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EAN : 9782896985272
512 pages
Le Quartanier (03/02/2022)
3.81/5   50 notes
Résumé :
Alain épouse Virginie en la crypte de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. En apparence, ce sera le plus beau jour de sa vie – de leur vie. Tout le monde est là, les parents de la mariée, la grande amie, les parents du narrateur – Libanais d’Égypte immigrés au Québec il y a trente ans, divorcés depuis vingt, qui ne se parlent plus depuis dix. Mais, à l’approche de la célébration, Alain va plus mal que jamais. Les insomnies sont de retour, l’angoisse et la maladie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Thaddeus
  23 mars 2022
Le début du texte dépeint la jeunesse de Shafik Elias, père d'Alain Farah, d'origine libanaise qui a grandi en Égypte avant d'immigrer à Montréal. Dans les années 1960, l'Égypte est particulièrement houleuse - les guerres et les régimes politique se succèdent. On sent une attention aux détails, une volonté de réalisme dans la description historique. Avec la mise en place des nombreux convives invités au mariage, je voyais là une annonce d'une grande fresque familiale à travers l'histoire. Détrompez-vous, nous avons plutôt droit à un autoportrait d'Alain Farah, un ego portrait chamarré, par-ci par-là, de quelques membres importants dans la vie de l'auteur.
Malgré les belles pages, malgré un talent indéniable de l'auteur, les défauts du « roman » sont nombreux. En fait, on n'a pas l'impression de faire affaire ici à un romancier. Je m'explique. le vrai romancier perd indubitablement le contrôle de son oeuvre parce qu'il est la victime, autant que l'auteur de son roman. le (bon) roman dévie de la vision de son auteur, il va ailleurs, il devient indépendant. Dans « Mille secrets mille dangers », on ne ressent (entendez subit) que trop bien l'autorité, le contrôle d'A. Farah. Notez qu'il n'y a pas de digressions, pas de débordements. Il n'a tout simplement aucune idée vraiment intéressante. L'auto dérision est minimale. L'auteur est bien trop scrupuleux pour laisser une zone d'ombre s'immiscer dans son oeuvre. Par exemple : le discours islamophobe du dentiste Wali (p. 298) est tout de suite discrédité par le narrateur (p. 301), comme pour s'assurer que l'on comprenne qu'il est absolument en désaccord avec ces propos. Bref, c'est un faux dialogue. Il ne veut que se conforter dans ses propres opinions.
L'autorité de l'auteur se fait surtout sentir dans sa volonté de se mettre de l'avant : « Alain, lui, adorait se mettre en scène...» (p. 340) Cette mise en scène se trouve même dans les pages les plus chargées d'émotions. Myriam E., dédicataire du roman rappelons-le, et dont l'histoire de l'amitié avec Virginie est relatée dans chapitre VII, est victime d'un cancer fulgurant. Dans le dernier chapitre, A. Farah revient sur le déroulement de la maladie et les funérailles de celle qui était la grande amie du couple. C'est triste et émouvant, comme l'est toujours la mort d'un être cher, d'une personne dans la fleur de l'âge, qui, de plus, laisse derrière elle une fillette de quatre ans. Dans ces situations, l'incompréhension et la colère abolissent toute raison. Ce sont donc des pages très personnelles qu'écrit A. Farah. Mais il va trop loin dans le narcissisme. Il décrit SES affres et SES souffrances (pp. 480 à 484). On comprend qu'il se libère grâce à l'écriture. Il le dit lui-même : « Ce travail de tant d'années, ce travail d'écriture et de lecture de moi-même par la parole m'aidera à comprendre comment, prisonnier de la colère, de la honte et du déni, j'ai construit un récit où me cacher, où me mettre à l'abri de la vérité. » (p. 484) le livre entier est en quelque sorte une thérapie pour son auteur. Quelle passion vulgaire que celle de soi-même !
