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EAN : 9782072938559
352 pages
Gallimard (07/10/2021)
3.55/5   39 notes
Résumé :
Et s'il devenait possible de retrouver son passé ? C'est ce qu'imagine le mystérieux Gaustine en fondant une clinique où chaque patient peut replonger dans l'époque favorite de sa vie grâce au décor de sa chambre.
L'artifice paraît simple et sans danger, mais la tentation d'échapper au présent peut se révéler périlleuse : qu'adviendrait-il de l'Europe si ses États membres étaient gagnés par cette envie ?

Dans un roman éclatant d'inventivité, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Dans une petite clinique de Zurich, l'énigmatique psychiatre Gaustine imagine une façon de déclencher la mémoire des malades Alzheimer. Grâce au décor de leur chambre ses patients peuvent se replonger dans leurs années heureuses et ainsi fuir un présent qui ne s'imprime plus dans leur mémoire et par conséquent leur échappe. Mais l'idée séduisante à titre individuel devient beaucoup plus problématique quand Gaustine décide d'étendre le concept à toute l'Europe. Après l'organisation de référendum les périodes heureuses choisies par chaque état n'étant pas forcément les mêmes comment peuvent-ils vivre dans des espaces temps différents ?

Guéorgui Gospodinov, dans ce roman sur la mémoire, individuelle et collective, explore l'histoire européenne du XXe siècle et surtout celle de son pays, la Bulgarie. Une analyse intéressante qui peut-être pèche par ses nombreuses digressions et par ses références, non moins nombreuses, à l'histoire et aux spécificités bulgares qui nécessitent un minimum de connaissances sur le sujet (ce qui vous l'aurez compris n'est pas mon cas 😊). Même si elle s'est révélée un peu laborieuse, une lecture séduisante par l'inventivité d'un auteur qui offre incontestablement une nouvelle façon d'appréhender l'histoire européenne récente.
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Le présent vous semble détestable ? L'avenir incertain ? Et si vous essayiez le passé ? Car au moins, lui, est connu. Donc rassurant, dès lors qu'on sait bien le choisir.

Dans le Pays du passé, Guéorgui Gospodinov – traduit par Marie Vrinat – livre à son tour sa version romancée du retour en arrière. Rien d'original me direz-vous. Sauf qu'ici, aucun artifice pour le justifier. Pas de choc émotionnel, pas de DeLorean, pas de super pouvoir, pas de coup de foudre ou d'alignement exceptionnel de je ne sais quels astres.

Chez Gospodinov, dans cette Europe contemporaine, le retour dans le passé est voulu, pensé, organisé, par les soins de Gaustine, visionnaire mystérieux dont le narrateur croise la route à intervalles irréguliers. Dans sa clinique spécialement créée pour l'occasion, il recrée pour chacun de ses patients l'environnement de sa période passée préférée, soignant les détails : meubles, journaux, musiques, informations…

« Alors peut démarrer la confusion des époques, le dédoublement du temps et le dédoublement des êtres. Alors la mémoire se trouble et s'étouffe peu à peu ». Dans ce retour en arrière recomposé, est-on plus heureux ? La question reste posée. Mais on y est au moins apaisé !

Devant le succès, la demande va croissante et les cliniques se multiplient, validant les bienfaits de la vision de Gaustine. Au point d'intéresser les États européens qui se mettent à imaginer replonger entièrement leur propre pays dans sa décennie passée la plus heureuse. Dans chaque pays, les référendums s'enchaînent. Mais comment faire désormais cohabiter des pays fédérés mais vivant dans des espaces de temps passés différents ?

Décrite comme cela, l'histoire semble attirante et linéaire. Attirante, elle l'est. Linéaire, beaucoup moins. Car du début à la fin, Gospodinov joue avec le lecteur, avec le style, avec ses personnages, avec la construction et avec les époques. Et c'est tout ce qui fait le charme de ce livre déstructuré, qui semble parfois partir dans tous les sens (générant quelques longueurs) mais retombe à chaque fois sur ses pieds (relançant l'intérêt).

