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Valentin Gendrot (Autre)
EAN : 9791096906208
330 pages
Éditeur : Goutte Dor (03/09/2020)
3.58/5   151 notes
Résumé :
Aujourd'hui, jeudi 3 septembre 2020, paraît en librairie notre “projet secret”.

Depuis deux ans, afin de garantir sa publication, nous l’appelons ainsi entre nous. Pourquoi ? Car nous avons dû prendre certaines précautions inhabituelles : imprimer ce livre à l’étranger pour plus de discrétion, inviter les journalistes à lire le manuscrit dans le huis-clos du cabinet de notre avocat et, bien sûr, tenir notre langue.

Voici donc “Flic”, l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
3,58

sur 151 notes

QuandOpheLit
  11 septembre 2020
Chronique que je dédicace à tous mes collègues de voie publique qui ne sont pas des Mano, des Toto ou des Stan tels que décrit par l'auteur
Flic. Quatre lettres pour définir un métier aux multiples facettes. Un métier que j'aime. Un métier qu'a infiltré Valentin Gendrot pour nous en livrer un livre fort discutable.
Quand j'ai entendu parlé de cette sortie littéraire, comme beaucoup de mes collègues, je me suis élevée contre les extraits que j'avais pu en lire. Je trouvais la plume romancée, les propos « à charge » et la méthode discutable. J'ai donc voulu me faire mon idée et je me suis lancée dans le lecture de Flic.
Je pourrais vous en faire une analyse complète, j'ai quatre pages de notes, mais le trop étant l'ennemi du bien, je vais essayé d'être concise et de rester concentrée sur l'essentiel. Je précise que j'ai failli m' arrêter à la note des éditeurs qui démontre la volonté d'inscrire ce livre dans une démarche de sensationnalisme plus que de journalisme : les flics sont violents, racistes et homophobes, Valentin Gendrot va vous le prouver. Voilà, en substance, ce qu'ils sous entendent.
Infiltrer la police nationale. Une démarche couillue, je dois bien l'avouer, même si très discutable. Valentin Gendrot ouvre son roman avec une scène qu'il dit avoir vécu. Il place son lecteur dans le bain : la police est violente et les violences ne sont pas justifiées. Son cadre est posé. Il explique ensuite le cheminement qui l'a conduit à son infiltration, présentant les épreuves de recrutement et là, j'ai un problème. Il ment. En effet, Valentin Gendrot indique avoir été recruté dans la zone ouest or ce n'est pas le cas. Vous vous doutez bien que depuis cette parution, nous nous sommes remis en question côté recrutement et nous avons vérifié. Voici donc un premier mensonge qui m'interroge quant à la suite des évènements qu'il va relater…
Au fil des pages, je découvre une plume plus romancée que journalistique. Je m'attends à un véritable travail d'investigation, mais il n'en est rien.
Pour le côté tous les policiers sont des méchants, il va falloir repasser… Presque deux ans dans nos rangs et Valentin Gendrot n'évoque que trois ou quatre interventions et quelques comportements déviants. Les déviances. Une réalité. Je ne chercherais pas à nier. Je les condamne, comme beaucoup d'entre nous. Jusque là, Valentin Gendrot ne nous apprend rien. En outre, il cite constamment les mêmes personnes. Il évoque souvent des histoires qui lui sont racontées et pas des choses qu'il a vécu. Trois ou quatre individus reflètent-ils l'ensemble d'une profession ? Les faits qu'il relate sont-ils vrais ? ( Je vous rappelle qu'il commence son livre par un mensonge) . le lecteur est en droit de se poser la question. En tous cas, je me la pose. Autre fait qui m'interpelle : sa description des policiers incriminés. Il nous parle de leurs déviances, mais à aucun moment il ne nous parle d'eux (très peu). Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Quelle est leur histoire ? L'auteur s'est-il seulement intéressé aux femmes et aux hommes qu'il a rencontré. Sur la trentaine de policiers qui composaient sa brigade, il n'en n'évoque que trois ou quatre. En revanche, il nous parle beaucoup de lui, trop même. Il évoque d'ailleurs le décès de son papa, son plan tinder… Des choses qui n'ont pas leur place dans ce livre qui se veut le reflet de la première infiltration d'un journaliste dans la police nationale.
