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EAN : 9782070365487
Éditeur : Gallimard (15/03/1974)
3.94/5   51 notes
Résumé :
Entre 1943 et 1944, Villeneuve-Saint-Georges doit aux ateliers du chemin de fer d'être une cible stratégique de choix. . Cette position honorifique, dont ses habitants se passeraient fort bien, est due à l'époque - celle de l'occupation avec ses séquelles de couvre-feu, les tickets, de marché noir et de bombardements, En attendant que ce temps passe, il faut. bien vivre. Et autant que possible vivre bien, dit la jeunesse Bernard, principal héros de cette histoire, s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Epictete
  22 août 2014
« Banlieue Sud-Est » est apparemment le premier ouvrage écrit par René Fallet (Il avait moins de vingt ans) et qui avait été remarqué par Boris Vian. Sans faire de comparaison entre l'un et l'autre, je crois que cela n'est pas vraiment étonnant. Il y a quelque-chose, peut-être dans le style, mais surtout dans le récit non-conformiste entre les deux auteurs qui rappelle une époque, une volonté courageuse de sortir du classicisme, même s'ils n'étaient pas forcément les pionniers du genre.
L'histoire, composée de dizaines d'anecdotes, serait difficile à raconter. Elle s'étale sur quelques années de guerre et d'occupation allemande, avec toutes les difficultés rencontrées par des citoyens « lambda », normaux et un peu perdus dans ce monde aux valeurs bouleversées.
Ce livre est en fait le portrait d'une jeunesse pleine de questions, qui sans être universelle, va en tout cas, compte tenu de son expérience à cette époque, influencer les générations à venir et participer au basculement de société qui a u lieu dès les années cinquante
Oeuvre fortement autobiographique, « Banlieue Sud-Est » décrit les pérégrinations d'une troupe de jeunes gens d'aspect banal au premier abord (familles modestes, simples, destins … tout tracés !) qui va se trouver confronté à de nombreuses situations les obligeant à prendre des décisions dont ils ne seront pas toujours maître. C'est ce qui s'appelle vieillir, ou mûrir avant l'heure.
On trouvera dans ce texte des descriptions de scènes de bombardement vues par les « bombardés » criantes de vérité, entraînant des situations qqui présentent leur lot de lâcheté, de peur, d'égoïsme, mais aussi de bravoure et de courage.
Il faut sauver sa peau, coûte que coûte,, tant pis pour les autres ( la solidarité existe mais finit par avoir ses limites !) C'est vraiment poignant.
Tout cela est décrit sur fond de l'histoire d'un garçon du genre « Apache » qui pensait avoir tout vu, et découvre la notion de premier amour.
Le style est nouveau à cette époque (1947) et la préface de Georges Brassens atteste d'un certain parti-pris politique, résultant de cette période pour le moins troublée.
Certaines tournures argotiques sont magnifiques et sonnent comme des créations grammaticales, que l'on aurait envie d'intégrer au langage courant.
C'est en tout cas, au-delà du récit, une analyse brillante de l'évolution des générations à travers l'horreur et la trahison, avec les aspirations de ces jeunes après le chaos. Avec par exemple :
Une remise en cause de la famille, de l'économie, de l'épargne, de la « bonne éducation »
Le choix de l'argot comme élément distinctif ou de reconnaissance ; en tout cas comme signe de révolte contre un système.
René Fallet a une magnifique capacité de description et nous offre avec ce livre une vision de la guerre, du débarquement, par le petit bout de la lorgnette, pur une fois du côté du peuple sans analyse ni référence historique.
C'est du vécu !
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jmb33320
  06 juin 2021
« Nous ne pourrions pas vivre à Paris, Paris n'a pas de clochers, il n'a que des églises. Notre banlieue a le sang de la ville, un aspect province, un versant campagne. Pile : gare, marché, sortie des trains. Face : le parc, les bords de Seine, le bois. Elle n'a rien de drôle, elle est moche. Deux cinémas seulement, deux boîtes à bon Dieu, cinq ou six billards, un ping-pong. Assez pour rire la semaine, mais le dimanche, que voulez-vous qu'on fasse ? »
Cette ville de banlieue, c'est Villeneuve-Saint-Georges, en 1944. Et le personnage principal, Bernard, qui est un jeune homme de dix-sept ans, trouve largement à s'occuper en ces temps troublés, dimanche ou semaine. Il a tout un réseau d'amis, qui, comme lui, sont zazous. Autant dire qu'ils sont dans la révolte encore adolescente : mépris de l'autorité et de la vie étriquée des parents, petits trafics, usage abondant d'alcool et de tabac, sexe, travail épisodique, et seulement s'il permet des contreparties financières en plus du salaire…
La vie, ils veulent en profiter tout de suite. Quitte à se conduire souvent comme des lâches. Il est vrai que les bombardements n'incitent pas à tout remettre au lendemain.
