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Bernard Ferry (Traducteur)
ISBN : 2266038842
Éditeur : Pocket (27/08/2005)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Koko :
juste un mot gribouillé sur une carte à jouer, la signature d'un tueur fou sillonnant l'Asie dans un périple sanglant.

Koko :
un seul mot qui va projeter quatre amis quinze ans en arrière en plein cauchemar du Vietnam.
Koko, ils le savent, est l'un des leurs, un des participants à ce terrible massacre d'un village, qu'aucun d'eux n'a pu oublier. Ils décident donc de retrouver Koko avant la police et d'essayer de comprendre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Millencolin
  06 septembre 2017
Koko c'est un nom sur une carte à jouer.
Koko c'est le surnom d'un assassin.
Koko c'est un souvenir sombre de la guerre du Vietnam.
Voilà une histoire peu ordinaire au cours de laquelle Peter Straub nous dresse le portrait d'anciens camarades de guerre, 15 ans après celle-ci. Chacun a eu un parcours différent avant, puis après cette guerre, mais tous ont été les témoins et les acteurs d'une atrocité commise là-bas. le degré d'implication des protagonistes, que ce soit physique ou psychologique, se découvre au fur et à mesure de la lecture.
L'auteur jongle très bien entre les divers personnages, les lieux géographiques et les flashbacks. Il prend le temps de creuser, de planter le décor. Cela peut paraitre long par moments, mais les descriptions ainsi que les scènes qui, pour certaines, ne présentent pas grand intérêt par rapport à l'intrigue générale, ne font que participer à nous plonger dans une atmosphère glauque et sinistre, sans jamais pourtant tomber dans le déprimant et le pathétique. Les héros conservent une énergie et une motivation intactes au fil du récit.
Peter Straub nous propose la mise en parallèle de plusieurs mondes sur cette Terre, et nous indique que l'enfer peut exister partout, et pas seulement sur un champ de bataille. L'être humain peut être mauvais et diabolique quel que soit l'endroit, l'époque et le contexte. Il lui faut juste un environnement adéquat pour exprimer cette violence et sa colère. Il tend vers l'autodestruction en entrainant souvent son entourage dans le même temps.
Ce livre pose donc bien des questions sur la nature humaine :
Qui sommes-nous vraiment au plus profond de nous ? Sommes-nous foncièrement mauvais ou est-ce la société qui nous a forgé ainsi ? Sommes-nous des coupables ou des victimes ? Comment vivre en paix avec soi-même ? Avons-nous une dette envers la vie et comment s'en acquitter ?
L'intrigue policière présentée dès l'introduction du roman est finalement un prétexte à une véritable quête du bonheur, et celle-ci est propre à chacun. Et quand j'évoque ici la recherche du bonheur, il ne s'agit pas de contes de fée ou d'histoires romantiques à l'eau de rose. L'auteur fait état d'un combat vers une certaine paix intérieure, ou comment enterrer ses démons et en faire le deuil.
Pour conclure, je conseille vivement la lecture de ce livre. C'est brut, fort, poignant, on finit par s'attacher à certains personnages et à en détester d'autres. Ce n'est pas un simple livre policier, mais un véritable manifeste contre la guerre et toutes les horreurs que celle-ci a pu engendrer et autoriser.
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Siabelle
  01 mai 2015
Je suis ravie, je suis envoûtée. Peter Straub me fait connaître un univers où il y a une fraternité, où tout le long, c'est comme si les personnages sont devenus mes amis. C'est comme si je les connais depuis toujours. C'est une histoire qui est venue me touchée, je n'ai pas été capable de lâcher ce roman.
Il me fascine aussi par sa page couverture. On sait déjà d'avance qui y parle de la guerre. C'est un homme, avec une moustache et un casque d'armée. Ce qui est curieux, il y a dans sa main : une carte. Je suis alors intriguée et une question me vient à l'esprit : «Pourquoi ?» C'est un gros pavé de 606 pages. J'entame donc mon deuxième roman : Koko. Je le finis en 4 jours. C'est un genre différent de Ghost Story et c'est pour cela que je suis attirée. Il est reconnu comme un thriller et un roman noir. Ce livre peut être à la fois fantastique et épouvante. Je suis aussi fière qu'il a gagné le prix World Fantasy pour le meilleur roman en 1989. En faisant aussi une recherche, je me suis rendue compte que ce livre il est très dispendieux si il se vend en pièce collection. Je suis étonnée et emballée. Je peux donc dire que Peter Straub fait partie de mes auteurs chouchous. C'est un nouvel auteur que j'affectionne beaucoup.