Très sincèrement, pour ma part, il ne s'agit pas d'infiltration, mais de voyeurisme, un moyen comme un autre de se faire de l'argent. Comme un autre non, parce que cette infiltration va mettre son auteur en orbite journalistique et créer un peu plus de défiance entre nos deux professions. Où est le journalisme d'investigation promis par la campagne médiatique ? A aucun moment, alors qu'il nous décrit sa vie en brigade dans le XIXème arrondissement, Valentin Gendrot ne présente le tissu économique et social d'un des territoires les plus cosmopolites de Paris. Il ne donne pas les chiffres de la délinquance. Il ne présente pas ses habitants. Il parle à peine du trafic de stups qui gangrène les rues. Il ne parle pas des liens qui peuvent aussi se nouer entre habitants du quartier et policiers. En revanche, il nous fait un ou deux chapitres entiers sur les statistiques de contrôles dit « au faciès » et sur les difficiles relations police/population que d'autres avant lui ont plus ou moins brillamment analysé.
Du voyeurisme encore quand le suicide d'un collègue ne fait l'objet que de surfaçage, quand l'auteur dit « couvrir cette bavure me permettra peut-être d'en dénoncer mille ». Alors c'était ça Valentin l'objectif ? Dénoncer mille bavure tout en gagnant votre vie et en étant stable géographiquement « si je reste ici un an à l'Infirmerie, je m'assure enfin une stabilité géographique et financière ». ( Il est parfois facile de sortir des phrases de leur contexte).
Enfin, côté style j'ai eu le sentiment de lire le journal intime d'un jeune adulte, voir d'un adolescent qui découvre la vraie vie « je sortais beaucoup, parfois tous les soirs. Je picolais, bavardais, me couchais à l'aube » (avant l'infiltration). Un récit romancé parsemé de statistiques, peu de faits, beaucoup de « on dit »… Adieu le Pulitzer.
Alors oui, je pourrais me modérer, le remercier d'avoir dénoncé l'état de vétusté des locaux, des véhicules… (secret de polichinelle). Je pourrais m'exprimer sur d'autres sujets mais même dans une chronique, j'ai un devoir de réserve et ce livre n'ouvre aucun débat sur les sujets qui pourraient être sensibles.
Flic a été présenté par les médias comme un phénomène. le livre choc qui présenterait la police de l'intérieur. Un livre qui présenterait nos déviances, nos violences, nos conditions de travail… Si vous vous attendiez à du sensationnalisme, des révélations croustillantes, passez votre chemin. Vous en apprendrez davantage sur W9 ou dans un film d'Olivier Marchal. Si vous rêviez de lire la preuve que la police est violente et raciste, vous ne la trouverez pas non plus.
En définitive, ce livre n'est que le reflet d'un défi personnel que s'est lancé l'auteur, une énième infiltration à accrocher à son tableau. C'est fort dommage, en deux ans d'infiltration, l'auteur avait pourtant la possibilité de recueillir de la matière, de la travailler, d'aller au fond des choses et de montrer réellement les dessous de la police nationale. Mais aucune analyse, aucune exploitation des faits, aucune contextualisation… Un flop qui pourtant servira sans doute à son auteur et pour cela, bravo Mr Gendrot, vous avez capté la lumière des projecteurs.
Lien : https://quandophelit.com/202..
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dourvach
  27 septembre 2020
Un livre-témoignage percutant, émotionnellement remuant. Une démarche personnelle jusqu'au-boutiste et plus qu'honnête. Un journaliste qui s'implique, qui s'engage, qui décrit...
Du FACTUEL, du factuel, du factuel... mêlé à du ressenti d'être humain, bien sûr !
Après avoir été le témoin et l'acteur passif de violences gratuites répétées et banalisées, l'auteur parle avec sincérité et clarté de ses scrupules à devoir faire silence pour ne pas "se cramer", à se fixer comme devoir de continuer à se lever tous les matins pour juste assurer jusqu'au bout la mission personnelle (respectable, sérieuse et essentielle) qu'il s'était fixé... Au bout de son parcours, il a pu ainsi sonder l'Institution par trois Places fortes stratégiques :
(1°) le Centre de Formation des Adjoints de Sécurité à St-Malo ; (2°) l'Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Paris ;
(3°) un Commissariat du 19ème arrondissement de Paris.
