AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2755635983
Éditeur : Hugo et Compagnie (05/10/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Tout semble sourire à Kyle Broder, jeune éditeur dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Lorsque Kyle est contacté par William Lansing, son professeur à l’université, il est ravi et décide de présenter son mentor à sa charmante petite amie, Jamie. À cette occasion William propose à Kyle le manuscrit d’un texte sur lequel il travaille depuis de nombreuses années.
Au départ, Kyle est enchanté à l’idée de le publier, mais après avoir lu quelques pages, il... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  17 août 2018

Cher monsieur Antyryia,
Nous avons bien reçu votre critique du roman Mentor de Lee Matthew Goldberg, que nous avons lue avec beaucoup d'attention.
Cependant, j'ai le regret de vous annoncer que notre revue ne la publiera pas.
En effet, votre chronique choquante manque d'objectivité et présente en outre différentes maladresses linguistiques.
Je vous souhaite le meilleur pour la suite, mais je ne peux que vous conseiller de ne pas persister dans cette voie.
Veuillez agréer, monsieur Antyryia, l'expression de mes plus sincères salutations.
---------------------------------------------------------- Peter Kross ---------------
---------------- Président directeur général de Babelio Magazine ---
Quel salopard !
Je déchire ce courrier hautain reçu ce matin, à la fois furieux et humilié.
Pour me calmer, je me cogne la tête contre les murs de la salle de séjour, jusqu'au sang.
Décidément, ils ne comprennent rien à mon talent. Cette critique, j'ai mis des heures à la rédiger, j'y ai mis toute mon énergie, toutes mes tripes !
J'ai passé des dizaines d'heures à peaufiner encore et encore chaque mot, chaque idée. Mes transitions étaient parfaites, mon style plus abouti encore que ceux d'Albert Camus ou de Jean-Paul Sartre.
En trois pages seulement, je suis toujours allé à l'essentiel avec une économie de mots digne de Jean-Louis Fournier.
Sans fausse modestie, mon travail n'était ni plus ni moins que la quintessence de la chronique littéraire.
Ma haine est d'autant plus immense que je connais bien Peter Kross.
Il y a quelques années j'ai sauvé son entreprise de la liquidation judiciaire, je lui ai accordé différents plans de règlement qui ont permis à Babelio Magazine de ne pas mettre la clef sous la porte et de ne licencier aucun salarié.
Aujourd'hui, son entreprise a tellement prospéré qu'elle est devenue numéro un en France des revues littéraires.
Autrement dit, il me doit tout. Mais de toute évidence, son succès a du lui monter à la tête.
La modestie n'a jamais été son point fort ...
La moindre des choses aurait été de me renvoyer l'ascenseur mais non, il m'envoie un courrier méprisant en faisant même semblant de ne pas me connaître.
Mais il est hors de question que ça se passe comme ça !
Ce serait mal me connaître de penser que je vais me contenter d'un courrier d'insultes.
Armé d'un long couteau de cuisine, je prends aussitôt le train pour Paris.
De gré ou de force, je vais faire comprendre à Peter qu'il m'est redevable, et qu'il a fait une grosse erreur en rejetant ma critique.
Il faut qu'il soit aveugle pour ne pas voir le potentiel de ce joyau. du talent à l'état pur !
"C'était plus qu'un simple roman, c'était une de ces oeuvres qu'on étudierait dans les universités pendant les decennies à venir, on l'analyserait, on la dissèquerait, on en débattrait."
J'arrive en milieu d'après-midi dans les locaux de Babelio Magazine. La standardiste annonce mon arrivée impromptue à son PDG, que j'entend soupirer à l'autre bout du fil mais qui m'autorise cependant à le rejoindre au dernier étage.
Je me force à prendre un grand sourire et après une poignée de main virile, je lui explique les raisons de ma présence.
- J'ai reçu un courrier de tes services aujourd'hui, et je pense qu'il y a eu une confusion. Je t'ai fait parvenir un somptueux billet concernant Mentor, le livre de Lee Matthew Goldberg, bien supérieur à tout ce qu'on peut lire habituellement dans ton magazine, et j'ai été surpris je dois dire par le refus qui m'a été opposé. Mon manuscrit a probablement du tomber entre les mains d'un de tes stagiaires incompétents. Du coup je viens te le remettre en mains propres. Tu vas adorer, j'ai sué sang et larmes pour parvenir à un résultat aussi magnifique. C'est le firmament de la critique, largement supérieur à tout ce que peut rédiger ta petite protégée Dame Ymelc.
