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ISBN : 9782742799091
Éditeur : Actes Sud (01/08/2011)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Dans l’enfance, Emmanuelle fut la meilleure amie de L. Vingt ans plus tard, elle resurgit dans sa vie, l’invitant à lui rendre visite en Bretagne. Dans le train qui emmène L. et son fils vers les brumes du passé, les souvenirs et les destins prennent corps.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
  19 décembre 2011
Femmes en errance, telle est l'atmosphère de ce livre : femmes en errance de lieu, femmes en errance d'elles-mêmes, femmes en errance de leur vie ; fuites, exils, déménagements, voyages en train sont les destins de ces femmes tourmentées, vivant dans les prisons du coeur ou du souvenir, dans l'hiver de l'amour ou bien encore dans les miroirs d'un sourire qui détourne le regard des autres et le renvoit à lui-même. En toile de fond règne l'infinie solitude de chacune d'entre elles, prises au piège du mensonge des hommes et de leur confiance en eux. J'ai beaucoup aimé ce ce texte court, lu en quelques heures, où la poésie de l'écriture sait dire les déserts et les absences à travers des paysages à la fois impersonnels et concomitants. La brièveté des chapitres nous fait penser à ces paysages brièvement entrevus du train qui se succèdent les uns aux autres, telles ces tranches de vie qui passent sous nos yeux. C'est la raison pour laquelle j'ai apprécié la brièveté de ce beau texte, court et profond, qui, je crois, me restera longtemps en mémoire.
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moustafette
  16 septembre 2011
Après quelques années passées à Rome, L. prend le train en compagnie de son jeune fils afin de rejoindre en Bretagne son amie d'enfance qu'elle m'a pas revue depuis vingt ans. Inévitablement, les souvenirs défilent derrière les vitres.
"Emmanuelle les attendrait à vingt et une heure sur le quai de la gare de Chateaulin. Si le temps le permettait, au cours du week-end ils passeraient une nuit dans la presqu'île de Crozon. Emmanuelle avait hérité du penty de ses grands-parents, une maison longue et basse au bord d'une falaise envahie par la bruyère et le vent, où les deux amies, à l'âge de neuf ans, avaient passé un mois de vacances, l'été."
Si c'est pas tentant tout ça ! J'aime beaucoup Chateaulin et les bords de l'Aulne, et le cap de la Chèvre, sans les touristes, c'est divin. Je me délectais donc de la suite et des turpides dans lesquelles les deux gamines allaient m'entraîner.
Euh... seulement voilà, j'ai dû me tromper de train, rater la correspondance, oublier de composter mon billet, que sais-je encore ? Jamais lecture aussi courte (140 pages au format vertical, ce qui doit faire 80 en format poche, voire moins) ne m'a semblé si laborieuse.
Je suis restée totalement hermétique aux réminiscences du passé qu'évoque la narratrice, à sa rupture amoureuse, au devenir d'Emmanuelle. Et j'ai eu beau retourner tout le wagon, j'ai peiné à mettre la main sur la nostalgie qui habituellement va de pair avec ce genre littéraire. J'attends encore des nouvelles des retrouvailles entre copines et la scène de meurtre qui ouvre le roman ne m'a même pas fait tirer le signal d'alarme, pourtant c'est pas l'envie qui me manquait de descendre en marche...
J'aurais mieux fait de rester sur le quai ou de prendre le train d'avant, il paraît que le roman précédent semblait plus réussi. Bref, que l'auteur me pardonne, ce fut un voyage ennuyeux, sans émotion et qui n'encombrera guère ma mémoire.
Voilà, c'était ma piètre contribution à la rentrée littéraire !
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sylvaine
  04 mai 2014
L. et son petit garçon prennent le train à la gare Montparnasse. Direction la presqu'île de Crozon. A Châteaulun les attend sur le quai de la gare Emmanuelle, l'amie d'enfance de L. Elles ne se sont pas vues depuis vingt ans, se reconnaitront-elles?Retrouveront-elles leur complicité de naguère?
_ Helene Frappat tise une toile d'araignée subtile où sont emmêlés pèle mêle les souvenirs de L. , Emmanuelle, Bérangère, la grand-mère, trois génération de femmes.
Je me suis laissée prendre dans les mailles de ce filet savamment élaboré, j'en suis ressortie à la fois pensive, songeuse et un rien nostalgique. Court roman certes mais quel roman !
