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ISBN : 2916207961
Éditeur : Editions Ca et Là (23/04/2014)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Pourquoi le chiffre de 50 000 victimes revient-il aussi souvent dans les médias américains ? Les journalistes devraient-ils annoncer leurs intentions de vote ? Internet radicalise t-il nos opinions ? Ce sont quelques-unes des questions soulevées par Brooke Gladstone, journaliste spécialiste des médias pour la radio publique américaine NPR. Avec l’aide du dessinateur de bande dessinée documentaire Josh Neufeld, elle retrace dans La machine à influencer l’évolution de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  24 juillet 2014
A lire si vous vous intéressez au pouvoir des médias, à la désinformation en temps de guerre , à l'impartialité ou à la subjectivité des journalistes et aux "complots" médiatiques. Il fallait donc un copieux ouvrage pour traiter tous ces sujets et bien d'autres.
Sous la forme d'un essai illustré -moyen astucieux et ludique-, une journaliste, Brooke Gladstone, et le dessinateur Josh Neufeld décortiquent les actualités américaines depuis que la presse existe.
Le cheminement se fait par thèmes dans un suivi qui respecte la chronologie. du début de l'écriture, où l'information circulait plutôt lentement à une hypothèse de l'évolution du journalisme - avec des récepteurs hommes machines capables d'intégrer des flux d'informations aujourd'hui impensables.
J'ai trouvé ce livre parfois intéressant mais trop dense avec de nombreux thèmes trop peu développés - et c'est le principal défaut de cette BD commentée- toutefois son auteur rédige un manifeste plutôt honnête sur son métier.
J'ai apprécié la préface de Daniel Schneidermann, un journaliste français, qui tacle gentiment la conclusion trop facile de Brooke Gladstone :"Nous avons les médias que nous méritons".
Fatalité mise en défaut par l'objet même du livre qui est au contraire de montrer au lecteur/auditeur/téléspectateur toutes les ficelles et donc de l'éduquer sur les bidonnages et les censures . Dans les affaires les plus récentes; celle sur le traitement de l'information sur la guerre en Irak par exemple est édifiante...
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ATOS
  29 novembre 2016
Avec rigueur, avec espièglerie, avec entrain, Brooke Gladstone est à l'antenne ! La voilà donc : La machine à influencer , cette machine qui prendrait possession de nos esprits. Manipulation ! Sommes nous de simples boulons ? de simples pièces détachées de la réalité ?
Sommes nous déconnectés de la libre pensée nous qui sommes si avides de haute technicité ?
Faust sort de ce journal ! Ton crime est signé !
S'informer. informer. Tu veux ? je te donne. Je t'offre ?. Tu prends.
Échange communication. Réseau, Tout va très vite de plus en plus vite.
En temps réel, mais où est se cache donc cette réalité ?
On s'en invente des directs en différé, des caméras embraquées, débarquées.Attention danger.
Sommes nous rédacteurs, consommateurs, sommes nous esclaves ou maitres ? Qu'est ce qui fait la une aujourd'hui et qu'est ce qui ne paraîtra pas à la première page demain et pourquoi ?
Les médias… Presse écrite, télévision, radio, internet, ...réseaux sociaux,Journalistes, ou quidam qui composent cette masse ?
Les médias sont ils libres ou pas ? Quand et pourquoi ?
Media as tu une âme ? Si oui alors tu dois avoir une histoire. Et cette histoire au micro de Brooke Gladstone et sous le crayon d Josh Neufeld est passionnante.
Cette bande déchaînée remet certaines choses à leur place . Tout le monde en prend pour son grade, les gouvernants, les puissants, les medias, et le public n'y échappe pas.
Nous méritons nos médias. le fait est là. Ils nous ressemblent, nous reflètent, ou plus exactement ils reflètent notre globalité.
Plusieurs pouvoirs de pression interagissent. La sphère médiatique est mouvante, changeante. Elle est comme l'opinion parfois mauvaise souveraine. Mais indéniablement les médias sont utiles. Utiles pour alerter, pour mettre leur nez là où certains voudraient qu'on les laisse dévorer en paix.