Le procès qui lui est déjà (ou sera) fait par certains laisse rêveur... Résumons-le ici, en deux volets :
[Volet de bois vert A] : "Valentin Gendrot veut capter la lumière des projecteurs" (sous-entendu : pour sa pomme, comme un ordinaire David Foenkinos ou un Houellebecq, bref ! un de ces dix-mille Narcisses qui veulent seulement se faire voir des médias... ). Et bah non, peut-être pas seulement "pour ça", les amis !!! :-) ;
[Volet de bois vert B] : " Il aurait dû aussitôt dénoncer ses collègues..." (donc immédiatement sortir du bois et se faire éjecter : Ouf de soulagement général !!!) au lieu de publier ce (honteux) témoignage de deux années d'expérience (où il a su "payer de sa personne"... Ah, l'infâme traître...).
Bref, vive le travail de Valentin GENDROT ! C'est du TRES bon boulot, l'ami... Policier EST un beau métier, qui devrait être mieux payé et mieux considéré. Alors rêvons un peu désormais, et espérons que votre témoignage "calmera" un peu - définitivement ou durablement - TOUT ce que vous avez pu constater (et endurer), ... qu'on prendra encore un peu plus soin de la Loi et qu' "accidentellement" on cognera infiniment moins facilement les soi-disant "bâtards"... Nos frères humains, quoi... Eh oui ! "flics", toxicos ou migrants : nous sommes tous frères, au fond ! Et interdit de se suicider (ou de couler en Méditerranée) à personne, désormais !!! :-)
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lilietalia
  30 décembre 2020
Pourquoi pas ? Il fallait quand même avoir le courage d'infiltrer la police et pour ça bravo à ce journaliste.
Un témoignage sans trop de parti pris (ce que je craignais un peu au départ). du racisme oui, des jeunes à la dérive oui, des bavures c'est indiscutable et malheureusement elles sont souvent médiatisées. Néanmoins, sans justifier les actes des forces de l'ordre (et c'est heureux d'ailleurs), l'auteur pointe aussi les conditions de travail de la police : "police low cost" pas assez formée ou trop vite, recrutée sans diplôme sans trop s'intéresser à la motivation sous jacente, des salaires bas et de fait des conditions de vie précaires. Bref, un livre intéressant avec des thématiques qui seraient à approfondir. J'ai notamment aimé son analyse d'un jeune qui ne veut juste pas perdre la face devant ses amis et qui finalement est perçu par les forces de l'ordre comme un fauteur de trouble. À lire mais à creuser !
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ThecosmicSam
  17 octobre 2020
« Flic » tient davantage du récit que de l'article journalistique. J'ai, dans un premier temps, été légèrement déstabilisée par le ton adopté qui m'a fait penser à un roman et qui m'a donc, un peu détachée de la réalité des faits. le style employé permet, toutefois, de lire cet ouvrage très rapidement.
J'ai été happée par cette immersion au sein de l'école de formation des adjoints de sécurité (« ADS » :des policiers contractuels « low cost » selon les termes de Valentin Gendrot), de l'I3P (l'infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris), puis du commissariat du 19ème arrondissement de Paris.
Si « Flic » ne nous permet pas d'avoir de grandes révélations, du moins quand on s'intéresse un peu aux dernières polémiques concernant la profession, il constitue une utile confirmation des faits et je recommande sa lecture qui donne envie de faire bouger les choses.
Il est inquiétant de réaliser avec quelle facilité il est possible d'intégrer les effectifs des forces de l'ordre : acuité visuelle quasi-nulle, casier judiciaire, tendances politiques extrêmes à peine voilées, il semble y avoir de tout…
Les lacunes frappantes quant aux formations, entretiens psychologiques et suivi des policiers sont également assez révoltantes. Comment ne pas éprouver une certaine défiance vis-à-vis de ces dépositaires de la force publique quand on lit cela ? Ces derniers se voient, en effet, attribuer des armes létales et le pouvoir de les utiliser sans réel encadrement, ce qui créé des débordements prévisibles.
