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ISBN : 2757870866
Éditeur : Points (10/01/2019)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Bad Feminist. Derrière ce titre ironique, Roxane Gay développe une réflexion révolutionnaire et bienvenue sur l'état actuel du féminisme. Lassée des prises de position parfois trop clivantes de certaines organisations féministes, et fatiguée d'entendre des femmes dire qu'elles ne sont pas féministes, elle rappelle que la défense de l'égalité des sexes ne dispense pas d'assumer ses contradictions : on peut aimer la télé-réalité, se peindre les ongles en rose et reven... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  20 décembre 2018
Challenge Plumes Féminines
Peu connue encore en France (en dehors des réseaux féministes), Roxanne Gay gagnerait à l'être. Sa finesse d'analyse à propos de l'image des femmes qui est véhiculée par les médias, les films, les séries et leurs funestes conséquences font réfléchir sur ce que nous acceptons de regarder et d'encenser. Les Etats-Unis étant ce qu'ils sont au niveau du droit pour les femmes de disposer de leurs corps, elle rappelle que lorsqu'il y a législation, cela signifie que l'objet de la loi est dans le domaine public. Donc le corps des femmes et ce qu'elles en font est public. Et dans le cas, présent, ce n'est pas une force pour elles, mais une faiblesse : leurs droits sont révocables à tout instant si elles n'y sont pas attentives (sans parler du coût, dans un pays sans couverture sociale), et surtout elle rappelle que l'illégalité n'a JAMAIS empêché les femmes d'avorter ; simplement, elles se mettent en danger. de plus, elle parle depuis une intersection : féministe et noire. Ce qui rend encore plus sensible certains sujet dont la contraception ou l'accès aux soins ou aux représentations dans les médias grands public. C'est très gênant de se rendre compte que les noirs sont cantonnés à certains rôles, peu importe leur talent à l'écran ou sur scène (la problématique émerge enfin sur a scène publique en France également. Voir Noir n'est pas un métier)
Et elle est en colère : elle en appelle à notre responsabilité, à assumer les conséquences de ce que nous faisons. Une blague sur le viol banalise, le viol, ce que ne semble pas comprendre certains "humoristes". Et à accepter nos contradictions : oui on peut être féministe et aimer la télé-réalité ; il faut être conscient de ce qu'on regarde et ce que cela révèle de notre société (un exemple parmi d'autre). Elle est en colère, mais sans que cela paralyse sa capacité d'analyse. Elle écrit pour ne pas hurler (enfin, c'est ce que j'ai ressenti). Elle écrit parce que nous devons savoir comment le système patriarcal perdure. Et qu'elle parle des Etats-Unis n'est pas un problème : les problématiques se recouvrent.
Etre féministe, c'est comme être humain : nous ne sommes pas un bloc cohérent.
Roxanne Gay : good feminist and good human being.
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zazimuth
  30 septembre 2018
On m'a prêté ce livre et j'ai voulu le lire par respect pour la jeune personne qui me l'a recommandé mais j'avoue ne l'avoir lu qu'en diagonale.
Il ne s'agit pas à proprement parler d'un essai mais d'un recueil de chroniques publiées dans divers médias.
J'étais intriguée par le terme "Bad Feminist" qui en fait le titre mais je le contenu des thèmes abordés parle de plusieurs sortes de discrimination au-delà de la réflexion sur la condition féminine.
Ce qui a freiné ma lecture est sans doute aussi le point de vue très américain de l'auteur qui parle de son contexte personnel et part de faits qui l'ont touchée dans son quotidien ou dans son actualité pour développer sa réflexion. J'ai rapidement feuilleté tous les chapitres qui analysaient des livres ou des séries, des films ou des manifestations qui m'étaient inconnus.
Ce qui a néanmoins retenu mon attention ce sont les passages où Roxane Gay évoque son parcours et témoigne de sa vie et de ses engagements. Lorsqu'elle raconte comment "la fille dans la forêt" rejaillit dans ses relations car cet épisode traumatique a marqué inéluctablement sa vie.
J'ai aimé son approche du féminisme et la présentation de la complexité psychologique de sa concrétisation au quotidien en fonction du vécu et des goûts de chacun(e).
Elle expose des moments d'histoire du féminisme et en rappelle différents courants et figures tutélaires.
Elle se déclare "bad feminist" car avant tout une femme qui défend les droits des femmes et aspire à l'égalité homme-femme dans la société contemporaine mais sans être forcément une militante radicale d'aucune manière.
Elle défend par ailleurs également les droits des personnes de couleur, et des personnes différentes de quelque manière que ce soit. le droit à être soi-même de la façon qui lui convient le mieux.
