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Paule Arhex (Traducteur)
EAN : 9782070721825
574 pages
Gallimard (12/02/1991)
4.05/5   85 notes
Résumé :
Traduit de l'allemand par Paule Arhex
"Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'oeil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur l... >Voir plus
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Publié en 1935 auto-da-fé est l'unique roman d'Elias Canetti, qui se verra attribuer le prix Nobel en 1981. Son oeuvre se compose par ailleurs d'un recueil de nouvelles, de nombreux essais, de pièces de théâtre et d'un long cycle autobiographique. Né en Bulgarie dans une famille juive, ayant comme première langue l'espagnol, ayant vécu en Autriche, Grande-Bretagne et la Suisse, écrivant en allemand, Canetti est l'écrivain européen par excellence.

auto-da-fé est un long roman de plus de 600 pages divisés en trois parties. Dans la première partie, « Une tête sans le monde », nous faisons connaissance avec Peter Kien, un sinologue très reconnu. Possédant une immense bibliothèque qui occupe la quasi totalité de son appartement, travaillant inlassablement, refusant au maximum les contacts avec le reste de l'humanité, il s'adonne de manière quasi compulsive à l'étude et à sa passion obsédante pour les livres. Son pire cauchemar, objet de rumination, sont les incendies de livres et bibliothèques : celui d'Alexandrie, et aussi celui perpétué en Chine par l'empereur Shi Hoang-ti, aidé par son ministre Li Si. Mais Peter se laisse circonvenir par son intendante, Thérèse, et se persuade que la meilleure façon d'assurer l'entretien de sa bibliothèque est de l'épouser. Mariage purement formel, mais Thérèse va révéler sa vraie nature. Avide d'argent et de reconnaissance, elle va exercer sa domination de plus en plus violente sur Kien, qu'elle finira par mettre à la porte.

Nous suivons ce dernier en dehors de sa bibliothèque refuge, dans la deuxième partie, « Un monde sans tête ». Kien navigue d'hôtel en hôtel, et fini sous la coupe d'un nain bossu, Fischerle, qui se rêve en champion d'échecs. le nain le vole, en utilisant la folie de plus en plus prononcée de l'érudit, qui « sauve » des livres que les gens veulent mettre au mont de piété. Mais le chemin de Kien y croise celui de Thérèse accompagnée de Pfaff, le concierge de l'immeuble, ancien policier, devenu entre temps amant de Thérèse, venus mettre des livres au clou pour récupérer de l'argent. Suit une bagarre, après laquelle tout le monde se retrouve au commissariat.

Dans la troisième partie, « Un monde dans la tête », Kien a rejoint son ancien immeuble, mais il est consigné dans la loge du concierge, qui essaie de lui soutirer l'argent qui lui reste et le brutalise. Mais le frère de Kien, Georges, arrive de Paris pour essayer de l'aider. C'est un célèbre psychiatre, qui a le plus grand respect pour la folie, qu'il trouve dommage de guérir. Une fois qu'il a bien analysé la situation, il se joue de Thérèse et du concierge, qu'il manipule habilement pour les pousser dehors de l'immeuble, et il restaure Peter dans son appartement au milieu de ses livres, en l'assurant d'une pension, qui lui permettra de vivre malgré la dilapidation de son argent. Tout oppose les deux frères, et ces oppositions sont exposées dans les échanges virulents qu'ils auront, c'est sans doute le moment crucial du roman. Mais après le départ de Georges, son frère n'est plus en capacité de reprendre son ancienne existence, ses obsessions le hantent, et il finira par réaliser son pire cauchemar.

auto-da-fé est un livre dense, un livre monde, comme le début du XXe siècle en a produit un certain nombre : Berlin Alexanderplatz, L'homme sans qualité, Ulysse etc. Des livres qui remettent en cause les procédés traditionnels de la narration et l'analyse psychologique traditionnelle héritée du XIXe siècle, abandonnant l'idée d'un sujet que l'on peut comprendre et expliquer rationnellement. Très clairement, auto-da-fé se place dans la même ambition. Enormément de thèmes, sujets, réflexions, se croisent, énormément d'analyses sont possibles. Au risque sans doute de provoquer chez le lecteur par moments un sentiment d'indigestion : j'avoue avoir un peu calé dans la deuxième partie, tant cet univers sombre, ses personnages grotesques et qui donnent souvent l'impression de n'avoir rien d'humain, m'ont pesé. La troisième partie, plus abordable peut-être, avec au centre le personnage de Georges, qui est celui qui a le comportement le plus proche d'un comportement que l'on peut qualifier de « normal », compréhensible, malgré sa fascination pour la folie, qui met en quelque sorte de l'ordre dans le monde, et surtout où les enjeux et les problématiques centrales se dessinent plus clairement, m'a en revanche  donnée le sentiment d'être en face d'une grande oeuvre.

