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ISBN : 2749927226
Éditeur : Michel Lafon (02/02/2017)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Recordman des acquittements aux assises, Éric Dupond-Moretti aurait un peu trop tendance, selon ses détracteurs, à faire relaxer tous ses clients. Il nous montre ici que la Justice, elle, à une réelle propension à condamner tous ceux qui paraissent devant elle.
À travers le récit de plusieurs affaires criminelles dans lesquelles il est intervenu, traitées comme des thrillers dans des chapitres coups de poing, il dénonce les imperfections d'un système qui res... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Bigmammy
16 février 2017
Pour Eric Dupond-Moretti, avocat cogneur surnommé « acquittator » dans les prétoires, la justice va mal, et plus particulièrement la magistrature, à quelques exceptions près. Selon lui, les citoyens ne voient pas le danger qu'il y a à abandonner une once des libertés conquises de haute lutte au fil des siècles. A ce titre, l'avocat – qui se doit de défendre même l'indéfendable – agace. Et EDM refuse de devenir un être transparent. Il donne ici, dans ce bref ouvrage à l'écriture ciselée au scalpel, comme ses plaidoiries et les analyses précises des pièces des dossiers qui lui ont permis de gagner bien des procès sur des détails ignorés ou négligés, quelques exemples où la justice est mise à mal par ceux-là même qui devraient la servir.
Un réquisitoire, donc, et surtout une réflexion nécessaire sur l'évolution dangereuse de la procédure pénale, la place des victimes et leur réparation légitime – y compris celle des acquittés après une longue incarcération préventive – sur la médiatisation des procédures et le tout relatif secret de l'instruction.
Comment le citoyen, justiciable en puissance, peut-il comprendre des jugements totalement contradictoires en première instance puis en appel (cf: le procès intenté au maire de la Faute sur mer après le désastre de la tempête Xintia) ? Comment ne pas s'étonner devant la description détaillée des pratiques sexuelles licites – même si elles sont moralement regrettables – des protagonistes de l' « affaire » DSK au Carlton de Lille alors qu'au final, une relaxe a été prononcée ?
Les dommages collatéraux des personnes incriminées avant toute décision judiciaire sont dévastateurs. Malheur à celui qui se trouve confronté à la nécessité de témoigner : il sera mis à nu, examiné sous toutes les coutures par le seul fait d'avoir eu la malchance de croiser l'accusé.
Eric Dupont-Moretti souligne les faiblesses de la justice : les erreurs de procédure commises par certains juges, leur mode de sélection et d'avancement (un exemple : le troisième procès intenté à l'un des acquittés de l'affaire d'Outreau), le rôle de groupuscules d'activistes s'érigeant sur les réseaux sociaux en défenseurs de la morale bourgeoise, celui de pseudo psychologues ou de journalistes sonnant l'hallali sans connaître les dossiers, celui de lanceurs d'alertes autoproclamés (qu'on appelait autrefois « corbeaux »), la presse à sensation, la confusion entre ce que prescrit strictement la loi pénale et le sentiment partial de certains magistrats … sans parler du cas de ce chien auditionné par la justice ...
Un fameux coup de gueule, bien nécessaire ces jours-ci, justement !
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Verdure35
26 février 2017
J'ai lu le premier titre paru, « la bête noire », et surtout j'ai eu l'occasion de voir et entendre E. DP plaider à la Cour d'appel de Rennes ; deux malfrats dans le box des accusés, chacun son avocat, l'un est reparti avec une peine renforcée, l'autre a été relaxé...Vous avez deviné quel avocat s'était chargé de sa défense. Je suis restée scotchée sur mon banc au moment du verdict.
J'ai donc lu avec curiosité ce nouveau livre et j'y trouve toujours la même détermination farouche à défendre un individu , souvent coupable mais aussi parfois innocent , ce qui requiert la plus grande vigilance de l'avocat de la défense.