La libération approche, et ces amis, que beaucoup de choses opposent malgré des intérêts communs pour la fête et la musique swing, vont se déchirer. Ils pensaient être à l'écart de la guerre, mais ils vont devoir faire des choix.
Ma note de trois étoiles est un compromis entre le fond, qui à mes yeux souffre de bien des défauts, à commencer par un romantisme adolescent mal digéré, et la forme qui est tout à fait surprenante et personnelle.
C'est un premier roman. René Fallet le termine en 1946. Il n'a pas encore vingt ans. Il se veut le porte-parole de toute sa génération. Franchement peu attachants ses personnages brillent surtout par leur égoïsme extrême. Les hommes ne sont guère tendres avec les femmes, avec un fond de misogynie très présent. Les femmes sont réduites à des stéréotypes : nunuches ou putains, qu'elles couchent ou pas… La fin m'a parue ratée : on est alors vraiment dans l'excès.
Sur la forme, en revanche, cela a été une lecture réjouissante de bout en bout. de multiples trouvailles dans la narration, des métaphores vraiment sorties de nulle part, parfois même de grandes envolées lyriques à la limite de l'intelligibilité, font de ce roman une surprise perpétuelle. Prometteur dirait-on aujourd'hui.
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lecassin
  13 novembre 2012
Premier ouvrage d'une trilogie qui sera nommée plus tard, « les romans acides » avec « La fleur et la souris » et « Pigalle », Banlieue Sud-est est le premier roman de René Fallet, 19 ans. L'auteur l'écrira entre octobre et décembre 1946… un ouvrage qui sera remarqué par Boris Vian et Blaise Cendrars
Une histoire de zazou : celle de Bernard Lubin (alias René Fallet) dans la fin de la guerre 39/45, au milieu des tickets de rationnement, des filles à séduire, des disques de jazz achetés à la sauvette... et le STO qu'on s'efforce d'éviter, les bombardements…
Un style unanimement reconnu depuis, qui mêle poésie et truculence ; et joie de vivre. On trouve déjà la gouaille poétique et cet esprit libertaire, tendance partisan-du-moindre-effort plutôt qu'activiste, qui feront le sel certains de ses livres postérieurs : des personnages animés d'un anarchisme viscéral… irréfléchi… non pas théorisé mais simplement vécu au quotidien comme allant de soi, parce qu'inhérent à la nature humaine ...
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lolo71
  26 janvier 2010
Ils ont entre dix-sept et vingt ans et comptent bien profiter de leur jeunesse. Nous sommes en 1944, à Villeneuve-Saint-Georges, dans la banlieue ouvrière de Paris. Bernard, Claude, Cous, Alix, Pépito, Jo, Pépée, Noëlle, Roger, Cricri, Zézette et les autres se préoccupent plus de sexe et de jazz que de la guerre. Les petites combines qui aident à améliorer l'ordinaire, les virées entre potes, les coups à boire la relèguent à l'arrière-plan, comme un élément de décor, malgré les privations, la peur du STO, l'occupation. Il faut vivre avant tout, si possible intensément : « Il est préférable de mourir à cinquante ans en ayant usé, abusé de l'existence sous toutes ses coutures, à l'envers, à l'endroit, couché, n'importe comment, pourvu qu'elle ait servi à quelque chose, que de la terminer à quatre-vingts ans sans un souvenir qui en vaille la peine, après avoir besogné comme un con pour des prunes, fait trente-six gosses à une rémouleuse de lentilles et avoir décroché des certificats de bonne conduite, de bonne tenue, de bon travail, à en fournir ses cabinets de papier hygiénique pour l'éternité… »
René Fallet avait vingt ans lui-même lorsqu'il écrivit son premier roman en 1946. On y trouve déjà la gouaille poétique, cet esprit libertaire, tendance partisan-du-moindre-effort plutôt qu'activiste, qui font le sel de ses livres les plus connus comme « le Beaujolais nouveau est arrivé », « le braconnier de Dieu » ou « Les vieux de la vieille ». Ses personnages y sont animés d'un anarchisme viscéral, irréfléchi, non pas théorisé mais simplement vécu au quotidien et allant de soi, parce qu'inhérent à la nature humaine pour peu qu'on y regarde d'un peu plus près.
