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EAN : 9782220048635
135 pages
Desclée de Brouwer (14/11/2000)
3.78/5   9 notes
Résumé :
[LIVRE RELIGIEUX]

"Partir, dit-on, c'est mourir un peu. Mais partir d'où, pour aller où, et qu'entend-on par "mourir un peu" ? Comment le verbe mourir peut-il s'accommoder d'un adverbe de quantité alors qu'il désigne un événement à chaque fois unique, définitif, absolument inquantifiable ?

Il en est du verbe mourir comme du verbe aimer : leur adjoindre un adverbe de quantité, d'intensité ou de manière revient à en moduler le sens d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LiliGalipette
  13 septembre 2014
« Partir, dit-on, c'est mourir un peu. Mais partir d'où, pour aller où et qu'entend-on par ‘mourir un peu' ? Comment le verbe mourir peut-il s'accommoder d'un adverbe de quantité alors qu'il désigne un évènement à chaque fois unique, définitif, absolument inquantifiable ? » (p. 9) Sur ces interrogations s'ouvre le texte de Sylvie Germain. le mouvement est le symbole de l'existence. Partir, c'est donc mourir à soi-même et aux autres puisque le mouvement est transformation, élan, métamorphose. Seul le gisant ne peut plus mourir. Mourir, c'est ainsi devenir. le marcheur, celui qui se meut, est en fait un mourant qui fait acte de vie. Dans cet accomplissement du vivant, il convient de célébrer les pieds, acteurs du mouvement, lien de l'homme à la terre, à la fois racines et ailes. « le pas, la voix, le souffle – c'est la vie qui va, qui se meut, palpite. » (p. 65)
Pourquoi faut-il mourir ? Pouvons-nous l'expliquer par la présence de Dieu ? Et pouvons-nous prouver l'existence de ce dernier ? « Il nous arrive aussi de déclarer forfait face à l'imbroglio des questions restées sans réponses satisfaisantes tant elles sont contradictoires au sujet de Dieu, et de clore l'enquête en estimant l'avoir menée à son terme. » (p. 36 & 37) Qui, sinon le Christ, peut mieux incarner nos questionnements sur Dieu et sur la mort, lui qui est revenu à la vie ? « le Christ mort, lui, espère toujours en Dieu, et il continue à le louer. […] Parce que jusque dans la mort, il demeure un vivant, un fidèle, un célébrant. » (p. 103) Pour l'auteure, c'est la foi raisonnée qui maintient la vie, autant que l'amour et le doute. le fanatique est éloigné de Dieu et de la vie, car sa foi est figée, sans élan.
Cette poétique exégèse n'est pas un texte sur la mort, mais une réflexion sur le mouvement et la pulsion de vie : la mourance – l'acte de mourir – étant fondamentalement la mouvance et donc l'existence. Je suis bien loin de rendre hommage à ce très beau texte, riche en questionnements et qui laisse au lecteur le soin de trouver ses propres réponses, mais c'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé la plume exigeante de Sylvie Germain. Son style imagé et profond m'enlace toujours et me porte vers les terres fécondes de la vraie littérature.
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sebito
  14 février 2017
Ce livre a pour thème la croyance en Dieu, ce qui n'a rien à voir avec le titre ou avec la 4ème de couverture... L'auteure et l'éditeur avaient-ils besoin d'un titre aguicheur ? On peut se le demander. J'ai bien aimé que l'auteure prenne du recul, au moins partiellement, en admettant que les textes religieux sont des textes anciens, soumis à des traductions plus ou moins heureuses. de plus, le propos est positif (Dieu est simple; Dieu est partout). L'auteure condamne (à juste titre à mon sens) ceux qui imposent leur foi, leur interprétation des textes sacrés et ceux qui cherchent à faire des actes remarquables au nom de leur foi (tout cela est malheureusement d'actualité). En revanche, j'adhère beaucoup moins au fait que l'auteure, tout en ayant conscience de l'ancienneté des textes et des processus de traductions, considèrent les textes sacrés (en tout cas Bible et Thora) comme des écrits sûrs révélant des réalités historiques, ce qui implique que Mal et Bien existent. Je trouve également que dire qu'on doit croire et qu'on ne peut avoir accès aux pensées divines et au plan divin d'un être supérieur omnipotent et omniscient est un peu facile. Pourquoi ne pas croire alors que nous sommes les marionnettes d'un super dinosaure qui vit sur Saturne ??? le plus gros reproche que je vais émettre concerne l'écriture en elle-même: l'auteure utilise un vocabulaire et des tournures mystico-philosophiques, si bien qu'on ne comprend quasiment rien. Je trouve cette parade encore une fois un peu facile: pourquoi ne pas faire comme au Moyen-Age et écrire le livre en latin pour rendre le propos encore plus obscur et éviter à la populace de réfléchir ? Et pour finir, il n'y aucun fil directeur et aucune logique. Je mets donc deux étoiles: je n'adhère pas du tout mais le fond du livre est bienveillant et positif, ce qui n'est pas forcément le cas de beaucoup de livres religieux étroits d'esprit que j'ai pu lire.
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Philbast
  12 février 2017
Partir c'est mourir un peu.
Pour Sylvie Germain, commencer à vivre c'est déjà se préparer à mourir (ce qu'elle appelle d'un néologisme personnel "la mourance").
Dans un livre érudit, qui fourmille de citations venant d'horizons divers, l'auteur va illustrer la (sa ?) quête de DIeu, et quelques fois les impasses et les limites de celle-ci.
Par des analogies brillantes, et en se rapprochant de textes ou d'anecdotes célèbres ou non, elle développe cette quête dans l'univers du quotidien et de la vie courante.
L'analogie avec la lettre volée d'Edgar Poe est particulièrement brillante même si elle renvoit finalement à un thème classique de la religion chrétienne (et sans doute de toutes les religions), celui de Dieu, visible pour ceux qui veulent bien le voir.
L'histoire du rabbin qui ne reconnaît pas un jeune membre de sa famille, parce qu'il est là sans être la, est aussi assez édifiante.
Chez d'autres, la démarche à laquelle nous invite l'auteur pourrait finalement s'approcher de ce que l'on appelle "la pleine conscience". Dépasser les idoles et les mirages de la vie quotidienne pour s'interroger, lucidement et le plus sereinement possible, sur le sens de notre vie.
Tout un programme...
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DHALLUIN
  13 mars 2017
1. le titre :
Mourir un peu ? C'est partir, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? Se mettre en marche vers l'essentiel : Dieu ?