- Assieds toi Antyryia, il faut que je te parle. Tu sais, sincèrement, je te suis très reconnaissant de tout ce que tu as fait pour moi il y a une dizaine d'années. Et j'aurais vraiment voulu pouvoir te rendre la pareille, mais cette fois en tout cas ça ne sera pas possible.
- Tu peux m'expliquer ? J'avoue que je ne comprends pas. Tu vas te faire des couilles en or avec moi. C'est du gagnant - gagnant.
- C'est bien moi qui ai lu ta critique. Et j'aurais aimé partager ton enthousiasme mais ... comment te dire ? ... Tu n'as vraiment pas le moindre talent. Je suis désolé si mes propos sont blessants mais il vaut mieux trancher dans le vif, tu ne crois pas ? J'ai lu Mentor, qui m'a d'ailleurs rappelé à de nombreuses reprises notre relation. Comment ne pas y songer en lisant ce thriller relatant le conflit entre Kyle Broder devenu un célèbre éditeur et son ancien professeur de lettres William Lansing désireux de publier son propre livre ? Et tu n'as rien compris au roman. Tu ne sais pas non plus t'exprimer.
- Comment peux tu oser me dire ça ? Tu te crois malin en prenant ton petit air supérieur ?
- C'est mon métier, je te parle en tant que professionnel. Je vais prendre quelques exemples pour que tu comprennes mieux. Regarde, par exemple, là tu as écrit :
"Le lecteur amateur de bonne chère sera ravi de trouver dans ce thriller américain de nombreuses recettes pour épicer la peau humaine. Pour les gastronomes, une cuisson à la poêle est à privilégier : le mets gagne en saveur et craque sous la dent. Vous trouverez également de nombreux conseils sur les meilleurs façons d'assaisonner les coeurs humains afin de les dévorer encore tièdes et juteux. Bon appétit !"
- Excellent passage non ? de quoi en faire saliver plus d'un !
- Non, c'est mauvais. Non seulement parce que les anthropophages ne représentent pas la majorité de notre lectorat, mais en plus tu présentes un polar comme un livre de recettes de cuisine malsaines. Ce qui n'est absolument pas pertinent ! Je poursuis avec un autre exemple :
"Quand vous lirez ce livre, vous serez pris d'une forte empathie pour William, mari fidèle et père aimant, qui verra tout son monde s'écrouler en apprenant que son ancien étudiant Kyle trouve son livre impubliable. Il l'avait pris sous son aile à une époque critique de sa vie, l'avait sauvé de la drogue et lui avait fait découvrir tous les bienfaits de la littérature. Et cet ingrat rejette son roman qui représente un travail de dix ans dans lequel il s'était investi corps et âme, et il voit tous ses rêves pulvérisés par son ancien élève arriviste. Kyle n'a d'yeux que pour Sierra Raven, cette jeune auteure devenue sa petite protégée. On espère de tout coeur que William, trahi, incompris ( "C'est complètement tordu. Vraiment, vraiment tordu. Et ce n'est même pas bien écrit." ) parviendra à rétablir l'équilibre astral en trouvant un autre éditeur prêt à parier sur son ovni littéraire, The devil's Hopyard, et à se venger de Kyle comme il le mérite."
- Je ne vois pas ce que tu reproches à ce passage. Rien qu'en l'écoutant j'en ai les larmes aux yeux tant l'émotion me submerge.
- C'est quoi un "équilibre astral" ?
- Je sais pas trop. Mais je trouvais que ça sonnait bien à l'oreille.
