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ISBN : 2207140180
Éditeur : Denoël (10/01/2019)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Si vous êtes une femme et que vous vivez aux États-Unis ou dans un pays occidental ; si vous êtes obsédée par l’idée de manger trop ou de ne pas manger assez (c’est plus rare) ; si vous utilisez des mots comme «craquer» et «péché mignon» – ces mots qui nous inspirent un sentiment de honte et destinés à mettre nos corps au pas, il est fort probable, et ce quelle que soit votre silhouette, que vous entretenez un rapport à la nourriture frisant le fétichisme.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Melieetleslivres
  17 avril 2019

" Si vous êtes une femme et que vous vivez aux États-Unis ou dans un pays occidental ; si vous êtes obsédée par l'idée de manger trop ou de ne pas manger assez (c'est plus rare) ; si vous utilisez des mots comme «craquer» et «péché mignon» – ces mots qui nous inspirent un sentiment de honte et destinés à mettre nos corps au pas, il est fort probable, et ce quelle que soit votre silhouette, que vous entretenez un rapport à la nourriture frisant le fétichisme.
À celles qui rentrent dans ce modèle de plus en plus étriqué, félicitations! Les vêtements sont coupés pour vous, les producteurs de chou kale vous adorent et l'opinion publique avec eux. Les autres risquent de rester dans l'ombre, à l'endroit précis où l'auteur de ce livre voulait se trouver."

Le corps de Roxane Gay est imposant. Elle mesure 1m91, et surtout elle est grosse. Grosse, obèse, ce sont les termes utilisés. Elle préfère le mot grosse. Elle ne dit pas combien elle pèse, mais elle laisse quelques indices, elle pèse plus de 175 kilos. Parce qu'elle mange. Elle mange pour se sentir bien, pour se sentir forte, pour avoir une armure. Elle mange énormément, depuis ses 12 ans, lorsqu'elle a été vicitme d'un viol collectif organisé par son amoureux. Elle n'a rien dit à sa famille jusqu'à ses 40 ans. Mais elle vit en mangeant énormément, pour se protéger, protéger son corps.

Roxane Gay est née au Nebraska en 1971. Elle est auteure, professeure d'université et éditrice. Fille d''immigrés haïtiens installés aux États-Unis, après avoir complété son baccalauréat au Nebraska, elle obtient une maîtrise en écriture créative de l'Université du Nebraska-Lincoln. En 2010, Roxane Gay décroche un doctorat en rhétorique et communication technique de l'Université technologique du Michigan. Une fois l'obtention de son doctorat, elle commence sa carrière dans l'enseignement à Eastern Illinois University à , où elle devient professeure adjointe d'anglais. En parallèle de ses tâches professorales, elle officie comme éditrice et contributrice pour le magazine Bluestem. Auteure, elle contribue régulièrement au New York Times, en rédigeant des billets d'humeur. Elle est notamment connue pour l'essai "Bad Feminist" publié en 2014. Un critique du magazine Time qualifie le recueil de "manuel sur la façon d'être humain". En 2017, Roxane Gay publie le recueil "Difficult Women". L'ouvrage comprend une collection de récits fictifs et relate l'histoire de femmes dont les vies diffèrent du spectre de la société et de sa normalité. Elle publie Hunger en 2017 aux Usa.
Ce livre est composé de courts chapitres, parfois des fragments, dont certains ont été publiés préalablement dans le New York Times. Son style est parfaitement maîtrisé, les mots sont au plus juste de ce qu'elle recherche dans ses émotions, dans son histoire, dans ses douleurs, ses ressentis. (Un immense bravo au traducteur, Santiago Artozqui.).
Hunger est une confession." Il dévoiles mes facettes les plus laides, les plus faibles, les plus à vif. C'est ma vérité" Dès le début, l'auteur signale que ce n'est pas une histoire de régime réussi, un histoire de perte de poids, ce n'est pas un triomphe. Il n'y a pas de happy end. Elle commence son livre par l'histoire de ses consultations pour une opération chirurgicale pour arrêter de manger : le by-pass. Elle a alors la trentaine, elle pèse 261 kilos ( son poids le plus haut), c'est son père qui l'a amenée dans cette clinique.