Koko… Qu'est-ce que c'est au juste ? Oui, j'avoue, c'est un drôle de nom. Peter Straub spécifie dans une citation : «C'est le nom d'un volcan à Hawaïï, c'est le nom d'une chanson. Il y a des tas de choses qui s'appellent «koko» dont quelques pandas en captivité, un volcan de Hawaïï, une princesse thaïlandaise et des thèmes de jazz de Duke Ellington et de Charlie Parker. Il y a même un chien nommé Koko dans l'affaire du meurtre Dr. Sam Sheppard. »
Ici, il n'en est rien. Koko c'est effectivement le tueur dans l'histoire. Personne ne sait qui il est, il devient donc mystérieux. Koko, c'est aussi l'histoire de quatre vétérans qui se retrouvent à la mémoire des soldats à Washington. Ils ont fait la guerre Viet-Nam. Ils apprennent qu'un certain Koko fait des meurtres alors ils pensent qu'il est un des leurs. Ils ont des doutes et ils veulent l'empêcher qu'il fasse d'autres crimes. Ils décident donc de partir à sa recherche pour qu'il ne recommence plus.
Dès le départ, c'est avec Michaël que je fais connaissance. Il m'amène avec lui à ses retrouvailles. C'est là que je rencontre Conor, Garry et Tina. Ils se remémorent des souvenirs et les liens se renouent. Quand ils partent à l'aventure, ils sont juste trois : Michaël, Conor et Garry. Tina ne peut pas à cause de ses affaires.
Koko, c'est aussi le récit de Michaël, Conor, Gary et Tina. Au fil des pages, on voit leurs complicités, on suit leurs réflexions et on se joint à leurs actions. C'est comme une chasse à l'homme. Ils courent après un homme et ils n'ont aucune direction. Ils ont aussi la peur au ventre. Voici une citation qui le résume bien : «Tu te souviens de cette impression dont je t'avais parlé tout à l'heure, cette impression que quelqu'un de méchant était revenu spécialement pour moi ? (… J'ai eu comme ça une sorte de vision de quelqu'un qui se déplaçait de manière incroyablement rapide, de quelqu'un de plein d'allégresse…. Et puis il s'est évanoui. J'ai failli vomir. »
Je suis assez surprise par cette histoire. Je retrouve des passages musicaux, il y a des tendres moments. Il y a eu aussi cette partie avec Babar qui m'amuse. Croyez-le ou non, elle signifie quelque chose d'important. Voici un extrait : « - le monde de Babar est un monde spécifique, j'imagine que c'est pour ça qu'il aimait dans ces livres, dit Michaël. - Pas si spécifique que ça dit Maggie. Dans les premières pages de l'Histoire de Babar, la mère de Babar est tuée par un chasseur. À la fin du Roi Babar, des éléphants volants nommés Courage, Patience, Savoir, et je ne sais plus quoi encore… ah oui, Joie et intelligence, chassent d'affreuses créatures appelées Bêtise, Colère, Peur et un tas de mauvaises choses. J'adore un passage dans ce livre où on décrivait certains habitants de la ville des éléphants : le Dr. Capoulosse, Tapitor le cordonnier, un sculpteur nommé Podular, Poutifour le paysan, Hatchiboubotar l'arroseur-balayeur… et un clown nommé Coco… ».
Oui, bien sûr, Coco mais c'est coco avec un C, ce n'est pas écrit pareil comme Koko… Est-ce une référence ? Qu'est-ce que ça représente pour un type comme Koko ?
Je crois que ce qu'on voit avec des yeux d'enfants, on ne le perçoit plus de la même façon étant adulte. C'est ça le monde de Peter Straub. On y trouve un univers fantastique où le Viet-Nam est au rendez-vous, les monstres surgissent, la peur qui envahit. Il décrit très bien ce phénomène : l'horreur.
Il y a aussi plus que ça : je me suis laissée entraînée par son talent de conteur. Il sait bien dépeindre les relations humaines. Il y a un je ne sais quoi de magique qui fait malgré les longueurs, on s'y loge. Il y a les personnages captivants, uniques à leurs façons et l'histoire qui tient en haleine.
