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EAN : 9782070394555
120 pages
Gallimard (12/04/1996)
3.98/5   234 notes
Résumé :
Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n'a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul. La pureté est la matière la plus répandue sur la terre. Elle est comme un chien. Chaque fois que nous ne nous reposons sur rien que sur notre coeur vide, elle revient s'asseoir à nos pieds, nous tenir c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Lorraine47
  20 octobre 2012
Je furetais dans ma petite bibliothèque de village quand soudain je suis tombée sur toi! Je t'ai fait glisser doucement de l'étagère, j'ai découvert ton titre et il m'a plu! Je t'ai retourné alors délicatement et j'ai lu:
" C'est toujours l'amour en nous qui est blessé, c'est toujours de l'amour que nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien."
Je t'ai gardé avec moi et j'ai su que toi et moi nous allions faire un petit bout de chemin ensemble.
Et je n'ai pas été déçue du voyage!
En fait je n'aurais jamais espéré lire un tel ouvrage car je n'ai jamais rien lu de tel auparavant. Cela ressemble à de la poésie en prose, à de la philosophie, c'est un récit qui ne dit pas son nom; c'est une pensée qui se livre à moi, comme une confidence.
L'émotion est au détour de chaque page, mais aussi l'analyse intelligente et implacable des travers de notre société:
société de consommation, société de l'image où tout nous est déversé sans analyse comme un immense vomi: où l'on a envie d'entonner la chanson de Stéphane Eicher (qu'il veuille bien me pardonner si j'ai écorché son nom!): "Déjeuner en paix."
Mais l'impression qui se dégage de l'ouvrage est un incommensurable amour, de la lumière à la femme qui se meurt: "l'inespérée".
Merci Monsieur Bobin pour cette rencontre inespérée et je vous dis à Bientôt!
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dancingbrave
  15 mars 2019
Rien, il ne se passe rien dans cet ouvrage. Mais tout, tout y est perçu.
Encore plus intensément que dans la lumière crue des mots, c'est dans le gris, le demi-ton de la phrase que se révèle la noblesse de l'écrit, la puissance évocatrice du verbe de Christian Bobin.
Recueil de nouvelles abordant des thèmes aussi variés que la lumière, l'ignominie des journalistes de la télévision, la nostalgie du « chez soi », du « faire rien » qui nous prend dès que nous sommes ailleurs, la solitude féconde, la perception de la mort, la peur, la foi fugace devant la souffrance.
Les mots de Christian Bobin trouvent le chemin parfait dans les circonvolutions de l'esprit du lecteur. Les phrases sont concises, claires et percutantes. Je les adore pour le simple plaisir de les lire, de constater combien elles me touchent. Il faut les lire vite, en état de lucidité et d'attention parfaits puis laisser faire….
Il reste les images qui imprègnent notre esprit buvardeux et l'éclairent confortablement, plaisamment.
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tamara29
  14 septembre 2019
Il a suffi d'une phrase pour plonger dans la lumière. Une fois encore, Christian Bobin a réussi en si peu de mots, en presque un claquement de doigt, à accomplir comme un miracle, à me faire me sentir toute autre. C'est presque l'inespéré(e). A tel point que cela me donne envie de le raconter, de le partager. Un sourire, ça se partage…
Parler des poésies de Christian Bobin, c'est parler de notre ressenti, de nos émotions. Bobin réussit en si peu de mots à parler de l'essentiel et à nous émouvoir. Si peu de mots, pour faire éclater la beauté, c'est là toute la magie de Bobin. C'est aussi toute la pureté qu'il recherche, qu'il touche de sa plume et qu'il nous offre.
Il rend lumineux le quotidien, il nous rappelle, nous murmure à l'oreille les petits riens qui font tout. Qui font le tout. Qui font le nécessaire, l'indispensable. L'eau, le sourire d'une femme, la beauté du monde, le vent qui souffle dans les arbres, la musique, la solitude, le silence et les autres. Et cela suffit. Parce que tout cela parle d'amour, de sensations et de beauté. Comme des petits bonheurs du quotidien. Rien d'autre n'est nécessaire, presque superflu. Apprendre à se suffire de cela, ne rechercher que cela, dès la lueur du jour jusqu'à la tombée de la nuit. Continuer de s'émerveiller.
J'ai commencé ce livre, l'humeur un peu patraque et à peine deux heures plus tard, je me retrouvais sans presque m'en être rendue compte, à terminer ses histoires, ses poèmes, assise dans un parc, entourée de parterres de roses et autres fleurs éclatantes, une petite brise soufflant et avec un sourire aux lèvres qui faisait tellement de bien à l'âme. En deux heures à peine, en quelques mots si importants, si réjouissants, je me sentais différente, changeante, changée. A la fois plus légère et plus lourde, ayant empli en moi cet essentiel. A la fois si simplement et si incroyablement.
