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EAN : 9782072853951
416 pages
Éditeur : Gallimard (16/05/2019)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 91 notes)
Résumé :
"J'écris des romans pour raconter des histoires. Depuis longtemps, j'en avais une qui me courait dans la tête et qui se déroulait dans l'Allemagne nazie du siècle dernier, en Bavière. Une histoire d'amour, d'amitié. Malgré toutes mes lectures sur la période hitlérienne, je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi tant d'Allemands "bien", respectables, avaient pris à la légère la montée du nazisme tandis que les Juifs tardaient étrangement à fuir.
Par quelle a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Cetsak
  02 juin 2019
« Il n'y a pas de hasard, il y a que des rendez-vous » ... ce rendez-vous là m'a marquée !
Rendez-vous prit, donc, avec « Le Schmock ». le Schmock ?! En Yiddish, ce mot signifie tout à la fois penis, con et salaud. le père de Franz-Olivier Giesbert appelait ainsi, ironiquement, Hitler.
Eh oui, si les rencontres de nos vies ne sont pas le fruit du hasard, les rencontres littéraires, à mon sens, ne dérogent pas à la règle.
A peine la lecture de l'avant-propos entamée, me voilà, déjà, quelque peu chamboulée.
D'abord, par la révélation des origines de l'auteur : « Je suis de sangs mêlés, normand, allemand, autrichien, juif, anglais, écossais, peut-être même antillais et amérindien si on en croit les légendes familiales ». Un père américain « héros » du débarquement, aux origines juives et allemandes dont de lointains cousins germaniques au passif nazi ... autant dire un certain malaise ambiant lors des rares visites familiales les réunissant.
Ensuite, par les questions soulevées : « par quelle aberration, à cause de quelles complaisances, quelles lâchetés, le nazisme fut-il possible ? Qu'était-il arrivé à l'Allemagne qui, avec l'Autriche, avait enfanté Jean-Sébastien Bach, Hildegarde de Bingen et Rainer Maria Rilke ? Comment cela a-t-il pu advenir ? »
Alors oui, les origines et ces questions là résonnent en moi, font écho à ma conscience car, moi aussi, je suis « de sangs mêlés » ...
Tenter d'expliquer l'inexplicable une lourde tâche rendu possible dans un subtil mélange de fiction et de réalité historique. Franz-Olivier Giesbert n'est jamais loin. Omniprésent dans le récit, il s'immisce et délivre au lecteur des précisions historiques, rétablit des vérités. Il décrypte, de manière très factuelle, le contexte de la montée du nazisme en Allemagne.
S'appuyant donc sur la fiction : l'histoire d'une amitié qui traverse la première et seconde guerre mondiale. L'amitié de deux familles munichoises : Les Weinberger et les Gottsahl. Les premiers sont juifs. le lien est fort, fragilisé certes, par cette montée en puissance du nazisme mais il résiste tant bien que mal.
L'équilibre est fragile et le choix du camp parfois incertain. La limite entre les deux est parfois floue ... qu'elle soit consciente ou inconsciente ...
Avec l'ascension progressive de Hitler, le destin des deux famille les emmène vers le pire : la proximité avec le « monstre ».
L'auteur, via le récit du quotidien de ces deux familles met, donc, l'accent sur le peuple allemand face au « Schmock ». Ce roi de la perversion, capable des pires manipulations, jouant de sa grande faculté d'orateur :
« Modérant son antisémitisme frénétique devant les industriels qu'il s'employait à séduire, il le jetait le même jour, comme un os à ronger, dans ses discours devant la populace en transe. »
Hitler, l'immonde anguille se faufilant dans la brèche discrètement ... inoculant alors son venin ... s'enfonçant dans les eaux troubles de l'horreur ... destination finale : l'enfer ... concentration, extermination ...
L'histoire d'un « Schmock », d'un peuple ... notre histoire à tous !