- Evite d'assembler des mots parce qu'ils vont bien ensemble s'ils ne veulent rien dire. Mais ça n'est pas ça le pire. Tu t'es vraiment pris d'affection pour ce professeur manipulateur, calculateur, aux écrits particulièrement inquiétants ? Cet homme jaloux, malade, qui a un irrépressible besoin de mettre les gens sous son emprise ? Tu t'es identifié à lui plutôt qu'à Kyle, ce garçon qui se rend progressivement compte que son ancien mentor est un homme impossible à gérer, prêt à tout pour être publié et pour se venger de celui qui a osé être médisant avec l'oeuvre de sa vie ? Avec tout mon respect, tu as vraiment un grain. Tu n'es vraiment pas net. Tu n'as pas pris le moindre recul.
- Reste correct, je ...
- Et c'est quoi ce passage : "J'ai adoré quand William a donné des laxatifs à un autre professeur et que celui-ci a dû courir aux toilettes pour aller faire caca."
- Ben quoi, c'est vrai, je n'ai rien inventé !
- On dirait que tu as cinq ans d'âge mental, et encore, pour un môme pas très évolué. C'est juste une anecdote sans aucune importance et tu en fais un genre de moment incontournable du roman au détriment de tout le reste. Tu es incapable d'extraire l'essentiel. Et je n'ai pas fini !
Il me tend mon chef d'oeuvre maculé de ratures rouges, et lit à nouveau un brillant extrait de ma prose, entouré de points d'exclamation débordant d'agressivité.
"Si comme moi vous rêvez parfois que vous êtes un sociopathe, vous allez prendre votre pied avec ce livre. Si vous êtes un peu timide vous vous contenterez d'écorcher des chats ou de torturer des oiseaux et si vous êtes plus téméraire alors vous aurez plaisir à jeter les corps de vos victimes dans la Scarpe ou un autre cours d'eau."
- Eh ben quoi ?
- Si je publie ça c'est la faillite assurée. Tous mes abonnés vont fuir. Non mais tu ne te rends pas compte ? 95 % de ma clientèle adore les chats ! Et puis on peut aimer les polars sans être un tueur en devenir. C'est même le cas d'une grande majorité ! Mais de toute évidence, ça n'est pas le tien.
- Mais ...
- Tu te rends compte qu'en trois pages décousues tu ne dis pas un seul mot sur l'écriture de Lee Matthew Goldberg, nerveuse, prenante, mais demeurant très basique au final ? Que tu n'évoques pas non plus le jeu de pouvoir qui passe sans cesse de Kyle à son ancien mentor et qui fait tout l'intérêt du roman ? Cette guerre silencieuse et psychologique faite de coups bas, ces intrusions dans leurs vies respectives, comme un face à face empreint de folie dont on pressent l'issue fatale ?
Tu ne dis pas un mot non plus sur la maladroite quatrième de couverture qui dévoile des rebondissements se situant aux deux tiers du livre. Rien du monde de l'édition dont on connaît un peu plus les rouages, même si c'est de façon assez superficielle. Rien non plus sur le livre dans le livre qui finit par se confondre avec la réalité !
- Une critique c'est simplement une affaire de point de vue.
- Encore faudrait-il en donner un ! On ne sait même pas si tu as aimé ce livre finalement !
Mes poings me démangent. J'ai envie de lui fracasser sa face de rat sur son bureau et de lui faire manger ses dents. Monsieur j'ai tout vu, j'ai tout compris, je sais tout mieux que tout le monde… Il m'horripile.
Au lieu de ça, je lui fais un grand sourire hypocrite, et je le remercie pour le temps qu'il a consacré à démolir la plus belle critique jamais rédigée, sûr de sa supériorité.
Dans son coeur, je perçois la plus insupportable des condescendances.
Je sais où il habite.
A cette heure-ci, sa femme et ses enfants devraient être seuls à la maison.
La vengeance n'est pas obligatoirement un plat qui se mange froid, me dis-je en sonnant à la porte, le couteau de cuisine aiguisé lové dans ma paume.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3614
Mavic_lit
  03 novembre 2017
Que dire ? Par où commencer ? Voilà où j'en suis. Mentor de Lee Matthew Goldberg est un livre qui marque. Non par l'action mais par l'angoisse qu'il a réussi à faire dégager de ce livre. Angoisse ? Je dirais même pire parfois. C'est un livre où l'ambiance oppressante et malsaine monte petit à petit pour atteindre un point culminant où vous ne ressortirez pas indemne. J'ai fini ce livre en gardant ce sentiment de malaise qui me suit encore à l'heure où j'écris ces lignes. Je pense qu'à ce stade on peut parler de réel coup de coeur pour ce livre mais aussi pour l'auteur.