Ceci n'est pas un roman, mais plutôt un récit romancé, une suite de souvenirs entremêlée, à l'occasion, de quelques beaux portraits et de mots judicieux. Pour ainsi dire, l'auteur ne fait que dérouler la bobine de sa vie. le Québec produit beaucoup (trop) de ces « romans » à intrigue minimale qui sont comme des journaux personnels saturés d'égotisme superficiel, des thérapies censées apporter un repos à l'âme éprouvée de l'auteur, et des récits intimes où tout ce qui compte c'est le « JE ». La situation d'A. Farah est peut-être particulière en ce qui concerne sa maladie auto-immune, pourtant elle ne méritait pas autant de place. Franchement, le culte du moi, c'est ennuyeux pour le lecteur. Gilles Marcotte avait raison de dire que « l'empyrée de la médiocrité larmoyante, au Québec, est décidément surpeuplé. »
Personnellement, je n'en revient tout simplement pas. Comment quelqu'un qui étudie la littérature depuis tant d'années, qui, de surcroit, l'enseigne, (professeur agrégé de l'université Mc Gill !) peut-il produire ce genre de texte? Je comprends que l'inspiration d'Alain Farah est l'Ulysse de James Joyce, mais encore faut-il en avoir le génie. le lecteur est emporté, ad nauseam, comme un bout de bois dans un flot déchaîné de banalités. C'est en lisant des ouvrages comme celui-ci que l'on repense avec plaisir aux romanciers qui, comme Balzac, Stendhal, Dostoïevski, Faulkner, Kafka, Rushdie, Grass, Garcia Marquez et bien d'autres, créent des mondes plus grands que nature, des personnages complexes, voire contradictoires, qui ficellent des intrigues riches et abordent des questions qui dépassent les petites avanies de la vie quotidienne. À la critique littéraire du Québec qui a encensé presque unanimement ce texte, je dis : il y a plus que l'autofiction !
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EvlyneLeraut
  01 février 2022
Certifié, dense et formidable, « Mille secrets Mille dangers » est une sacrée gageure.
« Yeux bleus je vous vois. »
Alain Farah conte sa vie, rassemble l'épars, les confidences prennent place. Il suffit d'une journée pour tout dire, tout reconstruire. Il rassemble le puzzle de son existence. C'est l'électrochoc du plus beau jour d'une vie, puisque aujourd'hui Alain Farah se marie.
Le lieu est symbolique, ce sera donc à l'Oratoire Saint-Joseph. Ses parents divorcés sont des libanais d'Égypte. Son père Shafik Elias est posé, rassurant et protecteur. Sa mère Yolande Safi est à l'instar d'une anti-héroïne pour lui. Il ressent envers elle beaucoup d'amertume, d'aigreur et d'impatience.
Dans ce récit où tout vole en éclat, un cousin-frère qu'on adore pour sa candeur, ses maladresses et ses faiblesses, Édouard Safi qui s'intéresse aux vieilles voitures, la mécanique exutoire. Il se brûle les ailes, le syndrome de Peter Pan pour toile de fond. Alain Farah monte les marches, se retourne et nous parle. Et là les amis, on écoute attentif, les déchirures familiales, l'idiosyncrasie des religions, les erreurs d'aiguillage. L'enfance bercée dans les épreuves, une maladie sournoise et invalidante, les médicaments à outrance, les désenchantements, et les déroutes.
« J'aurais souhaité que ce livre raconte tout entier un mariage, j'aurais souhaité que ce livre soit un livre de joie, mais la joie nous a quittés et l'écriture m'échappe, malgré moi le temps ne va plus, malgré moi les époques, les évènements se superposent, se confondent, se projettent en une image impossible où tout bataille pour occuper l'avant-plan de ma conscience agitée. »
Ce plaidoyer socle et cheminement chaotique est prononcé à mi-voix.
Alain Farah écrit les clairières en devenir, le consentement qui exaucera son initiation.