À vous, Franz-Olivier Giesbert, cette première rencontre fut éprouvante, certes, mais quelle rencontre ! Merci à vous pour ce roman magistral, ce travail de documentation titanesque et votre grand respect des victimes et rescapés des camps dont, volontairement, vous n'abordez pas le quotidien et vos raisons sont des plus humbles ...
À toi, Rolf, mon grand-père ... Berlin, 1938, tu as seulement 17 ans lorsque tu rejoins la résistance contre le nazisme. Ta vie entière vouée aux autres et à la réconciliation Franco-allemande.
Tu étais là, dans mes pensées, tout le long de ma lecture.
À ta mémoire, mon extraordinaire grand-père, je te dédie ce billet ... peut-être, parviendra-il jusqu'à toi ...
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Archie
  12 septembre 2019
Franz-Olivier Giesbert, communément dénommé FOG, est une star incontestable des médias écrits et audiovisuels. Il a un avis sur tous les sujets et n'hésite pas à le donner, dans un style d'expression très particulier, conjuguant gouaille provocatrice, humour au second degré et admiration pour soi-même. Sa production littéraire, très diversifiée, ne m'avait jamais tenté, mais le succès qu'il rencontre avec le schmock a suscité ma curiosité.
Qu'est-ce qu'un schmock ? En yiddish, c'est à la fois un idiot et un salaud. Ou encore un pénis, et par extension, un type qui ressemble à un pénis. Un pénis mollasson, mais coupable parfois d'intromissions sournoises. Pour FOG, la personnalité d'Adolf Hitler en fait le prototype même du schmock.
Avant FOG, beaucoup avaient cherché à comprendre comment le peuple allemand, aux structures fondées sur de solides traditions éducatives, philosophiques, scientifiques et artistiques, avait pu se laisser embarquer dans le double objectif nazi, aussi stupide que criminel : éradiquer la population juive de la surface de la Terre, et conquérir militairement l'Europe pour donner de l'espace vital à la nation allemande.
C'est par le biais d'un roman historique que FOG présente sa vision des choses. L'ouvrage s'articule autour du parcours de deux familles fictives de la grande bourgeoisie allemande éclairée, les Gottsahl et les Weinberger, ces derniers ayant des antécédents juifs. Les membres de ces familles vivent au contact de personnages ayant réellement existé, parmi lesquels un certain Adolf Hitler.
1914, front allemand dans le Nord de la France. Karl Gottsahl, un officier d'une quarantaine d'années, prend en sympathie un soldat de quinze ans son cadet, un pauvre type solitaire et paumé, peintre dans le civil, du nom d'Adolf Hitler. Ils se lient d'amitié et leur amitié durera trente ans. Hitler restera toujours fidèle à Karl, le camarade de jeunesse, l'aîné brillant qui lui a tendu la main. Gottsahl verra longtemps en Hitler un loser, un activiste sans avenir, un tribun de brasserie, un idéologue de pacotille parmi d'autres. Un pauvre type, quoi ! Un schmock, pour lequel il continuera à éprouver une sorte d'affection indulgente mêlée de mépris. Il ne croira jamais à sa réussite. Lorsque Hitler sera appelé à la Chancellerie, il ne croira pas plus à la capacité des nazis de mettre en oeuvre son programme absurde. Plus tard, chaque fois qu'il rencontrera le Führer, il sera frappé par sa confusion mentale, par ses abattements dépressifs alternant avec des impulsions désordonnées. Un schmock, on vous dit !
A l'incrédulité des Gottsahl de tous crins, s'ajouteront la peur de représailles et le souci de préserver quelques intérêts. Voilà, selon l'auteur, ce qui explique la passivité de la majeure partie de la population, ce qu'on a l'habitude d'appeler aujourd'hui la majorité silencieuse. La base idéologique du nazisme a pris racine dans la frustration haineuse des classes allemandes les plus fragilisées par l'humiliation de la défaite de 1918 et les terribles difficultés économiques qui ont suivi… Ne pas prendre à la légère les frustrations haineuses des minorités !