Elle raconte, par fragments, par bribes, l'horreur de ce qu'elle a vécu, sa honte, sa sempiternelle, éternelle honte. Honte d'être salie, honte d'être grosse, honte de prendre trop de place, honte de devoir calculer d'avance si dans tel couloir elle va devoir marcher "de profil", pour passer les portes aussi. Honte d'être regardée, de savoir ce que les gens pensent (et parfois ils ne se gènent pas pour le lui dire), honte d'être si visible alors qu'elle essaie de se faire invisible, elle a son "uniforme" jean et chemise, et c'est tout. La honte lui enlève jusqu'au plaisir de s'habiller, se maquiller, d'essayer d'être jolie.
Extrait : "
"Je me déteste. Ou la société m'incite à me détester, et j'imagine que ça, au moins, je le fais bien.
Je devrais plutôt dire que je déteste mon corps. Je déteste ma faiblesse, mon incapacité à le contrôler. Je déteste comment je m'y sens. Je déteste comment les gens me voient, comment ils le fixent des yeux, comment ils le traitent, comment ils en parlent. Je déteste corréler ma valeur personnelle à l'état de mon corps, même s'il est difficile d'évacuer cette corrélation. Je déteste la difficulté que j'ai à accepter mes faiblesses humaines. Je déteste la déception que je cause à tant de femmes en n'acceptant pas mon corps, quelle que soit sa corpulence. [..]"
Elle essaie tous les régimes existant au monde. Elle VEUT être mieux, prendre soin d'elle, perdre du poids, parfois ça arrive, elle perd vingts kilos et soudain tout craque, et elle en a honte. Elle se remet à manger, elle ne nous détaille pas, mais on peut deviner la junk food, les repas livrés à domicile. Elle a honte, mais se tient à ce qu'elle a décidé : raconter son corps, et pourquoi, comment il se fait qu'elle mange pour se sentir mieux. Elle détaille sa honte de ne rien trouver à sa taille pour s'habiller. La honte de ne pas pouvoir aller chez le dentiste : s'installer dans le fauteuil spécial, elle n'y arrive pas. Aller au restaurant, au théâtre, au cinéma. Faire des conférences alors que les organisateurs ont mis une trop'haute estrade pour qu'elle puisse la franchir seule, et c'est poussée-tirée qu'elle y montera.
Tous ces petits chapitres, non dénués d'humour, ce qui est une force, mais sutout pas d'autodérision. Elle épluche son corps, raconte les failles, les peurs, les appréhentions, les douleurs de femme forte, obèse, dans la vie de tous les jours. Elle a des diplômes, est enseignante, journaliste mais elle sait que dès que les gens découvrent son corps par les photos, vidéos, reportages, elle sera vue d'abord comme une "erreur visuelle" : son corps ne correspond pas à la personnalité. Ils doivent souvent faire un double-take, y regarder à deux fois. Oui cette femme noire et obèse est bien celle qui a écrit ce livre, ces articles.
Cette femme mets ses tripes sur la table. Met son corps obèse sur la table. Elle se met à nu tout en gardant une grande pudeur. Elle est joyeuse malgré tout. Ce livre est nourri d'une grande force. D'une grande puissance. Ce n'est pas violent, mais c'est un réquisitoire pour la société, et le regard des gens sur les gens différents, les gens qui sont obèses qui doivent vivre malgré et avec ça, un appel à la bienveillance.
C'est juste magnifique et puissant. Lisez-le.
Hunger (une histoire de mon corps) - Roxane Gay, ed Denoël, fevrier 2019, 320 pages, 20,90€
Lien : https://melieetleslivres.wor..
