AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072777976
Éditeur : Gallimard (03/01/2019)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 26 notes)
Résumé :
«Vive, légère, alerte, elle était comme un courant d’air dans la maison. Elle arrivait pour repartir une seconde plus tard. La nuit, elle filait sans prévenir. Puis soudain elle était dans sa chambre, dans son lit. Félix l’entendait respirer dans son sommeil. Il imaginait sa poitrine en train de se gonfler sous la chemise de nuit. Il faisait jour c’était dimanche.»

Félix, quatorze ans, en apprentissage dans un bourg poussiéreux et écrasé de chaleur, e... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  16 juillet 2019
Pour «Court vêtue» Marie Gauthier a obtenu le Prix Goncourt du Premier roman. Un choix judicieux pour cette quête amoureuse mettant aux prises un garçon de quatorze et une fille un peu plus âgée, mais bien plus expérimentée.
Pour son premier roman Marie Gauthier a choisi une belle histoire d'amour. Belle, parce qu'il s'agit de la première, belle parce qu'elle marquera à vie les amoureux. Encore que je n'en sois pas sûr en ce qui concerne Gil. Car la romancière a réussi pour son premier roman le tour de force de marier l'eau et le feu, l'innocence et la perversité, le rêve et le cauchemar.
Dans le rôle de l'innocent pur et sensible, on trouve cette fois Félix, 14 ans. du côté de celle qui a déjà perdu cette innocence, on trouve Gil, de quelques ans son aînée. Gil, diminutif de Gilberte, est la fille d'un cantonnier qui a accepté d'héberger le jeune homme pour lui apprendre les rudiments de son métier. Cette première expérience hors du cocon familial lui insuffle un vent de liberté. C'est avec les yeux gourmands de celui qui a tout à apprendre qu'il s'engage dans cette nouvelle aventure. Il voit Gil comme une sorte de paradis inaccessible, comme l'incarnation de LA femme, comme un mystère à explorer. Avec passion, il va épier Gil, tenter de l'approcher, de la comprendre. Et voir au fil des jours, sa passion croître.
Marie Gauthier réussit fort bien à décrire cette sorte d'état second qui donne aux yeux énamourés une sorte de myopie particulière transformant le réel, une sorte d'amnésie particulière qui fait disparaître tous les obstacles et nie ce qui pourrait entraver la quête de l'être cher.
Car Gil est d'un tout autre calibre. Elle veut savoir ce que cela fait de faire l'amour et choisit la première occasion en suivant un employé dans une chambre d'hôtel. «Ce qui devait se passer avait eu lieu. Elle n'avait pas vraiment le souvenir des mains sur son corps, son corps entier s'était donné. Quelque chose d'elle avait été pris, elle ne savait pas trop ce que c'était mais elle en était allégée, débarrassée. Il avait suffi de s'en remettre aux mains propres d'un employé de passage pour être allégée de sa condition. Pour trouver la légèreté. Les mains de l'homme, son corps, avaient réussi ce prodige-là.»
Elle a alors compris que sa fraîcheur, sa beauté, son corps excitaient la convoitise, que tous ces hommes qui se retournaient sur elles voulaient tous lui faire l'amour, à commencer par le patron de la supérette où elle travaille:  «Pendant les heures creuses, dans la réserve à marchandises, le gérant prend Gil. C'est mieux quand la supérette est fermée, mais alors ils manquent de temps, lui à cause de sa femme, Gil parce qu'elle doit préparer le repas.»
Mais entendons- nous bien, si elle s'offre ainsi, ce n'est pas par amour, c'est pour le satisfaire, éventuellement pour ajouter une expérience supplémentaire à sa connaissance des hommes, à la manière dont les mâles de différents âges et conditions se comportent. du coup, elle ne comprend pas – au moins au début – que Félix brûle pour elle d'un amour sincère, entier, exclusif. Car si elle fait l'amour, elle n'est pas amoureuse. Mais va finir pas être troublée par l'innocence de ce garçon.
À l'image de l'été caniculaire, la passion va monter en température jusqu'à l'explosion.
