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EAN : 9782246552819
409 pages
Grasset (22/04/1998)
3.75/5   42 notes
Résumé :
En 1545, François ler, avec le renfort des troupes papales, envoie ses soldats combattre l'hérésie vaudoise, dans le Midi.

Revenu s'installer dans sa Provence natale après de longs voyages en Orient, le maître-chirurgien Jehan Dieu de la Viguerie, dit le sieur Dieu, soigne tous les malades sans discrimination, tout en essayant de découvrir le criminel qui assassine des fillettes et prélève leur foie.

Sa liberté d'esprit et son amour p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Détrompez-vous, ceci n'est pas un essai sur la vie de Jésus.
Ceci n'est pas un essai religieux.
C'est un roman : historique, irrévérencieux, érudit, ironique.

Les religions, au 16e siècle, ça vous dit quelque chose ? L'inquisition, les dominicains, les franciscains, les juifs, et surtout les vaudois, ces pauvres gens pourchassés pour leur désir de pureté, pour leur refus de l'hypocrisie, de la richesse et de la luxure au sein de l'institution catholique de l'époque, obligés de se réfugier dans les montagnes du Luberon où souffle le mistral.
Avignon, Mérindol, Ménerbes, Aix, Cabrières…toutes ces localités qui (me) font rêver sont le théâtre d'atrocités en tout genre. Meurtres de toutes jeunes filles, en y ajoutant le viol et en y retirant le foie, tortures faites avec amour par l'Inquisition, guerre (sainte ?) contre les vaudois passés au fil de l'épée, femmes violées, accouchements difficiles, et j'en passe.

Et quand ce n'est pas de haine qu'il s'agit, c'est d'opérations chirurgicales effectuées par le sieur Jehan Dieu de la Viguerie, maitre-chirurgien, homme bon qui veut sauver la gent humaine et retrouver le meurtrier amateur du foie des jeunes filles. Je vous fais grâce des détails.
Cet homme croit en l'amour, il croit en la réconciliation de tous les hommes dans une même religion, ou plutôt un même Dieu. Il croit aussi en la réincarnation, et se met volontiers dans la « peau » de l'orange de Marie, de la chienne de Lao-Tseu, de l'agnelle de Mahomet, de l'araignée de Jésus, du jujubier de Mani…, profitant de cette occasion pour nous donner de petits aperçus parfaitement résumés et avec humour, s'il vous plait, de ces personnalités.

