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Marc Amfreville (Traducteur)
ISBN : 2351780418
Éditeur : Gallmeister (07/04/2011)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Le “Chinook” est un vent qui balaye ce Montana rural de ranchs et de petites villes, toile de fond des nouvelles de Pete Fromm. On nous y parle de vies de famille comme de solitude, d'amour et de fidélité, d'engagement ou d'héroïsme. À travers les portraits de gens simples se dessine le tableau tout en finesse des existences fragiles qui peuplent l’Ouest américain. On y découvre ce fils obéissant qui n'ose pas avouer à ses parents que sa femme vient de le quitter, o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
El_Gabier
  13 juillet 2018
La neige ne résiste pas au Chinook, vent puissant de l'est américain, imprévisible, sauvage. Sous son écharpe nuageuse, le printemps renaît au coeur de l'hiver, instant fugace, fragilité éphémère de la nature indomptée et capricieuse. Mais cette beauté précaire surgit aussi du coeur des hommes brisés, des êtres fragiles qui luttent pour leur survie, pour un rêve, un amour inespéré ou lointain. Cette vague de chaleur qui s'empare de l'âme, délaissant l'esprit un instant, une éternité... Une touffeur qui aveugle un père tiraillé entre la perte d'un fils et son rêve de fuite aux senteurs d'épicéa et de kidnapping. le Chinook, c'est la folie d'un homme perdu face à l'abandon de son frère, une rafale de sentiment qui tourbillonne dans un ranch désuet, mausolée de souvenirs et de douleur d'un gamin fragile. C'est un souffle de vie qui entraîne de futurs parents dans un combat glacial et lénifiant. le Chinook vous change à jamais, taillant la bravoure des hommes au burin rugueux de ce Montana, des héros inconnus révélés à eux mêmes, dompteur de leur vie le temps d'une histoire. « Je me sentais coupable de la rêverie qui s'était emparée de moi sur le ponton alors que je n'avais pas vraiment prévu d'y réfléchir, c'était seulement le genre de chose qui nous vient à l'esprit sans crier gare. un peu comme au volant, quand un gros semi-remorque arrive sur la file d'en face et que vous vous dites : et si je déviais juste un peu pour qu'il me fonce dessus? Quand vous vous demandez pourquoi vous ne le faites pas - qu'est-ce ça changerait au fond? - il ne s'agit pas vraiment d'échafauder un plan, vous vous interrogez seulement pour savoir ce qui vous retient de braquer. Vous faites le tour de ce qui vaut la peine, en quelque sorte. » Pete Fromm taille des portraits de personnages usés par l'intransigeante rigueur du climat, de l'existence. Des existences qui parfois s'abattent lourdement comme un arbre malade, couché sur le flanc, entaillé par la dure réalité. Des nouvelles où la vie, la mort, l'espoir n'ont plus de frontières balayés par une force dévastatrice qui modifie à jamais le fil ténu du destin. « Je perdais quelque chose à chaque départ, mais je ne savais même pas moi-même qu'une partie de ce qui était perdu se trouvait à l'intérieur. Je suis arrivée au bout de ce que cet endroit pouvait m'apporter ». le Chinook, c'est la vie qui revient, qui renaît après les déceptions, les coups durs, c'est l'immuabilité qui régie nos existences. Un vent qui soulève les herbes mélancoliques...
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JIEMDE
  30 juillet 2018
L'art de la nouvelle, c'est d'accrocher l'instant, cette parenthèse dans le temps qui en ne disant presque rien, nous en dévoile pourtant tellement.
La spécificité du Chinook, c'est de souffler à contre-climat sur le Montana, parenthèse réchauffante pendant l'hiver pour ces terres glacées et sauvages. Le temps d'un vent, l'hiver semble s'effacer et la nature dévoile un court instant ce qu'elle cachait. Avant que la neige ne recouvre inéluctablement le tout.
Je n'aime pas les nouvelles, mais l'exceptionnel conteur qu'est Pete Fromm sait mieux que quiconque faire passer le chinook sur ses compatriotes de Great Falls, gens simples, heureux malgré tout, parfois fragiles... le temps d'un vent, il ouvre une parenthèse de leur vie autour d'une question toute simple : l'amour, le pardon, le regard sur autrui, la peur du lendemain, la famille, la tolérance ou la liberté. C'est généreux sans être bêtifiant, profond sans être barbant.
Et bien entendu, il y a la nature, splendide, magnifiée par le regard amoureux posé par Fromm : un oiseau qui passe, une rivière, un cerf, la montagne, la rosée... C'est simple, c'est beau, c'est Fromm : un magicien du nature writing qui n'a pas besoin de mots à profusion pour exprimer des sentiments complexes, qui a tout compris du rythme de la nouvelle, qui sait habilement faire alterner dialogues et descriptions.
Chinook - joliment traduit par Marc Amfreville - est à lire pour qui veut découvrir une littérature profonde faite de mots justes et de grands sentiments.
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brigittelascombe
  27 juillet 2011
Chinook, cahier de nouvelles de Pete Fromm (et vent qui balaye le Montana), aurait pu s'appeler Chroniques de gens ordinaires car il relate la vie de tout un chacun, ici américains mais qui auraient pu tout aussi bien être d'ailleurs.
Des gens qui nous ressemblent, ont leur famille, leurs joies, leurs peines, leurs solitudes, leurs failles aussi.