Les êtres semblent tous mus par une sorte de folie intérieure, celle de Peter Kien pour les livres et le savoir, un savoir ésotérique et complètement coupé de la moindre utilité, s'oppose aux obsessions des autres personnages. L'argent, sa possession, est peut-être le plus central, le plus souvent évoqué, mais il y aussi le sexe, et l'image que nous renvoient les autres, une sorte d'image idéale et en dehors de la réalité, fantasmée, et qui nous permet en quelque sorte d'exister. Et qui permet de mener les individus aux gens qui savent jouer sur cette corde : Thérèse se laisse manipuler par un vendeur qui lui renvoie l'image d'une jeune belle femme désirable, Fischerle, qui veut imposer celle d'un champion d'échecs etc. Et c'est par ces images rêvés d'eux-même que George le psychiatre arrive à manipuler en un tour de main Thérèse et Pfaff. Comme un exemple de la possibilité de manipuler n'importe qui, à partir de quelques schémas de base, un peu les mêmes chez la plupart des individus. Et nous restons encore là à des manipulations sur des individus isolés, or la foule présente en particulier dans le deuxième chapitre, est aussi manipulable, et la mort de Fischerle montre à quel point elle peut devenir dangereuse et destructrice, et comment elle peut être utilisée par les gens qui comprennent ses ressorts. La violence est en effet toujours présente dans le livre, ce qui rajoute encore au côté sombre de l'ensemble.

Le livre traite également du langage, de son pouvoir et de ses limites,  on peut sans doute également analyser le roman dans la perspective historique : publié en 1935, en pleine montée du nazisme, parler d'incendies de bibliothèques n'est pas anodin. Mais il est impossible de faire le tour dans un court commentaire de toutes les thématiques et pistes de réflexion, de ce roman important, même si pas toujours gratifiant à lire.

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Seul véritable roman d'Elias Canetti, davantage connu en France comme intellectuel, AUTO DA FE est de prime abord un véritable délire. Publié dans la collection l'Imaginaire chez Gallimard, on ne saurait s'en étonner.

Le professeur Peter KIEN vit, pour par et avec ses livres. Une certaine forme d'autisme, d'isolement d'un monde extérieur redouté et rejeté, les livres sont le havre de paix dont le héros maîtrise chaque volume, chaque page, chaque ligne, chaque mot.

Un jour arrive l'ennemi destructeur, une femme, Thérèse, gouvernante puis épouse qui pousse Peter à la folie ou la révèle.

S'ensuit alors une descente aux enfers où l'on croise des personnages plus incroyables les uns que les autres…

Au-delà de cette histoire parfois abracadabrantesque, ce roman est aussi, remis dans le contexte de sa publication (1935), une expression sur la montée du nazisme, en filigrane un rapport toujours complexe à la judaïté, un exposé désolant sur la nature humaine, une conception de la femme qu'elles ne goûteraient guère aujourd'hui…

Enfin, c'est un roman dont il est difficile de se détacher, tant la folie qu'il exalte semble être plus attirante, plus vivante que les vies monotones et tracées qui sont notre lot quotidien.

Vivre entièrement, follement, une passion jusqu'à sont terme inéluctable…heureusement qu'il y a les livres.