Comment une relation entre deux personnes peut devenir toxique pour l'un et comment s'en sortir quand tout le monde vous croit fou ?
C'est la question que je me suis posée pendant une bonne partie de ce livre. Dans Mentor, on retrouve William, professeur d'université et Kyle, jeune éditeur qui vient de rencontrer un franc succès. Ces derniers étaient proches durant les études de Kyle, ce dernier considérant William comme son mentor.
C'est en découvrant son succès dans le journal local que William reprend contact avec Kyle en lui demandant de publier son oeuvre sur lequel il a travaillé pendant 10 ans. Après les retrouvailles vient le temps de lecture… et Kyle n'aime pas du tout ce qu'il lit, et même vous, n'aimerez pas les quelques lignes que l'auteur partage avec nous. de là, Kyle se voit solliciter à de nombreuses reprises par son ancien mentor afin de connaître le verdict de son oeuvre qu'il considère comme parfaite. Il finit par dire que non ce n'est pas possible, que le livre est mal écrit. Et de là… William décide de ruiner la vie de ce qui a été autrefois son élève, afin de se venger de ce refus.
Je reprends un peu ce que dit le résumé sans en dévoiler plus pour que vous vous rendiez compte par vous-même de la perversité de William. Dès ce refus, on sait que ce qui va suivre ne va pas être de tout répit et qu'on va avoir le droit à un homme qui n'accepte pas de ne pas être publié alors qu'il y a passé dix ans. Cela va prendre des proportions assez horribles, notamment lorsque Kyle se rend compte que ce qui est présent dans l'oeuvre de son professeur est tiré de faits réels qui se sont déroulés durant ses études. Et à partir de là, la plus grande difficulté que le lecteur aura, sera celle de lâcher le livre.
Le début est assez soft. On suit la vie de ces deux protagonistes. Alors que l'un continue à enseigner et mène une vie assez monotone avec sa femme, en attente d'un évènement qui pourrait le sortir de sa routine, l'autre vit une vie de rêve notamment depuis qu'il a signé avec une auteure très prometteuse à un prix plus qu'intéressant. Et c'est toute cette publicité autour de cette signature que tout va se déclencher, que le mentor va reprendre contact avec son ancien élève. Les deux sont ravis de se retrouver après tant d'années sans se voir. On en apprend ainsi un peu plus sur ces deux personnages qui ont tous deux une personnalité attirante. Oui, attirante. Alors qu'un séduit son auditoire en donnant ses cours et imposant son autorité naturelle, l'autre est un séducteur né envers toute la gent féminine qu'il côtoie, créant au passage des crises de jalousie avec Jamie avec qui il est depuis 6 mois. Et c'est d'ailleurs ce côté séducteur qui fait son succès en tant qu'éditeur.
En reprenant contact, le passé de Kyle est mis au grand jour, et il se voit obligé d'en révéler plus à sa petite-amie s'il veut la garder. Et William, on pourrait voir en lui un grand-père, un homme bon, secret et qui mérite de voir publier son livre. Mais tout ça, c'est avant de savoir la vérité, avant de découvrir une partie de sa personnalité auquel personne ne s'attend lorsqu'on l'aperçoit pour la première fois.
Et puis vient le temps du refus… et là la vie de Kyle prend un tournant qui aura des conséquences sur sa vie et sur ses relations. Comment faire croire à son entourage que William lui veut du mal alors qu'on lui donnerait le bon Dieu sans confession. C'est là toute la psychologie du livre et ce qui fait que l'on n'arrive pas à décrocher. On assiste à la déchéance de cet éditeur malgré nous, qui aurait voulu ne jamais reprendre contact avec celui qu'il considérait comme son mentor. de plus, incité à continuer ce livre qui n'est que perversion, il va découvrir que derrière toute cette partie macabre se cache encore un plus sombre secret… et quel secret ! de là, Lee Matthew Goldberg, partage avec le lecteur certains passages de Devil's Hopyard, le livre de William. Et accrochez-vous parce qu'il suscite réellement un sentiment de malaise auquel j'ai eu du mal à me défaire et qui me suit encore aujourd'hui.
