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Francesca Bénassy (Traducteur)
ISBN : 2253061263
Éditeur : Le Livre de Poche (28/10/1992)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 133 notes)
Résumé :
Principalement écrite en France pendant les années cinquante, cette fresque majestueuse, opulente et sensorielle, tient de la symphonie littéraire. Des femmes et des hommes exceptionnels la peuplent, entre histoires d’amour et événements politiques, avec, à l’arrière-plan, l’exotique et cosmopolite Alexandrie avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans Justine, le premier des quatre romans du Quatuor, on rencontre Darley, un Anglais qui se souvi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Junie
  28 septembre 2012
Aujourd'hui il sera question d'une oeuvre dont l'action se passe en Egypte.
Ah, l'Egypte et ses pharaons, sa civilisation millénaire, ses monuments grandioses, ses felouques sur le Nil au coucher du soleil, la Vallée des Rois, la malédiction de Toutankhamon, les temples d'Assouan, de Louxor, de Philae, le Caire et ses 10 millions d'habitants..... STOOOOOOOOOOOOOOOP! coupez, c'est pas la bonne bobine, ça c'est le commentaire sur mes vacances avec "suivez le troupeau.com" en 1982, j'étais partie une semaine avec Gérard et Dédé, enfin bon on a tous chopé la tourista et....
Je reviens au Quatuor d'Alexandrie, qui se compose de 4 parties et dont les personnages font de la musique de chambre. Enfin pas vraiment, il y a un narrateur anglais un peu paumé, une femme fatale juive hystérique et nymphomane, un chrétien copte riche et neurasthénique, et un médecin homosexuel et mystique. C'est classique et ordonné comme un quatuor de Bach, c'est lent comme le cours du Nil, c'est lumineux comme le soleil de midi sur Chéops, c'est poignant comme le chant du muezzin à l'aube, c'est poisseux comme les marais du delta.
Si vous trouvez qu'il y a des longueurs dans Victor Hugo, si Stendhal vous agace et que Dostoïevski, ça va si on saute la moitié des pages NE LISEZ PAS LE QUATUOR. Sinon, tentez l'expérience, par petites doses ou en perfusion, et immergez- vous dans ce bain de vapeur suffocant.
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Commenter  J’apprécie          291
djathi
  26 mars 2018
Et voilà . La boucle n'est pas bouclée , je n'ai pas l'impression de revenir au même endroit , et c'est tant mieux , voilà que je vais continuer à chercher , pour trouver le chemin , et avec toutes les pistes que m'offrent ce roman , j'ai de la matière ..
Mais je pense que j'y retournerai dans ce Quatuor car une seule traversée ne suffit pas , et probablement que deux non plus .
Quel est donc ce parcours qui semble se dérober sous nos pas au fur et à mesure que nous avançons ?
Pourtant les repères littéraires sont bien là : une syntaxe classique , un vocabulaire élaboré mais accessible à tous , une intrigue banale avec tous les ingrédients qui tient son lecteur en haleine mélangeant dans un savant équilibre espionnage et amour à la façon James Bond le tout baignant dans une atmosphère orientale sensuelle et enivrante , espace/temps traités dans une forme tout sauf défragmentée même si le parti pris de Durrell (et qui constitue au final une des clés essentielles du Quatuor ) se résume dans cette phrase que Darley le personnage principal de Justine et qui devra rester présent à l'esprit du lecteur embarqué pour ne pas se noyer :
Je dois absolument rapporter les faits , non dans l'ordre chronologique -car cela c'est de l'histoire-mais dans l'ordre où ils prennent signification pour moi ."
A priori , présenté ainsi , il n'y aurait pas de quoi déstabiliser son lecteur , hormis la densité peut-être puisque l'ouvrage s'étale quand même sur presque 1100 pages divisées en quatre parties qui devraient permettre au lecteur de reprendre son souffle .
Et pourtant .
Pourquoi ce sentiment de frustration intense en refermant les dernières pages avec la sensation de n'avoir qu'entraperçu , à travers des voiles de brumes Alexandrienne une seule ombre à peine esquissée avec la furieuse envie de recommencer un tour de manège !
Intrigués ?
Tant mieux .
Je n'ai aucun goût pour les résumés , et je m'en affranchis volontiers dans mes bafouilles , privilégiant une approche plus analytique ancrée dans ma toute puissante subjectivité revendiquée sans laquelle je ne saurais utiliser les mots .
Alors pour ce roman , cette bête tentaculaire , je vous renverrai à des quatrièmes de couverture ou des internautes plus disciplinés et surtout moins flemmards que moi .
Le quatuor commence par Justine , premier tome , qui constitue une forme de noyau presque hermétique , invitant le lecteur à accepter de sortir de sa zone de confort s'il veut poursuivre l'aventure . Probablement que beaucoup d'entre nous déclareront forfait lors de ce passage qui pourtant ne s'adresse à aucun initié : il suffit de lâcher prise , de se laisser enserrer par la bête et de se laisser guider par la curiosité .
