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Michelle Herpe-Voslinsky (Traducteur)
EAN : 9782867463815
251 pages
Éditeur : Liana Lévi (07/01/2005)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Dans la chaleur moite du bassin du Mississippi, un coup de fusil vient ébranler la plantation Marshall. Le Cajun Beau Boutan a été abattu devant la porte du vieux Mathu, Noir indépendant et fier, que tout accuse du meurtre. Pour sauver du lynchage celui qui l'a élevée, la fille du propriétaire, Candy Marshall, se déclare coupable. L'enquête du shérif Mapes agira comme un puissant révélateur des conflits et solidarités entre communautés - Noirs, Cajuns, Blancs, Créol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
JIEMDE
  21 décembre 2019
Dans les bayous de Louisiane, dans le vieux sud profond et ségrégationniste, les choses sont en train de changer à la fin des années 70. La preuve ? Demain, tel un symbole, Gil et Cal, copains d'enfance, l'un noir et l'autre blanc, joueront ensemble pour qualifier l'équipe locale pour la finale de la conférence régionale de football américain.
En attendant, aujourd'hui, l'heure est grave : à Bayonne sur les rives du Mississippi, la plantation Marshall est en alerte depuis que Beau Boutan, Cajun en charge des chargements de canne à sucre a été abattu par le vieux Mathu. Alors que le shérif Mapes se précipite pour l'arrêter, il se retrouve face à face avec une quinzaine d'ouvriers et métayers noirs de la plantation accourus pour le sauver. Chacun s'accuse du meurtre mais le temps presse pour y voir clair avant que Fix, le propriétaire blanc et ses hommes, ne débarquent pour faire justice selon les bonnes vieilles méthodes locales du Klan.
Roman choral à l'intensité progressive, Colère en Louisiane de Ernest J. Gaines -traduit par Michelle Herpe-Volinsky- est le récit fort et marquant d'un monde qui change, de rapports de force ancestraux et établis en train de vaciller sous l'énergie d'hommes qui se lèvent, qui résistent et qui font corps.
Comme dans Dites-leur que je suis un homme -mais avec davantage de force ici selon moi- Gaines poursuit son ode à la dignité humaine et réaffirme qu'un homme qui se dresse et s'assume peut en entraîner d'autres, faire changer l'ordre établi, susciter les raisonnements, questionnements ou remises en cause, pour finalement se comporter en homme ou renaître en homme. Un roman puissant.
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Mimeko
  30 mars 2016
Quand le cajun Beau Boutan est abattu près de la ferme de Mathu un vieux noir connu pour son caractère fier, ce dernier reste prostré et quand Mapes le shérif arrive dans l'heure, le crime semble facile à éclaircir. c'est sans compter avec Candy, une jeune fille blanche, qui a été élevée par Mathu et qui s'accuse du meurtre. Mapes doit faire face également à une bonne douzaine d'hommes noirs, âgés, qui ont tous eu maille à partir à un moment donné avec Beau et qui s'accusent à tour de rôle du meurtre. le temps presse, car la famille de Beau, riches propriétaires terriens, risque de s'organiser de manière expéditive pour obtenir justice par lynchage.
Colère en Louisiane - A gathering of old men - est le deuxième roman que je lis de Ernest J. Gaines et de nouveau un grand plaisir de lecture : tout est juste avec cet écrivain : la psychologie des personnages, le prisme qu'il choisit dans la construction de son récit, le style d'écriture et l'ambiance qu'il sait créer et toujours cette capacité à déclencher les sentiments sans pathos.
De nombreux personnages - chacun des protagonistes prenant la parole - beaucoup de dialogues donc, qui rendent le drame très vivant.
Il arrive à dénoncer sans accuser, révélant les fractures anciennes et trop longtemps tues entre communautés qui finissent par éclater.
Ecrivain toujours à suivre pour moi....
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cvd64
  02 septembre 2020
Second roman de l'auteur lu car le premier:" dites leur que je suis un homme" m'avait fortement impressionné. celui-ci est tout aussi poignant de par la rudesse des personnage, de leur vie, de leurs attitudes que de l'écriture fluide et impactante.
