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EAN : 9782702016459
312 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (01/02/1996)

Note moyenne : 4/5 (sur 32 notes)
Résumé :
L'Egypte, pour David Mountolive, c'est Alexandrie, la beauté du soir sur les eaux du lac Maréotis, son amitié avec Nessim et Narouz, son amour pour leur mère Leila. Les caprices du Foreign Office qui l'avaient envoyé à l'autre bout du monde le ramènent enfin ambassadeur au Caire. Nessim a épousé Justine, et les services secrets le soupçonnent de trafic d'armes en faveur de la Palestine. Mountolive n'en veut rien croire. Le suicide de Pursewarden qui s'était porté g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
BVIALLET
  06 avril 2012
La saga d'Alexandrie se développe et s'ancre un peu plus profondément dans le drame dans ce troisième volet du "Quatuor" .
L'intrigue nous confronte à la fin tragique de Pursewarden , le poète et écrivain qui finit par se suicider au cyanure . le complot de Nessim , le richissime copte amoureux de Justine la reine de beauté juive , se développe et prend corps . Il ne s'agit plus d'un aimable cercle de doux étudiants de la Kabbale , mais bien de dangereux comploteurs qui trafiquent des armes pour en procurer aux colons israéliens pour leur permettre de se battre contre les Palestiniens qui se retrouvaient à l'époque en position de force au départ des Anglais .
" Toute notre fortune a passé dans la lutte qui est sur le point de s'engager ici ...Les Anglais et les Français nous aident , ils n'y voient pas malice ... Ils sont dans une situation lamentable parce qu'ils n'ont plus de désir de se battre , ni même de penser ... Les juifs au contraire , représentent un élément jeune: ils sont le poste avancé de l'Europe dans ces marécages croupissants d'une race moribonde ." Déjà !?
" Nous savons , dit encore Durrell , que nos jous sont comptés depuis que les Français et les Anglais ont perdu le contrôle au Moyen-Orient . Nous , les communautés étrangères , avec tout ce que nous avons édifié ici , nous sommes petit à petit absorbés par la poussée arabe , la marée musulmane ..." Déjà!?
Nous voilà bien loin de l'aimable adagio du début de la saga . Nous sommes en plein drame : le complot est découvert , le frère de Nessim en paiera de sa vie les frais .
Quand à David Mountolive , le jeune et fringant diplomate britannique qui donne son nom au titre , c'est en fait un personnage secondaire . Il a quitté Alexandrie assez jeune pour mener une brillante carrière dans divers ambassades et bien longtemps après , pour revenir au Caire et à Alexandrie pour y voir toutes ses illusions et ses amours sombrer ...
Un livre magnifique qui donne à réfléchir sur la vanité des choses et les dérisoires efforts des hommes pour s'inscrire dans la longueur du temps historique . Les tendances lourdes des évènements majeurs ont toujours leurs racines bien loin en arrière ...
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   21 octobre 2018
Ils se mirent en selle et prirent le chemin de la maison. Donnant l’ordre au régisseur de marcher devant avec la lanterne, Leila amena son cheval tout contre celui de Mountolive pour que leurs genoux se touchent et que le contact de leurs corps apaise en partie leurs sens. Ils n’étaient amants que depuis peu – dix jours à peine – mais ces dix jours semblaient un siècle, une éternité de désespoir et de joie, au jeune Mountolive. Il avait reçu en Angleterre une éducation conventionnelle qui ne l’avait nullement préparé aux fêtes de la sensibilité. Il avait déjà, en dépit de sa jeunesse, parfaitement assimilé toutes les précieuses leçons qui lui permettaient d’affronter, avec sang-froid, tous les problèmes que la bonne société pouvait lui proposer ; mais aux émotions personnelles il ne savait encore qu’opposer le silence taciturne d’une sensibilité nationale presque totalement anesthésiée : une éducation à base de réticences et de pudeurs de bon ton. L’éducation et la sensibilité vont rarement de pair, encore que la lacune puisse être soigneusement masquée sous les règles du savoir-vivre et des convenances. Il n’avait de la passion qu’une connaissance livresque ; il s’était mêlé à des conversations où il en était question ; mais il l’avait toujours considérée comme une réalité avec laquelle il n’aurait jamais à se mesurer ; et voilà qu’elle avait fondu sur lui, qu’elle animait en secret sa vie d’écolier grandi trop vite et menait une existence autonome derrière l’écran des bonnes manières et des activités quotidiennes, des conversations et des amitiés de tous les jours. Chez lui l’homme du monde portait déjà des fruits avant que l’homme intérieur eût épanoui ses fleurs. Leila l’avait retourné comme on retourne une vieille malle, éparpillant tout son contenu autour de soi. Et il n’était pas loin d’admettre qu’il était encore un béjaune qui avait déjà épuisé toutes ses réserves. Il se rendait compte, presque avec indignation, qu’il touchait enfin quelque chose pour quoi il se sentait presque capable de mourir — quelque chose dont la crudité même portait en soi un message ailé qui blessait son esprit au vif. Même dans le noir il sentait qu’il avait envie de rougir. C’était absurde. Aimer était absurde, cela fichait tout par terre. Que dirait sa mère, se demanda-t-il tout à coup, si elle pouvait les voir, chevauchant ainsi parmi les spectres de ces palmiers, près d’un lac où se mirait un mince croissant de lune, genou contre genou ?