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Olivia-A
  10 janvier 2019
Nous pensons tous connaître le « pourquoi » du corps des autres, nous jugeons les autres selon la forme, la taille, la largeur de leur corps, sans jamais nous interroger sur la justesse de notre analyse. le monde occidental est ainsi fait qu'il idolâtre les corps minces et dénigre les corps obèses, par principe, sans chercher d'explications. Roxane Gay, dans ce nouvel essai, nous confronte à ces explications que personne ne cherche jamais vraiment, elle nous explique le « pourquoi » de son corps, elle nous explique la persévérance avec laquelle elle a cherché à grossir et la difficulté de vivre aujourd'hui avec son obésité sans vouloir vraiment s'en défaire. Elle raconte son expérience, ce viol terrible à douze ans qui l'a conduite à vouloir transformer son corps en forteresse, en objet de répulsion, afin que jamais plus des hommes ne puissent se l'approprier de cette manière. Elle raconte son errance, ses doutes, ses fuites en avant, ce traumatisme psychologique qu'elle a vécu en gardant pour elle son viol, malgré l'affection inquiète de ses parents.
Hunger n'est pas vraiment un livre à propos de l'obésité – oui, c'est le thème principal, et oui, il nous apprend à appréhender différemment les gens obèses, en nous renseignant sur leur propre réalité. Mais c'est aussi et surtout un livre sur les limites que nous impose notre corps, qu'il soit mince ou gros, pour réaliser nos rêves et nos projets. Et c'est un livre sur la nécessité de dépasser ces limites inhérentes à notre condition d'être humain pour aller de l'avant et s'appliquer à être ce que nous sommes, au fond de nous. C'est un livre sur l'acceptation de soi, malgré tout ce que nous avons vécu et malgré la réalité de nos corps et malgré le regard de la société sur ce que nous paraissons être.
Témoignage unique et courageux, Hunger bouscule et questionne, tout en transmettant un message fort d'estime de soi et de bienveillance.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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djihane
  14 février 2019
« Je crois qu'il est très important que les femmes se sentent bien dans leur corps, sans devoir en changer chaque morceau. Je veux croire que ma valeur en tant qu'être humain ne dépend pas de ma corpulence ou de mon apparence. Ayant grandi dans une culture qui traite les femmes de façon malsaine et tente constamment d'imposer une discipline à leur corps, je sais qu'il est important de lutter contre des exigences absurdes quand à mon apparence ou celle de quiconque. »
Je pense que cette citation est assez parlante comme bon nombre des propos de Hunger. Un essai écrit par Roxane Gay l'auteure de Bad feminist. Elle nous y parle de comment une agression sexuelle dans son enfance l'a poussée à prendre du poids pour devenir invisible. Elle évoque également beaucoup de thèmes en rapport avec le corps féminin au sein de nos sociétés.
Hunger est un texte qui m'a touchée en plein coeur. le parcours de Roxane Gay qui pensait qu'en transformant son corps, elle allait s'y sentir en sécurité est troublant et bouleversant. Dans chaque chapitre elle évoque sa vie, son passé et son présent. Comment une petite fille de 12 ans, toute timide, va être brisée et s'enfermer dans une boucle infernale de laquelle elle n'arrivera pas à sortir ou du moins pas complètement.
Il a été très difficile pour moi de lire certains passages car Roxane Gay n'est pas là pour nous livrer l'histoire édulcorée de sa vie. Elle n'est pas là pour nous raconter comment elle a réussi à perdre du poids et devenir un top model. Elle nous livre plutôt ses angoisses, ses peurs et son malaise vis à vis de son corps. Malaise implanté dans son coeur à cause d'une société où les canons de beauté ne sont pas XXL. Elle déclare: « Mon histoire n'est pas celle d'une réussite. Ce n'est qu'une histoire vrai. »
L'auteure nous explique l'hypocrisie ambiante aux USA, dans un pays où l'obésité est très répandue, la grossophobie l'est encore plus. Preuve en image, les nombreuses émissions de tv qui font miroiter le bonheur à des personnes en surpoids, un bonheur qui se résume à retrouver la personne mince qui sommeille en eux. « Quand les gens emploient le mot « obèse », ce n'est pas factuel. C'est plutôt une accusation. »
« Mon corps est une cage que je me suis fabriquée. Je suis toujours en train de chercher le moyen de m'en échapper. » Même si les propos de Roxane Gay peuvent paraître pessimistes, j'ai beaucoup aimé l'authenticité avec laquelle elle se livre. Elle ose dire tout haut des vérités que d'autres préfèrent taire. Comme le fait qu'une personne en surpoids voit son corps rentrer dans le domaine public, toute personne s'improvise apprenti spécialiste du corps pour vous dire ce qui est le mieux pour vous.