Il a suffi d'une phrase qui a résonné en moi pour que je me sente toute autre. Il ne fait pas que du bien à l'âme mais aussi au corps, littéralement, chaleureusement, vertigineusement.
Et puis, pages après pages, ces mots -explosant dans ma tête- cimentaient la transformation. Il a suffi de ces mots d'une poésie rayonnante, d'une force indicible, d'une telle beauté, d'un tel amour (je sais, cela parait ridicule, dit comme cela, mais encore une fois c'est bien là l'essentiel) pour oublier tout et rentrer dans son monde. Et pour ensuite, ouvrir les yeux et regarder tout autour de moi.
Bobin a le pouvoir de changer mon humeur, souffler sur mes états d'âme, faire voler en éclat mes petits tracas ridicules du quotidien. Il sait cristalliser mes émotions.
Et je voudrais garder en moi ces mots, cette lumière car ils sont des talismans, des grigris contre le mauvais temps, l'humeur maussade. Je voudrais me les graver sur la peau, les implanter dans mon petit cerveau, les injecter dans la cornée pour ne pas oublier leur influence positive et régénérante, et pour succomber encore à leur charme (presque inespéré).

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blandine5674
  13 février 2022
Une petite pensée pour dancinqbrave qui se délecte aussi de la beauté des mots de Bobin. Des nouvelles diverses qui ne se racontent pas mais qui se savourent. Je continue de penser que Bobin, c'est comme un grand vin, il faut choisir les occasions pour déguster ses paroles et se sentir ainsi mieux face à la vie, surtout celle actuelle.
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ATOS
  17 décembre 2015
L'inespérée. Ineffable préférence. le savoir léger de l'absence, de sa douleur tout autant que de sa joie. La presque idéale attente. La sainte peut être. On ne sait plus si cela tient à sa confidence, à un parfum, ou à la lumière, au hasard, à rien, sans doute . Au temps ? Non le temps ne retient rien. le temps n'a pas de mémoire au coeur, ni à l'esprit. C'est un désespoir d'humain. le temps a-t- il parfois ne serait ce que le soupçon d'une âme ?
Alors chair, femmes et âmes se pourrait il que l'inespérée soit... Poésie ?
Christian Bobin, c'est une main qui pose une feuille d'or sur des icônes avec le juste touché qu'il faut pour que les mots dessinent le vrai sourire de nos silences.
C'est toujours une lecture intime, un entre fidèle chien et soie. Un recueil de nouvelles , qui nous redonne le goût d'un sentiment de partage en un toujours si fragile entre nous.
On se connaît, je te dis vous, mais entre nous il y a ..trois fois rien. Quelques molécules de lumière. Presque rien, c'est vrai... mais il y a le monde en tout.
Nos ombres nous ressemblent, elles tremblent lorsque le vent devient un peu fou , et pourtant n'est-ce pas lorsque la flamme de la lampe se met à danser que nos mots se mettent à voyager.
Il n'y a que chez très peu d'auteurs que les mots miracle, amour, Grâce, pureté, lumière et joie sont acceptables. Chez Bobin ces mots ont trouvé le plus beau et solide des écrins.Et cela nous va bien.
Cela est ,de nos jours, disons le, chaque jour de plus en plus.. : Inespérée.
Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
SandrineDPSandrineDP   30 janvier 2013
"Toutes les peurs viennent de l'enfance, pour la châtier, pour l'empêcher d'aller son cours. Tous les enfants connaissent la peur d'une connaissance intime, personnelle - mais pendant longtemps elle ne les atteint pas dans leur enfance. Ils la contournent, ils la frôlent et même ils jouent avec. Tu as peur des insectes et des uniformes, des mauvaises notes et des chiens, tu as peur des revenants. La peur est comme une avancée du monde adulte dans ton enfance. Elle a sa place , elle a ses heures, elle a ses lieux. Mais elle ne t'arrête pas. Tu tombes, tu as peur de tomber ce qui fait que tu tombes, et puis tu te relèves, tu tombes et la seconde d’après tu éclates de rire. La joie est encore plus forte. Le goût de vivre pour vivre [...]La peur n'est plus comme hier dans le monde, dans les dorures d'une légende ou dans les recoins d'une rue. Elle est maintenant dans l'esprit des adultes. dans le sang de leur sang, dans le coeur de leur coeur. Elle les mène de part en part, elle est enfin venue à bout de l'enfance infatigable. Elle fait les mariages tristes - par peur de la solitude. Elle fait les travaux de force - par peur de la pauvreté. Elle fait les vies absentes - par peur de la mort. Quand elle descend sur l'enfance, la peur s'évapore aussitôt. Quand elle descend sur les adultes, elle reste, elle s'entasse. On dirait de la neige, une neige qui ne tomberait pas sur le monde mais sur l'esprit. La peur qui entre dans un coeur d'adulte rejoint la peur qui y était déjà. Elle s'effondre en elle-même, elle s'ajoute à elle-même comme de la neige grise. Alors tu ne bouges plus. Alors tu t'interdis de bouger sous la neige sale, tu ne sors plus de chez toi, de ton mariage, de ton travail, de tes soucis. En resserrant ta vie tu cherches à diminuer le champ de la peur, à ralentir l'avalanche grise."