Sans rentrer dans les détails, le but n'étant pas de vous dévoiler toute l'histoire, il faut que je vous dise à quel point cet auteur est génial. Comme je l'ai souvent dit, je n'aime pas trop quand un thriller manque d'actions ou alors il faut que la partie psychologique l'emporte vraiment pour me faire oublier ce détail. Pour le coup, il a réussi à jouer sur les deux tableaux en mettant réellement l'action à la fin tout en jouant avec nos nerfs tout du long. J'ai pu découvrir un homme prêt à tout pour arriver à ses fins quitte à basculer dans l'extrême et qui a écrit un livre qui en mettrait mal plus d'un.
C'est vraiment l'atmosphère dans laquelle nous plonge l'auteur qui fait que ça se lit tout seul et qu'il y a toujours cette envie « perverse » d'en savoir toujours plus et de comment tout ceci va se terminer. La manière dont William agit sur la vie de Kyle, cet impact négatif qu'il a sur lui, est vraiment dérangeante et pourtant j'en redemande encore. Je ne dois pas être non plus très nette mais c'est vraiment amener d'une façon que j'ai eu du mal à me passer de ce livre et de tout ce qui s'y passe.
La fin est plus entraînante, les scènes s'enchainent nous laissant que peu de répit et augmentant notre stress à un niveau maximum. Et on peut penser qu'une fois le dénouement passé, l'auteur va nous laisser un peu tranquille après nous avoir mis à si rude épreuve… Et bien détrompez-vous…jusqu'aux dernières lignes il jouera avec votre petit coeur et une fois la dernière ligne lue, vous en redemanderez… en tout cas moi j'en redemande !
En bref, un thriller qui joue énormément sur le côté psychologique, qui rend mal à l'aise, que j'ai dévoré par le côté addictif qu'il provoque. Et même si on sait dans les grandes lignes ce qui va se passer entre ces deux protagonistes, le plaisir reste le même. Une alternance des points de vue, entre passé et présent… Préparez-vous à des nuits blanches lorsque vous aurez ce livre entre les mains.

Merci à Babelio et Hugo thriller pour l'envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique « mauvais genre ».
Lien : https://unlivretoujours.word..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
clairesalander
  18 septembre 2018
J'ai découvert ce livre sur Babelio : quatrième de couverture alléchante, excellentes critiques, je le veux, je le demande à un collègue bibliothécaire (encore, c'est les avantages du métier, vu qu'on n'est pas bien payés, au moins on peut lire tout notre saoul, même si je dois vous avouer que beaucoup de bibliothécaires ne lisent que très peu. Les libraires par contre, en général, ont une culture littéraire gigantesque - j'ai pratiqué ce métier avant.)
Bon, j'ai fais une longue parenthèse sur ma vie, je me dois de vous parler de ce livre et de l'amère déception qu'il m'a procuré.
L'histoire, de base, semblait vraiment chouette, une bonne idée de suspense.
Malheureusement, j'ai trouvé que le harceleur, William donc, était trop prévisible et surtout absolument pas crédible avec son obsession sur les coeurs. En fait, il n'y a aucune nuance dans la psychologie des personnages, et les dialogues sont, à mon goût, téléphonés - voire la citation que j'ai publiée. L'histoire ne tient pas debout, on n'y croit pas une seconde - comment tout le monde a pu tomber dans le panneau de ce prof, il n'a aucune subtilité ! de plus, ce livre est assez mal écrit, même si ça se laisse lire.
La seule qualité que je puisse trouver à ce livre, c'est qu'effectivement il y a suffisamment de suspense pour qu'on le lise jusqu'au bout.
Je ne le recommande pas du tout - lisez plutôt "Helena" de Jérémy Fel, ça c'était une belle découverte !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
audelagandre
  05 mai 2018
Les éditions Hugo Thriller bastonnent dans le choix des bouquins qu'ils publient.
3 millions 800.000 exemplaires vendus en 2016. Pas mal non, pour une jeune collection ?