Dans le Schmock, la fiction romanesque proprement dite n'a pas vraiment d'intérêt. Les tribulations familiales et sentimentales des Gottsahl et des Weinberger ne sont ni crédibles ni passionnantes. En mettant en scène ce casting de personnages fictifs et historiques, FOG a le mérite de donner un éclairage pragmatique sur la période, pointant la dangerosité d'idéologies semblant débiles au premier abord. FOG n'oublie pas non plus de rappeler que les crimes antisémites ne datent pas de l'Allemagne nazie et qu'elles étaient monnaie courante en Europe orientale, où les pogroms faisaient partie des traditions récréatives.
La personnalité de FOG transparaît tout au long de l'ouvrage. L'auteur ne résiste pas à la possibilité de placer un bon mot ou d'émettre un avis esbroufant. Mais ce qui marche bien dans un talk-show à la télé, trouve difficilement sa place dans un roman. On s'en doutait un peu. le schmock n'en reste pas moins une lecture très intéressante.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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montmartin
  24 juin 2019
Par quelle aberration, à cause de quelles complaisances, quelles lâchetés, le nazisme fut-il possible ? Qu'était-il arrivé à l'Allemagne qui avait enfanté Jean-Sébastien Bach ? Comment cela a-t-il pu advenir ?
Dans ce roman qui commence en 1920, à travers une intrigue et des personnages qui m'ont semblés secondaires, par rapport à l'intérêt principal de ce livre, Franz-Olivier Giesbert nous y décrit l'ascension d'Hitler. Un décryptage salutaire pour comprendre comment cela a pu arriver et surtout être vigilant pour que cela ne se reproduise plus.
Si le portrait du Führer prête parfois à sourire, « Un braillard inculte, au teint gris terreux, les intestins putréfiés, l'estomac rongé, provoquant des ballonnements, des rots et des pets inopinés, une véritable bonbonne de gaz. », l'auteur nous explique parfaitement qu'Hitler est arrivé au bon moment, fils de la haine, du désespoir, de l'humiliation. Homme insignifiant il avait en lui une hystérie, un feu qui électrisait les foules.
« Son principal mérite aura sans aucun doute été la chance. La politique est une affaire de travail, de talent, de compétence, mais surtout de chance. »
Franz-Olivier Giesbert n'a de cesse de nous répéter qu'un pays affolé est toujours prêt à se donner au premier venu à condition qu'il sache hurler sa colère. La montée des partis nationalistes et populistes dans de nombreux pays doit être pour nous tous un signal d'alarme.
Bien entendu comme toujours la plume de l'auteur est des plus agréables et il ne se prive pas de quelques bonnes phrases qui font notre bonheur.
« Il n'y a rien de tel au monde que l'amour d'une femme mariée. C'est une chose dont aucun mari ne se rendra jamais compte. »
« La jeunesse serait une si belle chose s'il n'y avait pas les jeunes. On dirait qu'ils font tout pour la foutre en l'air. »
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Cer45Rt
  04 août 2019
"Le Schmock" est un livre passionnant !
La tentative de Giesbert pour comprendre le nazisme est une réussite, vraiment ; c'est vrai que je ne partage pas tous les points de vue exprimés, sur les causes du nazisme, c'est vrai que la description que Giesbert fait d'Hitler est peut-être un peu simpliste, mais ce n'en est pas moins un beau roman.
Le nazisme permet à l'auteur de déployer des réflexions sur la politique, L Histoire, etc. Il s'agit de réflexions qui nous concernent tous, de réflexions parfois fines, pertinentes, et qui donne souvent à réfléchir.
Et puis il y a l'art de la formule, de Giesbert. Il trouve des façons originales de dire ce qu'il a à dire, il faut l'admettre.
Même si quelques scènes, quelques passages m'ont moins convaincu, ce livre m'a semblé intéressant, intelligent, puissant.
Les personnages sont très réalistes, leur psychologie fut très bien travaillée, cela se voir ; chacun de ses personnages semblent vivre, comme s'ils étaient réels.
Ce roman de Franz-Olivier Giesbert fut pour moi une lecture intense. Il appartient à la catégorie des livres qui ne laisse pas indifférents.