Avec « Banlieue sud-est », René Fallet avait l'ambition de faire le portrait de la « jeunesse 1944 », cette jeunesse qui entend jouir de ses meilleures années et pour cela rejette les valeurs de ses aînés qu'elle juge responsables d'une situation qu'elle n'a pas choisie. le travail, l'autorité, le sens du sacrifice, très peu pour ces jeunes. Ni collabos ni résistants, simplement attentistes (comme l'immense majorité de la population française), ils portent avec eux l'insouciance, la débrouille, l'entraide, l'amitié et l'amour pour tout bagage moral. Pourtant, il arrive que les évènements entraînent dans leur tourbillon même ceux qui s'en tiennent à l'écart…
Ainsi le livre se fait plus grave au fil des pages, introduisant des éléments dramatiques qu'on a peu l'habitude de rencontrer dans l'oeuvre de René Fallet, même si on perçoit toujours sous la joie de vivre de ses romans un fond de désespoir lié à la conscience qu'on ne laissera jamais vivre en paix les réfractaires, les insoumis, les anticonformistes, même pacifiques. « Les braves gens n'aiment pas que / l'on suive une autre route qu'eux », comme dit la chanson. Il n'en reste pas moins que cet ami de Georges Brassens, de Jean Carmet et de Pierre Brasseur, cet autodidacte dévoreur de livres, chérissait plus que tout la poésie et la liberté. « Oublier la liberté… La bafouer, passe encore, c'est un acte conscient, mais l'oublier, quelle tristesse… ». Un livre à lire et à méditer.

Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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JCLDLGR
  22 octobre 2018
Un des meilleurs de René Fallet, parce qu'une époque difficile pour une population de banlieue, vivant sous la menace des bombardements, mais aussi, pour les héros du livre, dans une insouciance de leur age (adolescence et après). Villeneuve Saint-Georges, abimée (4 ou 5 bombardements pendant la dernière guerre), reconstruite à la va-vite, coincée par le chemin de fer, la Seine qui déborde à chaque crue pour protéger Paris et les avions d'Orly.
Ce livre résonne avec les histoires que me racontait mon père qui avait a peu près le même age, c'est une tranche de vie de banlieue avec ces hauts et ses bas, son arrière plan d'occupation avec la débrouille pour manger, se procurer le moindre objet indispensable, et ses histoires ordinaires (amour, travail, et surtout amitié)
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critiques presse (1)
Actualitte   10 avril 2017
Dès les premières pages, Fallet entraîne le lecteur dans une ambiance chaleureuse et populaire où la vie de quartier, les copains, les retrouvailles au bistrot et les sorties dominicales égaient le quotidien de ces années sombres.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
lecassinlecassin   24 juillet 2012
Il est préférable de mourir à cinquante ans en ayant usé, abusé de l'existence sous toutes ses coutures, à l'envers, à l'endroit, couché, n'importe comment, pourvu qu'elle ait servi à quelque chose, que de la terminer à quatre-vingts ans sans un souvenir qui en vaille la peine, après avoir besogné comme un con pour des prunes, fait trente-six gosses à une rémouleuse de lentilles et avoir décroché des certificats de bonne conduite, de bonne tenue, de bon travail, à en fournir ses cabinets de papier hygiénique pour l'éternité…
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CarotteCarotte   11 mars 2008
Capotes anglaises.
Qui chantera vos gloires, qui dira combien de foyers vous avez sauvés du déshonneur, qui vous blâmera d’être les ultimes remparts de la santé ?
Allez, petit ballons dont riraient les enfants si on leur donnait le droit de vous gonfler au gaz, histoire de vous faire monter au ciel les âmes floues des poupons qui seraient nés sans vos barrières légères, allez, baudruches frêles, qui pourriez détruire le monde…
Avec vous, je ne bouclerais pas mes bagages le nuit, en laissant derrière mon dos des larmes, des insultes, et un ventre élastique.
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EpicteteEpictete   20 août 2014
Il y avait du monde aux fenêtres pour voir passer ce char à bancs bricabraquant, crapotouillant sur les pavés.

❄ ((Nouveau style !!!))
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AustralAustral   06 mai 2018
Ils en crevaient, en bavaient de voir que ce qu'ils avaient raté, leurs enfants marchaient droit dessus, révoltés sans le savoir, voyous paraît-il, bien calés dans leur cynisme, leurs spéculations, leurs modes à eux, leurs chansons à eux, leurs dieux à eux, dans leurs vies de chiens chassés mordant à toutes les jambes, agressifs, dégénérés superbes d'une civilisation caduque, sans système social, fruits bizarres (la pêche a poussé sur le poirier), électrodes jaillies du choc de la pile guerre et de la pile passé.
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lecassinlecassin   06 novembre 2011
Le père m'engueulait autrefois, lorsque j'allais traîner vers la flotte. A plat ventre, je passais des heures à la regarder vivre. Car elle vit ! Elle respire, elle bouillonne parfois de grosses bulles mystérieuses, elle se ride, elle frissonne comme un bras nu, elle chante, elle parle, grâce à tous ses bruiteurs sans gloire : rainettes,têtards qui glissent, araignées d'eau violonistes du nénuphar, glouglous de poissons jamais aperçus...
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Videos de René Fallet (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Fallet
22 janvier 1977 René Fallet, dans son bureau parle du chat en général et présente son chat Siamois, Bonnot. Pour lui il y a quelque chose de féminin chez le chat. Photographies de Georges Brassens.Photographie de chat.
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