Si le Pays du passé est assurément un roman, imaginatif et ambitieux, il aurait aussi pu être conçu comme un essai, tellement ses réflexions sur le temps, la mémoire, la nostalgie, l'être et son double sont omniprésentes et souvent fulgurantes, jaillissant au détour d'un paragraphe sans prévenir et sans toujours s'appuyer sur l'histoire romancée. Ou aussi un conte philosophique, comme le soufflent plusieurs de mes co-lectrices…

Il faut s'armer de patience lors de certains passages où Gospodinov laisse son esprit et sa plume filer (« J'ai encore fait une digression, qu'on me pardonne »), mais on lui pardonne sans souci car ses écarts sont souvent instructifs (eh oui, le premier animal dans l'espace ne fut pas une chienne, mais une mouche !) et il sait rapidement retrouver son rythme.

Enfin, le Pays du passé porte au passage un éclairage intéressant sur la Bulgarie natale de l'auteur, qui loin des Gaillards nationalistes et des Sotz socialistes s'affrontant par référendum, interroge son passé et son identité. « …il devenait de plus en plus évident, avec la fraicheur de l'air nocturne qui m'aidait à me ressaisir, qu'il y avait deux Bulgaries et qu'aucune des deux n'était la mienne ».

Une belle découverte et un très joli style, une fois de plus issue d'une rencontre Varions les Éditions en Live qu'on ne saurait que trop recommander !
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«  La vérité , c'est que la Suisse était le pays idéal, me dis- je, à cause du degré zéro de temps. »
«  Un pays sans temps peut être très facilement habité par toutes sortes de temps »
«  C'était un travail idéal pour moi .En fin de compte, c'est ce que j'avais toujours fait: flâner dans les passages du passé [ ……] , je pouvais voyager , me balader sans but apparent, enregistrer les faits les plus insignifiants 1939, 1942 ou 1968. » .

«  de toute façon, il n'y a pas d'autre machine à remonter le temps que l'homme » .

Quelques passages de ce livre ambitieux , imaginatif qui ressemble plutôt à un essai…..

Et s'il devenait possible de retrouver son passé ?
Depuis une petite clinique de Zurich, le psychiatre de formation Gaustine, invente une certaine façon de déclencher la mémoire des malades Alzheimer , fuir de toute façon un présent , hélas qui leur échappe , et ne représente plus rien pour eux .

Comment ? Grâce au décor de leur chambre les patients ont la possibilité de replonger au coeur de leurs années sereines .

L'auteur explore à sa manière, très particulière la mémoire individuelle et surtout explore l'histoire européenne du XX ° siècle, surtout celle de son pays natal, la Bulgarie .

Il passe d'une temporalité à une autre , la narration n'a absolument rien de classique : réflexions intenses sur la nostalgie, le temps, la mémoire , ses fixations et ses pertes. Il en décrit toutes les manières .

L'analyse est très intéressante , gâchée par trop de références et de digressions .
C'est imaginatif, ambitieux , fascinant, très curieux , déstructuré .
Pour moi un roman extravagant qui interroge notre rapport individuel comme politique à la nostalgie .
Il nous invite à nous pencher sur le miroir des souvenirs .
Un vraie curiosité, cet ouvrage où règne un désordre organisé, une lecture un peu difficile .
Pas le moment propice !
Mais ce n'est que mon avis bien sûr ! .
D''autres lecteurs y trouveront très certainement leur compte .
Emprunté à la médiathèque.

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Nous voici quand le retour du passé devient "l'avenir sombre", telle une dystopie à l'envers devenant par la même une uchronie, un «non-temps», non parce qu'il n'existe pas mais parce qu'en fusionnant le passé, présent et futur, ce "tous les temps" devient paradoxalement une absence de temps.