Koko, c'est un début d'histoire qui est long à partir, qui se transforme au milieu et la fin est palpitante. C'est un régal pour tout lecteur qui sait attendre.
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grm-uzik
  26 janvier 2017
Koko : juste un mot gribouillé sur une carte à jouer, la signature d'un tueur fou sillonnant l'Asie dans un périple sanglant.
Un mot qui va projeter quatre amis quinze ans en arrière en plein cauchemar du Vietnam. Koko, ils le savent, est l'un des leurs, l'un des participants à ce terrible massacre qu'aucun d'eux n'a pu oublier. Ils décident de le retrouver avant la police. Pour comprendre.
De Singapour à Bangkok, puis lors d'une scène terrifiante à New York, la traque progresse et prend une dimension initiatique ; car, dans cette course au meurtrier, chacun des chasseurs se découvre et se révèle à lui-même...
Il s'agit du premier tome d'une trilogie nommée "Blue Rose" dans lequel il dépeint le traumatisme dû à la guerre du Vietnam à travers 5 personnages enquêtant sur des meurtres ayant lieu dans les années 80 et ayant un rapport avec ce qui leur est arrivé pendant la Guerre. Les deux autres épisodes s'intitulent "Mystery" et "La Gorge" et sont liés avec "Koko" par quelques personnages, un morceau de musique de jazz et la construction du récit. Ils peuvent parfaitement se lire indépendamment mais sont plus savoureux lus à la suite. Chaque livre s'attaque à un genre différent : le thriller sur fond de guerre ici, dans "Mystery" c'est un grand Whodunit et dans "La Gorge" c'est un mélange des deux, plus poussé du côté thriller. A noter que le dernier chapitre de cet ouvrage commence à la dernière page et correspond en fait au premier chapitre du 3ème tome . le deuxième n'étant qu'une parenthèse, une transition pour présenter un nouveau personnage et un certain historique.
Michael Poole doit retrouver 3 amis qu'il avait connu à la guerre 15 ans auparavant, à l'occasion d'une commémoration en 1984 à Washington. Ce sont Conor Linklater, Harry "Beans" Beavers et Tina Pumo. Ils sont tous traumatisés par un événement survenu à Ia Thuc auquel eux mêmes sont liés ainsi que 3 autres hommes : Tim Underhill, Victor Spitalny et M.O Dengler. Il s'agit d'un massacre de 30 enfants dont tous vont porter le poids de la culpabilité sauf le plus responsable de tous.
Pendant ce temps là, des meurtres atroces ont lieu à Singapour, tous mis en scène de la même manière. A savoir les oreilles et les yeux sont arrachés et une carte à jouer est déposée dans leurs bouches sur laquelle est inscrit Koko (nom d'un morceau de jazz de Charlie Parker ainsi que O coïncidence, titre du livre). Cette manière de tuer, les 4 anciens combattants l'utilisaient sur les Viet Congs pour s'amuser. Elle est aussi symbolique : pas entendre, pas voir, pas parler. Les victimes sont tuées car elles pouvaient communiquer. Ils décident de partir pour Singapour où réside Underhill qui est devenu le suspect principal des meurtres. Seul Tina Pumo reste car il ne peut pas laisser son restaurant.
Avant leurs départs, Peter Straub décrit chacun des quatre personnages dans leurs quotidiens professionnels et personnels, leurs traumatismes, leurs cauchemars et leurs obsessions. de ce voyage et de l'histoire qui en découlera, ils veulent en tirer un livre puis un film afin de devenir riche. Ce voyage leur servira surtout à exorciser leurs démons. Ils revoient la guerre dans leur sommeil. Une véritable traque va suivre qui les amènera à Singapour, Bangkok, Taipeh, Fourqueux, New York, Milwaukee et pour finir le quartier de Chinatown à Big Apple.