Ce court roman, à la lecture très plaisante, est idéal pour les vacances. Sous des airs de romance, il cache une analyse fort intéressante des perceptions très différentes qui peuvent exister au sein du couple. Quand le fragment du discours amoureux rencontre L'Été meurtrier !

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          381
Cigale17
  25 juillet 2019
Je suis complètement passée à côté de ce bref roman qui a reçu en mars le Goncourt du premier roman. Il se lit vite : 104 pages, des phrases courtes ou très courtes, pas vraiment d'intrigue, peu de personnages, des descriptions minimalistes. On sait peu de choses de l'endroit où le roman se déroule, qualifié de bourg ou de gros bourg, assez gros pour qu'on y trouve un cinéma et une piscine. Et c'est l'été. La chaleur, la moiteur, l'écrasement ressenti par les corps sont particulièrement bien rendus.
Félix, 14 ans, se retrouve brusquement, brutalement presque, laissé par sa mère chez son maître d'apprentissage : « le père au mégot », cantonnier dans le bourg, père en effet d'une jolie fille de 16 ans, Gilberte, Gil pour tout le monde. Gil s'envoie en l'air, ni joyeusement, ni tristement, mais avec une grande indifférence et avec n'importe qui. Il lui suffit d'avoir le sentiment de plaire, d'être désirée et elle est d'accord. Avant même que Félix n'ait connaissance de ces ébats, Gil le fait fantasmer. Privilégiant le point de vue de Félix, mais donnant parfois accès aux pensées de Gil, Marie Gauthier nous présente deux adolescents dont la vie change au cours d'un été : Félix parce qu'il sort de l'enfance, en tout cas physiquement ; Gil parce qu'elle prend (peut-être) sa vie en main, mais est-ce bien sûr ?
Je reconnais évidemment toutes les qualités de ce premier roman : une écriture originale, la subversion des lieux communs attendus, les sentiments suggérés et rarement clairement énoncés, l'évolution subtile des relations des protagonistes, etc. J'ai de la difficulté à cerner ce qui m'a déplu hormis certains détails. Par exemple, j'ai trouvé vraiment agaçant la répétition de l'expression « père au mégot », comme s'il y avait une confusion possible, qui m'a donné l'impression tenace d'une fausse simplicité. Ou encore l'évidente volonté de se garder de tout jugement moral, qui disparaît avec l'emploi à plusieurs reprises du mot « légèreté », même en faisant jouer la polysémie... Bref, des détails. Peut-être est-ce parce que je sors d'un roman au style ample qui met en scène des personnages à la psychologie fouillée (Ton histoire mon histoire, de Connie Palmen), peut-être n'était-ce tout simplement pas le moment. Dommage pour moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          103
Aufildeslivres
  05 mars 2019
Il fait chaud et moite. le ciel plombe, l'air colle les poumons.  Dans la langueur de l'été, dans ce bourg figé sur le bitume, la vie s'étire dans la pesanteur des habitudes et de l'ennui.
Gil s'enlise. de la supérette où elle occupe un boulot de caissière à la maison de son père, le cantonnier, dans laquelle elle nourrit et entretient l'homme, il n'existe que peu d'échappatoires. Il faut qu'elle existe, qu'elle frissonne, qu'elle vive du haut de ses seize petits ans. Alors, elle baise. Les voisins, le patron, jeunes, vieux, tous ces hommes prêts à lui octroyer quelques instants d'attention, un ersatz d'amour, l'idée d'un semblant d'estime. Elle virevolte de l'un à l'autre, se donne, s'oublie dans ces bras qui la tiennent, elle qui n'est rien qu'une belle fille, peu instruite, peu respectée, sans avenir autre que celui de la vie qu'elle s'octroie. Elle est solaire, Gil, belle et lumineuse, empêtrée par ses formes et sa jeunesse, si naïve et si frêle, astre de la commune, que l'on tire et exploite, sans plus de considération qu'un pet sur une toile cirée.