Ce premier attrait rapidement perçu se double très vite d'une épaisseur supplémentaire quand on découvre dès les premières pages que se mêlent dans ce "tous les temps" aussi bien des personnages réels que des personnages fictifs créés par l'auteur lui-même, donnant alors la sensation au lecteur d'un palais des glaces vertigineux où aucune certitude n'est possible et où il est impossible de savoir ce qui est réel ou reflet.

Les temps disloqués et la fiction devenant réelle - la réalité devenant fiction - entraînent une réflexion foisonnante sur le temps, la définition du passé, la vieillesse (faite de "longues manoeuvre solitaires, attente" "entre l'horloge et le lit" comme le titre de cet autoportrait peint par Munch" p67), la perte de mémoire, la mort, L Histoire, savamment teintée d'une parfaite mélancolie nostalgique.

Entre Vienne et Zurich - "une ville aussi calme qu'un cimetière" où "y ont trouvé l'ennui Canetti, Joyce, Dürrenmatt, Frisch et même Thomas Mann"(p33) et où "deux découvertes du XXe siècle liées précisément au temps ont eu lieu ici, justement, en Suisse: la théorie de la relativité d'Einstein et La Montagne magique de Thomas Mann"(p35); entre le 1er septembre 1939 à Londres avec les carnets d'Auden "Uncertain and afraid" à l'invasion de la Pologne, quand le quotidien se transforme en Histoire, ou un autre 1er septembre à New York, on se retrouve auprès de notre narrateur romancier, ce "je" sans nom à rechercher dans les époques et les lieux son personnage Gaustine qu'il a lui-même imaginé - ce dernier se moquant ironiquement des difficultés à être retrouvé par celui qui l'inventa - et avec qui il se retrouve finalement à fonder "la première clinique à produire du passé"(p54).

On suit les reconstitutions par étage de décennies à destination des "patients à la mémoire en train de disparaître, Alzheimer, démences", "pour tous ceux qui vivent uniquement dans le présent de leur passé" (p51) ainsi que les questionnements divers sur l'existence de date de péremption pour le passé (p48) ou de savoir si "le passé n'est pas seulement ce qui nous est arrivé. Parfois, c'est ce qu'on n'a fait qu'inventer" (p55) - la Suisse par exemple étant "le village bulgare idéal" de l'enfance du narrateur "tel qu'il n'avait jamais existé" (p154).

Au-delà de considérations très pragmatiques pour un collectionneur de passé comme le fait "qu'il n'y ait pas de machine à mémoriser les odeurs" (p59), des récits et des réflexions s'enchaînent: sur ceux qui n'ont pas "d'affinités avec l'avenir", l'avenir radieux résonnant "de manière si lointaine et vide" (p71), sur des réclames dans les journaux jaunis qui sont comme une porte d'entrée dans le passé ou encore sur la force d'attraction du passé s'appuyant sur l'Odyssée, jugeant que "la nostalgie est le vent qui gonfle les voiles d'Ulysse", rentré pour le souvenir de la fumée qui s'élève de la cheminée et dont on pourrait imaginer une fin tragique d'être auprès de Pénélope sans plus se souvenir de son nom (p128), témoignant de la vie "pire que les voleurs de grands chemins" qui nous vole peu à peu notre mémoire (p131); ou enfin, sur le fait que les hommes sont "des fabriques de passé", "des machines vivantes de passé" (p132), sur le fait que le passé n'existe qu'au singulier (p146) ou encore sur les questions de savoir si le passé meurt, s'il peut être volé, recyclé…

Après Zurich, d'autres établissements prennent vie ailleurs, en Bulgarie ou dans différents pays, les étages se multiplient, années 1960, années 1940 et 1950…et même années 1970, les pertes de mémoire affectant des personnes de plus en plus jeunes. Vient ensuite l'évocation de la construction d'une "ville entière dans le temps" (p98) afin d'éviter la brutalité douloureuse de n'entrer que temporairement en régime de réminiscence, éviter les ruptures jusqu'à l'échappée d'un homme qui pense que le monde réel est une sorte d'expérimentation du futur, le passé étant devenu son réel. Les cliniques commencent à s'ouvrir aux proches des patients, puis la possibilité d'y rester est proposée afin d'"ouvrir du temps pour tous", comme "ouvrir une fenêtre dans le temps pour que les malades y vivent" (p115). Puis, ils envisagent même leur établissement pouvant aller jusqu'à un Etat entier, à des fins thérapeutiques en créant pour leur patients "un espace synchronisé avec leur temporalité intérieure", un "abritemps" (p51), un droit "au souvenir du bonheur" (p52).

