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André Roche (Traducteur)
ISBN : 2264030569
Éditeur : 10-18 (07/11/2002)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 95 notes)
Résumé :
« Après Les anges n'ont rien dans les poches, dans lequel Dan Fante, à travers son double romanesque, Bruno Dante, racontait ses relations difficiles avec son père John, ses années de drogue et d'alcool, En crachant du haut des buildings poursuit son entreprise d'autobiographie. Bruno Dante est à New York, traînant dans des petits boulots et essayant d'écrire entre deux cuites. Son roman est la chronique d'une dérive, commencée lorsqu'il s'est rendu compte que son p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Bibliozonard
  07 février 2014
Troisième volet sur les déboires de Bruno Fante. Après « La tête hors de l'eau » et « Rien dans les poches ».
Dan Fante (pulse/13E Note 2013)
Spitting of tall buildings
(Canongate US, Harper Perennial; Première édition : 2002/Reprint Édition 2009)


Bruno a quitté L.A., sans Jimmy, pour NY, où l'enchainement des petits boulots se répète, la dépression et l'alcoolisme persistent et signe entraînant le malheureux au bord de la folie. Il n'empêche qu'il continue d'écrire en parallèle une pièce de théâtre et une nouvelle (je suppute que la pièce devrait apparaître dans le recueil de 13E Note qui sera publié en mai 2014 : « Don Giovanni » suivi de « Les initiés ». Va savoir laquelle est-ce. Pour la nouvelle, ce serait une des 8 qui apparaît dans « Régime sec » publié en avril 2009, ça se tient, car dans ce recueil, le fil conducteur est le métier de chauffeur de taxi, celui qu'exerce Bruno dans « En crachant du haut des buildings ». Encore une fois, va savoir laquelle ? Et tout cela, sans tenir compte des autres ouvrages publiés).
William Tennessee et Hubert Selby Jr. sont les spectres littéraires influant qui soutiennent Bruno dans cette galère.
Humilié, déçu, provocateur et provoqué, il réagit à l'extrême ou justement. Il découvre que la boisson est devenue une maladie bien réelle avec des conséquences psychiques qui expliquent ses sauts d'humeur. Ces accès de folie, ces voix qui l'incitent à agir au quart de tour, le déstabilisent et il décide de suivre un traitement - qui en plus de ses activités professionnelles diverses - pour lui permettre de rester droit. Une soupe qui lui apporte un équilibre momentané.
Tout est d'un réalisme non défiguré, une approche honnête qui touche une multitude qui ne sort pas de sa prison d'addiction en tout genre. Les rencontres de Bruno sont parfois belles et hautes en couleurs, parfois sujettes à une explosion de nerfs incontrôlable.
C'est lisse, froid, touchant, éblouissant de vérité. Pas de relation amoureuse, des habitudes sexuelles brèves ou constantes, on ressent toujours son amitié sincère quand il la donne - souvent vite reprise pour cause de non-compatibilité et de trahison.
Ce livre appartient à un ensemble qui est tout simplement une démonstration brillante d'une détermination à ne pas sombrer et de réussir là où tout semblait innaccessible.
Une boucle en partie bouclée. L'individu qui ne croit pas en lui, désespéré devient celui qui prône un conseil d'écriture qui commence comme ceci :
« le pire ennemi du romancier débutant, c'est le défaitisme. Une torture sans pareille qui vous entrave jusqu'à la paralysie » (p 199).
Et c'est exactement le sens de cette vie que Dan a raconté à travers son ego Bruno.
Se sortir de la paralysie en commençant par agiter les phalanges.
On ressent une évolution, une révolution intérieure du personnage, ses écrits progressent, il est toujours en vie, et nous permettent de lire des histoires captivantes. Quelle réussite !