Avec Hunger, Roxane Gay donne une claque à la société et à ses préjugés sur le corps des femmes. Elle nous parle des fantômes de son passé, de son corps dans tous ses états, comment celui-ci a pu façonner la personne qu'elle est aujourd'hui. Une femme courageuse, un modèle. Elle l'est devenue pour moi. Comme elle le dit si bien: « La mesure de mon bonheur n'est pas le poids que je perds, mais plutôt le fait de me sentir à l'aise dans mon corps. »Alors à toutes ces personnes qui jugent les femmes, j'ai envie de vous dire de remballer vos préjugés. Nous sommes toutes belles de manières différentes.
Lien : https://lesinstantsvolesalav..
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croquemiette
  27 mars 2019
"Hunger" est l'histoire d'un corps. L'histoire d'un corps gros, l'histoire d'un corps qui a subi des violences sexuelles à l'âge de 12 ans. Roxane Gay, féministe américano-haïtienne, nous livre le témoignage de son obésité et de comment, pour devenir invisible et ne plus attirer le désir des hommes, elle s'est mise à manger, pour se protéger et se construire une carapace. Elle décrit son quotidien d'obèse, le secret de son viol qu'elle a caché à sa famille aimante, son parcours de prof à la fac, ses relations amoureuses avec des femmes et des hommes... Elle parle d'elle avec beaucoup d'humilité et de sincérité. Petit à petit, on découvre qu'elle va peut-être un peu mieux, qu'elle apprend à s'accepter. C'est un récit émouvant qu'elle nous donne à lire, l'histoire de sa vie, qui a été détruite par la violence faite à son corps. le récit est parfois répétitif, mais on sent qu'il est écrit avec le coeur et les tripes et que l'auteure se libère grâce à l'écriture. Sur la thématique de l'obésité, je conseille par ailleurs la lecture de "On ne naît pas grosse" de Gabrielle Deydier.
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mybooksntea
  24 avril 2019
Après avoir dévoré le premier essai de Roxane Gay, Bad Feminist, j'attendais avec impatience la sortie de Hunger chez les éditions Denoël. Cette lecture n'a pas été sans émotions. J'en suis ressortie chamboulée. Encore une fois, l'autrice a su frapper juste avec ses mots.
Roxane Gay se livre sans fards dans Hunger. Elle le dit elle-même, ce livre a été très dur à écrire pour elle, parce qu'il a impliqué une grande introspection et le dévoilement d'une partie difficile de sa vie privée.
Je l'admire énormément pour ça. Je comprends qu'il soit terrible de parler de son viol pour une femme, mais Roxane Gay le fait avec à la fois pudeur et détermination. C'est très dur à lire, et je ne peux qu'imaginer les souffrances que ça a pu lui causer.
On est loin du ton léger qu'a pu prendre parfois sa plume dans Bad Feminist. L'autrice parle de son rapport conflictuel avec son corps. D'abord un mécanisme de défense, il est devenu ensuite une prison.
Elle balaie les préjugés grossophobes qui peuvent survenir dans nos têtes. Etre obèse ne veut pas systématiquement dire avoir une mauvaise hygiène de vie. Chaque corps cache une histoire, dont on ne connaît pas les tenants et les aboutissants. Juger quelqu'un sur son poids, que la personne soit obèse ou mince, est absurde.
Roxane Gay a tout fait pour devenir invisible aux yeux des hommes, mais sa prise de poids l'a finalement rendue visible aux yeux de la société, société qui rejette les personnes autres que minces.
Elle explique que son féminisme entre en collision avec sa perception de son corps. En tant que féministe, elle aimerait assumer à 100% son poids, mais la réalité est autre. Si elle y arrive certains jours, d'autres sont plus difficiles.
Hunger a été une lecture à la fois difficile et enrichissante. Mon admiration piur Roxane Gay en ressort renforcée. Elle fait partie, pour moi, des autrices féministes incontournables.