E. DP dénonce en particulier ici la sur-victimisation accordée parfois trop généreusement  par les nouveaux magistrats ; les victimes sont à défendre , nul ne peut le nier, mais l'accusé dans le box est quasiment condamné par la » moraline » ambiante , les médias , avant même que le procès ne commence. L'avocat relate quelques procès bien édifiants en ce sens.Les psy sont même parfois demandés pour assister les magistrats , sortez vos mouchoirs Il nous rapporte aussi quelques petits dysfonctionnements qui donne froid dans le dos.
Ce n'est pas vraiment un malaise, éprouvé à la lecture de ces 2 livres , mais une sorte d'incertitude, de gêne, qui fait réfléchir sur cette fameuse formule si souvent entendue : »Je fais confiance à la Justice de mon pays... » Espérons le.
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CocoetYvette
12 mai 2017
Est-il normal, au XXème siècle, qu'un juge d'instruction, pour confondre deux innocents, demande à un expert de sonder l'opinion d'un chien ?
Oui ? Non ? lisez le compte rendu du véto.
Je sais, cela semple marrant mais Eric Dumond-Moretti oublie de dire que le rapport d'un expert fait l'objet d'un débat contradictoire, qu'il peut être contesté avec une demande de contre-expertise, d'annulation.
Du bon et du moins bon dans ce bouquin ou l'auteur fait surtout une critique très acide sur les nouveaux magistrats qui jouent beaucoup sur la sur-victimisation, appuyés en cela par des journalistes pour qui la présomption d'innocence reste un sujet très obscur.
En refermant ce livre, ma confiance en la justice de mon pays est un peu ébranlée...
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CATHY69
27 mai 2017
Recit technique et factuel ne laissant transparaitre aucune émotion ni étude psychologique des accusés. Journalistique. Je n'ai pas particulièrement apprécié
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CocoetYvetteCocoetYvette12 mai 2017
Le professeur Mouthon rend un rapport de treize pages sur le dalmatien Théo. Un document qui fera date dans les annales de la justice française, rédigé avec l’aide d’une « employée de la Fondation Assistance aux animaux connaissant particulièrement bien le caractère et le comportement des chiens ». On y apprend par exemple que « tous les dalmatiens n’ont pas un caractère identique. Il est classiquement décrit que ces chiens peuvent être tranquilles ou actifs, obéissants ou frondeurs, confiants ou réservés, d’une éducation facilement ou plus difficilement réalisable ». « Étonnant, non ? », aurait commenté Pierre Desproges. La suite est inénarrable : « Nous faisons pénétrer le chien avec son (nouveau) maître dans le hall du bateau, en présence des policiers qui filment et de monsieur le Juge et de sa greffière. Le chien s’est d’abord approché de chacune des différentes personnes précitées présentes, puis il s’est rendu devant un escalier en colimaçon situé à gauche de l’entrée du bateau (c’est sous cet escalier que Libellule avait été retrouvée pendue). Il s’est immobilisé en regardant fixement cet escalier. Il est reparti vers son maître puis est revenu vers l’escalier, ceci à trois reprises, chaque fois s’immobilisant en arrêt, et regardant fixement cet escalier. Cette attitude du chien attire l’attention : tout se passe comme si l’animal avait un souvenir lié à la présence de cet escalier. Apparemment, le chien est inquiet et ne s’approche pas de l’escalier (…) »