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liratouva2
  11 janvier 2014
Dans le lit d'une chambre d'un immeuble d'on ne sait où, deux agents appelés par le concierge découvrent deux corps allongés dans un lit:
Lorsque le cadavre de la femme sera transporté sur une civière hors de la chambre, l'homme, toujours prostré au bord du lit, n'aura pas un regard pour celle dont il a rendu le visage méconnaissable.
Ainsi commence ce court récit de 140 pages (mais le format est si étroit que j'ai eu l'impression de n'en lire que la moitié).
Il me semblait après ces lignes qu'il allait s'agir d'un roman policier ou presque. Pas du tout! Comment dire? Ce sont des histoires de vie que chacun se ressasse, en voyage, entre deux destinations, deux parties de sa vie, un moment de rupture, de passage, de transition, un retour sur soi et sur l'amie qu'on va revoir, des bribes de passé qui reviennent, mélancoliques.
Il y est question de l'et de son petit garçon, de retour de Rome où ils ont abandonné le "mari et père", trop inconstant. Désormais ils se sont installés en banlieue parisienne, à Saint-Ouen et puis il y a Emmanuelle, l'amie d'enfance et de jeunesse, devenue sage-femme libérale, qui les a invités dans la maison de son enfance, en Bretagne,dans la presqu'île de Crozon. Elles ne se sont pas revues depuis vingt ans alors dans le train les souvenirs reviennent, forcément, de façon désordonnée, par à coups, comme dans la vie.
Enfin, Bérangère! C'est le personnage le plus haut en couleur, le plus attachant aussi, la mère d'Emmanuelle, élevée de façon rigide dans une famille de la grande bourgeoise, puis dans la Maison d'éducation de la Légion d'Honneur, mariée très jeune à Jean, le père d'Emmanuelle, à la suite d'une escapade de pensionnaire inconsciente. Celui-ci la poursuivra sans cesse d'une jalousie maladive mais c'est une rebelle et elle se vengera à sa façon dans les voyages en train entre Paris et la Bretagne avant de divorcer finalement et d'élever seule sa fille. le père se remariera et Emmanuelle ira régulièrement le voir en prison. Ah, oui, le début!
Ceci ressemble à un résumé mais ce n'en est pas un. C'est juste un essai de reconstitution comme quand on regarde un dessin cubiste. Il faut bien essayer de comprendre – au moins un peu! Enfin moi, j'en ai eu besoin. Cette fois ça n'a pas été simple car loin d'être linéaire, il s'agit d'un récit éclaté. On va on vient, on avance, on recule. On voyage en somme, du passé au présent puis de nouveau, retour en arrière. On s'arrête sur un épisode puis on repart, ailleurs, avec un nouveau personnage, un autre lieu, un moment plus proche ou plus lointain, au gré des souvenirs. C'est comme une errance, poétique, mélancolique, nostalgique, une vie, deux vies, trois destins emmêlés que l'on ranime un peu avant de les aborder à nouveau et de les faire revivre.
C'est un récit exigeant qui demande beaucoup d'attention. le style m'a plu, l'effort à fournir un peu moins.
http://liratouva2.blogspot.fr/2014/01/inverno-helene-frappat.html
Lien : http://liratouva2.blogspot.f..
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Herve-Lionel
  01 avril 2014
N°560 – Mars 2012
INVERNOHélène Frappat Actes Sud.
Inverno : un hiver en italien. C'est vrai que le texte est écrit sur un mode mineur qui évoque cette saison morne et glacée. L'Italie qui dans l'inconscient collectif est un pays lié à l'amour est pourtant ici synonyme de rupture puisque L.(nous ne saurons pas même son prénom, cette lettre signifiant peut-être le pronom « elle » pour plus d'anonymat) en revient avec son fils, en train, après que son ami, Elio, le père de son enfant, lui eut signifié leur séparation définitive. Ce voyage aller-retour dans la ville éternelle symbolise aussi les incursions dans le temps, dans le pays de son enfance, dans sa vie...