Un très beau roman !...
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isachon42
  07 avril 2020
Il faut le dire et le redire…
Il faut l'écrire et l'écrire encore….
Il faut le lire et le relire….
Personne n'a cru que Hitler pourrait atteindre le pouvoir suprême.
Trop paranoïaque
Trop hystérique
Trop antisémite
et surtout … pas au niveau ….
Et pourtant…..
Suite à la défaite de 1918 qu'il a vécue comme un véritable traumatisme, il entre en politique où, il fomente un dessein précis pour l'Allemagne qu'il mettra en oeuvre avec beaucoup de persévérance et d'habileté.
Une terreur sourde s'installe et l'incarnation du mal s'insinue dans toutes les sphères de l'Allemagne.
Et nous, aurions-nous vu ce qu'il se tramait ?
Aurions-nous eu le courage et aurions-nous réagit autrement ?
On ne sort pas indemne de cette lecture et le fonds documentaire indiqué à la fin de l'ouvrage nous invite à prolonger l'Histoire de cette sombre et terrible période.
Un grand merci à Céline et à son magnifique commentaire qui m'a donné envie de découvrir ce livre.
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critiques presse (1)
LeFigaro   16 mai 2019
L’auteur s’interroge sur la montée du nazisme dans un roman inquiétant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
CetsakCetsak   28 mai 2019
La raison a un grand défaut : elle n’est guère amusante, quand elle n’est pas barbante. C’est pourquoi, en démocratie, les peuples ont tendance à regarder ailleurs, du côté des braillards, idéologues, marchands de chimères. Thomas Mann était convaincu que l’aventure nazie conduirait « à une nouvelle guerre et à l’anéantissement total de la civilisation européenne ». Portée par une « gigantesque vague de barbarie excentrique et de grossièreté de foire », avec les « techniques de l’Armée du salut », elle allait, prophétisait-il, mettre « de l’écume » sur toutes les bouches allemandes.
L’écume monta vite à la gueule de la Bête qui s’ébrouait déjà au milieu des clameurs haineuses, abjectes. Tout était écrit, et Thomas Mann l’avait annoncé.
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CetsakCetsak   26 mai 2019
Pétrissez, moulez, cuisez, l’amour se faufile, se coule, s’incruste. L’amour et le pain, surtout s’il est chaud, sont consubstantiels ; ils se font la courte-échelle, exaltent la même griserie, vous élèvent au-dessus de vous-même. Il y a beaucoup de boulanger qui finissent pompettes - je ne plaisante pas - à force de respirer l’arôme enivrant des miches et des brioches. Observez-les titubant à la tombée du soir, quand ils se glissent, pour quelques heures, entre leurs draps.
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CetsakCetsak   31 mai 2019
« J’ai sympathisé avec lui pendant la Première Guerre, repondit Karl. Ensuite, tout en reconnaissant son talent oratoire, son éloquence quasi mystique, je l’ai toujours sous-estimé. D’abord, j’ai pensé qu’il était trop bête pour arriver au pouvoir. Ensuite, que son programme était trop bête pour qu’il cherche à l’appliquer. On ne se méfie jamais assez des imbéciles. On ne les voit pas venir. Ils ne ressemblent à rien. C’est ce qui les distingue. »
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CetsakCetsak   22 mai 2019
« Harald » descendait d’une lignée de Juifs athées et insouciants où les circoncis étaient, comme les bar-mitsva chez les garçons ou les bar-mitsva chez les filles, a peu près aussi rares que les perles rondes dans les moules d’eau douce. Ils pouvaient passer quasiment toute leur vie sans jamais sentir l’encens d’une synagogue et, pour mieux se fondre dans la masse, n’épousaient généralement que des goys. Pardonnez l’expression, ils se déjuivaient à petit feu.
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CetsakCetsak   23 mai 2019
Quand elle fait des embardées, l’Histoire ne respecte rien, c’est une saloperie qui écrase tout sur son passage, tue à l’aveuglette, change les noms, les destins. Une fable absurde racontée par une sadique amnésique.
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