Parallèlement, nous sommes également confrontés aux conditions de travail et d'existence de ces policiers qui sont largement sous-payés, travaillent dans des locaux vétustes avec des équipements obsolètes, manquent de considération (que ce soit de la part du grand public ou de leur propre hiérarchie), et sont régulièrement confrontés à des actes agressifs.
Mettez des jeunes mal formés, provenant le plus souvent de classes moyenne ou populaire, en quête d'adrénaline dans cet environnement qui s'avère bien éloigné des livres et films policiers et vous obtenez rapidement un cocktail de frustration assez explosif. Et alors que les policiers devraient être exemplaires, les situations de violence verbale et physique gratuites deviennent des exutoires banalisés.
Le corporatisme omniprésent dans la profession n'est pas là pour arranger les choses dès lors que les collègues se serrent les coudes en cas de bavures ou de provocations. C'est donc l'Omerta qui règne
- d'une part, par peur d'exclusion dans un métier où l'on est plus souvent avec ses collègues qu'avec sa propre famille ;
- et d'autre part, par tolérance en raison d'un ras-le-bol généralisé qui conduit à du sur-suicide au sein de la profession.
Ainsi, si les comportements les plus choquants ne sont pas du fait de tous les policiers, ils semblent, en revanche, admis du plus grand nombre et c'est là que le bât blesse.
Pour apporter des réponses à cet état des lieux déplorable, de véritables réformes paraissent nécessaires : de meilleures et plus nombreuses formations, un contrôle par une autorité indépendante ayant force contraignante (tant de rapports du défenseur des droits ne sont pas suivis d'effets, c'est même à se demander s'ils sont lus…), plus de moyens, etc. C'est en agissant en amont que l'on peut espérer avoir un impact sur le long terme.
Je ressors, en tout cas, de ma lecture assez démoralisée face à ce constat. Si, a priori, la situation française semble bien différente de celle connue aux Etats-Unis, on se rend finalement compte que les points de comparaison sont plus nombreux que ce que l'on se plait à croire (en Europe, la France est l'une des plus mauvaises élèves sur la question des contrôles au faciès et des violences policières).
J'en terminerai par quelques mots sur la polémique qui a enflée autour de Valentin Gendrot qui a, au cours de son infiltration, couvert un contrôle qui a mal tourné et a, à cette occasion rédigé un faux procès-verbal adoptant alors un rôle actif dans l'évènement relaté. Il est vrai que l'éthique journalistique est ici remise en question : jusqu'où peut-on aller au prétexte de dénoncer une série de comportements ? La question se pose d'autant plus lorsque l'objectif final est la publication d'un livre qui rapportera nécessairement de l'argent à son auteur. Sur ce point, je suis moins catégorique que d'autres. Je dois avouer comprendre certaines des motivations de Valentin Gendrot, qui par ailleurs, ne se cache jamais de son intention de publier un livre à la fin de son infiltration. La situation n'est jamais aussi manichéenne que ce que l'on voudrait penser, notamment lorsque l'on n'est pas confronté soi-même à la situation.

Lien : https://thecosmicsam.com
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emilie_trigo
  21 septembre 2020
J'ai terminé ce livre il y a quelques jours mais je ne savais pas exactement comment vous en parler.
Finalement, je ne sais toujours pas, mais je me lance.
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Déjà, j'ai pris plaisir à le lire. Dernièrement j'ai pas mal critiqué ce que je lisais, me rendant compte que j'étais de plus en plus difficile mais là, j'ai aimé l'écriture fluide de Valentin Gendrot et si ce livre avait été un « simple » roman, je dirais que l'on vient de dénicher un nouvel auteur avec certainement beaucoup d'avenir !
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Mais ce livre n'est pas un roman, et c'est ce qui complique la tâche.
Valentin Gendrot dit avoir infiltré la police, utilisant le même vocabulaire que lorsque l'on parle d'une infiltration policière. À la différence près qu'un « flic infiltré » est toujours payé en tant que flic pour infiltrer une autre organisation alors que Valentin Gendrot, lui, a réellement été payé comme flic pendant 2 ans. Plus simplement dit : il a ÉTÉ flic pendant 2 ans. Il a donc été payé pour être ce(ux) qu'il voulait critiquer depuis le début.