L. a partagé son enfance avec Emmanuelle qu'elle va rejoindre en Bretagne après un éloignement de vingt ans. C'est un peu comme si la mémoire de l'une suppléait celle de l'autre. C'est l'occasion de revisiter l'histoire de cette famille de grands bourgeois où la mère, Bérangère, élevée à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur, choisit un jour de s'échapper et de céder au premier venu, Jean, de vingt ans son aîné, qui l'engrosse et l'épouse. Emmanuelle naîtra de cette étreinte furtive. Dès lors, Bérangère ne vit que pour son mari mais la différence d'âge rend bientôt celui-ci soupçonneux et même maladivement jaloux. Il n'a d'ailleurs pas tort puisque Bérangère multiple les passades aussi éphémères que nombreuses, collectionne les amants avec une prédilection pour les voyages en train [« Dans ces parenthèses suspendues entre deux gares, dans cet espace-temps parallèle qui semblait se dérouler nulle part, ces aventures n'avaient pour Bérangère d'autres réalités que l'intensité passagère du fantasme »]. Un divorce viendra conclure cette vie matrimoniale cahoteuse et Bérangère entrera dans la vie par le biais d'un travail libérateur.
Emmanuelle devenue sage-femme passe son temps libre à aller visiter son père en prison pour le meurtre de sa deuxième femme. C'est sur cette scène de crime que s'ouvre ce roman qui n'est pas, comme on pourrait le penser au début, un thriller.
Portraits de femmes en demi-teinte, [les évocations d'hommes sont peu flatteuses], de destins tourmentés, d'existences bancales et de fuites hasardeuses de ces passagères toujours en partance, toujours sur un quai, ou entre deux passades, avec en toile de fond une nostalgie malsaine, pleine de souvenirs, d'illusions perdues et de fantômes.
J'ai pourtant goûté l'écriture poétique et les décors de train [plus que les avions ou les voitures, les trains distillent cette atmosphère à la fois irréelle et temporelle de la vie]. Je me suis en revanche un peu perdu dans ces évocations ou le présent alterne avec le passé, dans ces zigzags entre la Bretagne et l'Italie, dans les évocations de personnages appartenant à des générations et des couches sociales différentes.
Je n'ai peut-être rien compris mais, le livre refermé, il ne m'en est pas reste grand chose et surtout pas l'envie de lire un autre roman de cet auteur.
© Hervé GAUTIER - Mars 2012.
http://hervegautier.e-monsite.com 
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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critiques presse (2)
Telerama   24 août 2011
Mélancolique et glaçant, le roman d'Hélène Frappat s'apparente à un voyage ferroviaire.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   19 août 2011
Moins envoûtant que le remarquable Par effraction (Allia, 2009), Inverno distille, sans ménagement, "le poison ambigu et douceâtre de la nostalgie".
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
sylvainesylvaine   04 mai 2014
Ainsi marchons-nous en exil, sur des trottoirs qui ne nous appartiennent pas, accompagnés par une foule indifférente et anonyme, regrettant le lieu où nous ne sommes pas, magnifiant les époques défuntes, à l'affût d'une étincelle de nostalgie qui, en auréolant les promesses non tenues du passé d'une lumière illusoire, plonge le présent qui n'existe déjà plus dans l'ombre. (p.49)
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Cath36Cath36   19 décembre 2011
Dans l'ennui, le temps cesse d'être une énigme. Il devient substance molle, informe, que chaque jour, semblablement, on traverse, oublieux du labyrinthe de mystères que les journées offraient à notre imagination d'enfant.
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Cath36Cath36   19 décembre 2011
Ainsi marchons-nous en exil, sur des trottoirs qui ne nous appartiennent pas, accompagnés par une foule indifférente et anonyme, regrettant le lieu où nous ne sommes pas, magnifiant les époques défuntes, à l’affût d'une étincelle de nostalgie qui, en auréolant les promesses non tenues du passé d'une lumière illusoire, plonge le présent qui n'existe déjà plus dans l'ombre.
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jolimoisdemaijolimoisdemai   27 février 2015
Au retour de Jean, elle exigea qu'il fît installer une ligne de téléphone. Sans protester, après des mois d'un refus obstiné, il abdiqua. L'appareil beige en plastique installé sur la moquette du salon relierait-il enfin, par un fil invisible, la prison de Bérangère aux rues de la ville?
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liratouva2liratouva2   11 janvier 2014
Pourtant qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu’elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement la vague malaise, la jubilation secrète qui l’accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville. Quelques semaines après son retour définitif à Paris, un soir où la nuit était tombée trop vite, L. se surprit à regretter les crépuscules romains qui s’annoncent par des dégradés roses et jaunes et l’envol d’étourneaux inquiétant, théâtral.
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Vidéo de Hélène Frappat
Le 14.05.17, dans Secret Professionnel (France Culture), Charles Dantzig recevait Hélène Frappat, traductrice d'"Études sur la personnalité autoritaire".
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