Justine , nous ne la connaîtront qu'à travers le filtre amoureux de Darley , écrivain irlandais en exil sur une île , en train de raconter sa Justine interdépendante d'Alexandrie , ville égyptienne ensorceleuse à l'image d'Alexandrie dans ses multiples facettes .
Avec Balthazar , tome 2 , il faudra apprendre à revoir son positionnement puisque ce Balthazar renvoie une correction du travail de Darley en apportant un autre regard sur Justine .
Par la suite Mountolive , tome 3 , jeune ambassadeur fraîchement émoulu , victime du charme d'ALEXANDRIE et de ses habitants nous portera vers une connaissance ramifiée , accentuant l'effet de tangage du lecteur .
Dès lors, si tant est que jusqu'ici vous aviez parcouru ce voyage avec la ferme détermination de maîtriser les éléments , vous finissez enfin par adopter la seule position possible pour cette première traversée : s'accrocher au gré du vent et de vos dispositions du moment pour continuer .
Quant à Cléa , Tome 4, qui pourrait apporter enfin le lever de voile , si les sentiments du lecteur embrassés avec ceux des personnages trouveront un peu de quiétude , la lumière pure , vérité attendue , nue et révélée enfin ne sera pas au rendez-vous .
Quelle vérité ?
Existe-t-elle ?
Et au final ?
Qu'une envie en refermant la dernière page , : recommencer très vite Justine !
Est-ce à dire que je n'ai rien compris ?
Non il ne s'agit pas de cela . Même si les complications de l'intrigue policière motiveront de façon ludique les adeptes du genre Polar . Cet ouvrage n'est pas non plus un OVNI littéraire comme on serait en droit de le penser en suivant mon expérience , je l'ai dit plus haut , à aucun moment nous sommes confrontés à un écrit expérimental , bien au contraire .
J'ai plutôt l'impression de lire une sorte de palimpseste échappant à la temporalité et m'offrant multiples vérités d'un seul coup inaccessibles dans l'immédiateté à un seul cerveau et qu'une paire d'yeux . Et là c'est carrément jouissif .
Et de moi à penser que sans une forme de transcendance , sans une main "divine" , supérieure, ce chef-d'oeuvre n'existerait pas .
Amateurs de romans policiers, amateurs de romans d'aventure, philosophes en herbe, inconditionnels des romans d'amour, poètes ( c 'est sa grande force. Il y a de quoi prendre de la graine, le quatuor D'Alexandrie est avant tout un long poème en prose, musical, décliné sous multiples tonalités comme son nom l'indique. ), osez : c'est un peu" physique" mais l'effort requis est largement récompensé.
Et puis relire en essayant la presque simultanéité , intercalant des bouts des quatres tomes , pour tricoter votre ouvrage à vous avec vos choix , vos grilles choisies , vos interprétations , vos sympathies , vos humeurs du moment .
Puis recommencer autrement .
Et pourquoi ne pas le choisir pour votre île déserte et le fameux choix : avec un seul roman vous en construisez à l'infini , vous nourrissez vos questionnements existentiels sans limite , vos assouvissez vos désirs d'évasion en musique et vibrations puissantes , sensuelles et souterraines .
Et le quatuor d'Alexandrie vous dit :
Hashthags , restez tranquille , je suis insaisissable , gniarf .
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patrick75
  27 décembre 2014
Ce pourrait être la ville d'Alexandrie l'héroïne de ce roman, tant elle est présente physiquement et dans l'esprit des protagonistes tout au long du récit. Ce roman est composé de quatre histoires ( Cléa, Justine, Balthazar, Moutolive), toutes liées entre elles. Les relations des personnages issus de milieu et d'horizon différents sont mise en avant, l'occasion pour l'auteur de philosopher sur la vie qui s'écoule, avec ses heurts, ses cicatrices.
Un long roman, parfois indigeste, tant l'auteur nous éloigne vers des développements infinis.
Il n'y a pas vraiment une histoire, mais des histoires qui s'entremêlent et qui crées une cacophonie qui ne semble pas avoir de fin. Je n'ai pas ressenti l'émotion qui transforme une oeuvre en chef-d'oeuvre.
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pleasantf
  09 septembre 2018
Comme l'ont fort bien relevé les babeliautes dans les critiques précédentes, impossible de résumer ce roman, ses quatre livres et leur densité extraordinaire, à moins d'y consacrer des pages et des pages.
C'est tellement long, dense et foisonnant que ça en devient irréel. L'interrogation sur ce qu'est la réalité et la vérité est d'ailleurs un des nombreux thèmes du roman. La compréhension que le lecteur peut se faire des personnages et des situations n'est pas la même dans chacune des quatre parties.
Dans la construction de son quatuor, Durrell a été inspiré par les théories d'Einstein et en particulier la notion d'espace-temps. C'est finalement le meilleur moyen de vous faire un peu comprendre ce qu'est ce roman.