Lien : https://boldreadings.wordpre..
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critiques presse (3)
LeMonde   25 mars 2019
L’universitaire afro-américaine, déjà auteure de Bad Feminist, raconte ici sa vie de femme obèse et déconstruit ainsi le regard social sur le corps féminin.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   18 mars 2019
L'auteure féministe ne cherche ni la pitié ni les conseils, mais entreprend dans ce livre courageux d'accepter son corps - et de se pardonner [...] Un récit poignant qui respire la force.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   27 février 2019
Ce qui passionne dans l’écriture de Roxane Gay, c’est ce sentiment de franchise presque absolu que l’on partage : dans l’intime, le plus vulnérable, elle nous expose les tourments, sans aucun pathos [...] Si elle incarne aujourd’hui un idéal pour les femmes gay et noires, c’est précisément pour la justesse et la compassion de son témoignage.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   19 février 2019
Quand vous êtes en surpoids, à bien des égards, votre corps entre dans le domaine public. Il est constamment à l'affiche. Les gens projettent dessus des histoires qu'ils s'inventent, mais la vérité de votre corps ne les intéresse pas du tout, quelle qu'elle soit.
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Olivia-AOlivia-A   18 décembre 2018
Ecrire ce livre est la chose la plus difficile que j'aie jamais faite. Me placer dans une telle position de vulnérabilité n'a pas été simple. Me confronter à moi-même, à ce que vivre dans mon corps a représenté, n'a pas été facile, mais j'ai écrit ce livre parce que je sentais que c'était nécessaire. A travers ce récit de mon corps, en révélant sa vérité, je partage ma vérité, et simplement la mienne. Je peux comprendre que vous n'ayez pas envie de l'entendre. Cette vérité me dérange moi aussi. Mais je dis aussi : voici mon coeur, voici ce qu'il en reste. Je vous assène la férocité de ma faim. Me voici devant vous enfin libre, prête à être vulnérable et terriblement humaine. Me voici devant vous. Contemplez ce dont j'ai faim et ce que ma vérité m'a permis de créer.
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Olivia-AOlivia-A   18 décembre 2018
Je suis toujours mal à l'aise, ou en train d'avoir mal quelque part. Je ne me rappelle pas ce que c'est que de se sentir bien dans son cors, d'éprouver quelque chose qui ressemble au confort. Quand je dois passer une porte, j'estime ses dimensions d'un coup d'oeil et je me mets machinalement de profil, que ce soit nécessaire ou non. Quand je marche, je ressens un élancement à la cheville, une douleur au talon droit, une tension dans le bas du dos. Je suis souvent à bout de souffle. Parfois, je m'arrête et je fais semblant de regarder le paysage, ou une affiche sur le mur, ou, le plus souvent, mon téléphone. J'évite de me déplacer en compagnie d'autres personnes, parce que contrairement à elles je bouge lentement.
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Olivia-AOlivia-A   18 décembre 2018
Les personnes minces ont du mal à savoir comment parler aux gros de leur corps, qu'on leur ai demandé ou non leur avis. Je le comprends, mais il est insultant de prétendre que je ne suis pas grosse ou de dénier à mon corps sa réalité. Il est insultant de penser que je n'ai pas conscience de mon apparence physique. Et il est insultant de supposer que j'ai honte d'être grosse, même si ça n'est probablement pas très loin d'être vrai.
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Olivia-AOlivia-A   18 décembre 2018
Si je trouve les relations amoureuses et les amitiés si difficiles à entretenir, c'est en partie parce que quelque chose en moi veut toujours bien faire. Je suis convaincue que si je ne dis pas ou ne fais pas les bonnes choses, on arrêtera de m'aimer ou de m'apprécier. C'est stressant, alors je cherche à être l'amie ou la petite amie idéale, et du coup je m'éloigne de plus en plus de ce que je suis vraiment, une personne qui a bon coeur, mais qui ne peut pas toujours bien faire. Et je m'excuse alors que je ne devrais pas m'excuser, pour des choses que je ne regrette pas du tout. Je m'excuse d'être ce que je suis.
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