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culturevsnews
  19 mars 2018
Roxane Gay mélange anecdote, analyse critique et humour pour créer un ensemble de pièces. Elle admet ne pas connaître toutes les réponses et entendre une femme autonome, intelligente et indépendante dire qu'elle se sent si rafraîchissante. Elle écrit sur toute une gamme de sujets : le féminisme, la race, la culture pop, et plus encore. Elle discute comment et pourquoi elle aime The Hunger Games, elle commente la façon inutile dont les réalisateurs blancs dépeignent les personnages noirs, et plus encore. En tant que professeure d'anglais et adepte avide de la culture pop, sa capacité à discerner les tendances et les modèles au sein des médias a brillé. À bien des égards, la sympathie est un mensonge très élaboré, une performance, un code de conduite qui dicte la bonne façon d'être. Les personnages qui ne suivent pas ce code deviennent différents. Les critiques qui critiquent l'improbabilité d'un personnage ne peuvent pas nécessairement être blâmés. Ils expriment simplement un malaise culturel plus large avec toutes les choses désagréables, toutes les choses qui osent enfreindre la norme de l'acceptabilité sociale. Gay se distingue toujours le plus dans son acceptation de l'imperfection. Dans son introduction, elle écrit que « le féminisme est défectueux parce qu'il s'agit d'un mouvement propulsé par les gens et que les gens sont intrinsèquement défectueux » et que « nous tenons le féminisme à une norme déraisonnable où le mouvement doit être tout ce que nous voulons et doit toujours faire les meilleurs choix ». Dans ce recueil d'essais, Gay accomplit tant de choses : elle écrit sur l'intersectionnalité de la race et du sexe, elle établit une voix cohérente, ironique et tranchante, et elle inclut un chapitre entier sur le Scrabble qui m'a fait rire et qui me donne envie de lire plus, plus, plus et plus. Mais, même si elle accomplit tant de choses, elle reconnaît ses propres contradictions et les contradictions inhérentes à la condition humaine. Elle trouve un équilibre approximatif et approprié en terminant son livre en l'admettant : Je suis une mauvaise féministe. Je préférerais être une mauvaise féministe plutôt qu'aucune féministe du tout.
Note : 9,5/10
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Allily
  10 septembre 2018
Le postulat de départ me parle beaucoup : peut-on se dire féministe si l'on aime se maquiller et faire du shopping ? Une féministe est-elle forcément pas épilée, aigrie et destinée à vouer une haine féroce aux hommes ? Comment se retrouver au milieu de tout cela ?
En préambule, je préciserai que la question du féminisme n'est pas la seule abordée par l'auteur. Elle nous parle également de racisme et de privilèges entre autres.
C'est un essai, ou plutôt une série de courts essais qui m'a beaucoup intéressé grâce à la structure même du livre : chaque essai est relativement court ce qui fait que vous pouvez en lire un le matin au réveil ou entre deux dossiers au boulot.
Ce format implique aussi que l'auteur pose des problèmes, donne son avis mais nous laisse aussi nous dépatouiller avec nos propres avis, une grande place est laissée au lecteur qui se retrouve à s'interroger à la fin de chaque article. ( les chroniques ayant été publiées à la base dans diverses revues ou blogs).
Un autre parti pris a été d'analyser des éléments de la pop culture à travers le prisme du féminisme ou du racisme(Hunger games, La couleur des sentiments, la série Girls...). Roxane Gay développe très bien les livres/séries/films dont elle parle mais pour ma part c'était un peu frustrant quand je n'avais pas la référence (et j'aime aussi beaucoup la couleur des sentiments mais bon ça c'est un autre débat). Disons qu'elle m'a fourni une nouvelle grille d'analyse culturelle.
C'est un ouvrage qui m'a donné à réfléchir et qui m'a fait rire (car oui Roxane Gay est très drôle parfois), qui m'a également ému et qui m'a conforté dans le fait que je suis aussi une mauvaise féministe mais que mieux vaut ça que de ne pas être une féministe du tout.

Lien : https://allylit.wordpress.co..
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MaToutePetiteCulture
  12 décembre 2018
Mon avis sur Bad Feminist est assez mitigé. Pour faire bref, je l'ai trouvé très décousu, trop centré sur la culture US, et parlant finalement assez peu de féminisme… Même si les réflexions de Roxane Gay sont intéressantes, elles restent par ailleurs loin d'être novatrices.
Il faut dire que, de base, le titre ne m'inspirait pas. Une Bad Feminist, kezako ?! Parce qu'il y a des bons et des mauvais féministes…?! J'avais déjà du mal avec le concept, mais en lisant ce livre, je n'ai pas été plus éclairée. Si être une mauvaise féministe c'est se montrer parfois soumise au lit, ou se maquiller, on ne va tout de même pas très loin dans la réflexion ! J'ai trouvé que globalement, les réflexions de l'autrice n'étaient pas très novatrices, assez brouillonnes; leur seul mérite est de m'avoir conforté dans mes propres idées sur le féminisme.