Le premier livre (Justine) présente une galerie de personnages et une histoire telle qu'ils sont racontés par le narrateur Darley. C'est la première dimension. le deuxième livre (Balthazar) reprend quasiment les mêmes personnages et la même histoire, toujours racontés par le même narrateur mais sa première version s'est modifiée et s'est enrichie des commentaires apportés par un des protagonistes. C'est la deuxième dimension. Comme en mathématique, on est encore dans le même plan. le troisième livre (Mountolive) quitte le point de vue du narrateur Darley, on est cette fois dans une narration neutre, plus linéaire, plus objective et plus classique par rapport aux deux premiers livres. le plan s'est élargi et si je garde la comparaison mathématique, il est devenu espace: on suit à travers l'Europe la carrière d'un des protagonistes rencontrés précédemment pour finalement revenir à Alexandrie et retrouver une partie des personnages et des évènements des livres un et deux. Mais la perspective est tellement différente que tout ce que le lecteur tenait pour acquis jusqu'à présent est remis en cause. Dans le dernier livre (Clea) , le narrateur redevient Darley mais l'action se situe plusieurs années après celle des trois premiers livres. Durrell introduit ici la quatrième dimension : le temps, le souvenir, la mémoire.
Au travers du destin de plusieurs personnages (le narrateur Darley, l'écrivain espion Pursewarden, l'écrivain Arnauti), ce quatuor est aussi une réflexion poétique sur la particularité et le rôle de l'artiste et de l'écrivain, sur sa capacité à accéder à la véritable connaissance et à la profonde compréhension du monde et de la vie.
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Arnaud302
  20 janvier 2012
Un chef d'oeuvre absolu, mon livre favori. Partant d'une idée étonnante (illustrer très indirectement la théorie de l'espace-temps d'Einstein en racontant quatre fois la même histoire, pour illustrer les trois dimensions de l'espace et celle du temps), Lawrence Durell déroule un univers d'une infinie complexité psychologique. Il ne faut pas se laisser décourager par le premier tome, le plus difficile d'accès (Justine, écrit sans ordre chronologique), mais une fois que l'on est saisi par la musique particulière du style de l'auteur, on ne peut plus s'en détacher. Chaque tome enrichit l'histoire et en fait découvrir de nouvelles facettes. A lire absolument.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   19 novembre 2014
Je repense à cette époque où le monde connu existait à peine pour nous quatre; les jours n'étaient que des espaces entre des rêves, des espaces entre les paliers mouvants du temps, des occupations, des bavardages...Un flux et reflux d'affaires insignifiantes, une flânerie sans but au long de choses mortes, qui ne nous conduisait nulle part, ne nous apportait rien, une existence qui n'attendait rien d'autre de nous que l'impossible: être nous mêmes.
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patrick75patrick75   25 décembre 2014
-" La vérité est à double tranchant, vous savez. Il n'est pas possible de l'exprimer avec des mots, cet étrange instrument fourchu avec sa dualité fondamentale !
Les mots ! Que fait l'écrivain ? Il s'acharne à utiliser, avec le plus de précision possible, un instrument dont il connait parfaitement l'imprécision fondamentale.
C'est un combat désespéré mais qui n'en est pas moins réconfortant pour autant, car c'est la lutte en soi, c'est cette volonté de se mesurer avec un problème insoluble qui grandit l'écrivain !
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patrick75patrick75   26 novembre 2014
- Les amants ne sont jamais également assortis, vous ne croyez pas ?
L'un des deux fait toujours de l'ombre sur l'autre et l'empêche de grandir, de sorte que celui qui se sent étouffé cherche désespérément un moyen de s'évader, pour être libre de poursuivre sa croissance. N'est-ce pas là le drame essentiel de l'amour ?
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patrick75patrick75   19 novembre 2014
Si jamais elle m'a compris plus tard, elle a dû découvrir que pour tous ceux qui sentent profondément et qui ont conscience de l'inextricable labyrinthe de la pensée humaine il n'y a qu'une seule réponse possible : une tendresse ironique, et le silence.
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CombrayCombray   11 mai 2018
Et le temps s'écoulait, par un hiver de vents et de gelées plus mordantes que les chagrins, et par un bref printemps, pressé, semblait-il, de céder la place à ce dernier et splendide été. Il arriva par de somptueux détours, comme de quelque latitude longtemps oubliée que l'Éden aurait longuement savourée en rêve avant qu'il éclose miraculeusement parmi les pensées dormantes de l'humanité. Il fondit sur nous, telle une nef fabuleuse, jeta l'ancre devant la ville, et replia ses voiles blanches comme les ailes d'une mouette. Ah, je cherche les métaphores qui pourraient évoquer le bonheur pénétrant trop rarement accordé à ceux qui aiment; mais les mots furent inventés pour combattre le désespoir; les mots sont trop grossiers pour refléter les harmonies sereines d'une âme en paix avec soi-même et avec le monde. Les mots ne sont que les miroirs de nos mécontentements; ils renferment tous les oeufs énormes non encore éclos de tous les chagrins du monde.
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Videos de Lawrence Durrell (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lawrence Durrell
Voyage dans le temps avec Sylvain Tesson. Dans « Un été avec Homère », qu?il publie aux éditions des Équateurs, l'écrivain-voyageur vous invite à le suivre sur les traces de Lawrence Durrell, l?auteur de « L?Iliade » et « L?Odyssée ». du bord de la mer Égée, où il s?est retiré sur une île des Cyclades, dans la lumière, l?écume et le vent.
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