« L'échange des voeux, le mariage, j'étais là, je suis là, c'est maintenant, mon frère ! »
Ici, ce n'est pas une histoire mais la rectitude d'une parole qui ose avec pudeur et douceur nous conter les profondeurs des sentiments, tout ce qu'une vie froisse ou élève, foudroie ou admire.
Cette contemporanéité sincère, vive et respectueuse est la marée basse, l'enjeu des migrations intérieures, l'amour pour sa femme, là, maintenant, un colibri discret et silencieux. 
« Mille secrets Mille dangers » est le livre des émancipations la conjugaison des expériences qui forgent l'humain et son macrocosme.
Cette autobiographie est valeureuse, salvatrice, immensément généreuse envers le lecteur.
C'est une invitation au mariage où le monde et ses surprises est une table de maître.
Alain Farah, après « Pourquoi Bologne & Matamore N° 29 » délivre les secrets et les risques d'un homme qui va prendre son élan du haut de la montagne de son existence et s'envoler envers et contre tout. Renaître dans le cercle d'une cérémonie exutoire.
Magistral et accompli. Publié par les majeures éditions le Quartanier éditeur.
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Schryve
  03 mars 2022
Il pourrait s'agir d'une autofiction : le narrateur s'appelle Alain Farah et de toute évidence l'auteur a mis beaucoup de sa personne et de sa vie dans Mille secrets mille dangers. Mais le livre comprend surtout tous les ingrédients d'un très bon roman : des personnages hauts en couleur, des dialogues animés, des descriptions de lieux évocatrices, un rythme et une intrigue, le tout dans un registre qui passe du comique et au tragique.
Le récit se déploie autour d'un jour de juillet 2007, celui du mariage d'Alain Farah alors âgé de 27 ans. Tout au long du roman, le déroulement de la journée, raconté d'heure en heure, est entrecoupé de nombreux allers-retours dans le passé et dans le futur (au moment où l'auteur écrit le livre). L'auteur-personnage transporte avec lui un bagage familial imposant. Il est fils d'immigrants libanais d'Égypte et il souffre depuis l'enfance d'une maladie chronique héréditaire, deux caractéristiques qui l'ont forgé, qu'il le veuille ou non.
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Angreval
  28 février 2022
Le roman autobiographique d'Alain Farah est construit autour du jour de son mariage, une journée parfaitement planifiée, mais pourtant perturbée autant par certains évènements que par le poids du vécu qui habite l'auteur. le récit est construit sur des moments marquants de sa vie, ceux qui ont déterminé sa trajectoire. Mais plus encore on retrace les émotions qui ont façonné sa personnalité autant en relation avec ses proches que dans l'impact de son état de santé. C'est la description et l'analyse de tous ces moments qui culminent en cette journée exceptionnelle et qui, par touches successives, cernent son identité. Au fil des épisodes entremêlés avec les étapes de la journée du mariage, on s'approche de l'intimité du narrateur.
Curieusement, Virginie qui devient son épouse est peu présente dans le récit, bien moins que Myriam la meilleure amie qui lui a présenté Virginie. Mais le destin de Myriam et l'intensité de l'amitié qui liait les deux femmes sont un axe majeur de son ouverture aux autres. Cet éclairage, sans doute inattendu, vise bien plutôt à témoigner du cheminement du narrateur jusqu'au carrefour de prise de conscience qui s'ouvre à lui en ce jour de mariage.
L'ouverture sur l'intimité du narrateur à travers l'alternance bien construite entre le déroulement du mariage et les événements du passé en font un récit attachant.
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Fanou87
  13 mars 2022
Nous sommes un sept juillet au mariage d'Alain et de Virginie. Le père du marié vient de terminer son discours et parcourt la salle. Dix pas le séparent de sa place et cela est suffisant pour revenir sur les moments forts de sa vie et poser le décor de tout le roman : une fresque familiale entre Canada et Egypte. le récit de cette journée de fête sera alors parsemé de souvenirs de la famille et des souvenirs aussi de la jeunesse d'Alain.