La ligne éditoriale est la suivante : littérature populaire et grand public (n'en déplaisent aux bien-pensants qui affirment que seule la littérature dite classique est de qualité), textes qui bousculent, et donnent le plaisir de la lecture. Tout un programme !! Pari tenu, j'en ai lu 6 cette année, tous réussis !
Dans cette maison, se sont de gros consommateurs de séries télé. A la lecture des bouquins qu'ils publient, je ne suis même pas étonnée tellement c'est évident !
Laurent Loison tu connais ? J'ai écrit une petite chronique sur son bouquin dans laquelle j'avais dit qu'il était écrit comme un film d'Olivier Marchal. Ben voilà, on y est!
Le dernier paru ne déroge pas à la règle
Mentor de Lee Matthew Goldberg
C'est pas un auteur français, mais une traduction. Ca n'enlève rien à l'efficacité du bouquin. La 4ème de couverture vante une analogie entre "American pycho" et le "Silence des Agneaux". Personnellement, je ne trouve pas...
C'est bien meilleur au niveau de l'ambiance hyper anxiogène : dès le chapitre 2, tu sais qu'un truc va sévèrement clocher !
Ca se rapproche plutôt de "la vérité sur l'affaire Harry Québert" ou de "jeux de miroirs" mais j'y reviendrai.
Je te raconte un chouïa ??
C'est l'histoire d'un succès : celui d'un agent littéraire, Kyle qui fait signer son premier gros contrat à une nana qui n'a même pas fini d'écrire son bouquin. du coup, il a droit à un article dithyrambique dans la presse avec son nom écrit en gros.
Son ancien professeur d'université, William lit l'article dans le journal, ce qui tombe à pique, puisque justement, lui aussi, ça fait 10 ans qu'il écrit un bouquin. 10 ans, je te raconte pas l'épaisseur du pavé ! Il reprend donc contact avec son ancien élève, mine de rien pour lui proposer de lire son manuscrit. Sauf que le manuscrit est un peu l'oeuvre d'un dingo légèrement frappé du ciboulot qui a des goûts culinaires très spéciaux et des fantasmes de psychopathe en puissance.
Tu te doutes un peu que le manuscrit pourri va finir au fond d'un tiroir mais que le professeur dit le mentor ne l'entend pas de cette oreille.
C'est bien résumé non ? Ca te donne toujours pas envie d'aller l'acheter ?
Ok je continue
C'est quoi un mentor déjà ?
On sort le Larousse :
Désigne une relation interpersonnelle de soutien, une relation d'aide, d'échanges et d'apprentissage, dans laquelle une personne d'expérience, le mentor, offre sa sagesse acquise et son expertise dans le but de favoriser le développement d'une autre personne, le mentoré, qui a des compétences ou des connaissances à acquérir et des objectifs professionnels à atteindre.
C'est donc une relation de subordination
Je suis ton prof, tu es mon élève
Tu mets toute ta confiance en moi, ton mentor
Tu suis ma logique
Tu oublies ton ego,
Tu t'ouvres totalement à moi, je finis par connaitre tous tes secrets et tes failles
C'est exactement de ça dont il s'agit
un prof qui a pris tout l'ascendant sur l'un de ses élèves
et qui l'a aidé quand sa vie d'étudiant a été un peu difficile et qu'il s'est retrouvé dans une situation très délicate
Des années plus tard, il espère que son élève frappé par le succès, lui rende la pareille en publiant son bouquin. Sauf que, c'est toujours le mentor qui est en position de force, lui qui dirige, lui qui commande.
Pour ce faire, il ne recule devant rien ! Des années plus tard, rien n'a finalement changé, la relation de prof à élève est toujours la même.
Le roman pose aussi des questions thématiques intéressantes :
- C'est quoi l'inspiration ? Ca vient comment ?
- La fiction peut-elle devenir réalité ou est-ce la réalité qui engendre la fiction ? (qui de la poule ou de l'oeuf pour schématiser )
- C'est quoi le boulot d'éditeur exactement ?
- Peut-on tout publier pour accroitre sa notoriété ?
Dans un thriller, j'aime tout particulièrement quand :
Il y a des retours en arrière (passé/présent),
Quand la psychologie des personnages est bien travaillée et que la confiance trahie fait vaciller l'édifice de la relation,
Quand on parle d'un bouquin dans le bouquin.