Les medias ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils jouent les fouilles merdes.
On appelle cela enquête, grand reportage. Bien de ces informations ont changé la course du monde.
Ou auraient pu la changer.. si on n'avait pas emprisonné, censuré, ou même tué ceux qui ont eu le courage de raconter, de témoigner, de montrer.
Les médias ont ils les moyens d'être objectifs ? Jusqu'où notre homophilie joue t elle ? Peut on supporter que notre opinion soit contredite ?
Bien au-delà d'un exercice de style se confronter à l'information est une épreuve de vie.
Une épreuve dans le sens d'un expérience. S'ouvrir à , écouter l'autre, regarder sous un autre angle,
s'informer n'est pas un acte politique c'est un acte de l'esprit.
Journalistes... Métiers, professions difficiles. Tout n'est pas noir, tout n'est pas blanc, il y a les grands noms, les héros e l'information et puis il y a les lâches , les traîtres, les bidonneurs, les vendus, les censeurs. Comme dans toutes les histoires. Des mensonges, des combats, des secrets, de grandes âmes, de belles plumes, et des happy end...
Brooke Gladstone aime son métier. Elle le défend avec conviction, passion et avec raison.
Mais elle s'interroge, elle voudrait savoir pourquoi , pourquoi les medias touchent ils si souvent le fond ?
Nous sommes, public, les garants de nos informations. Si vendez votre âme au diable alors ,ne venez pas pleurer si il vous vend très cher votre papier, demandez des journaux gratuits et ne vous étonnez pas d'avoir des informations « markétisées ». demandez la forme et foutez vous du fond.
Colportrez et n'échangez rien. Auto satisfaisez vous ou opinez mais ne vous interrogez jamais.
Demander les réponses qui vous conviennent, celles que vous aimez entendre, et nourrissez vous de cette globalité.
Exigez du divertissement, soyez leger, soyez adepte du positivisme marchand ! Informez vous comme vous votez : bêtement.
C'est un cauchemar ? Oui on pourrait le croire.
Mais l'humain a ses ressources. Même sur son radeau il connaît son espoir.

Vigilance, prudence, nous avons tous a respecter une certaine déontologie. Notre cerveau est comme notre estomac il travaille bien avec de la nourriture saine. On aime tous le sucre, tous jusqu'à ce qu'on regarde un membre gangrené.
Un roman graphique ,Daniel Schneidermann dans sa préface a raison. Et quel roman !
Tout à commencé….un jour lequel ? Il y a très très longtemps. Les mayas avaient déjà leur media. Jules césar avec ses Acta Diuarna diffusait de l'information. Il faut tisser la toile , il faut tisser des liens. La république a fait couler son encre pour l avenir de ses provinces ! Désenclaver c'est aussi faire entrer l'information ce n'est pas uniquement ouvrir des bureaux de poste quoique cela soit un bon moyen de voir arriver les journaux et lde faire partir des télégrammes !
Mais revenons aux Usa. La presse américaine est elle libre ? Pas plus pas moins que la notre. Peut être même moins. Elle a connu bien des périodes. Elle a servie de grande causes ( les Vietnam papers, l'affaire du watergate par ex) mais également de très vilaines choses comme lors du dernier conflits au koweit ou en Irak.
Le président John Adams avec les «  Alien and seditions acts «  , le président Wilson avec « l'espionnage act », le président Rossevelt en 1940, Bush avec son « patriot act » etc....et je crains que cela ne soit pas fini...
La presse fait preuve parfois d'un patriotisme très partisan, d'une consensualité quelque peu outrancière, d'un politiquement correct écoeurant. C'est vrai. Tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute nous a appris Jean de la Fontaine, il faudrait apprendre ses fables !
Mais on ne peut pas dire que lors des dernières élections présidentielles les medias américains aient manqué de vigilance.
Les soutiens médiatiques au républicain Trump ont été minoritaires du moins au niveau national. Quid au niveau local ?….
Y a t il un lien entre le nombre croissant de fermeture des journaux américains et cette investiture ?
Voilà que je me crois entendre le ronronnement de la machine à influencer… !
Faust sort de ce poste !
