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ISBN : 2355842698
Éditeur : Sonatine (01/10/2014)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 243 notes)
Résumé :
1974. De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente. La surprise est de taille : celle-ci n’est autre que Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt, dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
29 septembre 2015
Dans le comté de Whytesburg, littéralement pourquoi tesburg ce à quoi je rétorquerai pourquoi pas, John Gaines fait office de shérif. Non pas que l'homme soit gangréné par l'ambition mais l'on s'est dit qu'un vétéran du Vietnam serait sans doute à même de régler les quelques menues incivilités du coin.
Lorsque le corps sans vie de Nancy Denton fut extrait de son linceul de boue, John a dû penser que la vie était un éternel recommencement. Avoir échappé aux horreurs de la guerre pour y être de nouveau confronté de retour au pays, le Dieu du lol était décidément un sacré farceur.
Mais qu'à cela ne tienne, il était le garant de la loi et quiconque l'outrepassait aurait affaire à lui.
Effacez toutes les lettres d'Ellory puis remplacez-les par captivant et vous obtenez...ben captivant du coup. Hasard, coïncidence, je ne crois pas non.
L'auteur n'en est plus à son galop d'essai et fait montre, une fois encore, d'une réelle maîtrise tant au niveau de l'écriture que de la trame qu'il déroule posément histoire de faire durer le plaisir.
D'un côté, un survivant devant composer avec les fantômes qui le hantent, de l'autre, un groupe de gamins devenus adultes et influents qui, à l'époque de la disparition de la victime survenue 20 ans plus tôt, était soudé comme les cinq doigts de la main. Autant de suspects idéaux. Autant de murs auxquels se cogner.
Chez Ellory, pas d'esbroufe.
Le rythme est lent mais dans le Sud, rien que de très naturel en somme.
La construction, parfaitement huilée, est une véritable machine de guerre détruisant toutes vos spéculations sur son passage pour délivrer une vérité difficilement concevable.
Et c'est ça qui me botte toujours dans un thriller, le fait que la fin vous sèche tout en tenant parfaitement la route.
Ici, contrat rempli haut la main peau de tamarin.
Ellory n'a plus rien à prouver.
Le bonhomme est un bosseur talentueux.
Un musicien polymorphe qui vient, pour le plus grand plaisir de tous les amateurs du genre, de délivrer une nouvelle partition de haut vol.
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cannibalector
05 janvier 2017
1954
Gros patelin du Missouri à la frontière de la Louisiane.
Une bande de jeunes de 10 à 25 ans: des populos, des fils de bourges, un jeune vétéran du Pacifique ( la guerre du pacifique: drôle de nom pour une guerre, is not it?).
Et Nancy disparait........
1974.
L'invincible Amérique s'enlise au Viet Nam: Saîgon est encerclé
La pure Amérique est souilléé par les mensonges de Nixon et le scandale du Watergate.
Dans ce sud des etats unis, la ségrégation raciale a disparu..... officiellement.
Ce sud revendique ses racines chrétiennes mais le vaudou subsiste, d'où un synchretisme qui peut parfois se révéler horrifique.
John, ancien du Viet Nam, des fantômes plein la tronche est shériff: il s'occupe des " incivilités": il soigne surtout à la fois les blessures de sa guerre et sa mère, atteinte d'un cancer.
Et Nancy réapparait........
Une plongée lente, mélancolique, sombre et cruelle dans le sud des US en 1974. Thriller où l'atmosphère prend le pas sur l'intrigue somme toute classique, l'intéret n'est pas là. Il est dans les combats que l'homme se livre à lui même, au conformisme, aux vieux relents nauséabonds que conservent les bayous.
