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EAN : 9782070178940
448 pages
Gallimard (10/03/2016)
3.46/5   252 notes
Résumé :

Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier. Sa vie claque comme une épopée.

Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier.
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
3,46

sur 252 notes
"C'est ce soir-là que j'ai décidé de tenir un Livre du Mal dans lequel j'inscrirais désormais les noms de tous les personnages maléfiques dont je croiserais la route. Le premier fut Robespierre."
(p. 126)

Robespierre avait peut-être du bol que sa tête fut tranchée par la guillotine plutôt que par la truculente justicière Lucile Bradsock. Je pense qu'il aurait souffert d'avantage...
Mais si vous vous êtes déjà posé la question : quelle main a bien pu tenir le pistolet qui a fatalement percé la poitrine du général Custer par deux immondes trous de la taille d'un dollar mexicain ( et ce n'était vraiment pas beau à voir !) lors de la bataille de Little Bighorn, vous n'êtes pas au bout de vos surprises...

Oui, parfois il nous arrive à tous que notre biblio-tour de Babel s'effondre. Mais cela permet quelques fouilles presque archéologiques dans ses fondations pour en ressortir l'inattendu, comme cette "Arracheuse de dents".
La quatrième de couverture promettait une sorte de roman picaresque, un peu dans le style de "Don Quichotte" ou de "Tom Jones", et c'était presque ça, en insistant sur le "presque".
L'histoire avance à la vitesse d'une malle-poste poursuivie par une meute peinturlurée et hurlante de Sioux Oglalas, mais en même temps, on sent que Giesbert se sert de son héroïne (qui a traversé une des époques les plus mouvementées de l'histoire) dans un dessein bien précis : dénoncer le côté sombre de la Révolution française, l'esclavagisme et les massacres d'Indiens d'Amérique. Un peu prévisible, donc, mais loin d'être gênant; c'est plutôt une bonne idée d'entretenir la mémoire de tous les "Apollons" noirs et les "Gouttes-de-Rosée" à la peau rouge par un livre de fiction aussi pétillant. Même si on anticipe les personnages célèbres que Lucile va rencontrer, Giesbert sauve la mise et la surprise en fournissant tant d'anecdotes et de détails historiques irrésistibles qu'on veut bien jouer le jeu jusqu'au bout.

Car Lucile Bradsock, une centenaire toute desséchée, nous raconte sa vie aventureuse sans chichis.
Qui d'autre qu'une dentiste, apprentie du célèbre Frochon à Paris, aurait pu côtoyer d'aussi près les hommes qui ont fait L Histoire ? C'est pendant la Révolution que Lucile commence à mélanger ses mixtures et à mixturer ses mélanges qui soulagent, et bientôt elle va fourrer ses doigts experts dans les bouches royales, royalistes et révolutionnaires, dans les bouches de la Terreur, les bouches d'esclaves, d'esclavagistes et d'abolitionnistes... des bouches connues et inconnues, riches et pauvres; car partout, ne vous en déplaise, les gens souffrent de rages et de maux de dents.
Elle va rencontrer le roi déchu et Marie-Antoinette, Robespierre, Beaumarchais et tant d'autres, avant d'être obligée de fuir la France en s'embarquant sur un bateau de commerce triangulaire pour aller en Afrique, puis en Amérique. Et ça continue avec La Fayette, Lincoln, Washington (affreux dentier !), Emerson, Thoreau, Sherman, Black Elk, Custer... Sans oublier le petit détour sur l'île d'Elbe.
Incroyable comme tout le monde avait des dents pourries à l'époque, même Napoléon ! Heureusement qu'il y a la "célèbre pâte Lucile", capable de soulager moult souffrances !