La presse veut plaire au public et surtout ne pas déplaire aux puissants. Alors parfois ça dérape, ça affole, ça extrapole, ça fait ce que personne n'a jamais demandé. Ça courtise ! Parfois ça fonctionne, parfois ça fait sauter la banque ou les plombs. Si on admire le discours de John Milton , au 17e siècle, son combat contre la censure, la défense de la liberté de la presse qui doit passer par la libre expression de la pensée, doit on pour autant accepter la thèse le libre marché des idées ? La rumeur, le néant de la violence agitée, doit on admettre la bonne conscience générale au dépend de la justice ? Doit on « nombriliser » la pensée ou bien doit on tendre à porter notre regard bien au-delà de notre petite ligne d'horizon, un peu plus loin que le bout de notre nez ? Plus la ficelle est grosse moins le noeud est compliqué disait Samson à la prévôté. Alors svp... restons éveillés.
Oui l'histoire est importante, parce que certaines informations matraquées tendent à l'effacer.
L'imbécile d'hier peu en une seule soirée devenir le roi de demain.
Il suffit que les micros se tendent et d'un pâle toqué ou devient un sombre idiot.
Tout se fait et se défait. Tout se truque, se maquille, D'autant plus vite, d'autant plus facilement que le présent matraque sa vérité et que le passé est laissé au désespoir de son histoire.
Les medias sont multiples, ils sont parfois souverains parfois serviles mais jamais inutiles.
Jamais le monde n'a été aussi informé, renseigné, écouté, rapporté, filmé, photographié, enregistré, jamais le monde n'a connu un tel développement de la diffusion de ses informations.
Quantité, qualité, toujours le même dilemme.
Contenu, contenant, toujours le même problème.
Et nous ne sommes qu'au début de cette évolution .
Que seront les medias de demain ? Personne ne peut le prédire. Beaucoup disparaîtront, certains s'adapteront, d'autres de créeront.
L'information est une ouverture, c'est toujours une source de savoir. Ne serait ce que de savoir qui ment et qui dit la vérité est riche d'enseignement, toutes ces informations cartographient le génome de l'humaine vérité.
Défendre les médias est un devoir, les contrôler est un délit, les censurer est un crime.
Brooke Gladstone est à l'antenne ! Ce n'est peut être pas la voix de l'Amérique, mais ça pourrait peut être un jour de nouveau la voir changer.
” Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête “, écrit Camus, pour qui résister, c'est d'abord ne pas consentir au mensonge. Il ajoute : ” Un journal libre se mesure autant à ce qu'il dit qu'à ce qu'il ne dit pas. “.
Informons nous et méditons.
Astrid Shriqui Garain

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Walktapus
  17 août 2014
Désacralisation et dédiabolisation, voilà à quoi se livre l'auteur dans cet essai BD. A travers l'histoire des médias américains, elle démonte les mécanismes de la censure et de la libre expression, la perception des journalistes par les intellectuels et la société, l'objectivité, les tares des médias (elle appelle ça des biais, ok) le contrôle des informations en temps de guerre, les fausses informations, comment l'opinion publique influe sur les médias, comment les médias influencent l'opinion publique, les enjeux d'internet, etc.
Qu'apporte la BD dans cet essai ? Une légèreté qui permet d'adoucir des constats parfois accablants. Des petits gags visuels, des scénettes, des pseudo fac similés de unes de journaux, des mises en situation dans des cases en forme d'écran de télévision. Les citations sortent littéralement de la bouche de leur auteur, et y gagnent chair et contexte (ce qui leur manque trop souvent). Bref tout est vivant et incarné.
L'auteur est mise en scène dans tout l'essai, en oratrice, témoin, intervieweuse ou pitre, ce qui permet de lui donner une voix et rappeler qu'il s'agit d'un essai subjectif visant à l'objectivité. Elle n'est pas là en juge, mais ne cache pas ses sympathies, et donne une impression d'honnêteté intellectuelle à tout ça.
En 160 pages avec des phylactères bien remplis et une ou deux pages de texte intercalées de temps en temps, il y a de la matière. Des notes et un index terminent le livre, comme dans tout ouvrage sérieux.
