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Paule Arhex (Traducteur)
ISBN : 2070721825
Éditeur : Gallimard (12/02/1991)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Traduit de l'allemand par Paule Arhex
"Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'oeil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
monito
  16 septembre 2009
Seul véritable roman d'Elias Canetti, davantage connu en France comme intellectuel, AUTO DA FE est de prime abord un véritable délire. Publié dans la collection l'Imaginaire chez Gallimard, on ne saurait s'en étonner.
Le professeur Peter KIEN vit, pour par et avec ses livres. Une certaine forme d'autisme, d'isolement d'un monde extérieur redouté et rejeté, les livres sont le havre de paix dont le héros maîtrise chaque volume, chaque page, chaque ligne, chaque mot.
Un jour arrive l'ennemi destructeur, une femme, Thérèse, gouvernante puis épouse qui pousse Peter à la folie ou la révèle.
S'ensuit alors une descente aux enfers où l'on croise des personnages plus incroyables les uns que les autres…
Au-delà de cette histoire parfois abracadabrantesque, ce roman est aussi, remis dans le contexte de sa publication (1935), une expression sur la montée du nazisme, en filigrane un rapport toujours complexe à la judaïté, un exposé désolant sur la nature humaine, une conception de la femme qu'elles ne goûteraient guère aujourd'hui…
Enfin, c'est un roman dont il est difficile de se détacher, tant la folie qu'il exalte semble être plus attirante, plus vivante que les vies monotones et tracées qui sont notre lot quotidien.
Vivre entièrement, follement, une passion jusqu'à sont terme inéluctable…heureusement qu'il y a les livres.
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simona6344a15
  17 septembre 2015
Dans les années 1995, pendant mes études en littérature, j’ai découvert un écrivain qui m’a intriguée par son appartenance à plusieurs cultures : Elias Canetti. Né en Bulgarie, au sein d’une famille juive sépharade, il a vécu en Autriche, en Angleterre et en Suisse; tous ces pays l’ont revendiqué, notamment après avoir reçu le Prix Nobel pour l’ensemble de son œuvre, en 1981. J’ai lu d’abord son étude Masse et puissance, ensuite ses trois volumes autobiographiques, de plus en plus conquise par son talent d’écrivain. Ce qui m’a déterminé à chercher son œuvre de fiction; en fait, il avait écrit un seul roman, Die Blendung (en français, La Tour de Babel et, dans une édition plus récente, Auto-da-fé). Un roman allégorique que ses contemporains n’étaient pas prêts à comprendre, mais qui aujourd’hui est considéré comme représentatif pour le XXe siècle.