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Lorraine47Lorraine47   20 octobre 2012
Pour qu'une chose soit vraie il faut qu'en plus d'être vraie elle entre dans votre vie. Or tout ce qu'elle avait vécu s'était passé en son absence, loin d'elle.
C'est une chose qui arrive souvent: on peut rester dix ans célibataire dans un mariage. On peut parler des heures sans dire un mot. On peut coucher avec la terre entIère et rester vierge.
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gaillard1gaillard1   21 septembre 2010
C'est toujours l'amour en nous qui est blessé, c'est toujours de l'amour que nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien.

Tel que relevé pour "Les fils de la pensée" https://filsdelapensee.ch/
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   15 juillet 2009
"Pour qu'une chose soit vraie il faut qu'en plus d'être vraie elle entre dans notre vie."
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coquecigruecoquecigrue   12 avril 2011
L'arbre est devant la maison, un géant dans le lumière d'automne. Vous êtes dans la maison, près de la fenêtre, vous lui tournez le dos. Vous ne vous retournez pas pour vérifier s'il est bien toujours là – on ne sait jamais avec ceux qu'on aime : vous négligez de les regarder un instant, et l'instant suivant ils ont disparu ou se sont assombris. Même les arbres ont leurs fugues, leurs humeurs infidèles. Mais celui-là, vous êtes sûr de lui, sûr de sa présence éclairante. Cet arbre est depuis peu de vos amis. Vous reconnaissez vos amis à ce qu'ils ne vous empêchent pas d'être seul, à ce qu'ils éclairent votre solitude sans l'interrompre.Oui, c'est à ça que vous reconnaissez l'amitié d'un homme, d'une femme ou d'un arbre comme celui-ci, gigantesque et discret. Aussi discret que gigantesque.
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Vidéo de Christian Bobin
"Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent, c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière." En guise de fil rouge pour ce nouvel épisode, cette citation de Christian Bobin. Nous avons interrogé quatre personnes. À chacune, nous avons posé la même question: "Quel est le livre qui a changé votre vie ?". Se sont prêtés au jeu, l'autrice Lilia Hassaine, le bibliothécaire brestois Loïc Martin, le lecteur passionné Nicolas le Verge et le libraire de Dialogues Julien Laparade.
Un épisode imaginé en partenariat avec le réseau des médiathèques de Brest, dans le cadre de la Nuit de la Lecture 2022.
Bibliographie :
- La Pitié dangereuse, de Stefan Zweig (éd. Grasset) https://www.librairiedialogues.fr/livre/52433-la-pitie-dangereuse-roman-stefan-zweig-grasset
- La Taupe, de John le Carré (éd. Points) https://www.librairiedialogues.fr/livre/13541117-la-trilogie-de-karla-la-taupe-roman-john-le-carre-points
- Deux ans de vacances, de Jules Verne (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/732645-deux-ans-de-vacances-eux-ans-de-vacances-jules-verne-le-livre-de-poche
- l'été, d'Albert Camus (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/454969-l-ete-albert-camus-folio
- le Destin miraculeux d'Edgar Mint, de Brady Udall (éd. 10-18) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1849842-le-destin-miraculeux-d-edgar-mint-brady-udall-10-18
- La Petite lumière, d'Antonio Moresco (éd. Verdier) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18885936-la-petite-lumiere-antonio-moresco-verdier
- Djamilia, de Tchinghiz Aïtmatov (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18640-djamilia-tchinghiz-aitmatov-folio
- La Bibliothéque des écrivains, de Stéphanie Khayat (éd. Flammarion) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19792504-la-bibliotheque-des-ecrivains-le-livre-qui-a-c--stephanie-khayat-flammarion
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