Peu à peu, le passé se transforme "en baleine blanche" que l'on poursuit "avec la passion aveuglante d'Achab" (p134) et "c'est alors que le passé partit à la conquête du monde" (p139), se transmettant "d'homme à homme comme une épidémie", et "insensiblement, les gens en habits traditionnels commencèrent à conquérir les villes" (p140) et un "référendum pour le passé" se met en place en Europe (du verbe re-fero en latin, "qui veut dire "faire revenir en arrière" -"le retour en arrière était engagé par le mot même" p149). Des laitiers reviennent avec leurs bouteilles sur le perron, des meetings s'affrontent une semaine avant le vote, et la Bulgarie se ferme comme un piège qui claque (p247), frontières fermées, perquisitions inattendues, un abonnement à l'Oeuvre ouvrière (p247) et la population "commence à s'adapter incroyablement vite" tandis que " les citoyens incrédules qui vivent encore en suivant une inertie démocratique …remplissent peu à peu les maisons d'arrêts" (p249).

"Les Etats heureux se ressemblent tous, les Etats malheureux le sont chacun à sa façon, comme il est écrit" (p254) et effectivement, "aucune nation" ne veut "renoncer à son malheur", "le pétrole de la mélancolie est leur unique ressource inépuisable". "Le bonheur n'entre pas dans les manuels d'Histoire", "le bonheur n'est que pour les abécédaires et manuels de conservation en langue étrangère, et encore, pour débutants", "avec le bonheur, on ne forge pas d'épées, c'est un matériau fragile, cassant" (p255), "on ne peut mobiliser une armée sous les bannières du bonheur"…et voilà que pour la première fois, "le moment était venu de choisir un bonheur". (p256).

Et notre narrateur nous fait alors le compte-rendu et nous explique les résultats des choix des décennies à travers l'Europe, de 1980 pour la France aux années 1970 pour les pays scandinaves, dessinant la nouvelle carte du temps, avant de terminer par une dernière partie s'ouvrant sur "la boîte était ouverte…" (p293) où tel un final de feux d'artifice, le roman enchevêtre réel et fictif, mise en scène et fait historique, boucles de temps et bribes de souvenirs pour s'achever à la dernière page sur l'inéluctable, qui laisse un lecteur comme échoué après un long voyage sur mille plages à mille époques…

En somme, un brillant moment de lecture, au léger parfum délicieux de soufre d'un "Maître et Marguerite" ou d'un livre qu'on ne se souvient pas d'avoir lu mais qu'on avait adoré…
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Guéorgui Gospodinov prévient d'emblée : "tous les personnages réels de ce roman sont fictifs. seuls les fictifs sont réels." Cet avertissement, avant le début de le pays du passé, est bien à l'image de son auteur, malicieux et déstabilisant. le personnage principal du livre, le dénommé Gaustine, est insaisissable, passant d'une temporalité à une autre, avec facilité, mais Gospodinov le souligne : c'est lui, le romancier qui l'a créé, à moins que ce ne soit le contraire. Autant s'y faire, le pays du passé n'a rien d'une narration classique, les digressions y sont nombreuses, les clins d'oeil au lecteur également et l'auteur égrène volontiers certains de ses souvenirs personnels avec volupté. D'imagination, Gospodinov n'en manque pas, nous entraînant tout d'abord dans des cliniques très particulières où des malades d'Alzheimer retrouvent leur époque favorite dans une chambre au décor ad hoc. Comme si cela ne suffisait pas, le romancier conçoit ensuite, dans une dystopie étourdissante, une Europe où tous les pays abandonnent leur présent pour l'époque du XXe siècle où leurs citoyens ont été les plus heureux. Impossible de détailler la manipulation mais elle conduit inévitablement au chaos, dès lors que la nostalgie est encore ce qu'elle était (ou pas). le livre est vraiment passionnant par endroits mais l'écrivain bulgare n'a manifestement aucun goût pour les intrigues linéaires et constelle son récit d'aphorismes, de citations et d'histoires parallèles. Un livre où règne le désordre, comme une mémoire où les souvenirs ne sont pas très bien rangés.


Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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critiques presse (2)
LeDevoir
17 janvier 2022
Roman de politique fantastique, allégorie douce-amère, Le pays du passé frappe et fascine par moments, sans vraiment livrer toutes ses promesses.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeFigaro
09 janvier 2022
Le romancier bulgare publie un roman extravagant, fait de variations sur les thèmes du passé, de la mémoire et de l’oubli. Magistral.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Il n'est pas nécessaire de rechercher l'extraordinaire, répondit Gaustine. Le temps ne se niche pas dans l'extraordinaire, il se cherche un endroit silencieux et tranquille. C'est dans un après-midi insignifiant que tu découvriras des traces d'un autre temps. Un après-midi durant lequel il ne s'est rien passé d'extraordinaire, rien sinon la vie même...
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... lorsque ma femme est partie, j’ai perdu la moitié de mon passé, en fait, mon passé tout entier.
Le passé ne se joue qu’à quatre mains, au moins quatre mains.
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Je reste là, à observer mon passé bulgare qui s'en va avec ces gens venus ici à la fin de leur vie. Les personnes âgées ont toujours suscité mon intérêt, j'ai vécu avec elles dans mon enfance. Nous avons grandi auprès de nos grands-parents, on pouvait discuter avec eux, alors qu'avec toute une génération, celle de nos parents, nous sommes passés les uns à côté des autres. Maintenant que j'arrive de leur côté de la barrière, mon intérêt est de nature différente. Comment vieillit-on face à leur mort, de plus en plus loin de la vie, et comment peut-on sauver ce qui ne peut pas être sauvé. Ne serait-ce que comme souvenir. Où va ensuite tout ce passé personnel ?
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Dans toutes les épopées antiques, il y a un ennemi puissant contre lequel on se bat : le Taureau céleste et Gilgamesh, le monstre Grendel, sa mère et enfin le dragon qui a mortellement blessé le vieux Beowulf, tous les monstres, taureaux, etc., dans les Métamorphoses d’Ovide, le cyclope dans l’Odyssée et bien d’autres. Dans les romans actuels, ces monstres ont disparu, ils s’en sont allés avec les héros. S’il n’y a pas de monstres, il n’y a pas non plus de héros.
Un monstre, pourtant, existe, il en est un qui nous attend tous. La mort, direz-vous, oui, oui, la mort est sa sœur, mais le monstre, c’est la vieillesse. C’est un vrai combat (perdu d’avance), sans éclat, sans feux d’artifice, sans épées avec, incrustée dedans, une dent de saint Pierre, sans boucliers magiques et auxiliaires inattendus, sans espoir que vous chantent les chants des poètes, sans rituels…Un combat épique sans épopée.
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La Suisse comme euthanasie. Switzerland as euthanasialand. Si vous cherchez une bonne destination pour mourir, nous pouvons vous aider. Il est étrange que ce business de la mort ne soit pas entré officiellement dans les guides touristiques. Tous les guides sont rédigés avec l’illusion qu’on est vivant et voyageur. Ça va de soi… La mort n’existe pas dans les guides touristiques du monde. Quelle omission !
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Videos de Guéorgui Gospodinov (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guéorgui Gospodinov
Le rayonnement de la prose de l'écrivain bulgare Guéorgui Gospodinov est confirmé par son roman «Physique de la mélancolie» (2011, paru en français aux éditions Intervalles en 2015), lauréat du Prix Jan Michalski de littérature 2016. Sous-titres en français
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