L'auteur décrit dans quelques passages en flash-back des batailles au Vietnam. Notamment quand la compagnie de Pumo, Beavers et Poole tombe dans une embuscade dans la vallée du Dragon près d'un champ de mine. Il transcrit le traumatisme et l'horreur des combats avec une rare justesse et une précision dans les mots. On imagine très bien les corps déchiquetés et la folie qui s'empare des hommes qui commencent à voir des démons : "Non, se disait Pumo, les démons se trouvent à une plus grande profondeur, parce que ça, ça n'est pas seulement l'enfer, c'est pire que l'enfer… en enfer on est mort, tandis que dans cet enfer ci, on attend d'être tué."
Ce passé qui remonte à la surface est le sujet principal du livre. L'enquête qu'ils mènent n'est que prétexte à décrire les différentes réactions qu'ont les personnages face à la peur, au dégoût d'eux mêmes et de leur souvenir. Ils mènent à priori, une simple chasse à l'homme mais peu à peu l'histoire devient tortueuse et s'épaissit. Les rebondissements arrivent, ainsi que les fausses pistes. le coupable n'est pas celui que l'on croit, forcément. On pense être en avance sur les protagonistes mais au final on est aussi perdus qu'eux.
Le personnage leader du groupe est Michael Poole. C'est un pédiatre qui vit dans les beaux quartiers de New York et qui a de grandes difficultés dans son mariage suite à la mort de leur fils. C'est le plus calme des cinq personnages principaux, c'est lui qui mène l'enquête mais il se fait berner par le tueur qui sait tout de lui.
Harry « Beans » Beavers dit le Grand Paumé. C'est l'ancien, mauvais, lieutenant des 4 autres qui est devenu avocat maintenant au chômage et récemment divorcé. C'est par lui que tout arrive, son incapacité à retenir ses pulsions et sa sauvagerie incroyable pendant la guerre ont conduit, en partie, à tous ces meurtres.
Tino Puma tient un restaurant thaïlandais dans New York qui est menacé de fermeture par la commission d'hygiène. Il vit une histoire d'amour compliquée avec une vietnamienne , Maggie Lah. C'est un personnage un peu en retrait par rapport aux 4 autres.
Conor Linklater. Il est au chômage, fauché, célibataire… Malgré ça, c'est le drôle de la troupe, mais aussi le plus traumatisé.
Le personnage de Tim Underhill est le pivot de la trilogie. Il sera nettement plus développé dans le troisième. C'est un fantôme pendant les ¾ du livre, tout le monde en parle sans qu'il soit présent. Il est pourchassé par les 3 "voyageurs" ainsi que par le tueur. C'est un écrivain (double de Peter Straub ?) qui a rédigé un livre qui ressemble au troisième tome de cette trilogie. Il vit peut être à Singapour ou peut être à Bangkok, a été proxénète pendant la guerre ainsi qu'un vrai héros.
Les cinq personnages principaux représentent l'Amérique dans sa diversité et sa manière d'assumer la guerre. Ils ont été oubliés par leur patrie. C'est un livre aussi sur la mémoire. Mémoire collective, donc , d'un pays qui a oublié les siens et mémoire individuelle de soldats qui n'arrivent pas à oublier ce qui s'est passé et de personnes traumatisées par leur histoire personnelle. le tueur a eu une enfance très difficile. On retrouve d'ailleurs ce même traumatisme et ce même personnage de boucher pédophile dans les 2 autres romans.
Peter Straub a un véritable talent pour décrire les atmosphères des différentes villes traversées. A Singapour et à Bangkok, dans les quartiers populaires, Michael Poole doit aller visiter plusieurs bars louches, patibulaires mais presque. L'ambiance y est glauque, la tension est palpable. Les personnages sont dans un état second quand ils se retrouvent en Asie sur les lieux du carnage passé. Et tout ceci est très bien rendu grâce à une écriture fluide, pas prétentieuse et qui se lit très facilement.
Pour conclure, c'est un excellent thriller atypique avec des personnages bien décrits et une intrigue très forte et qui ouvre la trilogie de très grande manière. Un chef-d'oeuvre, un pur bijou Straubien que je vous recommande vivement.
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Woland
  31 décembre 2007
Je me suis procuré "Koko" qui paraît chez Pocket mais que j'ai déniché dans une librairie d'occasion seulement - chez Gibert-Jeune pour ne pas la citer. Il s'agit du premier tome de la trilogie "Blue Rose" et, contrairement à "La Gorge", l'ouvrage est rédigé à la troisième personne.