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DanieljeanDanieljean   21 octobre 2018
Alors se produisit un autre phénomène insolite : le ciel s’épaissit à son tour et se mit à frissonner et à grouiller comme la surface de l’eau. La nuit fut tout à coup peuplée de formes indistinctes, car tous ces bonds, ces craquements et ces cris avaient réveillé les habitants des rives, et ces nouveaux visiteurs, par centaines – pélicans, flamants, grues et martins-pêcheurs – arrivaient, en bandes désordonnées, de tous les nids de roseaux de l’estuaire et venaient participer à la curée en jetant des cris perçants et en décrivant d’audacieuses figures aériennes pour saisir le poisson au vol. L’air et l’eau grouillaient de vies tandis que les pêcheurs commençaient à entasser leurs prises dans les bateaux ou retournaient leurs épuisettes pour laisser ruisseler des cascades d’argent par-dessus les plats-bords. Les timoniers se trouvèrent bientôt enfoncés jusqu’aux chevilles dans une masse de corps à l’agonie, qui se tortillaient désespérément. Il y en avait assez pour les hommes et pour les oiseaux, et tandis que les plus grands échassiers du lac pliaient et dépliaient leurs ailes timides comme d’antiques parasols de couleur ou rôdaient d’un vol lourd sur les eaux bouillonnantes, les martins-pêcheurs et les mouettes fendaient les airs à la vitesse de l’éclair, affolés par la faim et l’excitation de la chasse, volant à une allure de suicide, certains se rompant le cou en fonçant droit sur le pont des bateaux, d’autres piquant du bec dans la chair brune d’un pêcheur, ouvrant une joue ou une cuisse, dans leur terrifiante avidité. Les éclaboussements d’eau, les cris rauques, les craquements de becs et d’ailes et le battement furieux des tambourins donnaient à toute cette scène une splendeur inoubliable qui évoquait vaguement dans l’esprit de Mountolive, d’antiques fresques pharaoniques de lumière et de ténèbres.
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DanieljeanDanieljean   21 octobre 2018
Le canot à fond plat qui l’emportait maintenant, par lents à-coups, sur l’eau trouble, virait lentement vers l’est pour se placer dans le vaste demi-cercle de bateaux, qui se refermait progressivement sur l’espace délimité par les tresses de roseaux marquant l’emplacement des filets. Et tandis qu’il se rapprochait, par petites poussées, la nuit égyptienne tomba : tous les objets prirent soudain une apparence de bas-reliefs sur fond d’or et de pourpre. Dans les dernières lueurs mauves du couchant, la terre était devenue opaque comme une tapisserie, frissonnant par endroits en mirages de brume, en reflets d’horizons qui se dilataient et se contractaient, comme si le monde se réverbérait sur une bulle de savon tremblotante, prête à s’évanouir. Les voix aussi sonnaient tantôt plus graves, tantôt plus douces et claires au-dessus de l’eau. L’écho de sa propre toux se propagea sur le lac comme une chauve-souris aux ailes incertaines. C’était le crépuscule, mais il faisait encore chaud ; sa chemise lui collait à la peau. Les rais d’ombre qui avançaient vers eux découpaient seulement les contours des îles frangées de roseaux, ponctuant la surface de l’eau comme de grandes pelotes d’épingles, comme des pattes, comme des touffes.
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DanieljeanDanieljean   21 octobre 2018
Le cercle de bateaux s’était resserré autour des filets et dans le chaud crépuscule les petites flammes des allumettes commençaient à jaillir ; bientôt les lampes à carbure fixées aux proues s’épanouirent en fleurs jaunes et tremblotantes, vacillant un instant avant de se mettre au point, permettant ainsi à ceux qui n’étaient pas à l’alignement de rectifier leur position. Narouz passa par-dessus son hôte en s’excusant et se dirigea à tâtons vers la proue. Mountolive sentit la sueur de son corps puissant quand il se pencha pour aspirer au tuyau de caoutchouc et agiter le réservoir de la lampe, rempli de morceaux de carbure. Puis il tourna une clé, craqua une allumette, et pendant un instant ils furent enveloppés par une fumée épaisse qui les obligea à retenir leur souffle ; elle se dissipa rapidement tandis qu’au-dessous d’eux s’épanouissait, tel un immense cristal de couleur, un demi-cercle d’eau, éblouissant comme une lanterne magique, révélant des formes étrangement nettes de poissons qui se dispersaient et se rassemblaient de nouveau avec des frétillements de surprise, de curiosité, peut-être même de plaisir. Narouz chassa bruyamment l’air de ses poumons et regagna sa place.
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DanieljeanDanieljean   21 octobre 2018
L’eau était devenue plus dense, épaisse comme une bouillie d’avoine que l’on tourne lentement à feu doux pour la faire épaissir. Mais en regardant de plus près, il vit que cette impression était causée non par l’eau mais par la prolifération des poissons eux-mêmes, surexcités sans doute par la conscience de leur multitude : c’était un grouillement ponctué de bonds, de glissades, de brèves escarmouches. Le cordon s’était resserré comme un nœud coulant, et chaque embarcation n’était plus maintenant distante de sa voisine, autre flaque de lumière cireuse, que de six ou sept mètres. Les hommes s’étaient mis à pousser des cris rauques et à frapper l’eau autour d’eux, excités eux aussi par la présence de ces grouillements poissonneux qui se faisaient de plus en plus denses, sous la surface, à mesure que le fond se relevait et qu’ils se sentaient pris dans le cercle éblouissant. C’était une frénésie de mouvements qui tournait au délire. De vagues silhouettes d’hommes commencèrent à déplier de grandes épuisettes et les cris augmentaient. Mountolive sentit que son sang se mettait à battre plus vite.
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