On présente ensuite à Théo différents vêtements. Premier vêtement : « Le chien vient le sentir plusieurs fois et remue la queue. Il n’y a aucune réaction particulière de crainte. » Deuxième vêtement : « Le vêtement ayant été déposé trop rapidement, le chien l’interprète visiblement comme un jeu (…) (On le présente à nouveau) Il n’y a aucune réaction particulière de crainte. » Au quatrième vêtement, Théo présente une attitude qui « nous paraît être celle d’un chien inquiet ». Idem pour deux autres. Puis, on fait entrer divers personnages dans la péniche, chacun devant lancer « Bonjour Libé ». Selon les moments, Théo remue la queue, ou « semble inquiet », ou « paraît visiblement lassé ». Conclusion : « Il nous est apparu que le chien Théo a pu réagir aux différents tests auxquels il a été soumis, tant pour la présentation des vêtements portés par les différentes personnes à qui ces vêtements appartenaient (sic). Nous avons constaté pour un des vêtements présentés une attitude du chien qui se différenciait de ses autres comportements et cela de façon répétitive, par une réaction apparemment d’inquiétude ou de crainte. Cette attitude a été retrouvée ensuite lors de la présentation de la personne ayant porté ce vêtement. »
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BigmammyBigmammy15 février 2017
La méfiance viscérale des magistrats vis-à-vis des avocats m'intrigue depuis toujours. Ils ne nous aient pas. Mais pourquoi ? En grande partie parce qu'ils ne nous connaissent pas, tout bonnement parce qu'ils ne veulent pas nous connaître. Et que circulent sur le Barreau les plus extravagants fantasmes. Les magistrats sont, souvent, gens raisonnables et peu aventureux, c'est ainsi, et peut-être cela vaut-il mieux pour les justiciables - quoique ...Ils voient en nous, les avocats, et surtout les pénalistes, une cohorte de fous furieux rémunérés par l'argent du vice, prêts à tout pour faire libérer des coupables.
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rkhettaouirkhettaoui07 mai 2017
L’avocat est rarement le bienvenu dans le débat judiciaire. Trop peu nombreux sont les magistrats qui considèrent qu’une défense vigoureuse est nécessaire à l’élaboration d’une décision juste. Pour la plupart des juges et des procureurs, nous sommes des trublions, des voyous diplômés en droit, des menteurs professionnels. C’est faux – à part pour les diplômes obtenus en faculté, les mêmes que ceux dont s’enorgueillissent les magistrats. Les demandes d’actes que nous formulons pendant l’instruction peuvent, c’est vrai, ralentir le cours de la justice. Mais est-ce notre faute si les juges manquent de moyens ? Dois-je renoncer à me battre pour obtenir une expertise d’ADN, une reconstitution ou une confrontation que j’estime capitales pour celui ou celle que je défends, au motif que cela va contrarier le juge d’instruction et coûter de l’argent au ministère de la Justice ?
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rkhettaouirkhettaoui07 mai 2017
Gouverner, ce n’est pas recueillir, pour y trouver profit, la peur qui nous fait perdre raison, la haine qui nous rend incapables. Gouverner, ce n’est pas nous flatter ni nous ressembler quand nous devenons médiocres. Qu’une partie de la presse ait fait le même et médiocre métier, qu’elle ait alimenté la colère en détails inventés, en interviews insupportables, en commentaires destinés à faire peur, à faire mal, et surtout à faire vendre ; qu’elle se soit dégradée jusqu’à célébrer la haine et regretter qu’il y ait des juges là où il suffirait d’un bourreau ; qu’elle ne se sente d’autre mission que de suivre l’opinion publique, de l’exaspérer, quand il faudrait l’éclairer et la retenir car elle devient féroce : cela non plus ne se comprend ni ne s’excuse
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rkhettaouirkhettaoui07 mai 2017
Les juges sont des hommes et des femmes de leur époque. Ils ne peuvent s’abstraire des débats du moment, des modes de pensée contemporains ou des foucades idéologiques. Juger, c’est comprendre à un instant T ; la bonne sentence d’hier serait aujourd’hui déplacée, la juste peine d’aujourd’hui sera ridicule demain. Comment les magistrats pourraient-ils être hermétiques à l’air du temps ? La bourrasque qui souffle aujourd’hui diffuse l’idée que la transparence doit être absolue, jusqu’à la connaissance de la pensée d’autrui, que le secret est mauvais par nature, qu’il faut tout savoir de chacun.
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