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paulmaugendre
  07 novembre 2019
A l'époque où l'individualisme, prôné par des hommes politiques, est devenu le maître mot, la valeur de ceux qui réussissent, la solidarité ne sera jamais un vain mot. Je ne parle pas de la solidarité entre nations lors d'événements climatiques dramatiques, lors de catastrophes humanitaires. Ni de la solidarité nationale lorsqu'il s'agit de mettre la main à la poche pour aider de grandes causes médicales, surtout lorsque ce sont les moins riches qui donnent le peu qu'ils possèdent. Ni de la solidarité des musiciens qui enregistrent un disque pour telle ou telle cause, et dont certains participants au nom tombé dans les oubliettes espèrent grappiller une part du succès et un retour en grâce. Non je pense à cette poignée d'hommes qui pour sauver un frère de sang s'accusent d'un crime qu'ils n'ont pas commis comme dans Colère en Louisiane de Ernest J. Gaines.
Se déroulant à la fin des années 1970, ce roman polyphonique a pour décor les environs du bourg de Bayonne, non loin de Bâton-Rouge et plus exactement une plantation où vivent dans des baraquements des Noirs.
Beau Boutan, le contremaître brutal de la plantation Marshall, vient d'être abattu. Tout accuse le vieux Mathu, mais Candy l'héritière ne veut pas qu'il soit emprisonné par Mapes le Sheriff, et encore moins la proie de Fix, le grand frère de Beau. Car elle sait qu'en guise de vengeance celui-ci pendra haut et court un vieux Noir sans défense. Alors elle rameute le ban et l'arrière-ban de tous ceux qui vivent sur la plantation, même ceux qui résident à quelques kilomètres de là.
Lorsque le Sheriff arrive, il est confronté à une vingtaine de vieillards, tous armés d'un fusil calibre 12, comme celui de Mathu, et ayant tous tirés des balles de 5. Candy s'accuse mais les autres aussi, chacun ayant sa propre explication pour justifier son présumé geste meurtrier. Ils entament chacun leurs récriminations, envers Beau et Fix en tête car tous ont eu à subir avanies, humiliations, vexations, mortifications dans leur chair et celle de leurs familles. Mapes sait pertinemment qu'on lui ment, mais il écoute car lui aussi redoute l'arrivée de Fix et peut-être le carnage qui pourrait s'ensuivre. Car tous ces vieux Noirs, s'ils possèdent un fusil, souvent pour aller à la chasse, ne s'en servent que rarement et loupent la plupart du temps leur gibier.
Mais quand d'anciens esclaves, habitués à courber l'échine devant les Blancs, à se laisser battre pour un oui ou pour un non, se révoltent, qu'ils se serrent les coudes, alors ils deviennent des Hommes et non plus du bétail, malgré ceux qui les considèrent toujours comme des moins que rien, ces Blancs qui veulent appliquer la loi de Lynch, à la rigueur les passer à la chaise électrique. Des personnes imbues de leur prétendue supériorité comme Luke Will qui va avec sa petite bande les défier à la place de Fix qui jette l'éponge sous les arguments de son jeune frère Gil qui à l'université s'est lié d'amitié avec Cal. Un Blanc et un Noir amis, jouant tous deux au football et qui s'entendent comme larrons en foire sur le terrain, si bien qu'ils ont été surnommés Poivre et Sel.
Dans Colère en Louisiane, ce sont quinze voix qui s'expriment, qui narrent les faits, de la fin de la matinée où tout se déclenche jusqu'au bout de la soirée qui voit son épilogue. Chacun raconte à sa façon, avec ses mots, avec ses tripes, ses rancunes, ses inimitiés, ses incertitudes, qu'il appartienne à un clan ou à un autre, les événements.
Les passions sont exacerbées, les haines se développent au grand jour, résurgence d'un chancre entretenu par le Klan encore aujourd'hui, ou soubresaut d'un animal en fin de vie. Mais tant qu'il restera un souffle, si minime soit-il, il se trouvera bien un quidam ou un homme politique, pour le réanimer et souffler sur les braises du racisme et de la ségrégation.

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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Lounima
  02 janvier 2014
Beau Boutan est mort, étalé dans la cour du vieux Mathu. Beau est cajun, Mathu est noir, l'affaire est claire : Mathu a tué Beau. La famille de Beau va venir faire justice elle-même et réclamer le sang pour le sang, sa vengeance sera à l'image de Beau Boutan : brutale et sans appel... Candy Marshall, la fille du propriétaire blanc de la plantation est la seule à croire en l'innocence de Mathu qui l'a élevée comme sa fille et décide de le sauver du lynchage : elle déclare avoir tué Beau au shérif venu arrêter Mathu... Peu à peu, tous les habitants noirs de la plantation se réveillent de leur torpeur habituelle et décident eux aussi de soutenir Mathu en s'accusant également du crime. Cette fois-ci, ils feront face, ils ne s'enfuiront pas se cacher sous leur lit en attendant que la tempête passe. Fusils à la main, la peur au ventre, ils se rassemblent autour de Mathu et attendent, bien déterminés, l'arrivée de la famille de Beau... Une longue attente commence alors...