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Traduit par Paule Arthex. Ne en Bulgarie. J'ai lu de nombreux livres de E Canetti. La langue sauvée je me rappelle le livre où il parle de la Suisse près d'un lac, je me trompe peut être dans un hôtel. J'ai aussi la tour de Babel, le precedent titre de ce livre.Ça pourrait tout gâcher. Peter Kien un savant sinologue long et maigre. La mauvaise graine gagnait du terrain. Fischerle le bossu champion du monde d'echec ou de l'escroquerie et Kien le sinologue. le cochon. Ces yeux mendiaient des mendiants par le judas

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Dans les années 1995, pendant mes études en littérature, j’ai découvert un écrivain qui m’a intriguée par son appartenance à plusieurs cultures : Elias Canetti. Né en Bulgarie, au sein d’une famille juive sépharade, il a vécu en Autriche, en Angleterre et en Suisse; tous ces pays l’ont revendiqué, notamment après avoir reçu le Prix Nobel pour l’ensemble de son œuvre, en 1981. J’ai lu d’abord son étude Masse et puissance, ensuite ses trois volumes autobiographiques, de plus en plus conquise par son talent d’écrivain. Ce qui m’a déterminé à chercher son œuvre de fiction; en fait, il avait écrit un seul roman, Die Blendung (en français, La Tour de Babel et, dans une édition plus récente, Auto-da-fé). Un roman allégorique que ses contemporains n’étaient pas prêts à comprendre, mais qui aujourd’hui est considéré comme représentatif pour le XXe siècle.

Un premier aspect qui m’a plu : Son sujet. Le savant Peter Kien vit parmi ses livres, dans son imposante bibliothèque personnelle, pas du tout intéressé par le monde extérieur. Sa servante, Thérèse, profite de sa faiblesse pour les livres (elle fait semblant de les adorer elle aussi) et le détermine à l’épouser. Elle veut en fait son argent, et Kien finit par se retrouver dans la rue où il passe par toutes sortes d’aventures. Quand il réussit, finalement, à retourner chez lui, il choisit de mettre fin à sa vie au milieu des livres, en mettant feu à sa bibliothèque.

Un second aspect qui m’a plu : L’absurde qui me rappelle les romans de Kafka, générant l’humour, malgré la situation tragique. Dans la rue, Kien est désorienté; il se trouve des compagnons qui lui ressemblent, vivant dans le monde de leurs illusions. Les confrontations avec sa femme sont grotesques et leur dénouement est souvent hilaire. Il arrive à frapper, à se faire frapper, à être humilié… Mais il se trouve des ressources pour continuer, comme un Don Quichotte moderne, jusqu’au dernier acte de son absurde spectacle existentiel.

Aspect qui m’a moins plu : Le personnage principal, Peter Kien, est une pauvre victime; cependant, je n'ai pas senti de la compassion pour lui. Ce n’est pas parce que son aliénation se trouve à la limite de la folie. C’est parce qu’il n’est finalement pas meilleur que ceux qui essaient de profiter de sa naïveté pour l’escroquer. Comme lecteur, je me suis sentie coupable de ne pouvoir pas être émue par le destin sombre du personnage principal. Malgré le fait que son « aveuglement» est justifiable, je pense qu’il l’a choisi d'une certaine manière.

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Selon le célèbre proverbe africain quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle. Un tel dicton semblerait bien obscur à Peter Kien pour qui l'holocauste de l'humanité toute entière ne saurait racheter la disparition d'un seul ouvrage chéri des milliers que contient sa collection de sinologue mondialement connu. La quarantaine, sec comme un sarment de vigne, techniquement un miracle de mémoire et de connaissance livresque, mais somme toute un vieux garçon, rigide et froid, Kien n'a pour véritable compagnie que la pensée des sages d'orient. Un jour le voilà pris d'une lubie, lui le célibataire endurci, d'interpréter de façon singulière certains préceptes de Confucius, pour s'engager dans les voies périlleuses du mariage. Inquiet pour l'avenir de sa bibliothèque, il décide d'épouser sa domestique, de dix-sept ans ans son aînée, après huit ans de service dans ce canyon de livres. Être un puits de connaissance n'est pas forcément synonyme de clairvoyance : la dame est une mégère, d'une vanité qui confine à la naïveté, d'une mesquinerie qui n'a d'égale que ses prétentions à la respectabilité bourgeoise. Elle est convaincue que le savant est riche et elle va s'employer à dénicher le magot. Deux autres personnages tout aussi antipathiques, le concierge, une brute épaisse, policier à la retraite qui passe son temps à épier les démarcheurs et quémandeurs imprudents qui s'aventureraient dans l'immeuble pour les rosser d'importance, comme il se flatte de l'avoir fait avec son épouse et sa fille, comme tout père de famille qui se respecte, ainsi qu'un vil nain déjeté, proxénète à la petite semaine et escroc de métier, vont tâcher eux aussi de faire leur beurre en menaçant la vénérable bibliothèque du pédant d'une fin ignomignieuse dans les combles poussiéreux d'un vulgaire mont-de-piété de quartier.