Une histoire de jalousie entre frères et de raclée donnée aux plus faibles par un groupe surexcité, le kidnapping d'un fils par son père pour défier l'autre, forcément mauvaise,l'enfant égaré dans un champ de maïs au grand dam de ses parents complètement angoissés, le sauvetage d'une noyade d'un enfant pour celui qui n'a rien d'un héros, qui rêve de quitter sa femme mais n'arrive pas à sauter le pas,le lanceur de balle de base ball dont la balle, pour une fois, est une vraie fusée mais qui se la fait piquer avant le but,l'homme quitté par sa femme tout honteux d'avouer la dispute à ses parents et qui invente une histoire de baby sitting,le couple dont la femme de 37 ans rêve d'avoir un enfant et met son mari à contribution si ce n'est devant le fait accompli...Et ainsi de suite, ce sont des vies qui se déroulent sous nos yeux, des vies dans lesquelles nous nous projetons, des vies qui pourraient être les notres.
Et pourtant, ces histoires simples marchent, tiennent la route et même nous enchantent par leur simplicité.
Pete Fromm parle en connaissance de cause étant lui même né dans le Wisconsin. Ranger, puis écrivain, il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles(dont le livre Indian Creek un best seller)
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EmmaBo
  05 décembre 2012
Chinook, c'est le nom d'un village, un bled paumé de mille-cinq cent habitants (nous sommes du côté des Rocheuses, en Amérique du Nord), mais aussi celui d'un vent chaud, venu des montagnes, qui surgit parfois brusquement l'hiver, en faisant remonter les températures d'une trentaine de degrés et fondre la neige d'un coup.
Et c'est avant tout, le nom d'une tribu amérindienne qui signifierait « mangeurs de neige ».
La neige, la montagne et les villages perdus sont autant d'éléments que l'on retrouve dans les nouvelles de Pete Fromm. Des histoires reliées par un fil essentiel et primaire : la nature. de Greats Falls dans le Montana à Ocean Beach dans le New Jersey, en passant par la frontière canadienne, l'écrivain confronte ses personnages aux forêts, plaines, déserts et paysages immaculés, mais aussi à leurs contradictions, en les poussant vers ces frontières symboliques qui partagent nos existences. Pour finir par les mettre face à ce qu'ils sont capables, ou non, de faire pour les franchir.
Certains tombent comme des arbres abattus par des bûcherons, d'autres restent debout à contempler la plaine immense. Quelques-uns finissent aussi par jeter un sac avec trois affaires dans le coffre de leur pick-up, avant de filer vers l'ouest.
Chaque nouvelle apporte un regard neuf sur ce monde rude, ces personnages égarés qui décident un jour d'aller un peu plus loin, en traversant le pays ou des rivières. Et parfois, en franchissant un minuscule filet d'eau.
Chaque histoire est portée par l'amour brut que Pete Fromm a pour ses personnages. Qu'il laisse d'ailleurs libres de leurs choix, soumis au hasard et au temps…
Chaque texte se termine sur de vraies fins ouvertes, comme dans la dernière nouvelle qui conduit à l'immensité de l'océan, avec le choix du retour. Pas de chute, elles seraient en trop car l'histoire et le style suffisent à donner ce qu'il faut au lecteur.
Un beau recueil, porté une écriture sensible et rude… Car, oui, il est possible de mêler ces deux sentiments contradictoires. Les écrivains américains savent le faire et les auteurs français devraient en prendre de la graine.
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Lalivrophile
  11 décembre 2012
Le point commun de ces nouvelles est la nature. Elle joue un rôle plus ou moins important dans chacune, mais elle est toujours présente. L'homme communie parfois avec elle, mais d'autres fois, elle se déchaîne («Dérapage»), le trahit («Ormes»).
Certaines nouvelles m'ont plu parce que leur fin m'a paru inattendue. Ce sont de petites tranches de vie, et on imagine bien les personnages continuer leur chemin. C'est le cas de «Source», de «Sauvetage», de «Ormes». On voit une ligne toute tracée, et l'auteur bifurque, montrant autre chose, ce qui donne des situations et des personnages exempts de clichés.
D'autres m'ont plu au point que j'aurais aimé qu'elles soient plus longues, comme «Concentré». En outre, dans cette nouvelle, on piétine, rien n'est réglé...
[...]
Lire la suite sur:
Lien : http://www.lalivrophile.net/..
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critiques presse (1)
Telerama   14 juin 2011
Un recueil d'une quinzaine de nouvelles au charme doux-amer, immédiatement captivantes, suffisamment puissantes pour vous tenir des jours et des jours.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   29 juillet 2018
Là-haut, la neige ensevelissait tout et quand le vent tombait, le silence devenait à nul autre pareil. Peut-être l'avenir ressemblait-il à cela, le silence seulement brisé par des moments qu'il n'aurait jamais cru devoir espérer un jour.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 juillet 2011
Les choses étaient décidées, enveloppées, comme un cadeau qu'elle voulait m'offrir.Ensuite son sourire s'est accentué, et elle s'est tournée vers moi.
-Un bébé?
C'était la seule chose que je trouvais à dire.Elle ne m'avait jamais fait de proposition aussi fantasque.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 juillet 2011
On a perdu tant de temps qu'on n'a plus le temps de passer du temps à s'inquiéter de savoir si le moment est bien choisi.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 juillet 2011
Tu trouverais pas ça super? Vivre dans un endroit qui sentirait bon comme un sapin géant accroché au tableau de bord?
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brigittelascombebrigittelascombe   27 juillet 2011
Les conversations tranquilles que nous avions au lit, quand les gamins dormaient déjà, étaient surtout une façon de réaffirmer nos priorités. Ensuite, nous nous endormions toujours émerveillés par la chance qui était la notre.
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Videos de Pete Fromm (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pete Fromm
Mon désir le plus ardent, de Pete Fromm
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