Un premier aspect qui m’a plu : Son sujet. Le savant Peter Kien vit parmi ses livres, dans son imposante bibliothèque personnelle, pas du tout intéressé par le monde extérieur. Sa servante, Thérèse, profite de sa faiblesse pour les livres (elle fait semblant de les adorer elle aussi) et le détermine à l’épouser. Elle veut en fait son argent, et Kien finit par se retrouver dans la rue où il passe par toutes sortes d’aventures. Quand il réussit, finalement, à retourner chez lui, il choisit de mettre fin à sa vie au milieu des livres, en mettant feu à sa bibliothèque.
Un second aspect qui m’a plu : L’absurde qui me rappelle les romans de Kafka, générant l’humour, malgré la situation tragique. Dans la rue, Kien est désorienté; il se trouve des compagnons qui lui ressemblent, vivant dans le monde de leurs illusions. Les confrontations avec sa femme sont grotesques et leur dénouement est souvent hilaire. Il arrive à frapper, à se faire frapper, à être humilié… Mais il se trouve des ressources pour continuer, comme un Don Quichotte moderne, jusqu’au dernier acte de son absurde spectacle existentiel.
Aspect qui m’a moins plu : Le personnage principal, Peter Kien, est une pauvre victime; cependant, je n'ai pas senti de la compassion pour lui. Ce n’est pas parce que son aliénation se trouve à la limite de la folie. C’est parce qu’il n’est finalement pas meilleur que ceux qui essaient de profiter de sa naïveté pour l’escroquer. Comme lecteur, je me suis sentie coupable de ne pouvoir pas être émue par le destin sombre du personnage principal. Malgré le fait que son « aveuglement» est justifiable, je pense qu’il l’a choisi d'une certaine manière.
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mguy
  22 janvier 2011
Une chose est à reconnaitre : c'est bien écrit. Même si l'histoire ne m'a pas vraiment plu personnellement. Il s'agit de l'histoire d'un homme, Kien, qui ne vit que pour ses livres, et qui méprise tout le reste. Il va notamment épouser sa domestique pour le soin qu'elle prend de ses livres. Mais très vite, les relations entre les personnages vont dégénérer. Cela ne sera qu'incompréhension, et manque total de communication.
Même si l'histoire pourrait être monstrueuse, l'écrivain sait rendre comiques des passages qui pourraient être pathétiques. À lire pour ceux qui aiment découvrir des oeuvres peu ordinaires.
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Apoapo
  04 février 2016
De la déconnexion du monde provoquée par la passion du savoir. Premier roman de Canetti, écrit pour exorciser ses propres démons.
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VACHARDTUAPIED
  15 avril 2013
La folle histoire d'un sinologue de renom, de sa bibliothèque de 2500 volumes et de Thérèse, sa gouvernante devenue sa femme. On pense à Kafka, à Joyce et à Musil. le chef d'oeuvre du prix nobel de littérature 1981.....
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   28 août 2010
Il jeta un coup d'œil autour de lui – non, personne ne l'observait – et tira de sa poche un calepin long et étroit. Sur la couverture était écrit en hautes lettres anguleuses : SOTTISIER. Il arrêta d'abord son regard sur le titre, puis il feuilleta le carnet dont plus de la moitié des pages était écrite ; il inscrivait là tout ce qu'il voulait oublier. Il commençait par inscrire la date, l'heure et le lieu. Suivait le récit de l'événement, qui devait être une nouvelle illustration de la bêtise humaine. Une citation bien choisie, toujours nouvelle, servait de conclusion. il ne lisait jamais son recueil de sottises ; il lui suffisait de jeter un coup d'œil sur la couverture. Il pensait publier cela plus tard sous le titre : "Promenade d'un sinologue".
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delitterysdelitterys   17 février 2011
"" Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'œil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur lui. La passion qu'il éprouvait pour elle, la seule qu'il se permît dans sa vie sévère et studieuse, le contraignait à des mesures de prudence. "

(4e de couverture)
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fernsferns   11 avril 2019
Je vous en conjure, chère madame, n’oubliez pas l’essentiel. Un mari est comme son lit est fait… Si M. votre mari est bien couché, vous en ferez ce que vous voudrez. Croyez-moi, chère madame. On ne tient pas son mari seulement par l’estomac, on le tient par les meubles, plus particulièrement par la chambre à coucher, et je dirai même tout particulièrement par le lit, le lit conjugal, si vous permettez. Comprenez-moi, chère madame, M. votre mari n’est après tout qu’un homme. Il peut bien avoir la dame la plus charmante, chère madame, une dame en plein épanouissement, à quoi cela lui sert-il s’il dort mal? S’il dort mal, il est de mauvaise humeur. S’il dort bien, ma foi, il aime bien se rapprocher un peu. Et je vais vous dire quelque chose, chère madame, et vous pouvez me croire, chère madame, je m’y entends dans le commerce – douze ans que je travaille dans cette branche, huit ans que je suis dans cette place – à quoi servent les hanches si le lit est mauvais ?
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PilingPiling   25 août 2010
Le véritable amour est toujours inquiet et se crée de nouveaux soucis avant même que les anciens aient disparu. Il n'avait encore jamais aimé ; il éprouvait les mêmes sentiments qu'un jeune garçon qui ne sait rien encore, qui saura bientôt et qui ressent devant les deux choses : savoir et ignorer, la même obscure angoisse.
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WilkinsonWilkinson   24 août 2012
"La cécité est une arme contre le temps et l'espace; et notre existence, seule et immense cécité, à l'exception des quelques connaissances que nous acquérons grâces à nos sens mesquins - mesquins dans leur nature comme dans leur portée. La cécité est le principe dominant du cosmos; elle permet à des choses une coexistence qui serait impossible si ces choses pouvaient se voir. Elle permet de s'arracher au temps quand on n'est pas capable de se mesurer à lui. Une spore est-elle par exemple autre chose qu'un peu de vie qui s'est enveloppée de cécité jusqu'au moment où elle s'épanouit ? Pour s'échapper au temps, qui est une continuité, il n'y a qu'un seul moyen : en fermant les yeux par intervalles, on le réduit en ces fragments qui sont ce que nous connaissons de lui."
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Video de Elias Canetti (1) Voir plusAjouter une vidéo

Elias CANETTI : écrits autobiographiques
Depuis le théâtre municipal de Fontainebleau Olivier BARROT présente avce beaucoup de ferveur le livre d'Elias CANETTI "Ecrits autobiographiques".
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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