La vérité pure de ses propos parle aussi au nom des oubliés, des sans-voix. Ses mots sont multitudes.
De sa voix, j'entends les cris de millions de pleurs et d'appels à l'aide.
Et pourtant, sous un air d'évidente lamentation, l'auteur nous narre une histoire hurlante de courage et de force de caractère.
Il utilise les mots pour panser les grands maux, les livres l'ont suivi, accompagné, l'ont créé, l'ont sauvé.
Il rend un hommage considérable à la littérature, pour la justesse et la qualité de ces propos ; et un autre aux écorchés, aux muets extérieurs hurlants de l'intérieur. C'est une attitude exemplaire.
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Ingannmic
  18 septembre 2014
Bruno Dante a quitté Los Angeles pour habiter New York, où il enchaîne des petits boulots que son alcoolisme et son caractère irascible l'empêchent de conserver bien longtemps. Lors de ses périodes d'inactivité, il s'essaie à l'écriture, enrageant de la médiocrité de ses productions, qu'il finit la plupart du temps par détruire...
A ses côtés, nous côtoyons l'Amérique à la fois misérable et laborieuse des petites gens qui s'échinent à des tâches ingrates, se faisant exploiter pour des salaires de misère.
On navigue parmi les fauteuils crasseux de glauques cinémas pornos, où le narrateur assouvit des pulsions pour lesquelles il éprouve ensuite du dégoût.
On se vautre sur les trottoirs new-yorkais où il finit parfois par échouer, inconscient car abruti d'alcool.
Le tout est déroulé avec une sécheresse, une sincérité qui interdisent tout apitoiement. le ton est empreint d'une auto dérision amère, qui révèle l'ampleur du désespoir qui habite le héros.
On se sentirait presque mal à l'aise à la lecture de ces tristes tribulations, et du gâchis occasionné par l'alcoolisme et la détresse de cet homme, lucide quant à ses faiblesses, et qui, incapable de les combattre, semble se regarder sombrer.
Inévitablement, on pense au père, bien sûr. A l'ombre du mythique John Fante, qui plane discrètement mais sûrement sur le roman. le but n'est pas de comparer -ce serait petit-, mais de constater, entre les lignes, les résurgences d'un héritage. On ne peut pas ne pas voir les nombreux points communs, sur le fond comme sur la forme : l'arrivée dans la ville inconnue, la débrouille, et cette capacité à transformer l'expérience personnelle en fiction...
Avec, chez le fils, beaucoup moins de légèreté et de désinvolture. Et une façon assez curieuse de rendre son récit intemporel. Je me suis souvent interrogée pendant ma lecture, sur l'époque à laquelle il se situe, et je serais bien en peine de vous le dire ! Il n'y est question ni d'utilisation d'objet dont la technicité pourrait nous le faire deviner, ni de références historiques ou sociétales pouvant servir d'indices...
L'intrigue est entièrement centrée sur le narrateur, la description de son quotidien sordide, et les relations, souvent brèves, qu'il noue avec les différentes personnes qu'il rencontre. Il se crée ainsi une proximité entre le lecteur et Bruno Dante, qui contribue à faire de ce récit un texte fort et troublant.
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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nathalia1307
  29 décembre 2014
Bruno Dante débarque à New York, et traine avec lui de sacrés casseroles. A peine débarquer, il écluse les agences de placement en vue de se dégotter un travail, et payer le loyer d'une chambre. Très vitre Bruno se perd dans les méandres de la dépression et l'alcoolisme, usant de persuasion pour obtenir les boulots les plus ingrats, employés en tout genre bureau, cinéma, veilleur de nuit, il se retrouve très vite dépassé lorsqu'il faut garder le dit job, car Bruno fait preuve d'une certaine incapacité à se fondre dans le moule, à entretenir de solides et sereines relations avec collègues et employeurs. Entre deux boulots, il est terrassé par un dépression sévère, il s'aménage des temps de lecture (Selby) et d'écriture, et peine à soigner ses voix intérieures comme il les appelle.
Dan Fante réussit sans ambages deux passages, celui ou il décrit avec virtuosité le boulot de laveurs de carreaux en hauteur, le seul passage ou Bruno prend sur lui, passage impressionnant du boulot ingrat mal payé, et qui peut couter la vie à celui qui l'exerce.
Ensuite, il décrit avec un humour pas déplaisant du tout, cette maladie qu'est la dépression, on comprend pas mal de petites choses, l'impuissance de Bruno, la décrépitude de l'esprit, se remettre en cause tout en essayant de se remettre en selle et d'avancer, cette capacité de Dan Fante à décrire sans forcément se regarder le nombril, le vécu qui se sent sans forcément qu'on le plaigne, il ne fait pas l'apologie du looser loin de là. Ce texte court réserve pas mal d'authenticité et j'ai particulièrement apprécié dans l'édition 13eme note Les trois recommandations pour écrire un roman.
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Lybertaire
  19 septembre 2014
Le double romanesque de Dan Fante raconte sa dérive entre petits boulots et lendemains de cuite.
[...]
En crachant du haut des buildings, court roman publié par 13e note éditions, renoue avec l'éternelle problématique de l'écrivain : comment vivre de son écriture ? Comment dégager assez de temps pour écrire tout en payant le loyer ?
Certes, cette autofiction montre les travailleurs jetables, la précarité des contrats et des rémunérations (le plus souvent à la tâche), mais le récit est trop factuel, composé d'une succession d'expériences sans retour d'analyse. Il ne faut pas y voir la volonté expresse d'étudier les travers d'une société capitaliste et déshumanisée.
La dérive psychologique du narrateur est tout aussi factuelle : les petits boulots se succèdent, mêlés de crises de démence et d'épisodes sordides à peine évoqués. Finalement, le narrateur nous est étranger, laissant peu de place à l'introspection — mais n'est-ce pas à cause de l'alcoolisme qui annihile l'identité ?
Le style sec, composé de phrases courtes qui laissent peu d'émotions, ainsi que le manque d'humour ajouté à l'aspect factuel, fait de cette autofiction un ensemble fluide et bien rythmé, mais sans plus. Ni dénonciateur, ni trash, ni intime, et moins abouti que La Tête hors de l'eau du même auteur. C'est le récit d'un pochard à New-York.
L'article entier sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/en-crachant-du-haut-des-buildings-dan-fante-a112539124
Lien : http://www.bibliolingus.fr/e..
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demro
  18 juillet 2016
Je referme ce livre avec des sentiments partagés. J'ai aimé découvrir les mésaventures new-yorkaises de Bruno Dante et suivre les évolutions de ce personnage à la fois touchant et insupportable. On lui passe toutes ses colères et toutes ses inconstances : la dépendance à l'alcool en est la principale raison. De petits boulots en petits boulots, nous suivons le parcours chaotique de ce personnage, tantôt hanté par ses voix intérieures, tantôt apaisé. Il pourra nous faire rire mais il ne faut pas s'y méprendre, ce roman est un récit sombre sur les ravages de l'alcool et l'aliénation définitive qui s'opère chez ses consommateurs compulsifs. J'ai aimé ce livre mais j'ai eu peine à quitter le personnage de Bruno Dante : le roman se clôture un peu brutalement, laissant au lecteur le sentiment de terminer un texte inachevé.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
nathalia1307nathalia1307   29 décembre 2014
J'aime bien changer de boulot. Je n'ai pas de gros besoins. Je ne souhaite pas spécialement détenir des actions ni participer à la redistribution des profits, je n'aime pas me sentir coincé dans un moule, ni devoir baiser quelqu'un pour monter les échelons dans une boîte. Quand on ne fait que des boulots d'interim, on arrive presque toujours à éviter toutes ces histoires auxquelles on a systématiquement droit avec un boulot régulier-compétition, favoritisme, politique et le reste, comme ce qui m'était rapidement tombé dessus quand je bossais au cinéma. Il suffi d'un coup de fil et d'une demande de réaffectation pour se sortir d'une situation merdique.
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rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2013
La récompense, c’est qu’au fil de ce long voyage on connaît des instants de magie pure. Des moments totalement inattendus et impossibles à reproduire à la demande. Il y aura des jours où les diamants pleuvront de vos doigts par dizaines pour virevolter allègrement sur votre page. Vous vous sentirez en parfait accord avec vous-même et aurez conscience d’être le passeur de quelque chose en vous qui vous dépasse. Ceci est donc une mise en garde. Soyez prêts ! Ces jours-là, vous serez l’être le plus heureux au monde.
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RoquenRoquen   15 août 2014
- Oui, j'écoute ?

