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ISBN : 2350874494
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (12/04/2018)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Avec justesse et subtilité, Maëlle Guillaud soulève l'épineuse question de la construction de l'identité à travers les yeux d'une adolescente face à ses contradictions. Une famille très française est un roman d'apprentissage qui dénonce les normes édictées en principe et loue la richesse d'être soi, tout simplement, avec son histoire et ses singularités.Charlotte vit en Savoie avec ses parents, qu'elle adore ? quoique le tempérament exubérant de sa mère, d'origine s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  16 avril 2018
Quand les Duchesnais se déchaînent
Dans son second roman, Maëlle Guillaud choisit de suivre une jeune fille qui va devoir se construire suite à un drame qu'elle a promis d'occulter.
Après Lucie ou la vocation, un premier roman étonnant sur l'appel de la foi qui va pousser une jeune étudiante à abandonner famille et amie pour devenir Soeur Marie-Lucie, Maëlle Guillaud poursuit sa quête de l'identité en nous offrant de pénétrer dans l'intimité d'Une famille très française.
Sorte d'archétype de la famille bourgeoise, les Duchesnais sont pour Charlotte, la narratrice, une sorte d'idéal qu'elle peut approcher grâce à son amie Jane qui – Ô joie – l'invite chez elle, lui présente son frère Gabriel, sa mère Marie-Christine et son père Bernard. le monde qu'elle découvre lui semble à des années-lumière de son quotidien ancré dans toutes sortes de règles et de contraintes. Au fur et à mesure que sa relation avec Jane s'étoffe, son malaise va croître. Pourquoi sa mère se sent elle investie de la mission de la protéger coûte que coûte? Pourquoi ne peut-elle pas s'habiller de façon plus moderne? Pourquoi sa grand-mère Ichter s'obstine-t-elle à ressasser ses souvenirs du Maroc, à lui faire la cuisine de «là-bas»? Pourquoi faut-il célébrer deux fêtes juives alors qu'elle est catholique? Autant de questions qui dérangent Charlotte quand elle voit la liberté qui semble présider au mode de vie des Duchesnais. Et qu'elle entend désormais faire sienne en s'éloignant des siens qu'elle rejette petit à petit.
Le jour où les Duchesnais sont invités chez elle, que sa grand-mère leur propose des mouffletas, les crêpes marocaines, elle ne pourra se départir de ce sentiment. Quand Marie-Christine s'exclame « Hmm… c'est … c'est très bon, mais un peu gras, non?» elle a envie de fuir. D'autant qu'elle s'entend répondre «C'est meilleur avec du miel ou de la confiture». Si seulement le dîner pouvait s'arrêter… «Charlotte est terriblement gênée par le relâchement de sa grand-mère, ses accoutrements lui paraissent ridicules et lui font honte.» Son rêve serait de vivre chez les Duchesnais, intégrer cette famille.
Pourtant, derrière l'harmonie et le clinquant affichés, il y a aussi une partie plus sombre. Si le père de Jane est l'incarnation de la réussite et que «tout en lui respire l'assurance et l'argent. Ses gestes, la souplesse de sa conduite, son énorme montre au bracelet en cuir tabac», il entend aussi jouer de son pouvoir. Un soir, il pénètre dans la chambre de leur jeune invitée et glisse «sa main sous la couette. Sur son corps… Non, non, c'est l'alcool qui lui a tourné la tête. Qui lui fait imaginer une situation invraisemblable. Sa main sur son sein. Son souffle près de son visage. Son regard lourd de menace. Et si c'était un cauchemar? Tout simplement… Pourtant, elle n'a pas rêvé.»
Mais elle ne peut rien dire, faute de voir son rêve d'intégration s'envoler. Car désormais Charlotte «se voit à travers le regard de Jane, de cette famille si française qui ne connaît rien des difficultés de l'exil, de l'adaptation, rien des épreuves de la vie, elle en est persuadée.» Un aveuglement qui va prendre une dimension tragique lorsque Bernard qui a embarqué Charlotte dans sa voiture renverse un homme et prend la fuite et entend réduire sa passagère au silence.
Le plus facile, du moins le pense-t-elle, serait effectivement de nier. D'autant que les menaces se font précises. Que l'affirmation de Jane qui trouve son papa formidable,
« Faut dire que papa, rien ne lui résiste. Il obtient toujours ce qu'il veut », résonne très bizarrement à son oreille. Mais vivre avec ce mensonge est tout aussi difficile, d'autant que la victime n'est pas un inconnu puisqu'il s'agit du mari de la femme de ménage des Duchesnais. «Le mépris qu'elle ressent pour elle-même la paralyse.»
