue française, si difficile à apprendre que le monde entier nous envie. D'ailleurs, allez-y, essayez donc de gagner la chaussette mise en jeu au concours de la langue la plus difficile à prononcer:
Voici comment on dit « J'ai vu un animal de ce type » en kalam, une langue papoue de Nouvelle-Guinée orientale : Knm nb ngnk. Toute personne capable de prononcer cette phrase gagnera une chaussette d'archiduchesse séchée sur une souche sèche.
Il existe donc, des langues tellement plus redoutables à apprendre que le français, à commencer par le basque si proche et si loin de nous, l'esprit humain est également réparti dans le monde entier, divers et si riche que j'en suis restée baba.
De l'esprit, Jean-Pierre Minaudier n'en manque pas mais je ne crois pas que cela me conduise à lire toutes les belles grammaires dont il nous a parlé. Et il est vrai que pour ceux qui ne se posent aucune question sur la langue, ce livre aura quelques passages difficiles, au milieu de moments vraiment joyeux accessibles pour tout le monde grammairien ou non.
Lien : http://luocine.fr/?p=1274
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Les critiques presse (4)
LeSoir21 juillet 2014
Le prof d’histoire s’aventure dans les langues du monde entier, avec humour.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Bibliobs07 juillet 2014
Jean-Pierre Minaudier a lu et épluché 1186 grammaires concernant 878 langues. Dans son merveilleux livre "Poésie du gérondif", il explique pourquoi.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox04 juillet 2014
Jean-Pierre Minaudier est un amateur de langues comme il en existe peu. Dans son livre "Poésie du gérondif", il raconte l'origine de sa passion, comment il a appris des langues comme l'estonien ou le basque et comment il regarde l'évolution des langues tant outre-mer que dans le vaste monde
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation02 juillet 2014
Jean-Pierre Minaudier défend la dimension poétique d’une matière souvent jugée rébarbative, en pourchassant les langues du monde entier.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
pachipachipachipachi19 août 2015
La lecture d'une grammaire peut constituer un véritable roman policier. Qui diantre est le coupable, l'accusatif ou le génitif ? Parfois le suspense monte, insoutenable, sur plusieurs chapitres : l'accord du verbe avec le complément d'objet direct se fera-t-il jusque dans les subordonnées ? À l'issue d'une haletante démonstration dont la conclusion est que « toutes les voyelles brèves du khalkha sont en réalité des schwas épenthétiques » (les garces !), le lecteur convenablement excité éprouvera une volupté proche de celle du tchékiste démasquant un nid de saboteurs hitléro-trotskystes dans une usine biélorusse en 1937.
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luocineluocine13 octobre 2014
L’étude des grammaires nous apprend encore que les concepts de droite et gauche, qui sont relatifs (on est toujours à droite ou à gauche de quelque chose et n’ont rien d’universel: certaines langues possèdent des systèmes d’orientation absolus , comme le taba, langue austronésienne parlée au large d’Almahera, en Indonésie, où l’on distingue « le côté mer » et le « côté de la terre » (les locuteurs du taba habitent les côtes d’une île , laquelle est ronde -il ne s’agit donc pas de points cardinaux). On ne dit pas « Les cigarettes sont à gauche (ou à droite) de la chaise » mais Tabako adia kurusi ni lewe lema, « les cigarettes sont du côté de la terre par rapport à chaise; ou Tabako adiia kurusi ni laema pope, « les cigarettes sont du côté de la mer par rapport à la chaise : chacune de ces deux phrases veut dire « à droite » ou » à gauche » selon la position du locuteur
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ApoapoApoapo04 décembre 2016
« La diversité des langues, dont la lecture de chaque grammaire révèle une facette inédite, remet en cause non seulement la grammaire universelle des chomskyens, mais tous les universalismes, qui ne sont généralement que des occidentalocentrismes, des provincialismes aveuglés par l'arrogance et l'ignorance de l'autre. L'inépuisable variété des manières de mettre le réel en mots renvoie à leur profonde inexistence intellectuelle tous les cornichons persuadés que la seule manière digne d'intérêt de penser et d'exprimer le monde est celle en vigueur dans leur village natal, et ignorant ou méprisant tout ce qu'ils ne distinguent pas du haut de leur clocher : philosophes qui confondent les préjugés de leur siècle et de leur société avec des universels intemporels, littéraires figés dans un dialogue millénaire avec une tradition "classique" prise pour le centre du monde parce qu'elle se trouve être à l'origine de notre patois, nationalistes assez obtus pour oublier que la richesse des nations réside dans leur pluralité » (p. 65)
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luocineluocine13 octobre 2014
En navajo qui n’a jamais chipé un seul verbe à aucune langue étrangère, le refus de principe de l’emprunt aboutit à des résultats certes décoratifs, mais discutables du point de vue de l’efficacité communicationnelle : ainsi « tank » se dit chidinaa’na’ibee’eldoohtsohbikàà’dahnaazniligii, littéralement « voiture qui glisse sur le sol avec de gros fusils dessus. Il est probable que dans la pratique, les Navajos recourent à l’anglais pour le genre de conversations où l’on a à mentionner un tank – c’est une bête question de sélection naturelle: le temps de s’écrier « gare le tank arrive » , l’obstiné navajophone est déjà réduit à l’état de crêpe Suzette, dans l’indifférence de ses compagnons d’armes plongés dans leur dictionnaire.
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zazyzazy28 juin 2016
Ainsi « tank » se dit chidinaa'na'ibee'eldṍṍhtsohbikàà'dahnaaznilίgίi, littéralement « voiture qui glisse sur le sol avec de gros fusils dessus ». Il est probable que dans la pratique, les Navajos recourent à l’anglais pour le genre de conversation où l’on a à mentionner un tank – C’est une bête question de sélection naturelle : le temps de s’écrier « Gare, le tank arrive ! », l’obstiné » navajophone est déjà réduit à l’état de crêpe Suzette, dans l’indifférence de ses compagnons d’armes plongés dans leur dictionnaire.
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Videos de Jean-Pierre Minaudier (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Pierre Minaudier
Jean-Pierre Minaudier - Poésie du gérondif .Jean-Pierre Minaudier vous présente son ouvrage "Poésie du gérondif, vagabondages linguistiques d'un passionné de peuples et de mots" aux éditions le Tripode. http://www.mollat.com/livres/minaudier-jean-pierre-poesie-gerondif-vagabondages-linguistiques-passionne-peuples-mots-9782370550163.html Notes de Musique : Trans Atlantic Rage/Balogh: ANDREAS N°16 ? Parallel Worlds ? Compilation Fraction ? 2013 (Fraction Studio). Free Music Archive.
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