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ISBN : 9791090724518
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (04/10/2018)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Vibrante peinture des relations humaines au coeur de l’Amérique des années soixante, Les Frères K nous emporte avec tendresse dans les méandres de la famille Chance. Entre un père aux rêves brisés et une mère obsédée par la religion, entre sirènes de la liberté et fanatisme, les enfants devront choisir leur propre manière d’appréhender un monde en pleine effervescence. Si Everett, l’aîné rebelle, cherche à renverser toute forme d’autorité, Peter, l’intello bohème, t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Stockard
  09 octobre 2018
La recette des Frères K, elle est toute simple, je vous la donne (notez) : dans un grand récipient, mais alors grand grand genre piscine olympique, mélangez sport (base-ball de préférence mais vous pouvez y mettre une pincée d'athlétisme pour la fantaisie) histoire, amour, religion (là par contre c'est serré, optez uniquement pour l'Église adventiste du 7e jour et le Bouddhisme), guerre et politique. Une fois fait, ajoutez-y les Chance, famille typiquement américaine des années 60 : père, mère, quatre garçons, deux filles. Fouettez, touillez, secouez, battez et vous devriez obtenir le grand roman de David James Duncan, le petit dernier de chez Monsieur Toussaint Louverture que, à condition d'avoir bien suivi la recette, vous allez déguster en rigolant, pleurant, enrageant, vous indignant, reprenant goût à la vie, le perdant, le retrouvant, etc.
Parce que, surprise, D.J. Duncan n'a pas mis que des mots dans son livre, il y a aussi collé des tranches d'émotions en si grand nombre qu'on se les prend en pleine figure au détour de chaque page, et il y en a presque 800. En clair, ne pas s'attendre à une lecture-fleuve-tranquille.
Alors oui c'est vrai je rejoins les avis précédents, la première moitié de ce chef-d'oeuvre (je pèse mes mots) parle beaucoup, beaucoup de base-ball et si on y est allergique, ça risque d'être laborieux mais Chance (!!) pour moi, j'adore ce sport, seulement à part les règles de base, je n'y connais pas grand chose et je regarde des matchs en restant totalement hermétique à bon nombre d'actions mais Les Frères K sont arrivés et ont contribué à l'amélioration de mes squelettiques connaissances dans une proportion non négligeable (presque sûre de pouvoir maintenant assister à un match et en apprécier facilement les 3/4).
Une fois ce premier gros morceau passé, on y revient parfois mais de façon plus anecdotique en comparaison de son omniprésence au départ et la seconde partie s'étoffe dans les thèmes abordés, entre guerre (du Vietnam, des psaumes et familiale) amour (religieux, sauveur et familial), contestation et littérature (russe surtout, Dostoïevski en général et ses Frères K. en particulier)
Alors qu'importe que l'on aime le base-ball ou non, ce monument littéraire est avant tout l'histoire d'une famille de la classe moyenne qui apprend à surmonter ses guerres intestines et les difficultés extérieures, une famille que David James Duncan n'hésite pas à malmener entre belligérance, viols et électrochocs pour nous rappeler la puissance de l'amour filial, à quel point rien ne lui est irréalisable pour peu qu'on l'accepte et qu'on accepte ses proches avec leurs câblages différents, leurs défauts et leurs irritantes obsessions.
Et si à l'ouverture de ce livre on croit faire un fabuleux voyage, loin, entre Washington, le Vietnam, les Indes et le Canada, on se rend rapidement compte que ce voyage est avant tout intérieur parce que les Frères K, ça parle de nos mères, de nos pères, de nos soeurs et de nos frères et qu'importe qu'on en ait ou non, on s'en fout, les Frères K, ça parle de nous, de nos vies, de nos choix, de nos erreurs, de nos amours et de nos pardons et ça nous rappelle enfin que notre séjour est court, que certains fardeaux sont inutiles et qu'il peut être bon parfois d'en laisser quelques uns derrière nous pour ne plus jamais y revenir.
Tout ça dans un livre qui n'en a pas fini avec moi, loin de là. Comme il va être difficile maintenant d'enchaîner sur autre chose.