Et puis il y a Gabriel qui le la laisse pas indifférente. Prise dans un engrenage qui peut la broyer, Charlotte ne veut pas voir les avertissements. Y compris quand ceux-ci débouchent sur la violence. Quand sa «meilleure amie» la découvre dans les bras de son frère et qu'elle est «hérissée de colère» :
« – Toi, tais-toi. Tu t'imagines quoi? Que tu vas rentrer dans la famille? Que tu en fais partie? Mais t'es qu'une de ses poules! Tu crois que t‘es la seule?
– Jane, écoute-moi. . .
– Tu crois peut-être qu'il est amoureux de toi? siffle-t-elle entre ses dents. Ah tu m'as bien baladée hier soir! »
Maëlle Guillaud a un sens inné pour faire monter la tension. Elle construit ses romans comme une symphonie qui va crescendo, entraînant le lecteur dans un drame qui va finir par exploser. Une déflagration qui va entraîner la remise en cause de bien des certitudes – et si la famille très française n'était pas celle qu'on croit – et bousculer quelques parcours. Il va falloir désormais changer le scénario, trouver une autre voie. Voilà encore un beau roman de formation servie par une écriture ciselée.
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virginie-musarde
  06 juin 2018
Elle a une jolie plume, Maëlle Guillaud ! Et elle restitue finement les atermoiements de l'adolescence, quand on se cherche un modèle, et si possible en dehors de sa propre famille !
C'est ainsi qu'est Charlotte, dont la grand-mère maternelle est juive séfarade et marocaine, et le père toubib catholique, qui lorgne sur cette famille bourgeoise, très franco-française, "bien comme il faut".
Une famille parfaite en apparence mais qui cache des secrets.
Un roman agréable qui explore les questions d'identité et d'héritage (à quelle famille appartient-on ? Peut-on vraiment s'éloigner de ses racines, les renier ?), de la construction de soi et de sa propre projection dans la société (à quel groupe souhaite-t-on ressembler, s'assimiler ?).
Un roman d'apprentissage en quelque sorte, qui raconte la relation de Charlotte avec les siens et avec le monde qui l'entoure, qui joue aussi des ambiguïtés, des ambivalences.
Mais...un roman qui m'a semblé un peu brouillon, malgré tout ! J'ai pourtant beaucoup aimé la relation de Charlotte avec sa grand-mère, j'ai aimé le style et la façon qu'a eu l'auteur d'explorer les sentiments de cette jeune fille.
Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour être vraiment conquise ! Dommage.
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MYLUCHINE
  16 avril 2018
J'ai découvert la plume de Maëlle GUILLAUD en lisant son premier roman LUCIE, OU LA VOCATION paru en 2016. Dans celui-ci, il était question de religion, d'engagement, de sacrifices, j'avais trouvé cet ouvrage très percutant et éloquent.
Dans ce second opus, Maëlle GUILLAUD nous fait partager la vision idyllique de Charlotte, jeune adolescente cherchant la famille idéale car à ses yeux, la sienne n'en possède pas toutes les caractéristiques….Mais les apparences sont parfois trompeuses.

Quand Charlotte rencontre les parents de Jane, sa camarade de classe, elle est subjuguée. Dans cette famille, tout lui semble parfait : son amie est jeune et divinement belle, sa mère est élégante et pleine d'esprit, son père beau et plein d'humour….quant au frère aîné de Jane, il est charmant et plait beaucoup à Charlotte. Mais sous des apparences impeccables et une réussite éblouissante, la famille DUCHESNAIS se révèle peu à peu bien moins idéale qu'il n'y paraît. Charlotte commence alors à réaliser que ses propres parents certes bien moins clinquants sont beaucoup plus sincères et ancrés dans la réalité.
Maëlle GUILLAUD nous propose ici de suivre Charlotte dans ses questionnements, ses observations, ses contradictions et sa construction en tant qu'adulte. Charlotte est tout d'abord éblouie par la perfection de cette famille si exemplaire et privilégiée mais au fil du temps, elle réalise et commence à comprendre que, comme toutes les familles, les DUCHESNAIS ont aussi leurs failles, leurs secrets et leurs non-dits. Par certains côtés, cette famille est même finalement une caricature et recèle bien des mensonges.
Dans ce roman, j'ai aimé la prise de conscience de Charlotte, sa progression, son évolution psychologique et il a fallu qu'elle soit confrontée à une tragédie pour qu'elle se rende compte de la richesse de sa famille, de ses belles imperfections et de la vérité des sentiments de ses proches. J'ai particulièrement aimé le personnage de la grand-mère de Charlotte si décalé mais si attachant.