Auto-da-fe est un petit bijou burlesque, où les personnages symbolisent ce que la vie peut avoir d'absurde et d'étriquée quand chacun se cantonne à la courte vue de ses intérêts propres, sourd à toute autre considération, prenant ses désirs pour des réalités. C'est aussi un miracle ou une anomalie, puisqu'il s'agit du seul roman d'un intellectuel de tout premier plan, renommé pour ses réflexions sur les mécanismes humains et les modes de fonctionnement psychosociaux.

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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation

Tombant des rayons, des livres s'abattent sur le sol. De ses longs bras, il les rattrape et les porte, pile après pile, dans le vestibule. Il les entasse bien haut contre la porte de fer et il construit, avec ses vingt-cinq-mille livres, une puissante redoute. Bientôt, il atteint le plafond. Devant le bureau, de grandes flammes s'élèvent. Il installe l'échelle au milieu de la pièce, grimpe sur le sixième échelon, surveille le feu et attend. Quand les flammes l'atteignent, il rit à pleine voix, comme il ,'a jamais ri de sa vie.

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Mais l'esprit ne se nourrit pas de romans. On paye trop cher la plaisir hypothétique qu'ils apportent : ils arrivent à désagréger le caractère le plus ferme. Ils vous apprennent à vous mettre à la place de toutes sortes de gens. On prend goût à ces changements perpétuels. On se confond avec les personnages qui vous plaisent. On admet tous les points de vue. On s'abandonne de bon gré à des buts qui vous sont étrangers et l'on perd pour longtemps les siens de vue. Les romans sont comme des coins que l'écrivain, ce comédien de la plume, enfonce dans la personnalité fermée de ses lecteurs. Mieux il calcule les dimensions du coin et la résistance qu'il rencontrera, et plus grande sera la fissure. Les romans devraient être interdits par l'Etat.

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Il jeta un coup d'œil autour de lui – non, personne ne l'observait – et tira de sa poche un calepin long et étroit. Sur la couverture était écrit en hautes lettres anguleuses : SOTTISIER. Il arrêta d'abord son regard sur le titre, puis il feuilleta le carnet dont plus de la moitié des pages était écrite ; il inscrivait là tout ce qu'il voulait oublier. Il commençait par inscrire la date, l'heure et le lieu. Suivait le récit de l'événement, qui devait être une nouvelle illustration de la bêtise humaine. Une citation bien choisie, toujours nouvelle, servait de conclusion. il ne lisait jamais son recueil de sottises ; il lui suffisait de jeter un coup d'œil sur la couverture. Il pensait publier cela plus tard sous le titre : "Promenade d'un sinologue".

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"" Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'œil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur lui. La passion qu'il éprouvait pour elle, la seule qu'il se permît dans sa vie sévère et studieuse, le contraignait à des mesures de prudence. "

(4e de couverture)

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Je vous en conjure, chère madame, n’oubliez pas l’essentiel. Un mari est comme son lit est fait… Si M. votre mari est bien couché, vous en ferez ce que vous voudrez. Croyez-moi, chère madame. On ne tient pas son mari seulement par l’estomac, on le tient par les meubles, plus particulièrement par la chambre à coucher, et je dirai même tout particulièrement par le lit, le lit conjugal, si vous permettez. Comprenez-moi, chère madame, M. votre mari n’est après tout qu’un homme. Il peut bien avoir la dame la plus charmante, chère madame, une dame en plein épanouissement, à quoi cela lui sert-il s’il dort mal? S’il dort mal, il est de mauvaise humeur. S’il dort bien, ma foi, il aime bien se rapprocher un peu. Et je vais vous dire quelque chose, chère madame, et vous pouvez me croire, chère madame, je m’y entends dans le commerce – douze ans que je travaille dans cette branche, huit ans que je suis dans cette place – à quoi servent les hanches si le lit est mauvais ?