Giesbert s'amuse et nous aussi, d'autant plus qu'il fait de son héroïne une impitoyable justicière qui tire aussi vite que son ombre et égorge sans trop de scrupules tout ce qui lui tape sur les nerfs par cruauté, méchanceté, lâcheté et arrogance. Sacrée Lucile ! Trois maris et d'innombrables hommes ont partagé son lit, elle a toujours caché son Livre du Mal aux yeux indiscrets du monde, et ses économies dans sa petite culotte. C'est comme ça...
Et pour cette histoire de Custer, du dentier de Washington et du testament de Napoléon, je vous laisse découvrir.
Trois étoiles et demi tout à fait honnêtes, et mes hommages à Lucile !
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Alerte ! J'ai beaucoup, beaucoup aimé cette écriture alerte autant que décontractée.
Au début, je me suis tout de même méfié de ce côté abrupt à la « Teulé » et, après avoir atteint la cinquantaine de pages, je n'ai pas pu lâcher ce roman. Son rythme et sa verve donnent à ce texte un dynamisme qui nous font défiler les pages comme l'héroïne cavale sur les plaines de Géorgie à la rescousse des indiens d'Amérique.
Extravagant destin de cette femme, Lucile Bradsock qui, devenu centenaire, cache dans une maison de famille le récit de sa vie.
Elle a vécu au coeur de la révolution française, de la guerre de sécession, de la traite des africains. Véritable « Django » de « Tarentino » armes à la main, elle pourfendra les esclavagistes, taillera en pièces les révolutionnaires sanguinaires, c'est truculent, cocasse, « enlevé » comme aurait dit ma grand-mère.
Tous les sentiments sont exacerbés, l'amour qu'elle adore avec son « Apollon », esclave africain qu'elle fait évader, la mort qu'elle distille tout au long de ses périples.
Recherchée par les uns, adulée par les autres pour être devenue une des premières dentistes de son époque, elle soignera avec sa « dentisterie »: Lincoln, Grant, Washington, Lafayette, Robespierre, Louis XVI, Napoléon…
F.O.G. s'en amuse, il s'interroge même, pourquoi de grands historiens n'ont pas cité son héroïne en présence de l'Empereur à l'ile d'Elbe ou à Waterloo ?
Avec sa force de vivre malgré ses malheurs, elle éclabousse de bonheur. « J'abomine ta joie malsaine qui survit à tout, aux chagrins, aux deuils, aux crimes de la révolution, c'en est obscène. Ne pourrais-tu pas pleurer de temps en temps comme nous tous ? » éructe sa meilleure amie qui d'ailleurs lui volera son amour de jeunesse.
Ce livre est un divertissement intelligent, un petit magasin d'éducation et de récréation.
J'ai vraiment beaucoup aimé, c'est un hymne à la joie malgré les horreurs de l'Histoire.
Fin de critique, la parole est à vous : « Comme tout le monde le sait sauf les écrivains, ce sont les lecteurs qui écrivent les livres. »
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Moïzette, casse-cou, passionnée, jouisseuse, libre de toutes attaches et un brin "serial killer" : tel est le portait de cette femme du 19e, dont la longue vie se confond et se confronte aux événements du temps entre France et États Unis.
Non contente de savoir arracher des molaires pourries, elle est capable de bistourner les couilles de veaux pour les châtrer, et autres fantaisies sur la lie de l'espèce humaine.
Le ton est donné, volontiers truculent, vif et libéré, agrémenté d'une élégance d'écriture qui rend la lecture fluide et addictive.

Au-delà de la fiction romanesque se dessine un contexte travaillé : l'horreur de notre Révolution a rarement été aussi bien décrite dans le quotidien des années de la Terreur, faisant fi de cette période « glorieuse » communément encensée par l'Histoire.
Suivent les guerres de Vendée, celles de Sécession américaine et des conflits indiens… tout en évoquant le commerce triangulaire et l'esclavage.
Autant dire que cette épopée n'a rien d'une bluette, même si l'amour s'en mêle souvent!
Dans un grand fourre-tout informatif, Franz-Olivier Giesbert construit un personnage rocambolesque qui donne de la fraîcheur à la grande Histoire.
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Je suis perplexe. Autant j'ai apprécié ma lecture, autant j'ai eu hâte de la terminer et de passer à autre chose.
Comment dire.... c'est trop. Lucile qui croise sur son chemin Robespierre et d'autres noms de la révolution, Marie-Antoinette, Louis XVI, le petit dauphin, Napoléon, Jefferson, Ulysse Grant, Washington, Lafayette et compagnie.... Sans compter la libido élevée du personnage qui a la vessie qui pince lorsque l'envie lui prend de se retrouver dans les bras d'un homme. Végétarienne, justicière, dentiste, médecin.... Alouette!! Bref. Trop.
Mais par contre, j'ai beaucoup aimé les chapitres faisant état de l'esclavage et de la guerre américaine contre les peuples indiens. Je n'avais encore que très peu croisé ces sujets à travers mes lectures et j'ai le sentiment que l'auteur avait bien sondé L Histoire avant d'en faire la trame d'une partie de son roman.
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Tout au long de l'année, les médiathèques ont pour mission de nous faire font découvrir les CD, livres ou DVD qui leur ont plu… A l'heure de l'été, elles ont pour habitude de compiler une partie de leurs coups de coeur afin de les partager avec nous. Et je crois pouvoir dire que l'arracheuse de dents est un des titres qui m'aura beaucoup le plus marqué durant l'année 2016.

Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock .Au soir de sa vie,Lucile Bradsock nous raconte sa vie, et quelle vie! Entre France et États-Unis. Sa vie claque comme une épopée.Réfugiée à Paris, la jeune fille apprend le métier de dentiste En plus de sa profession, elle a le don de s'attirer les pires ennuis dont elle s'en sortira avec panache. Elle est même obligée de fuir en Amérique pour échapper à la guillotine........