Un beau roman noir.
Mais ce n'est que mon humble avis
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gruz
02 octobre 2014
La publication en France d'un nouveau roman de R.J. Ellory est toujours un événement. Une fois de plus, celui-ci est à la croisée des genres, entre roman noir et thriller, pour un résultat qui ne ressemble pas à ses précédents romans et qui est pourtant du Ellory pur jus.
L'auteur n'a pas son pareil pour nous plonger dans une part de l'Amérique et fouiller à ce point la psychologie humaine. A ce stade, c'en devient un art !
1974, sud des États-Unis. Un pays qui peine à se remettre de la guerre au Vietnam et une région où tensions raciales et ségrégation sont encore totalement ancrées dans les moeurs.
John Gaines, shérif de son état, est surtout un jeune vétéran de cette guerre lointaine qui a renvoyé des hommes détruits à la maison.
Dans l'interview qu'il a accordé sur mon blog, Ellory explique avoir présenté son projet de roman à son éditeur comme un mélange des films Angel heart et Apocalypse Now. Je dois dire que c'est plutôt bien vu.
Avec ces personnages qui souffrent de stress post-traumatique (même si le terme n'était pas encore usité à l'époque), et ce récit sur la difficulté de survivre (à la perte de l'être cher ou bien à la violence du monde), Ellory construit pas à pas une intrigue forte, une vraie enquête policière avec de puissantes thématiques (sur la culpabilité du survivant ou encore la persévérance…).
Autant son précédent et magnifique roman (Mauvaise étoile) faisait briller quelques lueurs dans l'obscurité, autant Les neuf cercles (The devil and the river en VO, j'aime beaucoup le titre original) est un récit profondément ténébreux.
La mort y rode à chaque page, pas un chapitre sans que la Fossoyeuse n'y fasse planer son ombre.
Cette ambiance pesante en devient quasi-hypnotique, tant l'auteur prend le temps de sonder l'âme humaine à travers ces 575 pages. Très vite, nous ne sommes plus simplement là à suivre le personnage de Gaines, nous devenons Gaines ! Nous plonger avec un tel réalisme au plus profond de ses pensées, de ses meurtrissures psychologiques, est l'une des grandes réussites de ce roman. Un tel degré de rapprochement, alors que le récit est écrit à la troisième personne, démontre une fois de plus que l'auteur fait preuve d'un talent hors normes.
Par sa sublime plume, Ellory invoque les esprits (le terme n'a jamais été aussi bien choisi, vous le verrez), ils prennent vie devant nos yeux, pénètrent notre âme. le rythme est lent, ce qui permet de s'imprégner de l'atmosphère de cette période. Et pourtant il sait donner des coups d'accélérateurs et nous asséner des coups de bambous avec des scènes assez violentes (mais jamais gratuites).
J'ai pu trouver quelques rares longueurs et répétitions en cours de ma lecture. Avec le recul pourtant, c'est aussi ce qui rend ce récit si immersif et donne d'autant plus de force au magnifique et inattendu final. Impression fugace totalement balayée une fois la dernière page tournée, donc.
Qui d'autre qu'Ellory possède un telle talent incantatoire et une telle puissance pour décrire la psyché humaine ? A chaque roman, il s'impose davantage encore comme un auteur incontournable. Avec ce récit sur la mort, la perte, la culpabilité et la damnation, Les neuf cercles en sont une nouvelle preuve éclatante.
R.J. Ellory is the king of Roman Noir !
Lien : http://gruznamur.wordpress.c..
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bilodoh
13 avril 2017
Un excellent polar américain, avec vétérans de guerre et tension raciale des années 70.