À ses côtés, Félix, quatorze ans, grandit. Stagiaire du cantonnier, il habite la maison de Gil, proche de sa chambre, proche de cette vie qu'il regarde, les fugues, les découvertes, la liberté. Il se saoule de cette sensualité exacerbée, les sens retournés, lui qui rêve de celle dont il se repaît. Elle est si belle Gil. Si libre. Si femme. Si magnifique et vibrante.
Ce roman est celui de l'éveil à l'amour, puissant et sensuel dans le désert affectif de ces adolescents progressivement adultes, sous le soleil de ce torride été ; une perte de l'enfance, habile et douloureuse contée par les mots percutants et intensément vifs de Marie Gauthier
Ce premier roman est une belle découverte.
Lien : http://aufildeslivresblogetc..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
voyagelivresque
  10 janvier 2019
Gros coup de coeur pour Court vêtue le premier roman de Marie Gauthier, qui signe là un roman fascinant et envoûtant. L'auteure dresse le portrait d'une jeune fille libertaire, lumineuse, solaire, astre rayonnant vivant dans un bourg reculé où règne une atmosphère noire, oppressante que Marie Gauthier dépeint avec maestria, un jeu d'écriture qui met en éveil les sens des lecteurs, en correspondance et en resonance avec l'éveil des premiers émois.
Un roman troublant mélange de sensualité, de sensations diffuses, de sentiments confus
Dans une France profonde Gil, la fille du cantonnier, travaille dans une supérette, c'est une jeune fille à la beauté charnelle vibrante qui brûle les regards et les corps, et suscitent les envies, sa liberté à elle, c'est ce jeu de séduction, ce désir qu'elle fait naitre dans les hommes, feu intense qu'elle attise. Reine des lieux qui laisse dans son sillage, un parfum de provocation. A peine sortie de l'adolescence voilà qu'elle s'ennuie, jeune ingénue qui n'a pas froid aux yeux et qui jettent son dévolu sur les hommes, qu'elle consomme avec une certaine frénésie et une flamme d'innocence, n'y voyant aucun mal.
Et puis, il y a Félix, ce jeune garçon fraichement débarqué dans ce bourg, qui est fasciné par ce corps qui ondule, Félix qui l'observe, l'épie même, qui devient son confident, qui l'accompagne dans ses ballades bucoliques, il l'aime, n'ose l'avouer, elle l'observe, l'apprécie, s'attache, mais il est jeune. Et elle, est dans une quête éperdue d'amour qu'elle pense trouver dans la frénésie de ses rencontres éphémères, et lui-même si il provoque un je ne sais quoi chez elle, reste« le jeune garçon » comme elle le surnomme, jusqu'à ce jour... le drame se profile à l'horizon.
Un roman d'apprentissage où le sablier du temps s'écoule, un temps qui est compté et qui laisse une question en suspens, vaut-il mieux vivre des instants intenses mais brefs ou privilégier le temps accompagné d'une certaine monotonie. Brûler et briller de mille feux ne serait-ce qu'un temps a un prix à payer. Reste à chacun de savoir si cela en vaut la peine.
Un livre que je vous recommande et attends vos avis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
pilyen
  08 mars 2019

C'est un roman où le temps se circonscrit à une période, un été. Les journées chaudes se succéderont, un peu semblables, rythmées par les journées de travail des deux jeunes protagonistes. Félix traîne ses quatorze ans et passe son été en stage pour entretenir la voirie d'une bourgade qui possède même un supermarché... où travaille Gil, un peu plus âgée, mais aussi la fille du cantonnier qui l'héberge. Ce temps, qui, poisseux d'ennui, sans beaucoup de fêtes et aux gestes quotidiens trop répétés, ne s'accélère que rarement.
C'est un roman où le décor est réduit à un bourg, déserté de beaucoup d'habitants partis vers des contrées plus riantes. Une maison placée au bord d'une départementale un peu passagère, une supérette trop bien rangée pour suggérer une fréquentation importante viendront compléter ce paysage qui semble n'en posséder aucun. Une rivière, une piscine apparaîtront inopinément, lieux aquatiques qui cristallisent les rencontres.