Cerise sur la gâteau : on assiste aussi un jeu de piste qui se poursuit entre l'élève et le mentor, agrémenté de références littéraires.
Si tu as aimé
La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker (Marcus Goldman est incapable d'écrire son prochain roman, angoisse de la page blanche.Son ancien prof d'université Harry Québert resurgit dans sa vie car il se retrouve accusé de l'assassinat de Nola en 1975, l'une de ses étudiantes avec laquelle il aurait eu une aventure)
ou/et
Jeux de miroirs de Eugen Chirovici (Peter Katz, éditeur, reçoit un manuscrit qui l'intrigue dans lequel l'un des personnages est un professeur qui a été assassiné dans les années 80 et dont le meurtre n'a jamais été élucidé
L'auteur du manuscrit est décédé et Katz embauche alors un journaliste qu'il charge d'enquêter pour relancer et résoudre l'affaire)

Tu vas aimer celui-ci aussi :
C'est satisfait ou remboursé ! ( pardon les éditions Hugo, je m'avance peut-être un peu vite... pour le remboursé, pas pour le succès !)
A découvrir aux éditions Hugo thriller :
- Cyanure : Laurent Loison
- le tricycle rouge : Vincent Hauuy
- Notre petit secret : Roz Nay
- Derrière les portes : B.A Paris
- Disparue : Darcey Bell
- Itinéraire d'une mort annoncée : Fabrice Barbeau



Lien : https://audebouquine.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
lespetiteslecturesdemaud
  13 octobre 2017
Autant le dire tout de suite, j'ai été happée du début à la fin par ce thriller mais avec deux états d'esprit très différents dans la première et la seconde partie du roman.

Dans la première partie, je dois bien avouer avoir été happée par l'histoire mais avoir ressenti une légère pointe de déception.
Je m'explique.
L'auteur installe formidablement bien ses personnages, l'ambiance et le foisonnement new-yorkais. En parallèle, on est complétement plongé dans la vie du campus et de ce professeur d'Université William, assez flippant dès le départ, il faut bien le dire.
Kyle, quant à lui est une sorte de golden boy de l'édition new-yorkaise. A l'image de cette ville, c'est bouillant d'énergie et de compétitivité. J'adore cet aspect dans les thrillers et pour avoir été à New York, j'ai toujours trouvé que cette ville se prête formidablement à ce genre littéraire.

L'auteur a donc formidablement posé les bases, on est happé et on tourne les pages sans voir le temps passer.

Mais au bout de 100 à 150 pages, j'avais le désagréable sentiment que tout cet engouement initial allait retomber comme un soufflé et j'avais peur de lire du réchauffé. En effet ; on comprend rapidement que William le professeur est effectivement timbré et très probablement un tueur (même si l'auteur réussit le tour de force de nous laisser toujours subsister le doute…J'adore !) et je trouvais finalement ce personnage très agaçant, très imbu de sa personne et tellement timbré que s'en était évident. Mais il semble que seul Kyle voit clair dans son jeu et pourtant c'est tellement flagrant ! On a envie de secouer les autres personnages et leur dire : oh,oh ouvrez les yeux, ce type est cinglé !
J'avais donc le désagréable sentiment que tout cela à aboutir à une conclusion somme toute assez banale et déjà vu.

Et puis arrive la seconde parte du roman…
Là, Kyle, dont la vie a été ravagée par un William mécontent de ne pas voir son roman publié, quitte New-York et décide de retourner dans la ville de ses études universitaires pour chercher des preuves du meurtre qu'il pense que son mentor a commis plusieurs années auparavant.
Je ne dirai rien de concret sur cette partie afin de ne pas vous spoiler.

Mais mon Dieu que cette seconde parte m'a plu et m'a étonnée.
Je n'avais jamais rien lu de tel !

On se rend compte à quel point ce William est effectivement diabolique et nous mène par le bout du nez depuis le début. Mais aussi et surtout, l'auteur soulève des thèmes intéressants et les traite de manière très originale.