Mais le gros souci du livre, selon moi, c'est qu'il parle de beaucoup de choses autres que le féminisme. Et ces thèmes, censés être parallèles voire complémentaires du thème du féminisme, prennent le pas sur le thème principal. L'autrice va nous parler notamment du racisme et de la multiculturalité (je vous avoue, je n'ai plus les autres thèmes en tête…). Alors, oui, ce sont des réflexions intéressantes, mais ce ne sont pas des thèmes que je souhaitais découvrir, et j'ai eu l'impression d'avoir été en partie flouée par le titre. Ajoutez à cela une multitude de références US sur lesquelles se base l'autrice pour illustrer ses propos, des références séries ou politiques qui sont assez méconnues en France, et je me suis retrouvée un peu plus perdue…
Vous l'aurez compris, je suis assez mitigée sur Bad Feminist. J'ai trouvé un intérêt dans ma lecture, car il est toujours intéressant de confronter ses idées avec celles de quelqu'un d'autre à travers un livre, mais le résultat reste très brouillon, trop épars, et insuffisamment novateur pour moi. Je lirai donc Roxane Gay côté fiction la prochaine fois !
Lien : https://matoutepetiteculture..
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critiques presse (2)
Actualitte   09 avril 2018
Avec son livre Bad Feminist, Roxane Gay a provoqué en 2014 un véritable raz de marée. Romancière et professeure, elle avait alors décidé d’explorer ce qu’est le féminisme. Sans complaisance.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   26 mars 2018
Dans le galvanisant "Bad Feminist", déjà culte aux Etats-Unis, la romancière livre sa propre conception du féminisme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PhilwitzPhilwitz   11 avril 2018
Une fille de onze ans a été violée par dix-huit hommes. Les plus jeunes sont des collégiens, le plus âgé a vingt-sept ans. Il y a des photos et des vidéos. La vie de cette fille ne sera jamais plus jamais la même. Néanmoins, le New York Times souhaiterait que vous vous intéressiez à ces garçons, qui devront vivre avec ça pour le restant de leurs jours, et à cette pauvre, pauvre ville. Ce n'est pas simplement le langage désinvolte de la violence sexuelle. C'est le langage criminel de la violence sexuelle.

***
L'article est en ligne, accablant.
https://www.nytimes.com/2011/03/09/us/09assault.html
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PhilwitzPhilwitz   16 avril 2018
Mais Django Unchained n'est même pas vraiment un film sur l'esclavage. C'est un western spaghetti qui se passe dans les années 1800. L'esclavage n'est qu'un décor pratique et facilement exploité. Tout comme dans Inglorious Basterds, Tarantino s'est encore débrouillé pour dénicher l'expérience culturelle traumatisante d'un peuple marginalisé, sans grand rapport avec son propre vécu, et a mis cette expérience culturelle au service de l'orgueil qui le pousse à faire des films vaguement drôles et d'une violence grotesque, lesquels s'attachent à corriger des méfaits historiques selon un point de vue très limité et à partir d'une position de privilège.
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AllilyAllily   10 septembre 2018
Je viens d’une famille aimante, où nous sommes très proches les uns des autres, une famille pas parfaite mais géniale. Mes parents ont toujours fait partie de ma vie, même lorsque je les ai repoussés. Je n’ai pas manqué de grand-chose. L’une de mes plus grandes faiblesses, une faiblesse dont j’ai toujours eu honte, c’est que j’ai toujours été solitaire. J’ai eu du mal à me faire des amis parce que je peux être assez gauche, parce que je suis bizarre et parce que je vis dans ma tête. Quand j’étais petite, nous déménagions beaucoup, alors je n’ai jamais vraiment eu le temps d’apprendre à connaître ces nouveaux endroits, sans parler de nouvelles personnes. La solitude m’était familière, et elle a fait de moi ce puits sans fond de désir, ouvert et béant, désespérant de trouver quelque chose pour le remplir.
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zazimuthzazimuth   03 octobre 2018
On demande à tout le monde d’obéir à des lois tacites qui régissent l’identité, le comportement, le mode de pensée et la parole. Nous prétendons détester les stéréotypes, mais nous avons un problème lorsque les gens s’en écartent. Un homme, ça ne pleure pas. Les féministes ne se rasent pas les jambes. Les habitants du sud des Etats-Unis sont racistes. Chacun, par sa simple humanité, enfreint une règle ou une autre, et bon sang, qu’est-ce qu’on déteste qu’une règle soit enfreinte ! (p.369)
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zazimuthzazimuth   03 octobre 2018
Parfois, une personne cruelle ou sans-gêne va me demander comment je suis devenue aussi grosse. On veut savoir pourquoi. « Tu es si intelligente », disent-ils, comme si la bêtise était la seule façon d’expliquer l’obésité. Et bien sûr il y a la remarque sur mon si joli visage, comme c’est dommage de le gâcher ainsi. Je ne sais jamais quoi répondre à ces gens. Certes, il y a la vérité. Une chose s’est produite, puis une autre, et c’était atroce et je savais que je ne voulais pas que ces deux choses se reproduisent, et manger me faisait me sentir en sécurité. C’est délicieux, les frites, et en plus je suis feignante de nature, ce qui n’aide pas. Je ne sais jamais ce que je suis censée dire, alors la plupart du temps je ne dis rien. Je ne partage pas ma catharsis avec ces inquisiteurs. (p.175-176)
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