2. L'auteure :
Philosophe de formation, Sylvie Germain l'enseigna ainsi que le français au lycée français de Prague. Elle obtint le Prix Femina avec Jours de colère et le Prix Goncourt des Lycéens avec
Magnus. Depuis 2013, elle est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

3. Les idées :
Sylvie Germain mène le lecteur à l'essentiel : la quête de Dieu. Partir pour redécouvrir les fondements de la foi, avec sensibilité dans les arcanes des philosophes et de la bible. Belles réflexions sur le décalogue et la prière du Notre Père. Sylvie Germain nous initie à certaines réflexions de Nietzsche, Rimbaud, Péguy, Saint John Perse, Dostoïevski... et aux sculptures de Giacometti.

4. le style :
Un réel plaisir que de lire du Sylvain Germain. de belles longues phrases bien cadencées, un style imagé, une redécouverte des mots qu'elle dissèque étymologiquement.

Didier D'HALLUIN
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   03 février 2016
Partir, dit-on, c'est mourir un peu.

Mais partir d'où, pour aller où, et qu'entend-on par « mourir un peu» ?
Comment le verbe mourir peut-il s'accommoder d'un adverbe de quantité
alors qu'il désigne un événement à chaque fois unique,
définitif, absolument inquantifiable ?
Il en est du verbe mourir comme du verbe aimer :
leur adjoindre un adverbe de quantité, d'intensité ou de manière
revient à en moduler le sens de façon radicale, l'air de rien.
« Il m'aime. Elle m'aime. Je t'aime un peu, beaucoup,
passionnément, à la folie... pas du tout ",
scandent les amoureux sur un ton enjoué en effeuillant des marguerites.
Mais la désinvolture n'est qu'un masque,
le jeu s'avère bien plus sérieux qu'il n'y paraît
car l'enjeu est extrême en vérité ; il en va présentement, ardemment de l'amour.
On y risque son cœur, sa joie, son plus vif espoir.
L'amour, la mort : on ne badine ni avec l'un ni avec l'autre.
Effeuiller le verbe mourir ainsi qu'une fleur des champs
c'est mettre à nu son propre coeur, ses pensées, son espérance.
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 septembre 2014
« Le Christ mort, lui, espère toujours en Dieu, et il continue à le louer. […] Parce que jusque dans la mort, il demeure un vivant, un fidèle, un célébrant. » (p. 103)
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 septembre 2014
« Partir, dit-on, c’est mourir un peu. Mais partir d’où, pour aller où et qu’entend-on par ‘mourir un peu’ ? Comment le verbe mourir peut-il s’accommoder d’un adverbe de quantité alors qu’il désigne un évènement à chaque fois unique, définitif, absolument inquantifiable ? » (p. 9)
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 septembre 2014
« Il nous arrive aussi de déclarer forfait face à l’imbroglio des questions restées sans réponses satisfaisantes tant elles sont contradictoires au sujet de Dieu, et de clore l’enquête en estimant l’avoir menée à son terme. » (p. 36 & 37)
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 septembre 2014
« Le pas, la voix, le souffle – c’est la vie qui va, qui se meut, palpite. » (p. 65)
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Vidéo de Sylvie Germain
En mars 2020, nos propres portes se referment sur nous pour des mois. La première vague du coronavirus nous force à nous confiner. Isolée, Sylvie Germain compose « Brèves de solitude », roman polyphonique où le temps de la fiction entre en coïncidence avec celui de la réalité. Enfermés à Paris, les multiples personnages de la romancière font l'épreuve de la séparation de leurs proches et découvrent peu à peu celles et ceux avec lesquels ils vivaient jusqu'ici juxtaposés. Leur solitude est l'occasion d'une exploration intérieure, jusqu'à une apothéose lunaire.
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Le texte imprimé a paru en 2021, aux éditions Albin Michel.
Direction artistique : Francesca Isidori.
Pour les virgules sonores, merci à Vincent Henquinet du studio EURODVD.
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Sylvie Germain

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