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Roger Giroux (Traducteur)
ISBN : 2253932132
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1994)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Citrons acides ou la chronique du quotidien, de la vie comme elle va, dans une île chargée d'histoire, dont le présent -les années 50- annonce les convulsions de la modernité, les luttes pour l'indépendance de 1955 à 1959.
Ce qui fascine Durrell : la simplicité, l'élégance, l'authenticité des êtres qu'il côtoie, la beauté des paysages, la richesse et la diversité d'une nature exubérante, chaleureuse, vibrante de soleil. Quand un artiste se promène au pays des... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
5Arabella
  28 juillet 2016
En 1953 Lauwrence Durrell est parti vivre à Chypre. Il ne supportait pas la vie anglaise, adorait la Méditerranée, et des conditions de vie précaires ne lui faisaient pas peur. Ce livre est le récit des 3 ans qu'il a passé dans l'île, avant que les événements politiques ne l'obligent à la quitter et à abandonner ses amis et sa maison.
Le style, l'écriture de Durrell sont tout simplement merveilleux, baroques, flamboyants, très poétiques. Il décrit à merveille des sensations, des plaisirs simples mais d'une grande intensité, l'émerveillement devant la beauté d'un paysage, la caresse du soleil sur la peau, un repas simple, tout peut devenir source de plaisir. Visiblement un véritable épicurien. Et puis il sait parfaitement décrire les gens, simples et pittoresques qu'il croise sur l'île, et cela parfois avec un humour irrésistible, la scène où il achète sa maison est hilarante par exemple.
Mais j'aime moins la partie du livre où il aborde les problèmes politiques de l'île. Déjà tout cela est bien ancien et n'a plus le même intérêt de nos jours. Ensuite, Durrell est d'avantage quelqu'un qui ressent les choses qu'un analyste qui les pense, et donc ses explications sont répétitives et quelque peu confuses.
Mais dès qu'il abandonne la politique et la situation internationale, cela redevient complètement magique. Et la fin est d'une beauté poignante. Il sait qu'il est sur le point de quitter l'île définitivement. Il passe une journée avec son ami Panos, une journée merveilleuse, enchanteresse, très simple à la fois, un voyage pour aller chercher des fleurs, une baignade, un repas en plein air. En  un mot un concentré de toute la beauté et l'harmonie qu'il avait trouvé à un moment donné dans cet endroit. Sauf que, juste avant de nous décrire cette journée il a mentionné que quelques jours après Panos serait assassiné. Rien de plus que cette simple mention, et toute cette journée magique n'en paraît à la fois que plus belle mais aussi plus terrible. Toute cette beauté, douceur de vivre et harmonie sont si fragiles et peuvent voler en éclats en une seconde à cause de la haine et de la violence des hommes
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Commenter  J’apprécie          112
Lesaloes
  28 juin 2019
Paradis perdu
« Pour Whitehall aussi, le point de vue changeait car ici, à Londres, Chypre n'était pas seulement Chypre : elle était un maillon de la fragile chaîne de centres de télécommunications et de ports, la colonne vertébrale d'un Empire qui s'efforçait de résister à l'usurpation du temps. Si l'on abandonnait Chypre, que deviendraient Hong Kong, Malte, Gibraltar, les iles Falkland, Aden... autant de rocs ébranlés mais encore fermes dans le dessin général ? La Palestine et Suez avaient été des problèmes de souveraineté étrangère. D'un point de vue géographique et politique, Chypre faisait partie de cette colonne vertébrale de l'Empire. Ne fallait-il pas, dans ces conditions, la garder à tout prix ? »
Lawrence DURRELL, Citrons acides (Bitter Lemons), Libretto, 1957, p. 258