Un cadavre est découvert dans la vase de la rivière. le shérif qui mène l'enquête a fait la guerre du Vietnam et tout lui rappelle les dangers et les massacres. Des odeurs, des sons, des images insoutenables ne cessent de le hanter.

La guerre et ses conséquences durables chez les soldats constituent dans ce roman un thème d'autant plus important qu'un suspect est un survivant de la Seconde Guerre mondiale… une douloureuse parenté pour l'enquêteur.
Dans cette recherche d'assassins, on pourra goûter le décor complexe de la société du sud des États-Unis, avec une riche famille qui contrôle une région, avec une justice corrompue et des membres du Klan, et même un peu de vaudou pour pimenter la sauce.

Malgré les crimes sanglants, on aura aussi droit aux sentiments positifs, l'amitié entre des adolescents, le grand amour et l'amour d'une mère, de même que l'estime et la solidarité entre les personnes qui livrent le même combat.

Ce n'est pas un vraiment un thriller haletant, mais un drame qui permet d'entrer dans l'univers mental des anciens combattants et d'explorer des facettes de la psyché humaine.
P.S. On mentionne les neuf cercles de l'enfer, mais aucune autre référence à Dante dans le roman. Les combattants reviennent de l'enfer, ils ont vu l'horreur, le mal, mais je n'ai pas vu se développer la métaphore des neuf cercles, mais ils sont peut-être hérités de la traduction plutôt que de l'imagination de l'auteur.
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indira95
12 janvier 2016
Les neuf cercles de l'Enfer de Dante, c'est ce qu'a traversé John Gaines, vétéran du Vietnam. On peut dire qu'il en a vu de toutes les couleurs : des morts inutiles, des enfants violés ou prêts à se sacrifier, des humiliations, et du sang, encore du sang, de la douleur et de la détresse, partout, l'impression d'avoir été jeté en pâture pour une cause à laquelle on ne croit pas. Pourtant John Gaines n'a pas refusé d'y aller, au contraire. le devoir est le devoir, et quand la mère patrie te réclame, inutile d'ergoter.
Revenu d'entre les morts, John Gaines est désormais shérif d'une petite bourgade du Mississippi quand débute notre histoire. Nous sommes en 1974. Il ne se passe jamais grand-chose à Whytesburg. A peine deux meurtres en des décennies et encore l'enquête fut facile : des femmes tuant leurs époux ou inversement. Pas de quoi se prendre la tête. Aussi, quand on repêche le corps d'une jeune fille au bord d'une rivière, disparue 20 ans plus tôt, un corps resté intact car protégé de la décomposition par la vase aux alentours, tout le village s'ébroue. Qui a pu tuer Nancy Denton, à peine âgée de 16 ans ? Et surtout pourquoi lui avoir prélevé le coeur et remplacé celui-ci par un serpent dans une boîte ? Face à ce meurtre énigmatique, John Gaines doit réagir. Mais à vouloir remuer la vase, il en ressort de bien vilaines choses (vous l'aurez compris tout n'est pas si tranquille à Whytesburg).
Grâce à sa parfaite maitrise des codes du roman noir, Ellory nous sert un thriller à la sauce cajun (nous ne sommes pas en Louisiane je sais). Des personnages hautement sombres (John Gaines détient la palme) aux prises avec leur passé, des bourgades banales et insipides frappées par l'apathie et l'ennui, des rancunes et secrets enfouis. Mais la magie Ellory a semble-t-il moins opéré cette fois. Entendons-nous bien : je ne remets pas en cause le style d'Ellory, d'une profonde noirceur et c'est cela qu'on aime tant chez lui. Ses personnages sont toujours très travaillés, justes et vraisemblables. Mais à force de vouloir dépeindre John Gaines et le traumatisme de Vietnam qui continue à dicter sa conduite, l'auteur m'a perdue. Vous vous en rendrez compte rapidement, l'intrigue policière n'a que peu d'intérêt et le vrai thème de ce roman à mon sens reste le traumatisme de la guerre ajouté à une virulente critique du conflit au Vietnam. Pour cela, Ellory qui n'est pourtant par américain mais anglais, nous fait ressentir le chaos de ce conflit comme si nous y étions, belle prouesse.
Bien que sensible à ces thématiques, j'ai néanmoins acheté ce roman pour une intrigue policière qui a clairement fait défaut, d'où ma déception. J'aurais aimé être accaparée par une enquête plus classique sans doute. Sans rancune monsieur Ellory.
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Les critiques presse (3)
LaPresse15 décembre 2014
Un polar très noir, à la fois tragique et d'une grande sensibilité, qui nous interpelle et nous émeut. Un des meilleurs de l'année.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress08 décembre 2014
Non content de nous livrer, en styliste hors pair, une intrigue finement ficelée, Ellory interroge longuement la psychologie de ses personnages, fouille l'âme humaine et ses zones d'ombre, donne des coups de canif à la frontière entre le bien et le mal.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse13 novembre 2014
Conteur génial et styliste impeccable, Ellory fait preuve d'une rare sensibilité. Un récit formidable!
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui20 octobre 2014
Une guerre sombre, impitoyable, implacable, qui prenait tout ce qu’il y avait de bon en vous et le remplaçait par du néant. Il était difficile de comprendre l’influence qu’un peu plus d’une année pouvait avoir sur un être humain. Mais c’était un fait. C’était indéniable.
Certains affirmaient qu’ils avaient laissé une partie d’eux-mêmes dans les jungles et les villes et les tunnels de l’Asie du Sud-Est. Ce n’était pas vrai. Ils y avaient laissé la totalité d’eux-mêmes. Ils étaient une personne différente à leur retour, et leurs amis, leur famille, leur femme, leur mère et leurs filles peinaient à les reconnaître. Eux-mêmes se voyaient désormais aussi presque comme des étrangers.
+ Lire la suite
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coco4649coco464923 décembre 2014
La matinée touchait à sa fin. Les nuages diffusaient une lumière poisseuse, et l'air semblait assez épais pour être mâché. Les sons étaient étouffés, le chant des geais bleus et des engoulevents s'estompant à moins de quinze centimètres de leur gorge.
Gaines se tenait sur les marches de derrière, regardant en direction de l'endroit où avaient été enterrées la tête et la main de Michael Webster. Là-bas, au bout du champ, à quelques centimètres sous la surface, il y avait du sang, de la cire, des cheveux, et allez savoir quoi d'autre. Et plus loin, vers l'horizon – au-delà de la clôture en fer barbelé et des pins à encens, des cyprès, des verges d'or et des sauges bleues, au milieu des toiles de kudzu, parmi les nids de cardinaux rouges et des moqueurs roux, les sons des grenouilles et des écureuils, au milieu des empreintes des cerfs de Virginie –, il y avait autre chose. Des fantômes, peut-être. Quelque chose d'étrange et de puissant, une facette de l'horreur qu'il ne comprenait pas. Pas encore.