S'il y a bien une image que je veux garder, parmi tant d'autres de ce récit, c'est bien celle-ci : Jour d'oignon précède jour de miel. Elle résume presqu'à elle-seule cette autofiction qui met en lumière une journée de mariage. Entre alliance perdue, problème de dents, voiture manquante et maux de ventre, le roman part dans les méandres de la jeunesse d'Alain et reconstitue le puzzle de sa vie pour nous offrir un portrait attendrissant et terriblement émouvant.
La vie, la mort, l'amour, l'amitié. Tout ce qui fait la vie est réuni dans ce roman où la sensibilité à fleur de peau m'a cueillie dès les premiers mots du père.
Les pages défilent et on se rend compte au fur et à mesure qu'on tient là un livre d'une force étonnante. Les sourires alternent avec les instants dramatiques et cette famille et surtout les ami.es deviennent si proches qu'on a cette douce impression de faire partie des invité.es et de participer à ce mariage.
Mille secrets mille dangers c'est de la sincérité d'un bout à l'autre. le personnage montre ses failles, il ne surjoue pas, il offre ses souvenirs de la manière la plus pure possible et tout est extrêmement bien rodé. Je renoue ici avec le Quartanier dont certaines parutions m'avaient déçue (Les occasions manquées et Ouvrir son coeur)
Ce livre fait un tabac de l'autre côté de l'Atlantique. Il fait partie des finalistes pour deux prix, celui du Prix Littéraire des Collégiens et du Prix des Libraires.
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critiques presse (2)
LeMonde   24 mars 2022
Alain Farah, écrivain québécois d’origine libanaise, allie les contraires pour mieux sonder l’histoire et ses névroses dans une autobiographie romancée qui se déroule sur vingt-quatre heures.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   09 janvier 2022
Mille secrets mille dangers n’est rien de moins qu’un tour de force narratif, dans lequel l’auteur a l’élégante sagesse de ne pas attirer l’attention sur sa propre virtuosité, mais bien sur son histoire.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PeteplumePeteplume   29 octobre 2021
Les mots tourbillonnaient dans ma tête, perdant un peu de leur sens à chaque tour. Égyptien pure laine. Québécois pur foul. Libanais par le mauvais oeil, Montréalais du Petit Liban. Arabe de culture. Phénicien par l’ADN, Chawam des deux côtés, maronite par Dieu. Levantin dans le silence de l’hiver.
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Fanou87Fanou87   13 mars 2022
J’aurais souhaité que ce livre raconte tout entier un mariage, j’aurais souhaité que ce livre soit un livre de joie, mais la joie nous a quittés et l’écriture m’échappe, malgré moi le temps ne va plus, malgré moi les époques, les événements se superposent, se confondent, se projettent en une image impossible où tout batailler pour occuper l’avant-plan de ma conscience agitée.
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reveuserealistereveuserealiste   14 avril 2022
Mais aimer la vie et haïr la sienne, c’était possible.
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Fanou87Fanou87   13 mars 2022
Je me réveille en sursaut, je ne sais plus très bien qui je suis, ce que je suis. Je me répète mille fois mon nom.
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Videos de Alain Farah (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Farah
Con­fi­dences d'écrivain avec Alain Farah, dont le six­ième livre, Mille secrets mille dan­gers, est sor­ti en sep­tem­bre. Il s'agit d'une aut­ofic­tion baignée dans l'angoisse et la souf­france des sou­venirs, mais dont le con­texte est une célébra­tion heureuse: un mariage. La jour­nal­iste Clau­dia Larochelle assur­era l'animation.
Avec: Alain Farah, Auteur·rice Claudia Larochelle, Animateurrice
Livre: Mille secrets mille dangers
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