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Louis Bonalumi (Traducteur)François Wahl (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020360814
336 pages
Éditeur : Seuil (19/01/1999)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Rome, 1927. Dans la riche et populaire rue Merulana, 219, escalier A, troisième étage, la comtesse Zelaméo, un certain lundi 14 mars, se voit dérober ses bijoux par un beau plombier qui, pour comble, omet de lui faire subir les derniers outrages. Tandis que l'inspecteur Ingravallo enquête, on découvre, toujours au troisième, porte en face, le jeudi 17, une femme égorgée. Avec toute une généalogie de " nièces " saisonnières, dans laquelle s'égarer, autour.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
stcyr04
  14 avril 2020

Comme propos liminaire au roman j'aimerais m'attarder sur la traduction du titre Quer pasticciaccio brutto de via Merulana, rendu par l'Affreux pastis de la rue des Merles. le terme pastis est trop inusité dans l'acception présente, et traduire le nom de la rue en français est maladroit. Je préfère la nouvelle traduction, plus congrue, l'Affreuse embrouille de via Merulana. Ma critique a donc pour objet la traduction de 1963, une nouvelle ayant été éditée en 2018. Passons.
Rome. 1927. Dress code : chemise noire. C'est moins salissant. Au 219 via Merulana se dresse un immeuble bourgeois (escalier A pour les gens de condition, escalier B pour le reste) sans charme. Un jour une vieille dame est victime d'un cambriolage par une personne soi-disant missionnée pour vérifier le bon fonctionnement des radiateurs. Grand émoi dans le bâtiment. Plus incroyable encore, peu de temps après, on retrouve la voisine du même pallier atrocement assassinée, presque décapitée, lardée de plusieurs coups de couteau. La police enquête.
Mais là n'est pas le propos. Ceci n'est pas un roman policier, ce n'est pas la matière de l'oeuvre. Et matière il y a. Carlo Emilio Gadda va travailler, tel un potier son argile, la nature même du langage. Il emploi d'abord à sa fantaisie cinq ou six dialectes régionaux italiens (la traduction s'efforce d'en rendre les particularismes, mais c'est assurément plus savoureux dans l'original) et pas l'Italien académique toscan, ce qui exige peut être même plus d'effort pour les italophones. Il balaye toutes les formes langagières. L'argot alterne avec des mots savants, scientifiques - d'un pédantesque Joycien. Rassurez vous cependant, c'est lisible et articulé, vous n'êtes pas en présence d'une mouture transalpine de Finnegans Wake. le texte est parsemé de locutions latines mais aussi de grec ancien incompréhensible du commun des lecteurs, d’archaïsmes, sans oublier quelques assertions en langues européennes. Gadda oralise les mots, il phonétise des parties du discours; comme le fera après lui Raymond Queneau. Il n'est pas avare de néologismes, et a recours, avec bonheur, au pastiche, de Joyce donc, mais aussi de Rabelais et certainement d'autres auteurs, allez-y voir. Il n'oublie pas de ridiculiser allusivement le duce.
Ce texte est réputé comme un des sommets de la littérature italienne du XXème siècle. C'est une oeuvre baroque et protéiforme. Elle est la manifestation que tout est permis en littérature, hormis la médiocrité. C'était un roman dont j'attendais beaucoup. Il m'a fallu saisir la tournure d'esprit, jouer le jeu. Je penses que c'est une de ces oeuvres qui perd un peu de son sel à la traduction.
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lehibook
  30 juin 2020
Je viens de mener à bien la double lecture de ce roman-monstre (en V.O. et en traduction) . le lire en italien fut une ascèse et une dégustation raffinée : quelle fête du langage ! quel torrent de mots tour à tour grotesques et poétiques , scandé par des allitérations digne d'un slameur ! Tous les registres , tous les accents , tous les styles …. Attention , même si une enquête pour meurtre est au coeur du récit ce n'est en aucun cas un polar ! Chaque détail , les cheveux de l'inspecteur , le pantalon trop serré d'un carabinier , le rapport d'une poule et d'un train , est prétexte à digressions tourbillonnantes et musicales ; à considérations philosophiques, à satires ravageuses du Duce ( « le Douché » ) , à regards aigus sur la bourgeoisie et la misère romaines . Un chef d'oeuvre qui pour moi évoque ce que fait Céline en français.