En guise de conclusion, un merci qui ne sera jamais assez balèze à Babelio, à Dominique Bordes et aux Éditions MTL dans leur ensemble : de tous vos trésors, j'avais placé "La Maison dans laquelle" au sommet de la cime du pinacle ; j'ai bien l'impression que les Frères K vont aller lui tenir compagnie.
Merci aussi à la famille Chance qui nous rappelle qu'on peut, parfois, tomber amoureux d'un livre.
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blandine5674
  30 septembre 2018
J'ai failli parfois l'abandonner durant la première moitié à cause de la religion (passion de la mère) et du baseball (passion du père) qui remplissent des pages et des pages, difficile pour les non américains dont c'est le sport favori. Six enfants, dont certains sont subjugués par les entraînements du père. Enfin, quand ils grandissent, le roman devient intéressant, de par leurs parcours différents, d'autant que nous sommes en période de guerre du Vietnam. le point fort est l'amour et la solidarité familiale.
Une chose me tourmente : ma lecture précédente est 4321 de Paul Auster, publié en 2017 aux USA. Celui de Duncan en 1992. On y trouve énormément de choses communes. C'est vrai qu'il y est question du même pays et de la même époque.
Merci à masse critique pour ce roman plein de tendresse, d'humour et d'humanité.
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MadameTapioca
  14 novembre 2018
Entrée au Panthéon de mes lectures !
[Elle est où la 6eme étoile Babelio?]
Je voulais prendre le temps d'écrire un chronique sur ce livre, je voulais écrire la plus belle chronique possible, je voulais peser chaque mot. Mais je ne peux pas attendre.
De toute façon écrire un avis sur ce livre, est impossible. Je dois me rendre à l'évidence: rien, aucune critique, aucun avis, ne sera à la hauteur de ce chef d'oeuvre.
Je ne ferai pas l'affront à l'auteur de résumer en quelques phrases 800 pages de génie. Je me sent ridiculement petite à côté de ce que je n'ai pas honte de nommer « monument ». J'échange mes 110 livres lus en 2018 contre quelques pages supplémentaires des Frères K, pour que jamais ne s'arrête cette lecture.
Comment parler d'un roman aussi exceptionnellement dense, aussi incroyablement riche?
Ce livre est un roman hors norme.
Chaleureux et fraternel, aussi drôle que triste, profond et subjuguant. Une épopée familiale unique, un sublime voyage humain.
Dans ma mémoire de (vieille) lectrice, certains moments sont gravés. Il y a le souvenir de l'époque où j'ai découvert John Irving en ouvrant «Le monde selon Garp », il y a le souvenir toujours aussi vivace de ma lecture de « De sang froid » de Truman Capote; dorénavant il y aura ces semaines passées avec « Les frères K » de David James Duncan.
Merci à Monsieur Toussaint Louverture pour cet « intarissable gisement de sentiments ».
Traduit par Vincent Raynaud.
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jmb33320
  06 octobre 2018
Autant le reconnaître d'emblée : oui, il est beaucoup question de base-ball dans ce touchant et vaste roman de David James Duncan. Et pas seulement comme un symbole de l'Amérique des années 1960 car la famille Chance, du moins Hugh, le père (qui a été joueur semi-professionnel) et trois de ses fils, vouent un véritable culte à ce sport, ce qui nécessite pour un lecteur non averti (comme moi) beaucoup d'explications, disponibles sous forme de notes de bas de page.
Ceci-dit le récit, passionnant, reste toujours fluide et je n'ai pas vécu comme une gêne le fait de ne pas toujours comprendre exactement de quelle technique de jeu il s'agissait, tant les règles me paraissent compliquées et fluctuantes, soumises, semble-t-il, dans une large mesure à l'appréciation de l'arbitre.
Pour la mère, un de ses fils et ses deux filles, les petites dernières, le culte qui les guide est à prendre au sens propre. Il s'agit de celui des Adventistes du Septième Jour, une église chrétienne protestante très rigide, qui sert de béquille émotionnelle à Laura, la mère, qui a eu une enfance compliquée.
La famille Chance va donc se déchirer entre baseball et religion, liberté et soumission, désir de vie contre pulsion de mort. Leur histoire, douce-amère, est en grande partie racontée par Kincaid, dit Kade, qui est le quatrième des six enfants. Et peut être celui qui se préoccupe le plus de chacun des autres membres de cette famille.
