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Michelle Herpe-Voslinsky (Traducteur)
EAN : 9782867465475
106 pages
Éditeur : Liana Lévi (01/04/2010)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Copper, le fils métis et illégitime du maître blanc, revient dans la plantation où il est né. Appelé à rendre visite à son oncle, il refuse de passer par la petite porte à l'arrière de la maison, comme l'impose pourtant la tradition ségrégationniste de Louisiane. Son refus est le point de départ d'un bras de fer lourd de sens.

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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
pompimpon
  23 janvier 2019
Frank Laurent a convoqué Copper dans la grande maison. Mais Cooper refuse de passer par la porte de derrière. Parce que, s'il est métis, Copper n'en est pas moins un Laurent.
Par la petite porte est le récit tendu de ce bras-de-fer, raconté par Felix.
Felix a soixante-dix ans, il n'a plus l'âge de lutter contre ce système qui l'a contraint toute sa vie mais il n'en pense pas moins.
Il oscille entre le rire, à voir la façon dont Cooper renvoie les gars censés le ramener dans la grande maison par la porte de derrière, et la compassion pour ce vieil homme fatigué, qu'il a toujours connu, prisonnier des règles faisant de lui le maître du seul fait de la couleur de sa peau.
Ernest J. Gaines dit comment un homme redresse la tête. Comment il se dresse de toute sa hauteur d'homme, debout. Comment il refuse de juger les autres hommes autrement que par leurs actions. Comment il rejette la servilité et l'humiliation. Comment il s'affranchit de lois iniques, porté par la conscience de sa valeur, soutenu par une espérance sans illusion en l'humanité qui l'habite tout entier
Ce texte court et dense embrasse toute la réalité de la ségrégation et des cicatrices que l'esclavage a laissées dans les mentalités de ce Sud englué dans ses certitudes racistes.
Une fois de plus, Ernest J. Gaines dénonce ce système abominable qui a brisé des millions de vies. Il trouve les mots, qui claquent comme des coups de cravache et brûlent la conscience. Il réveille la colère face à l'injustice, au racisme, au rejet de l'autre, à la volonté de puissance sur l'autre. Qu'ils soient du fait de l'individu ou de sa seule obéissance aux lois édictées par la société dans laquelle il vit.
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Chaplum
  15 juin 2012
Frank Laurent dirige une plantation en Louisiane. Mais contrairement à son frère avant lui, il respecte les noirs et la paix règne sur le domaine. Mais s'il ne se fait pas obéir par la peur, il entend malgré tout que les vieilles règles en vigueur soient maintenues et que chacun reste à sa place. Sauf que Copper, le fils illégitime et métisse de son frère est de retour et qu'il veut venir voir son oncle Frank, mal en point. Car non seulement il veut obtenir ce qu'il lui est dû mais il refuse de passer par la petite porte, comme les gens de couleurs le font dans cette Louisiane ségrégationniste.
Je n'avais jamais entendu parler de Ernest J. Gaines jusqu'à ce que Ys en parle. Et lors du salon du livre, les copines ont acheté d'autres titres de l'auteur et ont même convaincu Jeannine, ma belle-mère, de le lire. Elle a été enthousiaste et m'a donc définitivement décidée à lire ce roman.
J'ai été un peu déconcertée par le style dans les premières pages mais une fois habituée à la plume sèche et colorée de Ernest J. Gaines, je n'ai plus pu me détacher de la guerre des nerfs qui se joue entre Frank, le maître blanc, et Copper, le bâtard métisse qui entend revendiquer les droits du sang auquel son peuple n'a jamais pu prétendre. le frère de Frank était un homme irascible qui régnait sans pitié sur le domaine, dominant par la terreur. Frank, lui, n'aime pas la violence et tente une approche plus coopérative. Mais les Noirs de la plantation ne le respectent pas car ils ne le craignent pas. J'ai beaucoup aimé ce texte écrit par un homme qui a lui même été élevé dans une plantation dans laquelle il a travaillé dès l'âge de 9 ans. Il montre la réalité telle qu'elle apparaît lorsque les rapports de force commencent à changer. Frank incarne l'homme blanc, affaibli, qui tente malgré tout de maintenir les vieilles règles qui étaient déjà en vigueur avant sa naissance. Bien qu'il soit conscient que tout est en train de changer, il ne veut pas en être acteur. Cooper représente le moteur du changement. C'est un personnage assez difficile à cerner, entre la perception que l'on a de lui d'après les événements qui se déroulent ou ce que les différents protagonistes en disent et ce qu'il dégage lorsque le lecteur le rencontre enfin.
Les autres Noirs de la plantation se classent en deux groupes : ceux qui se rangent du côté de Cooper, sans vraiment se rebeller face au maître, mais qui estiment que eux aussi ont droit à plus d'égards et que les enfants illégitimes du maître doivent aussi profiter de l'héritage, quelle que soit leur couleur. Et ceux qui restent fidèles au maître blanc et à l'ancien système.
La tension est palpable tout au long du récit entre toutes ces personnes mais cela reste feutré, car l'essentiel du roman se déroule dans la maison où le maître attend Cooper qui refuse de passer par la petite porte.
Un grand roman, même si petit par la taille.