C'est foisonnant et j'ai appris plein de choses. Finalement, tout le problème peut-être, c'est que nous avons tendance à nous imaginer comme des êtres logiques ayant des opinions objectives et faisant des choix rationnels. Donc nous aurions un peu de mal à accepter que les médias nous renvoient un reflet de ce que nous sommes réellement.
D'où la conclusion finale "Nous avons les médias que nous méritons", qu'on acceptera ou pas, mais au moins ce livre donne des clefs pour les comprendre, autant que la manière dont nous les appréhendons et les influençons, et les moyens de savoir mieux s'en servir sans se mentir.
Oh la la je deviens trop sérieux là. Je retourne lire un manga !
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Presence
  04 octobre 2015
Il s'agit d'un essai sur le journalisme et les informations en 1 tome, en bandes dessinées, récit indépendant de tout autre, paru initialement en 2011. le scénario est de Brooke Gladstone (une journaliste américaine animant une émission de radio régulière), et les illustrations de Josh Neufeld.
L'ouvrage se compose de 15 chapitres, précédés d'une introduction d'une vingtaine de pages dans laquelle l'auteure se présente, explique la soif d'objectivité et précise le sens du titre. Ce dernier point permet d'introduire la notion qui donne son titre à l'ouvrage : la croyance qu'il existe une force extérieure capable d'influencer l'individu au point de lui dicter sa conduite (par exemple les médias). Puis Brooke Gladstone introduit quelques éléments historiques en partant de la civilisation maya, en passant par la diffusion des décisions du sénat romain par Jules César pour unifier l'empire, jusqu'à l'invention de l'imprimerie. À partir de là, elle aborde la question de la liberté de la presse, essentiellement au travers des l'histoire des États-Unis avec un développement conséquent sur les différents revirements au vingtième siècle. Elle passe ensuite à un profil du journaliste, à une analyse de son métier, et des collusions, des conflits d'intérêt. Au fil des pages, elle contraste la notion d'information objective, avec les convictions personnelles des journalistes, les intérêts des groupes de presse, la perception d'une information par le lecteur ou l'auditeur, la crédibilité qu'il lui accorde, et pour terminer les conséquences des nouvelles technologies de l'information.
Dans l'introduction, Brooke Gladstone indique clairement qui elle est, son parcours professionnel et son intérêt dans les médias. La dernière page de l'introduction propose une vision très éclairante de la fonction de journaliste (une citation de 1922 de Walter Lippman), ainsi que le rappel d'un aphorisme cher à un journaliste de fiction (With great powers, comme great responsability", Peter Parker, alias Spider-Man). Son essai se décompose en 16 chapitres clairement identifiés. Les dessins de Josh Neufeld sont uniquement là pour illustrer de manière fonctionnelle les développements, sans effet de style. Il effectue son travail dans un style réaliste, un peu simplifié. Dans les deux tiers des pages, Brooke Gladstone est dessinée comme si elle donnait une conférence pour apporter un personnage vivant dans ces pages, désignant des représentations historiques, des graphiques, des journalistes célèbres et leurs citations. de page en page, il est possible d'apprécier la capacité de Neufeld à trouver les caractéristiques graphiques qui évoqueront avec conviction telle figure historique, ou telle époque. du fait de la nature de l'ouvrage, il est souvent amené à représenter le buste d'individus en train de parler, qu'il s'agisse d'un dialogue entre hommes politiques, de facsimilé de journal télévisé, ou de Gladstone elle-même en train d'énoncer une idée, ou d'effectuer une transition entre 2 idées.
De part la fonction attribuée aux dessins, il est possible de ne voir en Neufeld, qu'un simple exécutant dessinant servilement des images qui ne forment une bande dessinée parce qu'elles sont juxtaposées et qu'il existe un lien temporel ou logique entre elles. Néanmoins, en y prêtant attention, le lecteur constate qu'il a trouvé des solutions graphiques pour représenter des concepts qui n'ont rien de visuel. Bien que Gladstone ait tendance à souvent répéter dans ces cellules de texte des informations qui sont déjà représentées visuellement, il est indéniable que Neufeld réussit à rendre la narration plus fluide, à représenter le stéréotype évoqué dans l'analyse, et à trouver quelques images saisissantes, telles les âmes des journalistes errant dans le Purgatoire décrit par Dante. L'usage de la couleur est limité à l'emploi d'une seule teinte bleu-vert assez pâle.