- Je tiens à vous signaler le non-fonctionnement de dix-huit postes téléphoniques situés sur la 3e Avenue. J'ai recopié les numéros de téléphone. Vous avez de quoi noter ?

Il y eut un curieux blanc, à l'autre bout, mais j'entendais respirer.

- Vous êtes toujours là ? finis-je par demander.

- Monsieur, je... oui, je suis là. Allez-y.

- Je vais vous donner les numéros des postes de la 3e Avenue qui sont hors-service, et le détail des dommages qu'ils ont subis...

Encore un blanc.

- Hé, mademoiselle, vous êtes là, ou quoi ?

- Oui, oui... Continuez, ne vous inquiétez pas !

- Ah bon, je n'étais pas sûr. Vous pourriez répondre quelque chose, quand même. Comme ça je saurais que vous êtes toujours là et que je parle à un spécimen d'homo sapiens à peu près éveillé.
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rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2013
À New York, la plupart des laveurs de carreaux sont des alcoolos ou des malades mentaux — en tout cas ceux qui bossent en free-lance, sans être syndiqués, sur les gratte-ciels. Il faut être un taré pour faire ce boulot.
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rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2013
Le problème, c’est que je suis très rancunier. Si je me dispute avec quelqu’un et que l’autre pense avoir gagné, ou si mon patron abuse d’une manière ou d’une autre de son autorité, j’attends que les choses se tassent, je fais comme si tout allait bien, puis, sans prévenir, je réagis de manière disproportionnée, comme un serpent qui se sent pris au piège. C’est un vilain défaut et j’ai souvent payé ce genre de comportement.
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Vidéo de Dan Fante
Dan Fante explique pourquoi il est devenu écrivain, parle de son amour pour le public français, sur Bruno Dante, son alter-ego littéraire et sur son sevrage alcoolique.
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