Ce roman m'a littéralement scotchée, pris aux tripes et je n'ai pu que vibrer avec tous ces personnages qui, tour à tour, livrent leurs pensées, leurs appréhensions, leur détermination, leur besoin de faire changer les choses. Ils sont vieux, usés, ont été malmenés toute leur vie par les blancs, leur monde a presque entièrement disparu mais ils se tiennent debout, aux côtés de leurs camarades, bien décidés à faire preuve de courage, même si le courage n'est pas ce qui a caractérisé leur vie. Ils attendent, fermes, debouts, convaincus qu'ils ont, enfin, pris la bonne décision... Ils ne flancheront pas, même devant le shérif, surtout devant le shérif !
Avec ce roman choral, Ernest J. Gaines livre un roman passionnant ! Une quinzaine de personnages s'expriment tour à tour et nous donnent à voir, l'espace d'une petite journée leurs vies d'opprimés noirs dans le Sud des Etats-Unis, là où la modernité est arrivée et prend peu à peu le pas sur la vie harassante des champs mais où la ségrégation persiste encore et toujours. A quand la vraie égalité ?
Lien : http://loumanolit.canalblog...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   06 avril 2012
Il continuait à vivre dans le passé. Il croyait qu'il pouvait toujours battre les gens comme son père le faisait il y a trente ou quarante ans. Il s'est mis à battre Charlie dans le champs là-bas derrière, et Charlie a couru chez Mathu. J'étais près de la porte, je parlais avec Mathu. On lui a demandé ce qui s'était passé, et il nous a dit que Beau l'avait frappé avec une tige de canne. Quelques minutes plus tard, Beau est arrivé sur le tracteur, armé d'un fusil.
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MimekoMimeko   19 février 2016
Il portait son fusil par le canon, la crosse touchait presque le sol. Une cigarette roulée lui pendait au coin des lèvres. Les cendres étaient aussi longues que la cigarette. Il prenait pas le temps de secouer ses cendres de cigarette, Dirty Red, elles tombaient quand elles voulaient.
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sylbiadesylbiade   18 mai 2012
- Vous pouvez pas voir tout ça, Shérif, parce que vous n'avez jamais pu le voir. Vous ne pouvez pas voir Red Rider avec Job, Jack avec Diamant. Vous pouvez pas voir les gens dans l'église, vous pouvez pas entendre les chants et les prières. Fallait être là avant, pour plus rien voir ni entendre maintenant. Mais moi j'étais là, et je vois plus tout ça, et c'est pour ça que j'l'ai fait. J'l'ai fait pour ceux qui sont là-bas sous les arbres. J'l'ai fait parce que le tracteur, il se rapprochait de plus en plus du cimetière, et j'avais peur, si j'le faisais pas, qu'un jour le tracteur il entre et il retourne les tombes, et se débarrasse de toutes les preuves qu'on ait jamais existé.
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sylbiadesylbiade   18 mai 2012
- Comment qu'un homme sur un chariot avec des mules, de la chair et du sang, pourrait couper la route à un tracteur, une machine ? C'est pas possible. Pas possible. Mais c'est ce qu'ils ont dit. Et moi, comme j'avais peur, même après avoir vu ce qui s'était passé, j'ai dit comme les Blancs. Par peur de souffrir un peu dans ma chair, j'ai battu mon propre frère avec une tige de canne même pareil que les Blancs.

Il nous a tous regardés l'un après l'autre. Il voulait qu'on le juge pour ce qu'il avait fait. Que nous on le juge ? Comment un seul aurait pu le faire ? Qui n'avait pas fait de même, un jour ou l'autre ?
On est restés silencieux.
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MimekoMimeko   31 mars 2016
La cour et la véranda étaient pleines de vieux bonhommes avec des fusils. Le shérif était là, armé d'un fusil à pompe. Lou Dimes était avec sa copine, Candy. Trois ou quatre noires étaient assises sur la véranda et les marches avec des marmots crasseux. Tous, sans exception, nous regardaient. C'était comme dans "La Quatrième Dimension". Vous connaissez cette série télévisée? Vous traversez une petite ville isolée, et tout d'un coup vous tombez sur une scène complètement insolite - c'était un peu comme ça. Ou comme de regarder un tableau de Bruegel. Un de ces tableaux de Bruegel vraiment, vraiment bizarres.
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