Si "Ghost Story" est bien un récit d'horreur qui reprend les codes habituels à ce type de récit et rend hommage à quelques maîtres, "Koko", lui, tient bien plus du thriller classique avec tueur en série complètement fêlé. (C'est la raison pour laquelle ce fil se retrouve ici.)
Le roman débute par un rassemblement officiel de vétérans du Viêt-Nam qui permet aux survivant d'une compagnie de se retrouver et de se pencher sur une série de meurtres particulièrement sanglants commis récemment en Thaïlande. le modus operandi est toujours le même : la victime est mutilée (oreilles et yeux) post mortem et l'on retrouve dans sa bouche une carte à jouer qui porte au verso le mot "Koko" en guise de signature.
C'est l'ancien lieutenant Harry Beevers - personnage au demeurant des plus antipathiques, je vous laisse le découvrir - qui propose à ses anciens camarades - Michael Poole, un pédiatre en renom, Tina Pumo, un restaurateur connu et Conor Linklater, simple ouvrier - de se lancer à la poursuite du tueur. Pour Beevers, reconverti dans le civil en qualité d'avocat et exemple-type de l'arriviste à l'américaine, il n'y a pas de doute : Koko n'est autre que leur ancien camarade, Timothy Underhill. Après la déroute, Underhill était devenu écrivain mais s'était installé à Bangkock.
Comme j'avais déjà lu "La Gorge", je savais déjà que Tim Underhill ne pouvait être Koko. Mais j'ajouterai que, dès le départ, Straub nous fait comprendre que, à l'exception du détestable Harry Beevers, personne ne croit Tim capable de telles horreurs.
Je précise aussi que Harry Beevers n'est pas Koko - même s'il porte une lourde part de responsabilité dans l'émergence du tueur.
Malgré quelques longueurs - Straub aime à raconter et a du mal à quitter ses personnages - "Koko" demeure un roman passionnant, à recommander à tous les amateurs de polars dits "psychologiques", surtout s'ils apprécient les "pavés." La richesse des personnages et la façon tout à fait exceptionnelle, à la fois pleine de tendresse et d'une incommensurable tristesse, avec laquelle Straub décortique leurs labyrinthes comportementaux ainsi que la guerre du Viêt-Nam et l'intolérable pression de la religion aux USA ne peuvent que retenir l'attention. ;o)
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greg320i
  12 décembre 2011
Quand la guerre est là, l'action va à tout va ! Mais quand elle se finit, le tueur est las ,et c'est là le commencement de ce roman de terreur qui prend le pas sur la narration du passé.En effet, pour mieux comprendre KOKO, il faut se rendre compte d'un vécu en terrain hostile,seul et perdu car écrit de manière physiologique. On dirai du vécu,,, on nous decrypte et relativise les évenements avec un grand sens pratique et théorique: La sauce Peter Straub dans toute sa magnifiscence.
Remarque obligatoire: il n'y a selon moi pas de trilogie BLUE ROSE:nul besoin de se procurer "Mystery" qui n'est absolument pas une suite .
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
SiabelleSiabelle   30 avril 2015
Quatrième partie : Dans le garage souterrain
Chapitre : Victor Spitalny
- Tu te souviens du livre de Babar que ta mère te lisait ?
- Les livres corrigeaient Maggie qui se souvenait parfaitement de ces livres français que lui lisaient son père et sa mère quand elle était toute petite.
- Je me souviens d'une phrase que prononce le roi Babar : ''Vraiment, il n'est pas facile d'élever une famille''. (...
-Il hocha la tête. Maggie lui était reconnaissante d'avoir accepté de rencontrer Tina et elle se promit qu'elle présenterait à l'inspection du général tout homme qui un jour compterait dans sa vie.
- Je savais chanter la chanson des éléphants. Tu t'en souviens ? dit Maggie.
- Tout ce que je me souviens dit le général, c'est qu'elle était censée être très ancienne. Et en souriant,il ajouta : ''Elle datait à l'époque des mammouths, comme s'il était assez vieux pour les avoir vus lui-même.

Maggie chantait la chanson du Roi Babar : ''Patati di rapata/Cromda Cromada ripalo/Pata pata/ Ko Ko Ko.
- Ça c'est le premier couplet. Je ne me souviens pas des deux autres, mais ça se termine de la même manière :
- ''Pata pata/ko ko ko.