C'est un roman d'atmosphère autant que d'initiation. Comme c'est l'été, la chaleur étouffe le bourg et dévoile les peaux, surtout celle de Gil, toujours court vêtue et offrant naturellement son corps aux regards de tous. Et les regards vont au-delà de la caresse visuelle. Gil, est libre, se donne à qui veut, sans malice, sans arrière-pensée, grimpe dans des voitures, se laisse appuyer contre des murs chauds, soulève sa jupe courte près de la rivière. Vivant sous le même toit, Félix l'observe, l'approche, la regarde, la dévore des yeux. Mais est-il capable de l'intéresser, lui, si jeune, encore un peu frêle ? Les trois mois d'été à travailler au grand air vont toutefois transformer son corps, le maniement de la pelle dans les fossés ou les parterres publics vont faire apparaître des muscles, préfigurant l'adulte qu'il deviendra....peut être plus rapidement qu'il ne le pense.
C'est un premier roman court, dense, à l'intensité moite. Bien sûr on pense à quelques ouvrages passés ( "L'été meurtrier", "Canicule", mais eux étaient des polars ou d'autres plus stylisés ) mais Marie Gauthier, en resserrant son intrigue au plus près de ses deux personnages, tout près de la peau, parvient à faire entendre une très jolie musique personnelle, légère comme cette jeune fille virevoltante qui court sur les trottoirs de ce bourg mais aussi étouffante comme quand on attend que l'orage craque. Un très beau premier roman !
Lien : https://sansconnivence.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

critiques presse (2)
LaLibreBelgique   09 mai 2019
Le premier roman de Marie Gauthier raconte les premiers émois, l’éveil des sens, la transformation d’un garçon qui va devenir un jeune homme.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   13 janvier 2019
Marie Gauthier revisite le roman de jeunesse et d’apprentissage, entre la supérette et le café.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   17 août 2019
Sur l'étagère du haut les parfums, le maquillage, les crèmes seraient toujours en place. Les étiquettes éraflées, quelques flacons éventés apporteraient leur mystère.
Commenter  J’apprécie          10
WyomingWyoming   16 août 2019
Elle avait des yeux bleus, des jambes fines. Félix n'en avait jamais vu d'aussi belles. Elle avait une façon bien à elle de se tenir, à la fois droite et souple mais avec quelque chose d'emmêlé. Félix imaginait son corps sous ses vêtements tandis qu'elle mettait de l'eau à bouillir pour les pâtes et se demandait comment elle était dans une baignoire.
Commenter  J’apprécie          10
WyomingWyoming   17 août 2019
Chaque fois qu'elle ouvrirait la porte de l'armoire elle retrouverait l'odeur des jours passés.
Commenter  J’apprécie          10
WyomingWyoming   16 août 2019
Il ne fallait surtout pas qu'il perde ce qu'elle était en train de lui montrer : les sentiers de castine éblouissants, les petits murets autour des jardins, l'arche du pont, le cimetière avec ses cyprès, la salle des fêtes avec son drapeau.
Commenter  J’apprécie          10
hcdahlemhcdahlem   16 juillet 2019
Pendant les heures creuses, dans la réserve à marchandises, le gérant prend Gil. C’est mieux quand la supérette est fermée, mais alors ils manquent de temps, lui à cause de sa femme, Gil parce qu’elle doit préparer le repas. À certains moments seules quelques mémés font leurs courses. C’est lent les mémés, c’est un peu sourd. Du fond du magasin après le bruit de la porte, on surprend leurs Chuchotements. Puis elles cherchent à voix haute dans les rayons, demandent s’il y a quelqu’un. En attendant qu’elles choisissent, qu’elles s’agitent, on a bien le temps. Elles ne s’impatientent pas. Il y a aussi des instants où personne ne vient. C’est comme un lieu fantôme, la musique dans les allées, la sensation de froid. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Videos de Marie Gauthier (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Gauthier
Philippe Claudel remet le Goncourt du premier roman 2019 à Marie Gauthier pour "Court vêtue".
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




.. ..