En effet, il est beaucoup question du processus d'écriture et de cette machine implacable qu'est le milieu de l'édition.
Comment l'écrivain trouve-t-il son inspiration ? Se nourrit-il de la réalité pour alimenter la fiction ou est –ce la fiction qui alimente les faits divers ? Comment un auteur pour alimente-t-il sa création : juste par son imagination ou doit il le vivre pour retranscrire ? Quel degré d'horreurs peut-on accepter pour faire « vendre » un livre, le mettre en avant ?
Jusqu'où peut-on aller par ambition ou par volonté de laisser une trace dans l'Histoire ?

Lee Matthew Goldberg nous offre non seulement un jeu diabolique et machiavélique entre ses deux protagonistes mais également des thèmes de fond surprenants, originaux et bien traités.
Il aura vraiment su me tenir en haleine dans une première partie puis me surprendre dans la seconde bien qu'il m'ait fait douter un temps sur l'originalité de ce qu'il allait nous proposer.

Au final je suis vraiment agréablement surprise par ce thriller qui a su me captiver et me faire passer par différents stades émotionnels.
Amateurs de thriller à suspense, de plans machiavélique et petits curieux du monde de l'édition : ce thriller est fait pour vous !

Pour finir, une question secondaire me taraude et je l'adresse à l'auteur, parce que l'alcool est VRAIMENT omniprésent dans ce roman : on picole vraiment autant dans le milieu de l'édition ?! …
Lien : https://www.lespetiteslectur..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
clairesalanderclairesalander   17 septembre 2018
"Jamie, ce n'est pas ce que tu penses, s'exclama Kyle en se levant d'un bond pour se précipiter vers elle.
- C'est ce que tout le monde dit dans ces cas-là, hurla Jamie. Je savais bien qu'il se passait quelque chose"
Sierra était assise par terre, elle pleurait, ivre morte.
"Mais puisque vous... vous vous séparez", marmonna-t-elle.
Jamie vint se poster devant elle. Kyle se mit à craindre qu'elle ne perde le contrôle d'elle-même et ne se mette à tabasser Sierra.
- Je te laisse, fit Jamie avec un calme inquiétant. Kyle la vit se diriger vers la sortie.
- Jamie, attends !
"Ma chérie ! Ma chérie ! implora-t-il en essayant de l'agripper dans l'escalier.
- Je sais très bien ce que j'ai vu.
- J'étais simplement assis là en train de discuter et elle a commencé à m'embrasser deux secondes avant que tu arrives. Elle est saoule, c'est tout. Il n'y a rien entre nous."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
lenoir_emilie_72lenoir_emilie_72   06 octobre 2017
" J'avais l'intention d'écrire le journal d'un fou. Mais je veux aussi qu'au cours du livre, le lecteur en arrive à comprendre sa folie et à s'identifier à ses conflits intérieurs. Parce que nous sommes tous un peu fous, non ? Nous sommes tous si près de la fêlure. Nous risquons tous de vouloir réaliser nos fantasmes les plus pervers. Mais nous n'osons pas, par peur d'être condamnés par la société.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lenoir_emilie_72lenoir_emilie_72   06 octobre 2017
Il se sentait gagné par une indéfinissable mélancolie, l'idée qu'il arrivait au bout l'effrayait. Il s'imagina que tous les romanciers devaient faire face à ce problème à un moment ou à un autre: le désir de développer encore le roman pour ne pas avoir à dire adieu à ses personnages.
Commenter  J’apprécie          10
lenoir_emilie_72lenoir_emilie_72   06 octobre 2017
"oui mais la fiction est le miroir de la réalité, répondit-il. Et c'est ce qui est tellement tordu dans le livre de William. C'est que ça sonne vrai."
Commenter  J’apprécie          20
lenoir_emilie_72lenoir_emilie_72   06 octobre 2017
C'est facile parfois de croire à quelque chose quand on se répète sans cesse que c'est la réalité.
Commenter  J’apprécie          30
Video de Lee Matthew Goldberg (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lee Matthew Goldberg
Lee Matthew Goldberg vous invite à participer à un flash-concours sur Fyctia autour de son thriller "Mentor".
autres livres classés : thrillerVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1505 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre
.. ..