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Bernardbre
  01 octobre 2012
Malgré la perte considérable que doit inévitablement causer la traduction en français de ce livre jouant avec la langue et les différents dialectes italiens, le chef-d'oeuvre est parfaitement reconnaissable. Son audace et son inventivité prodigieuses en font l'un des plus grands romans que j'aie lu, tenant sans conteste son rang face à "Ulysse" ou à 'Voyage au bout de la nuit".
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JimmyCz
  24 mars 2017
Place au Audiard italien ! Oui oui, je me suis cru en train de visionner les grandes scènes des Tontons flingueurs ou du Clan des Siciliens. Argot truculent que la nouvelle traduction reproduit fidèlement qui nous séduit à chaque mot et chaque page. On rit beaucoup, on s'émerveille devant ce langage quasiment disparu hélas. AU cours de ce pseudo polar comique on se retrouve immergé dans l'Italie un peu grandiloquente, un peu caricaturale mais qui dévoile au fur et à mesure un très grand charme.
L'auteur nous happe littéralement dans un récit sans nécessairement d'objet précis mais en nous faisant voyager dans une époque, dans un pays, dans une culture que les personnages mettent fortement en valeur. UUn immense coup de coeur.
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nbocklandt
  16 mai 2018
Un vocabulaire qui fleurirait n'importe quel jardin abandonné. Une richesse d'observation surprenante, des comparaisons amusantes.
Dans tout ce foisonnement j'ai un peu perdu le fil, mais je le reprendrai volontiers un jour de pluie pour faire naître le soleil.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
petchpetch   14 décembre 2012
Quelque collègue un brin jaloux de ses trouvailles, quelque révérend père mieux au fait des malpropretés du siècle, divers subalternes et ses supérieurs hiérarchiques assuraient qu'Ingravallo s'adonnait à d'étranges lectures : bouquins dont il tirait tous ces grands mots qui ne veulent rien dire, ou presque, mais utiles comme pas un pour en faire accroire aux primaires, aux innocents.
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PilingPiling   21 septembre 2010
Incipit :
Étourdissant d'ubiquité, omniprésent à chaque ténébreuse affaire. Tous désormais l'appelaient donc Ciccio, de son vrai nom Francesco Ingravallo, détaché à la "mobile", un des plus jeunes fonctionnaires du bureau des enquêtes, et des plus jalousés, Dieu sait pourquoi.
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lehibooklehibook   30 juin 2020
Et puis voici ,au-delà des nuages,flottille qui longeait les récifs d'Orient,l'opale se changer en ose,le rose s'amasser en strates de carmin;voici s'étendre au nord ,partout , la bleuissure du jour qui se déploie.Alors,sur la ligne des crêtes,grandit le sourcil coruscant.Une pointe de feu,piquée aux cimes des Ernici ou des Simbruini , et c'est l'insoutenable pupille , le coup d’œil rasibus, foudroyant, du bel astre , du grand falot.Les étendues grisâtres du Latium s'éclairaient et se topographiaient en ronde-bosse,cependant qu'émergeaient, comme ruine de bornes miliaires du temps,les éclats pourpres des tours sans nom.
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stcyr04stcyr04   14 avril 2020
Il y a toujours en nous un utérus, un utérus raisonnant, qui se trouble au moindre clin d'œil, au moindre signe, à la moindre friction de doigts propre à obscurcir, fût-ce sous le régime de la monarchie éclairée et en dépit de tout diplôme, les plus lumineuses de nos certitudes.
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salimarhamnasalimarhamna   31 mars 2011
Elle faisait avorter les petites chiennes de race, pauv’mignonnes, trombonnées au hasard d’un cabot de passage.
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Pour italiens... A propos de "L'affreux Pastis de la rue des Merles"
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