L'enquête sur les meurtres de jeunes filles n'est qu'accessoire finalement, pour nous familiariser avec le mode de vie et de pensée de l'époque et nous ouvrir à l'amour et à la tolérance. Je vous recommande ce roman historique hors du commun, plein de verve, de vocabulaire de l'époque, de détachement et d'ironie mordante. Jubilatoire !
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Le Lubéron, 1545. Au plus fort de la croisade lancée par le Pape contre les protestants et les Vaudois de cette région encore indépendante du royaume de France, Jehan Dieu de la Viguerie (Sieur Dieu), étonnant chirurgien nomade qui rappelle Don Quichotte, rêve d'oecuménisme universel.
Un passé voyageur sur la route de la soie en a fait le disciple de Confucius, de Bouddha et de Lao-Tseu. Convaincu d'avoir traversé des vies antérieures, Jehan Dieu se souvient d'avoir été l'araignée auprès de Jésus Christ, la vache de Moïse, la mouche de Zarathoustra…et d'avoir reçu de ces incarnations la philosophie et la morale qui le guident (de quoi concurrencer honorablement les fables de Lafontaine). Homme libre, idéaliste et fataliste, le Sieur Dieu épousera une Vaudoise et soignera les hérétiques au nez et à la barbe des inquisiteurs. Il ira même jusqu'à les provoquer quand, armé d'un esprit justicier, il mènera son enquête pour démasquer un assassin violeur de jeunes vierges. Et, je n'en dirais pas plus. Ou juste que la morale de ce roman proche de la fable pourrait bien être qu'on n'échappe pas à son destin.
Pour qui est curieux du Moyen-âge, apprécie les intrigues policières originales et les ouvrages bien documentés, riches, en prime, d'accents philosophiques et de traits d'humour, ce roman ne peut être qu'une très belle rencontre. « Oui, mais…diront certains, il comporte de nombreuses scènes de violence plutôt crues ». C'est vrai. Tout autant que le moyen-âge marqué par l'inquisition ne fut pas délicat avec les âmes sensibles…Alors, n'empêche : le Sieur Dieu se distingue comme un excellent roman dont on se souvient longtemps et qui, malgré son âge, saura toujours emporter l'adhésion de lecteurs gourmands d'épopées singulières relatées dans un style percutant.
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L'histoire se passe en 1545 dans le Lubéron, au plus fort de l'Inquisition, qui pourchasse ici les Vaudois, ces hérétiques obstinés et incorruptibles.
Jehan Dieu de la Viguerie est maître-chirurgien. Il soigne les malades et les blessés des deux camps, idéaliste lassé par l'intransigeance des papistes. Il rêve d'une religion universelle qui respecterait davantage l'homme. Il s'est mis aussi en tête de découvrir le tueur en série qui sévit dans la région, qui viole et tue bon nombre de jeunes vierges et leur ôte le foie...
Il faut souvent s'accrocher quand l'auteur décrit les interventions chirurgicales du sieur Dieu, ou les découvertes de cadavres ensanglantés. Pourtant le roman se lit d'abord avec plaisir: Giesbert écrit bien, l'utilisation de multiples mots anciens contribue à rendre l'atmosphère de l'époque, et les considérations philosophiques du sieur Dieu semblent bien sympathiques par rapport à la bêtise et à la méchanceté des Papistes.
le sieur Dieu est respecté et craint à la fois car nul ne parvient à cerner le personnage. N'écrit-il pas des textes dans lesquels il se décrit dans des vies antérieures, sous la forme d'une araignée, d'une courge, d'un chat...? Il finit bien sûr par être arrêté lui aussi, et à partir de ce moment du récit, Giesbert semble perdre son inspiration. Les discussions théologiques entre le sieur Dieu et ses bourreaux sont longues et ennuyeuses. Et le récit des tortures endurées remplace celui des actes chirurgicaux. Dommage!
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L'écrivain nous fait vivre en Provence sous François 1er. Les armées du Roi et du Pape exterminent les Vaudois. Un tueur tue des fillettes et retire leur foie. Jehan Dieu de la Viguerie, chirurgien soigne dans les deux camps et tombe amoureux d'une belle vaudoise aux yeux verts. Comment ne pas être écoeuré par l'acharnement de l'Inquisition qui fait avouer par la torture... Où se trouve la clémence dans cette religion sanguinaire ? L'Homme finalement n'a pas changé ! On tue toujours aujourd'hui au nom d'un Dieu qu'on n'a jamais vu ! J'ai refermé ce livre qui étale la cruauté, la bêtise avec un profond dégoût . Pourtant Jésus disait "Aimez vous les uns les autres ".
Mireine
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Ca se passe au moments des guerres de religion, et conte l'histoire d'un chirurgien noble et courageux qui finit après bien des tribulations à démasquer son calomniateur. La plume est crue, le sieur Dieu attachant, la narration entrecoupée de reflexion philosophique le tout sur fond de lutte intestine. Dénoncer le fanatismes et les iniquités tels sont les propos sous-jacent de ce roman.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
On ne dira jamais assez que l'Ancien et le Nouveau Testament sont des livres séditieux, à ne pas mettre entre toutes les mains. Il y a dedans trop de révolte et trop d'imprécations qui risqueraient de troubler l'heureuse digestion des puissants du jour. Ces pages les dégoûteraient d'eux-mêmes. Elles les dégoûteraient du monde. L'Eglise l'avait bien compris. Il n'y avait de Bible qu'en latin, de sorte que les fidèles ne pouvaient la lire à leur guise. Ils ne la connaissaient qu'à travers la lecture des prêtres.
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[...] La Juiverie d'Avignon s'élevait au pied de l'église Saint-Pierre, non loin du Palais des Papes. C'était un quartier clos de murs et fermé par trois portes, avec des maisons de cinq ou six étages qui dominaient la ville. Il était plein à craquer. On aurait dit qu'il allait éclater.
Les juifs ne proliféraient certes pas; ils n'étaient guère plus de trois cents. La ville leur mesurait chichement la place, sous prétexte qu'ils se croient partout chez eux et en veulent toujours plus. Ils étaient donc circonscrits dans une "carrière" bien trop petite pour eux, où ils vivaient les uns sur les autres, cernés par les ordures, les enfants et les maladies. [...]
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il faut que les gens meurent ou s'éloignent pour qu'on ne les quitte plus, parce qu'ils vivent en nous.
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un regard d'enfant ; un regard qui donnait le sentiment de rester partout où il passait, pour y laisser de l'innocence .
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on a tort d'aller chercher l'infini loin du monde. Il est souvent tout près de nous, dans les yeux d'une femme.
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