Alors que pour l'auteur tout est désormais accompli et qu'il repose depuis 1990 en terre de France, à Sommières, c'est toujours le miracle et le pouvoir de l'écrit, de la littérature, de nous restituer intact et grouillant de vie tout un pan de son existence, de ressusciter sa rencontre avec le peuple et les personnages hauts en couleur de l'île de Chypre, à Bellapais dans ce village dominant Kerynia, où sur les hauteurs on retrouve encore sa maison Bitter Lemons - les tractations toutes théâtrales de son marchandage, un régal - ou l'Arbre de l'Oisiveté Tree of Idleness au coeur du bourg, tout près des superbes ruines de l'abbaye de la Belle Paix. Dans cette île où la nature étale ses splendeurs, « Et quand nous effleurions le tapis de fleurs, les tendres tiges claquaient contre nos chaussures et leurs pétales se refermaient sur nous comme si elles voulaient nous entraîner dans le monde souterrain d'où elles avaient surgi, nourries des larmes et des blessures des immortels. »
Mais les années 1950 de son séjour coïncident aussi, en contraste, avec le moment décisif de l'histoire de l'île, la lente montée des dangers, l'irrésistible aspiration à l'indépendance des Cypriotes, soutenus par la Grèce soucieuse de récupérer pour elle-même ces terres qu'elle estime siennes. Tout débute alors pianissimo par les manifestations bon enfant des lycéens et des grèves pour s'achever par le fortissimo des attentats, des assassinats et du fracas des bombes, intervention des forces armées et le paroxysme de l'exécution d'un révolutionnaire, devenu martyr de la cause de l'organisation indépendantiste, EOKA, sous le regard réprobateur des peuples du monde.
Dès lors tout bascule. La chaude tradition de l'amitié et de l'hospitalité entre voisins, la cohabitation des communautés grecque et turque vont peu à peu se muer en distance, froideur et méfiance mutuelle dans ce récit des occasions ratées - mais avons-nous fait mieux alors avec nos corps expéditionnaires ? - la crise aurait pu trouver une issue pacifique par la mise en place d'un référendum d'autodétermination. On se retrouve alors avec un peuple schizophrène obligé de s'opposer à des Anglais dont il apprécie la culture, l'intégrité et, paradoxalement, la démocratie, « Oui, poursuivit-il d'une voix lente et assurée, la voix d'un vieux sage de village, oui, même Dighenis, qui combat les Anglais, il les aime vraiment. Mais il va être obligé de les tuer - avec regret, et même avec affection. »
Et ce sera pour Lawrence Durrell, et pour nous, le départ et la fin de toute une époque, celle de l'Empire britannique, dans ce captivant récit historique et rempli d'humanité d'un éden perdu.
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Arnaud302
  21 août 2012
Au premier degré, ce livre est tout ce que "Une année en Provence", du regrettable Peter Mayle, n'est pas: dans un cas comme dans l'autre, il s'agit du récit de l'intégration d'un Anglais dans une culture méditerranéenne, mais dans le cas présent, c'est raconté avec le talent exceptionnel et la sensibilité de Durell. Moralité, il doit se vendre à peu près un exemplaire de Citrons Acides pour 100 exemplaires de l'ouvrage pré-cité, dans tous les kiosques de gare.
Les amateurs du Quatuor d'Alexandrie seront peut-être déçus par cet ouvrage qui est un ton en-dessous du chef d'oeuvre de son auteur, mais quelques scènes d'anthologie (les deux que citent la critique précédente, mais aussi celle où Durell devient professeur d'anglais dans un lycée chypriote, hilarante) valent le détour. Un beau livre.
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nathalie_MarketMarcel
  07 mars 2013
Durrell arrive vers 1955 à Chypre, décidé à s'y installer, à acheter une maison, à y vivre doucement, sans dépenser trop d'argent, en goûtant aux charmes de la vie chypriote et à son vin. Il raconte les paysages, les fleurs à foison, les conversations entre amis. Durrell est un lettré anglais, ce qui lui permet des références érudites et qui lui permet aussi de se lier avec d'autres intellectuels britanniques. Mais il parle grec et apprécie la bonne vie, il s'insère donc dans la vie villageoise et paysanne, note avec humour et affection toutes les particularités des habitants. C'est très réussi. Les choses se gâtent avec l'émergence des mouvements indépendantistes : il décrit avec précision l'évolution des rapports de force entre la Grande-Bretagne, Chypre, la Grèce et la Turquie et l'apparition des premiers attentats. Il prend alors un ton mélancolique et désabusé.