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SiabelleSiabelle   29 avril 2015
Deuxième partie
Chapitre : Koko
- Il n'y a pas de problème si vous ne voulez pas répondre dit Koko. Les êtres sataniques se manifestent sous des formes très différentes, Roberto, très, très différentes.
Tout en parlant, Koko prit une boîte d'allumettes dans sa porche et mit le feu au dossier, puis l'agita en l'air pour que le feu ne s'éteigne pas.
Lorsque les flammes atteignirent ses doigts, Koko jeta les morceaux enflammés et les dispersa du bout du pied. Les petites flammes laissaient des traînées noires et grasses sous le plancher.
- J'ai toujours aimé l'odeur du feu dit Koko. J'ai toujours aimé l'odeur de la poudre.
J'ai toujours aimé l'odeur du sang. Ce sont des odeurs propres vous savez.
J'ai toujours aimé l'odeur du feu.
J'ai toujours aimé l'odeur de la poudre.
Il sourit en regardant les petites flammes qui vacillaient sur le sol.
- J'aime même l'odeur de la poussière qui brûle.
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SiabelleSiabelle   26 avril 2015
Première partie
Chapitre : le répondeur
- Alors tu crois vraiment que c'est Underhill ? demanda Michael.
- Regardons les faits, dit Harry. C'est visiblement la même personne qui a tué McKenna, les Martinson et les deux journalistes français. On a donc un assassin qui signe ses crimes en glissant dans la bouche de ses victimes une carte marquée Koko. Que veux dire ce nom ?
- C'est le nom d'un volcan à Hawaïï dit Tina.
- Underhill m'avait dit que Koko c'était le nom d'une chanson dit Conor.
- Il y a des tas de choses qui s'appellent ''koko'' dont quelques pandas en captivité , un volcan de Hawaïï, une princesse thaïlandaise et des thèmes de jazz de Duke Ellington et Charlie Parker. Il y a même un chien nommé Koko dans l'affaire du meurtre Dr. Sam Sheppard. Mais tout ça n'a aucun sens. ''koko'' c'est nous et rien d'autre.
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SiabelleSiabelle   29 avril 2015
Deuxième partie
Chapitre : À la recherche de Maggie Lah
Tina se retourna et vit une créature au sexe incertain, vêtue d'un treillis de camouflage. Au-dessus des oreilles, des deux côtés, son crâne était rasé. Une bande de cheveux noirs et agressifs courait depuis le sommet du crâne jusque dans le dos. Tina remarqua alors les seins de la créature gonflant la chemise de treillis, et les hanches pointant sous la large ceinture. Il se demanda l'effet que cela pouvait faire de se retrouver au lit avec une créature aux tempes rasées.
Un quant d'heure plus tard, la fille se serrait contre lui à l'arrière d'un taxi.
- Mords-moi l'oreille, lui dit-elle.
- Ici ?
Elle pencha la tête vers lui. Tina passa un bras autour de ses épaules et prit le lobe d'oreille entre ses dents. Un fin duvet noir recouvrait les tempes de la fille.
- Plus fort.
Elle se tortillait lorsqu'il enfonça ses dents dans le cartilage.
- Tu n'as même pas dit ton nom, dit-il.
Elle glissa la main sur l'entrejambe de Tina. Ses seins frôlèrent son bras.
- Mes amis m'appellent Dracula. Mais ça n'est pas parce que je bois du sang.
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SiabelleSiabelle   25 avril 2015
Première partie
Chapitre : Washington DC
Là était rassemblé ce qui restait de la guerre : seulement ces noms gravés sur le monument et cette foule de gens. Pour Michael, le Vietnam, pays bien réel, c'était ailleurs, à des milliers de Kilomètres de là, un pays à l'histoire tourmentée, avec une culture bien particulière et inaccessible. Une histoire et une culture qui avaient brièvement et désastreusement, croisés les nôtres. Mais le Vietnam bien réel ce n'était pas le Vietnam : ce dernier était ici, dans ces noms et dans ces visages d'Américains. Le fantôme d'Underhill avait à nouveau fait son apparition, malaxant sa large épaule de ses doigts sanglants (la peau tannée était striée part le sang des insectes écrasés).
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Vidéo de Peter Straub
Excerpt: Artist Talk | "In That Case: Anthony Discenza and Peter Straub"
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