L'humour est bien présent tout au long du roman, comme par exemple dans ce passage, où le père s'essaye à une tentative de synthèse :
« Au vu de mon expérience, je vous le dis, les enfants : dans la religion comme au base-ball, il y a la même dose d'ennui, la même hypocrisie, les mêmes vaines promesses de gloire, les mêmes bancs qui font mal aux fesses, les mêmes grandes gueules qui se mêlent aux supporters sincères, les mêmes pasteurs-entraîneurs qui ont soif de pouvoir et tiennent les mêmes sermons. Merde, il y a même de l'orgue en musique de fond dans les deux. »
Chaque membre de cette famille est magnifiquement rendu, sans oublier Grandamer, une inoubliable grand-mère paternelle d'origine anglaise. L'auteur a su les faire vivre dans leur individualité, leurs contradictions, leurs craintes et leurs espoirs. Et j'ai vraiment été saisi par la puissance romanesque de l'ensemble.
Le titre du roman s'explique en partie par référence au roman de Dostoeïveski « Les frères Karamazov » mais aussi par le fait qu'au base-ball, si j'ai bien compris, être « K » c'est être éliminé du jeu sur un strike.
J'ai lu ce roman dans le cadre de l'opération Masse Critique et je remercie vivement Babelio et les éditions Monsieur Toussaint Louverture. Je serais probablement passé à côté de ce roman si je l'avais découvert sur un présentoir de librairie, l'objet n'est pas en cause car comme toujours chez cet éditeur l'impression est particulièrement soignée, mais je pense que je n'aurais pas osé franchir le pas de l'achat après avoir parcouru les premières pages (y compris un schéma du « Diamant » de base-ball). Et je ne peux qu'encourager d'autres lecteurs à dépasser ce possible premier ressenti car cet excellent roman en vaut largement la peine.
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manonlitaussi
  12 mai 2019
Voilà un roman délicieusement dense et une famille qu'on quitte avec regret. Normal quand on a 6 enfants, dont deux jumelles, très différents au sein d'une famille avec des destins et croyances bien différents. C'est également un livre plein de subtilités qui requiert de l'attention pour ne pas laisser échapper toutes les nuances de sentiments par lesquels l'auteur nous fait passer.
Cette famille pleine de nuances c'est la famille Chance qui n'a de chance que dans son nom le K fait référence à l'échec. Ce qui partage cette famille c'est la religion, celle de leur mère adventiste à laquelle peu d'enfants adhérent, celle du père, le Baseball, puis celle d'un des fils bouddhiste ou la révolution dans laquelle s'engage l'aîné.
La poisse commence avec ce papa joueur de baseball qui coince son pouce dans un machine de l'usine qui l'embauche. Là s'arrête ses ambitions de joueur professionnel.
Le baseball a une place importante dans le livre et j'avoue que cela m'a fait peur dans la première partie mais la deuxième moitié du livre se concentre sur les fils et le baseball prend moins de place. Et oui, c'est la guerre du Vietnam qui vient par la suite désunir cette famille et c'est cette seconde partie du livre qui m'a vraiment ému car devant les épreuves, tout l'amour qui les unit jaillit et nous saisi. Les personnages sont attachants, les disputes entre membres de la famille sont parfois jubilatoires tant l'auteur fait monter la tension au cours de certaines scènes, mais souvent tout le monde est au bord du fou rire et nous aussi.
Et c'est là que s'est trouvée, pour moi toute la subtilité du livre le rire malgré toutes les tragédies vécues. Ce qui est constant dans ce livre c'est le courage dont fait preuve chaque membre de la famille qui s'agrandit tout au long de l'histoire. le courage qui fait qu'ils ne capitulent jamais.
Si l'histoire est essentiellement racontée par Kincaid, dont on ne sait pas grand chose en fin de compte, les prises de paroles sont multiples grâce aux lettres ou aux dissertations des enfants. Ce que j'ai apprécié dans la structure du livre. Quand c'est un pavé pareil, des modes de rédaction différents permettent de rendre la lecture moins linéaire, je trouve, et aussi d'éviter la monotonie.