Il décrit sa formation, sa première année à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de Paris, et il insiste lourdement sur les dérapages auxquels il assiste au commissariat du 19e. Dérapages qu'il a laissé faire. Dérapages qu'il a couverts en tant que « collègue ». Dérapages qu'il n'a pas critiqués ouvertement. Dérapages qui font un 1er chapitre qui nous met tout de suite dans le bain. Alors qu'il aurait aussi bien pu commencer par le suicide d'un de ses collègues. Car il vit aussi ça, Valentin, immergé qu'il est dans le quotidien des forces de l'ordre.
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On a donc compris : il a tout laissé faire pour mieux le dénoncer ensuite. Ou bien il aurait pu donner l'exemple d'un agent de police qui se comportait différemment. Il aurait pu prouver que la déontologie dans la police, c'était possible. Mais non. Il savait avant de l'écrire ce qu'il avait envie d'en dire. Et c'est dommage. Car une nouvelle fois, c'est vraiment bien écrit.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   07 octobre 2020
"Je rentre mon ventre pour fermer mon pantalon bleu marine.Après 15 ans d'inaction à l'I3P, mon corps affuté post école s'est alourdi de quelques kilos. Le froc me serre les hanches . Il est 13h40, samedi 9 mars 2019. Dans vingt minutes, je prendrais mon poste pour la première fois au commissariat du 19eme arrondissement de Paris."
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Paris75Paris75   12 mai 2021
Je rembobine le film de l’intervention. Il commence comme une intervention anodine. Un tapage en plein après-midi. Des gamins qui éteignent leur enceinte. Un flic énervé qui leur parle comme du poisson pourri (« vous commencez à nous faire chier »). Un gamin qui répond : « On n’a rien fait ». Le même flic qui tapote la joue du gosse et, par ce geste inutile et absolument hors procédure, l’humilie volontairement devant ses potes. Par orgueil, le gamin répond à la provocation physique par une provocation orale (« je te prends en un contre un »). Le flic met le premier coup, il n’en reçoit pas en retour, mais en distribue un nombre considérable, insulte le gosse, l’embarque en garde à vue et le frappe encore à de nombreuses reprises. Ça s’appelle une bavure. Et encore, une bavure sous-entend qu’il y a dérapage, or j’ai le sentiment d’avoir davantage assisté à une agression physique et gratuite.
Nous aurions pu confisquer l’enceinte et nous en aller. Ou ne rien dire et repartir. Ou même embarquer le gamin pour outrage (ce qui aurait déjà été contestable, étant donné que le premier outrage venait de chez nous). Mais il s’est fait tabasser.
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stekasteka   07 septembre 2020
C’est l’une de mes premières journées avec le groupe, et ils en tiennent enfin un. Ils les appellent « les bâtards ». Et quand ils sortent, ils partent à la chasse aux « bâtards ». Celui-là, Toto n’a pas trop galéré à le choper. Il s’agit d’un mec chétif, un gringalet sans doute mineur. Un « petit bâtard », quoi.
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Stephanie74Stephanie74   14 septembre 2020
De mon côté, je me rends compte qu'en l'espace de six mois, mon niveau d'humanité et d'empathie a chuté. Comme si ce boulot m'avait vacciné contre la sensibilité. Au début de l'immersion, l'arrivée d'une femme victime de violences conjugales au commissariat remettait immédiatement en état de stress. Six mois plus tard, j'ai vu la même scène se répéter si souvent que je ne réagis plus avec la même urgence.
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scharpentierscharpentier   23 janvier 2021
Imaginez un boulot où tout est décrépit autour de vous: vos voitures de fonction, vos locaux, ou encore vos équipements. Histoire d'ajouter un peu de sel, vous portez un uniforme qui déclenche d'emblée l'hostilité d'une partie des gens que vous croisez. Vous êtes formé à la va-vite, plongé dans des situations chaotiques, avec, en plus, l'impératif insidieux de suivre "une politique du chiffre" souvent absurde.
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