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Video de Elias Canetti (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elias Canetti
http://le-semaphore.blogspot.fr/2014/.... Elias Canetti (1905-1994), l’éveilleur d’un futur antérieur : Une vie, une œuvre (1998 / France Culture). Émission “Une vie, une œuvre” diffusée sur France Culture le 19 novembre 1998. Par Catherine Paoletti. Réalisation : Anna Szmuc. Enregistrement et mixage : Marie-Dominique Bougaud, Philippe Bredin et Dimitri Gronoff. Elias Canetti, né à Roussé ( en Bulgarie le 25 juillet 1905 et mort le 14 août 1994 à Zurich en Suisse, est un écrivain d'expression allemande, originaire de Bulgarie, devenu citoyen britannique en 1952 et qui a longtemps résidé en Suisse. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1981. Canetti est souvent associé à la littérature autrichienne mais il couvre une perspective plus large. Son œuvre a défendu une idée pluraliste de la culture européenne dans sa richesse et sa diversité, liée à un parcours de vie singulier. Il est l'auteur d'analyses de grande envergure sur le XXème siècle et de réflexions détaillées sur les mécanismes humains et les modes de fonctionnement psycho-sociaux. Son œuvre est composée de pièces de théâtre, d'un unique roman, d’essais, de recueils d’aphorismes et d'une autobiographie en quatre volumes. Entre 1924 et 1929, il vit à Vienne où il étudie la chimie et est bientôt reçu docteur. Pendant cette période, il entreprend de nombreux voyages à travers l’Europe, notamment à Paris, en Bulgarie et à Berlin… C’est également pendant cette époque charnière de l’histoire, où l’on peut entendre les premiers bruits de bottes en Allemagne, qu’il développe de façon autodidacte ses connaissances puis ses théories artistiques en participant à des rencontres d’intellectuels - des salons - et aussi en travaillant sur ses premières idées littéraires. Canetti fera la connaissance de Karl Kraus, un intellectuel polémiste, fondateur de la revue “Die Fackel” (“Le Flambeau”), qui aura une influence majeure sur lui. Il rencontre peu après sa future femme : Venetiana (dite Veza) Taubner-Calderon. Pour subvenir à ses besoins et pour écrire, il traduit en allemand plusieurs livres de l’anglais. Toutes ses activités le happent et le poussent à délaisser la chimie et son enseignement. En effet, il va entre autres fréquenter les réunions qui s’organisent autour d’Alma Mahler, la veuve du compositeur Gustav Mahler, et entamer la rédaction de son roman “Die Blendung” (“Auto-da-fé”) ainsi que d'œuvres théâtrales. Il rencontrera des personnalités du monde de la culture comme Bertolt Brecht, George Grosz, Alban Berg, Robert Musil… Le 15 juillet 2927, un événement marque à jamais sa vie et son œuvre : une manifestation populaire qui tourne à l’incendie du palais de justice de Vienne. Cela provoque en lui le désir d’analyser et de comprendre le rapport entre les comportements de masse et le pouvoir. Il étudie alors cette problématique centrale de l’histoire du XXème siècle jusqu’en 1960, date de la publication de l’œuvre majeure de sa vie, “Masse und Macht” (“Masse et puissance”), presque exclusivement consacrée à cette phénoménologie des masses ainsi qu'à l'illustration de toutes les manifestations du pouvoir politique : « Il se peut que toute la substance du 15 juillet soit entièrement passée dans Masse et puissance. » Canetti s'y débarrasse de toutes les théories préexistantes à l'époque et cherche à « arracher le masque » de la figure centrale du pouvoir qu'il nomme le « survivant », pour « prendre le siècle à la gorge ». Avec : Alain Brossat, professeur de philosophie à l’Université Paris-VIII Youssef Ishaghpour, auteur de “Elias Canetti : métamorphose et identité” (La Différence) Marc de Launay, philosophe et traducteur français de philosophie et de littérature allemandes Gerald Stieg, professeur de littérature et civilisations allemandes et autrichiennes à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 Avec les voix d’Elias Canetti, Karl Kraus, Raphaël Sorin et Angèle Saül Textes lus par Daniel Mesguich Archives sonores : Dominique Jameux Archives INA : Martine Auger Sources : France Culture et Wikipédia
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