Le livre n'a pas été un coup de coeur surtout à cause de la place du base ball mais j'ai eu un coup de coeur pour le personnage de la mère, c'est un chef d'orchestre et un pilier contre l'anarchie dans la famille, une femme de fer sans qui tous seraient perdus.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   06 octobre 2018
Les téléphones sont des objets assurément utiles. Néanmoins il sont aussi, me semble-t-il, l'équivalent d'une maison sans toilettes. Les téléphones permettent à un esprit de communiquer avec un autre dans un état de calme ou d'agitation, de somnolence ou d'ivresse, de désir, de joie, d'hystérie ou de stupéfaction – c'est-à-dire à peu près tous les états existants, du moment qu'ils ne nous empêchent pas de tenir en main un morceau de plastique. Que les téléphones puissent nous relier en quelques secondes à n'importe quelle autre créature sur Terre assez téméraire pour décrocher son propre morceau de plastique est une chose formidable. Mais c'est aussi tragique, quand on sait ce que bien des gens pensent de leurs congénères. C'est pourquoi, tant qu'ils ne seront pas équipés d'une sorte de chasse d'eau, d'un filtre ou d'un système d'évacuation pour les milliards de mots qu'il aurait mieux valu ne jamais proférer, je me méfierai de ces machins.
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StockardStockard   25 septembre 2018
C'est étrange de voir un grand Noir comme Power faire partie des Indians. A bien y réfléchir, c'est tout aussi étrange de voir une bande de Blancs courir sur un terrain en se faisant appeler les "Indians". Qu'est-ce que les vrais Indiens en pensent ? Je veux dire : et si une équipe de joueurs blancs, avec un Indien en première base, s'appelait les "Negros de Cleveland" ? Ça n'a pas beaucoup de sens. Mieux encore : et si une équipe composée de Noirs et d'Indiens s'appelait les "Blancs de Cleveland" ? A mon avis, il y aurait un tas de visages pâles que ça n'emballerait pas des masses.
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StockardStockard   01 octobre 2018
Cherche dans ta Bible. Trouve-moi un seul verset dans lequel Dieu est inquiet au sujet de Satan. Ce n'est pas Dieu qui est inquiet, ce sont les croyants. Et s'ils le sont, c'est parce que les prédicateurs leur disent de l'être. Ils se font un paquet de fric en faisant bouffer aux gens du Satan à toutes les sauces. Et vas-y qu'ils lui collent des dents pointues et le sortent chaque semaine de leur chapeau en faisant croire à une chauve-souris enragée. Mais à mon avis, si les gens commettent des péchés, c'est parce qu'ils le veulent, pas parce que Satan les force.
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StockardStockard   02 octobre 2018
Un poème de Winifred, âgée de sept ans. Ou plutôt un poème de Bashō, traduit et cité dans un article du National Geographic datant de 1951 intitulé "Que nous réserves-tu, Japon ?", qu'elle a déniché des années plus tard dans notre grenier, légèrement mais significativement remanié pour le proposer au concours d'écriture des écoles primaires du comté de Clark, et qui n'a reçu ni prix, ni mention, ni aucune sorte d'encouragement. Néanmoins, un poème :
"Camas, dans le Washington.
Ah, Camas, dans le Washington...
Camas-dans-le-Washington !"
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MadameTapiocaMadameTapioca   31 octobre 2018
Réunissez un ouvrier sportif, une matriarche à tendance patriarcale, quatre adolescents débordant de testostérone et une petite sœur en double sous le toit d'une même maison branlante, avec quatre chambres et une salle de bain et demie; maintenant, confiez-en les rênes à un être humain ordinaire et vous obtiendrez un chaos sans nom. Heureusement pour nous, la famille avait toujours été dirigée par notre mère, dont le plus grand talent, la vocation même, était sa capacité à prendre à bras-le-corps, analyser et orchestrer les deux mille neuf cent vingt (365x8) jours de l'année collective des Chance, afin d'en faire un quotidien gérable. Si l'on excepte le fameux "Tais-toi!", dont la popularité n'a pas d'égal, le conseil le plus utile et le plus fréquent dispensé chez nous avait toujours été: "Demande à Maman".
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