p.439
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coco4649coco464923 décembre 2014
De quelque côté qu'il se tournât, Gaines se sentait coincé. Était-il possible que Wade n'ait jamais à rendre de comptes pour ce qu'il avait fait ? Bien sûr que oui. C'était la différence fondamentale entre la justice et la loi. La culpabilité ne garantissait pas le châtiment. Le système judiciaire avait créé ses propres subtilités machiavéliques, par instinct de conservation, afin de protéger son exclusivité, mais ce faisant il avait atteint un tel niveau de complexité, avait créé de telles failles, que même les pires êtres humains pouvaient repartir libres, en toute légalité, au vu et au su de tous, chaque pas les rapprochant un peu plus d'une récidive éventuelle. C'était un point de vue cynique, mais réaliste.

p.413



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Michel33Michel3318 mars 2015
Une guerre sombre, impitoyable, implacable, qui prenait tout ce qu’il y avait de bon en vous et le remplaçait par du néant. Il était difficile de comprendre l’influence qu’un peu plus d’une année pouvait avoir sur un être humain. Mais c’était un fait. C’était indéniable.
Certains affirmaient qu’ils avaient laissé une partie d’eux-mêmes dans les jungles et les villes et les tunnels de l’Asie du Sud-Est. Ce n’était pas vrai. Ils y avaient laissé la totalité d’eux-mêmes. Ils étaient une personne différente à leur retour, et leurs amis, leur famille, leur femme, leur mère et leurs filles peinaient à les reconnaître. Eux-mêmes se voyaient désormais aussi presque comme des étrangers.
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bilodohbilodoh13 avril 2017
Quand vous voyiez un joueur de football blond de 19 ans décapiter un jeune Vietnamient de 15 ans, puis rester là à prendre des photos tout en tenant la tête par les cheveux — les yeux révulsés, le rictus de mort, la teinte blêmes de la chair exsangue —, vous compreniez que le monde ne tournait pas rond. Vous ne regardiez plus jamais les gens de la même façon. (p. 95)
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UN COEUR SOMBRE - RJ ELLORY Combien de temps peut-on échapper à sa conscience ?
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