Lien : http://www.chaplum.com/par-l..
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mimipinson
  04 juillet 2013
Petit, mais costaud !!
Erneste Gaines, réussit en peu de mots, là où d'autres se seraient éternisés, à poser de manière claire et sans appel, ce que fut la ségrégation; cette vie dans les états du sud, où conformément aux usages les " nègres" passaient par la petite porte.
Qu'à cela ne tienne, Copper, ne l'entend pas de cette oreille. Il est bien décidé à faire valoir ses droits du sang.
Certes, les choses ne bougent pas d'un coup de baguette magique, mais la résistance prend forme dans les jeunes générations, alors que les plus anciennes acceptent leur sort. La différence est nette dans ce roman. Si Cooper ne craint pas d'affronter son maitre, Félix, ne veut pas faire de vague et comprend mal cette prise de conscience et ce vent de révolte qui gronde.
Dans une langue conforme à celle des plantations, et une style narratif se rapprochant du langage parlé (qui au départ peut surprendre, et se laisse finalement adouber), Ernest Gaines.
Le face à face entre les deux hommes est empreint à la fois de dignité et d'audace, de calme et de haine à peine contenue.
« Et puis vous avez utilisé autre chose-une de vos créations-cette chose que vous avez appelée la loi. Elle est écrite par vous et pour vous et ceux de votre espèce, et tout homme qui n'est pas de votre espèce devait l'enfreindre tôt ou tard… Je n'ai utilisé qu'une petite partie de vos créations. »

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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emmyne
  25 juin 2011
Une centaine de pages qui disent tout de la ségrégation à travers juste une scène, une journée. La chronique d'une rencontre qui raconte un monde, la fin de de monde.
Lorsque l'on lit les romans de E.J.Gaines, il est toujours difficile d'admettre qu'il se situe au XXème siècle. Et pourtant. La force de ses textes tient en ces scènes pointées, pointues, qui ne sont ni plaidoyer ni réquisitoire. Une fiction qui témoigne par les faits et le parler vrais. Pas d'épopée, de saga, le vécu. Nulle nécessité de développer une thèse, d'épiloguer sur un contexte socio-politico-économico-historique.
Gaines, c'est la narration du et en direct, des dialogues dans la langue des communautés, des situations au quotidien qui suffisent à l'éloquence, à la profondeur des sentiments. Démonstrative au sens premier du terme. Des scènes puissantes sur cette terre là avec ces hommes, ces femmes et ces enfants là. Des gestes et des paroles prises sur le vif sans cliché qui témoignent de toutes ces vies. Les silences aussi, lourds de tension, d'Histoire et d'histoires.

Lien : http://www.lire-et-merveille..
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agnesrobert
  22 juillet 2015
Ce court et dense roman nous fait entrer de plein fouet dans le monde ségrégationniste du sud des Etats-Unis. le texte, concis, révèle de manière magistrale toute les tensions existantes entre les personnages. Un roman magistral, qui pourrait être adapté avec succès au théâtre.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
NATBNATB   16 juillet 2015
-Ce sont vos créations, mon oncle - les chaînes et les bâtons.Vous les avez créés il y a quatre cents ans, et vous les utilisez encore jusqu'à ce jour.Vous les avez créés.Mais ils ne représentent qu'une fraction de votre barbarie, mon oncle.Vous avez utilisé l'arbre et la corde pour le pendre.Vous avez utilisé le couteau pour le châtrer pendant qu'il luttait avec la corde pour retrouver son souffle.Vous avez utilisé le feu pour qu'il se tortille encore plus, parce que la pendaison et la castration n'étaient pas des amusements suffisants pour vous.Puis vous avez utilisé autre chose - une autre de vos créations - cette chose que vous appelée la loi.Elle était écrite par vous et pour vous et ceux de votre espèce, et tout homme qui n'était pas de votre espèce devait l'enfreindre tôt ou tard...
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patrick75patrick75   26 avril 2013
C'était pas une méchante grimpée. Pour les enfants qui venaient dans la cour cueillir des figues et des noix de pécan, c'était pas une grimpée du tout. Ils couraient là-dessus comme sur du plat. Mais quand on atteint notre grand âge( elle avait soixante-douze ans, moi soixante-dix), tout vous paraît une grimpée. Même si ça descend, on a l'impression de monter.
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Perceval46Perceval46   21 août 2014
" Je priais à une époque, il a dit, calmement de nouveau, trop calmement. Je priais, priais, priais. Mais le Dieu que je priais a été créé par ceux contre qui je priais. Et les dieux n'écoutent que ceux qui les créent."
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mimipinsonmimipinson   04 juillet 2013
Et puis vous avez utilisé autre chose-une de vos créations-cette chose que vous avez appelée la loi. Elle est écrite par vous et pour vous et ceux de votre espèce, et tout homme qui n’est pas de votre espèce devait l’enfreindre tôt ou tard… Je n’ai utilisé qu’une petite partie de vos créations.
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NATBNATB   16 juillet 2015
La terre est pour tout le monde.Comme le soleil est pour tout le monde.Comme les étoiles sont pour tout le monde.
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