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TableRonde
  09 décembre 2014
Ce récit est tout simplement magnifique. Quel talent dans les descriptions des paysages, du genre humain et de leurs relations, avec cet humour so British !
De plus, autobiographique, le livre décrit avec une rare intelligence le processus de dégradation des relations entre Chypre, la Grèce, le Royaume Uni et la Turquie. La situation chypriote actuelle ne peut se comprendre sans avoir lu ces superbes pages. Comme le dit un commentateur avec tant de justesse, comment se fait-il qu'un tel livre soit si peu lu ? Mystère. Si vous ne l'avez pas encore lu, ce livre doit devenir l'une de vos priorités à court terme.
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critiques presse (1)
LeSpectacleduMonde   19 juin 2012
L’écrivain, sensible à l’hospitalité puis à l’amitié des rudes habitants de l’île, décrit la lente mais irrésistible progression du sentiment antibritannique, vécu aussi comme un déchirement par les Chypriotes grecs […].
Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LyriceLyrice   26 août 2015
La femme releva la tête avec mépris, et prenant à son tour la clef, la reposa violemment en s'écriant:
"Ce n'est pas vrai.
- Si ! " (Sabri abattit la clef.)
"Non ! " (Elle frappa la clef sur le bureau à son tour.)
" Si ! " (Bang!)
"Non ! " (Bang !)
Tout cela ne se situait pas à un niveau intellectuel très élevé, et je commençais à me sentir mal à l'aise. Je craignais aussi qu'à force de frapper cette clef sur le bureau, elle ne se finît par se tordre et qu'on ne puisse plus entrer dans la maison.
+ Lire la suite
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 mars 2013
Panos avait ses coins favoris dans toute la chaîne, pour s’y être promené des années durant, comme un amoureux qui a ses places favorites pour y déposer ses baisers – le creux de la nuque, ou la courbe d’un sein. Il avait dans sa tête tout un calendrier qui lui disait, presque au jour près, que les amandiers étaient éclos à Carmi, ou les roses trémières à Lapithos. Il s’était ainsi composé une véritable carte florale de toute la chaîne, et il savait où trouver les plus beaux spécimens d’anémones, de cyclamens, de renoncules ou de soucis. Et il ne se trompait jamais.
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ElGatoMaloElGatoMalo   27 août 2012
Si tu viens à Kyrenia
Ne franchis pas les murs.
Si tu franchis les murs
Ne reste pas longtemps.
Si tu restes longtemps
Ne te marie pas.
Si tu te maries
N’aie pas d'enfants.
(CHANSON TURQUE)
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THonigerTHoniger   13 janvier 2014
Comme le génie, les voyages sont un don des dieux. Mille circonstances diverses les préparent en secret, et quoi que l'on en pense, il est rare qu'ils soient entièrement le fait de notre volonté.
Commenter  J’apprécie          51
LesaloesLesaloes   28 juin 2019
Oui, poursuivit-il d'une voix lente et assurée, la voix d'un vieux sage de village, oui, même Dighenis, qui combat les Anglais, il les aime vraiment. Mais il va être obligé de les tuer - avec regret, et même avec affection.
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Videos de Lawrence Durrell (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lawrence Durrell
Voyage dans le temps avec Sylvain Tesson. Dans « Un été avec Homère », qu?il publie aux éditions des Équateurs, l'écrivain-voyageur vous invite à le suivre sur les traces de Lawrence Durrell, l?auteur de « L?Iliade » et « L?Odyssée ». du bord de la mer Égée, où il s?est retiré sur une île des Cyclades, dans la lumière, l?écume et le vent.
>Histoire de l 'Asie>Histoire du Moyen-Orient>Histoire de l'est méditerranéen (66)
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