Au fil de la lecture, le choix de la bande dessinée s'impose comme une solution logique. Elle permet à l'auteure d'évoquer tous les individus réels de manière visuelle, sans avoir à gérer un stock de photographies, de reproduction de tableaux historiques, ou d'instantanés extraits d'émissions de télévision (et les questions de propriété intellectuelle qui vont avec). Pour un lecteur n'étant pas journaliste, cette forme est également beaucoup plus attractive qu'un essai d'une pagination équivalente. La narration de Brooke Gladstone alterne citations piquantes, faits historiques et arguments pour développer sa thèse. Il est probable que la majeure partie des points développés semblera classique pour un journaliste, il est sûr que pour un néophyte la réflexion de Gladstone ne se contente pas d'enfiler les idées superficielles et prédigérées.
La lecture de cet essai est plutôt facile et même distrayante de part sa forme (bande dessinée) et la verve de Gladstone qui entrelace ses interventions avec des points d'humour qui font mouche. de manière tout à fait logique, après une brève évocation historique qui passe par l'Europe, son propos se cantonne aux États-Unis. Dans la mesure où elle prend soin de contextualiser chacune de ses idées, cet aspect n'a pas d'incidence sur la validité de sa thèse. Tout au plus le lecteur pourra ne pas reconnaître certains journalistes dont la notoriété est cantonné à ce pays. Par rapport à une sensibilité européenne, il est également possible que Gladstone accorde plus de valeur à la notion de vérité absolue et objective qu'un européen. Il est d'ailleurs étonnant qu'elle ne parle pas d'Hunter Thompson et de son concept de journalisme subjectif. Pour le reste, son propos met habilement en évidence l'absence d'absolu au fil des siècles (pas de liberté de la presse assurée), l'incidence de la subjectivité du journaliste, et de la subjectivité du consommateur d'informations (avec des études universitaires aussi pointues que pragmatiques et édifiantes), les conséquences économiques du modèle capitaliste sur la vente d'informations (quel que soit le support), les diverses formes d'utilisation des canaux d'information pour un intérêt, et l'absence de complot mondial de maîtrise de l'information. Elle met également en évidence l'incidence des avancées technologiques sur le métier de journaliste et sur la nature de l'information, sur la demande et l'attente des lecteurs. Ce dernier point décortique le phénomène de chambre d'écho généré par les tribus se développant par internet, et le changement même de mode de lecture (préférence de lecture d'articles brefs et concis, à des lectures plus longues et plus ardues, une analyse sous l'angle de la lecture superficielle opposée à la lecture en profondeur).
Alors que le lecteur peut s'interroger sur la pertinence d'un essai sur le journalisme sous la forme d'une bande dessinée, la lecture de "La machine à influencer" permet de découvrir 2 auteurs qui ont utilisé au mieux les capacités de ce média pour réaliser un essai plutôt vivant, bien documenté, et très intéressant.
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trust_me
  21 juillet 2014
« Nous avons les médias que nous méritons ». Voila comment se conclut se foisonnant « essai graphique » (ben quoi, on parle bien de « roman graphique », j'ai le droit à mon néologisme, non?) retraçant l'histoire des médias aux États-Unis, de la guerre d'indépendance au conflit afghan en passant par la guerre de sécession, les deux guerres mondiales, le Vietnam et l'Irak. Mais le propos ne se limite pas au traitement médiatique des conflits. Brooke Gladstone décortique les pratiques journalistiques, leur influence, leur asservissement aux politiques et au monde de la finance. Pour autant, elle ne jette pas le bébé avec l'eau du bain, considérant que le problème vient avant tout du consommateur d'information, c'est à dire de nous : « nous avalons de plus en plus souvent l'info comme des fraises Tagada vautrés dans nos cybercanapés. Nous marinons dans un jus de pseudo-experts, assaisonné seulement des faits et opinion qui nous semblent acceptables. […] Et si les médias que nous choisissons nous abrutissaient aussi ? Et s'ils diminuaient notre capacité d'attention, attisaient nos bas instincts, érodaient nos valeurs, brouillaient notre jugement ? ».