Tout d'abord, Lucile Bradsock, l'héroïne de L'arracheuse de dents, est à la fois un personnage truculent fascinant et une sacrée redresseuse de torts… Cette aventurière, cette révoltée, cette guerrière m'a beaucoup plus. C'est une femme de poigne de caractère qui passe son temps à cultiver la haine. D'ailleurs c'est la haine qui la tient encore debout. Elle est dure, rend coup pour coup, ne fait aucune concession, elle ne se laisse pas marcher dessus. Sa carcasse fait de la résistance mais elle adore la vie. Elle passe la sienne à faire la guerre au mal.C'est une femme à hommes,épris de liberté qui a tout le temps la bougeotte .
C'est une féministe. Elle se comporte comme un homme. Elle réfléchit comme un homme. Elle pisse debout comme un mâle. Elle adore la gnôle. Elle n'hésite pas à tuer un malheureux qui l'avait traitée de vieux fous, au sortir d'un bar. (A cette époque, tout le monde se faisait justice. Les assassinats étaient multiples et restaient impunis.) Rien ni personne ne lui fait peur, rien ni personne ne semble lui résister.; C'est la personne la plus recherchée de France. A travers ce livre, elle cherche à régler tous ses comptes. Elle se fait même passer pour un homme. En Amérique, jouer de la lame ne lui pose aucun soucis. Ses yeux deviennent les témoins d'une époque. le commerce triangulaire, et l'esclavage, la violence de la guerre, les traitements odieux réservés aux Indiens… Tous ces arguments m'ont donné envie de suivre ses aventures, tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un roman. La vie de Lucile semble improbable, mais on tremble avec elle, on rit avec elle, et on ne peut que trouver ce roman passionnant.

Ce roman est une fresque historique extrêmement bien documenté. Facile à lire,on ne peut pas le lâcher des mains. Nous plongeons au coeur de grands événements historiques. Grâce à Lucile et ses talents de praticienne et au fil des ses aventures successives, non seulement, nous croisons sur notre chemin des personnages illustres qui ont marqué l'Histoire de France et des États Unis décrits sous un jour inattendu. Mirabeau Robespierre, La Fayette, Danton, Marie Antoinette
Nous sommes aussi aux premières loges, dans la prise et la mise à sac des Tuileries ce10 août 1792, à ce instant, la monarchie vacille et est même sur le point de s'écrouler. Nous tombons nez à nez avec le Roi Louis XVI (ce grand homme martyr de la bêtise humaine), le regard hagard complètement désemparé.........A cette époque, on avait peur de la guillotine, après une arrestation arbitraire.

Pour finir, il y a un jeu dans l'écriture de ce roman, une mise en abîme puisque la personne qui retrouve le texte n'est pas l'auteur et les notes de l'éditeur sont en fait celles de l'auteur (qui s'amuse beaucoup dans ce roman grâce à ce personnage fictionnel).

Bonne lecture.
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critiques presse (2)
LeDevoir
20 juin 2016
Roman fantasque et joyeux, «L’arracheuse de dents» embrasse les révolutions française et américaine.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeFigaro
04 avril 2016
Les folles tribulations d'une pétroleuse, de la Révolution française à la conquête de l'Ouest.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
A partir de quarante ans, on a le visage que l'on mérite. A cinquante-cinq ans, le sien était une tête de mort. Le teint livide, les dents grises, les orbites enfoncées et les pommettes saillantes, Joseph Fouché, duc d'Otrante et ancien professeur de physique, semblait avoir séché au soleil après qu'on l'eut extrait du cercueil où il aurait été confiné pendant des jours dans un mélange de terre et de vinaigre.
Le grand choeur des historiens nous raconte que cet être méphistophélique aurait trahi tout le monde. Il est vrai que, toujours sur le coup d'après, il soutint chacun de ses maîtres comme la corde le pendu. Etait-il déloyal par nature ? Ce n'étais pas lui qui changeait mais le vent et Fouché tournait sur lui-même, tour à tour régicide, éradicateur de Lyon, séide de Napoléon, lèche-cul de Bourbon et fourrier d'Orléans.
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Sur quoi, Napoléon s'éloigna avec Cambronne qui revint, quelque temps après, me remettre un mot de sa part :
"Je suis heureux de vous voire ce soir. Je me contenteré d'un baisé.
Napoléon."
Je regrette d'avoir perdu ces lignes qui vaudraient cher aujourd'hui. Elles auraient fait taire la puissante confrérie des amis de Napoléon qui ne manquera pas de me tomber dessus en prétendant, contre toute évidence, que l'orthographe de l'Empereur n'était pas aussi déplorable, alors qu'il avait celle d'un enfant de sept ans, et je suis gentille, écrivant et parlant un improbable patagon. Pourquoi faudrait-il que les génies fussent toujours parfaits ?
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Il préférait s'infliger des froids mordants, l'hiver, plutôt que massacrer ses arbres. Frugal, il refusait comme les peuples indiens, qu'il admirait, de mettre le monde à son service et de le saccager pour son confort personnel.
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Un conseil: si vous voulez qu'il vive longtemps, il faut considérer que l'amour est un oiseau en cage, toujours prêt à s'échapper. Dans ce domaine comme dans les autres, trop de sécurité nuit, et tout ce qui est acquis se meurt. Il faut vivre chaque jour d'une passion comme si c'était le dernier.
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La première chose qu'on devrait apprendre à l'école, ça ferait gagner du temps, c'est qu'il faut toujours se méfier des héros : dès lors qu'il a gagné, le parti du Bien se transforme en parti du Mal. C'est une règle historique, aucune bonne cause n'y résiste.
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