A qui la faute si les JT sont aussi creux, anecdotiques ou hystériques ? Est-ce que les organes d'information doivent donner au public ce qu'il veut ou ce dont il a besoin ? Mais que veut le public ? de quoi a-t-il besoin ? Et existe-il un seul et unique public ? Cette question n'est qu'une parmi tant d'autres. L'ouvrage est pointu sans être indigeste. Toute la partie sur l'objectivité est passionnante, comme celle sur la censure ou les sondages, sans parler de la profonde réflexion sur les réseaux sociaux et le fait qu'aujourd'hui chacun de nous, grâce au net, peut être à la fois consommateur et producteur d'information. Et puis qu'on le veuille ou non, les médias nous influencent en permanence, même quand nous les critiquons ou que nous tentons de leur résister, Brooke Gladstone le démontre brillamment.

Graphiquement, Josh Neufeld (American Splendor), illustre avec simplicité et beaucoup de trouvailles visuelles un texte parfois très envahissant. Au final, La machine à influencer n'est pas un plaidoyer pro médias. Ce n'est pas non plus une charge virulente contre eux. L'analyse est beaucoup plus fine, dense, parfois ardue. Exigeante, quoi. Journalistique diront certain. Dans le sens le plus noble du terme.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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critiques presse (2)
BDGest   19 août 2014
Le décryptage approfondi et savoureux des mœurs journalistiques et des dérives médiatiques mis ici en lumière font de cette Machine à influencer un véritable manuel de lutte contre les désinformations de tous poils.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   04 juin 2014
Au-delà de cette réussite narrative – qui démontre une nouvelle fois tout le potentiel de la bande dessinée documentaire –, ce qui séduit dans le discours de Brooke Gladstone est qu’il n’est pas manichéen, et qu’il ne prétend pas délivrer une vérité unique.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SatoriSatori   01 septembre 2014
J'assiste à l'effondrement de nos sacro-saintes institutions journalistiques, j'assiste au remplacement, à une vitesse etonnante, d'un modèle economique qui fonctionnait sur le grand public par un modèle qui survit en agregeant des millions de petits fragments d'audience.
N'importe qui avec un téléphone portable peut désormais se permettre de faire, défaire ou fabriquer de l'information. C'est ce qui ébranle, dans leurs fondements mêmes, nos citadelles de la culture et du journalisme. Leurs gardiens, jadis puissants, regardent horrifiés des sites Internet manifestement dénués de tout professionalisme et adeptes de la diffamation embouer l'espace médiatique de pulsions brutes.
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ibonibon   24 juillet 2014
La Maison Blanche a émis 953 fausses déclarations sur l'Irak dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11 septembre. [...]Rétrospectivement, nous aurions aimé être plus agressifs dans notre réexamen des déclarations officielles...
LES RÉDACTEURS EN CHEF DU TIMES.
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WalktapusWalktapus   13 août 2014
Les médias américains n'ont pas peur du gouvernement. Ils ont peur de leur public et de leurs annonceurs. Les médias ne vous contrôlent pas. Ils se plient à vos envies.
Commenter  J’apprécie          141
SatoriSatori   01 septembre 2014
L'ironie, c'est que plus il y a de gens qui participent aux médias, plus il y a des gens qui détestent les médias. Plus grande est la participation, plus grande est la paranoïa qui prête du pouvoir aux médias.
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SovaneSovane   01 septembre 2018
Cass Sunstein cite de nombreuses études montrant comment les gens qui ne parlent qu'avec leurs semblables s'enfoncent dans l’extrémisme. Ils marginalisent les modérés et diabolisent les voix discordantes. Le plus grand danger des chambres d'écho, c'est un extrémisme injustifié. C'est une menace permanente pour notre démocratie. (p. 130)
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