Ce roman d'apprentissage se révèle bien plus profond qu'il n'y paraît et nous questionne sur notre propre histoire, nos faiblesses et la vision de la famille en général. C'est un livre pour adulte mais il peut clairement être mis entre les mains d'adolescents pour son côté initiatique.
Maëlle GUILLAUD sonde, avec ce nouveau roman, l'âme d'une adolescente qui se cherche, elle aborde avec justesse et finesse la question des apparences et de la quête d'identité. Elle nous offre un joli moment de lecture empli d'humanité qui prône la sincérité, la richesse des différences et l'acceptation de soi.
Mymy

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MaminouG
  10 mai 2018
Du premier roman de Maëlle GUILLAUD, "Lucie ou la vocation" je n'ai fait qu'une bouchée mais je l'ai savouré et m'en suis régalée du début à la fin. Je pourrais presque dire la même chose à propos de son deuxième "une famille très française" sorti récemment.
Il n'est pas, cette fois, question de religion – encore que – mais nous suivons les états d'âme d'une adolescente, Charlotte, fille d'une maman d'origine séfarade et d'un père breton et médecin. Elle adore ses parents et sa grand-mère oui mais… quand elle rencontre Jane et sa famille…Jane est grande et blonde, sa mère Marie-Christine très élégante avec son collier de perles, son père Bernard est beau, il a de l'humour. Ne parlons pas de Gabriel, le fils, sous le charme duquel Charlotte tombe immédiatement. La comparaison est, naturellement, favorable à cette famille très française.
L'écriture fluide, simple, sans ostentation de Maëlle Guillaud fait mouche et traduit à merveille les doutes, les questionnements, les difficultés de l'adolescence : difficultés à s'assumer, à aller au-delà des apparences, à démêler le vrai du faux. La romancière possède un énorme talent pour démontrer la difficulté à se construire, à passer de l'enfance à l'âge adulte, à faire siennes ses origines aussi variées soient-elles. Les autres ont tellement plus d'intérêt. Et pourtant, "A force de vouloir leur ressembler, j'ai été comme anesthésiée… au fond, je n'ai rien fait d'autre que d'essayer d'oublier mes origines, de les gommer. J'en ai honte. Quelle idiote. Je n'ai cessé d'encourager mon démon intérieur pour m'inventer une autre vie." Je me suis moi-même retrouvée dans cette Charlotte prompte à renier les siens au profit d'un miroir aux alouettes.
Véritable conte initiatique, ce roman nous démontre que l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs. Il est aussi une invitation à trouver en soi, sans comparaison aucune, le bonheur de grandir, entouré des siens avec leurs particularités. L'ouvrage est d'une grande justesse qui sonde l'âme au plus profond et la tension qui s'installe au fil des pages, soutenue grâce à de courts chapitres, m'a tenue en haleine jusqu'à la fin.

Lien : http://memo-emoi.fr/
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Carole75
  15 juin 2018
Après avoir découvert Maëlle Guillaud à travers Lucie ou la vocation, j'étais très curieuse de découvrir son second roman, Une famille très française. J'y ai retrouvé des similitudes avec son premier roman : de nouveau un roman d'apprentissage, encore un personnage de jeune fille comme fil conducteur, la tentative de s'émanciper de sa famille. La religion est également présente, même si elle est moins centrale que dans Lucie ou la vocation, et s'il ne s'agit pas de la même religion.
Ne vous y trompez pas : il ne s'agit pas d'un remake de son premier roman ! le contexte est totalement différent. Nous accompagnons ici Charlotte, jeune fille issue d'une famille d'origine juive marocaine très aimante mais parfois étouffante. Elle tombe en admiration pour la famille Duchesnais, à ses yeux la famille française (bourgeoise) idéale : unie, distinguée, attachée à la liberté individuelle, et dont la réussite professionnelle et sociale du père de famille l'éblouit. Mais cette famille cache un visage bien plus sombre, en particulier le père qui entraîne Charlotte à porter un secret bien lourd. On y parle de jugement, de viol, de meurtre…. Et voilà que l'image parfaite de cette famille très française vole en éclats. J'ai été particulièrement touchée par le cheminement de Charlotte : la richesse, la sincérité et l'authenticité ne sont finalement pas là où elle le pensait initialement.
Sans vous dévoiler l'histoire ni la fin, je vous dirai qu'il s'agit surtout d'un livre qui déborde de tendresse, de pudeur, et d'amour, un éloge aux racines familiales : la famille parfaite n'est-elle finalement pas envahissante et spontanée … avec une grand-mère juive aussi aimante et généreuse que ses pâtisseries sont sucrées? !!! Un second roman très réussi. Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson pour cette découverte.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   16 avril 2018
Je ne fais partie ni de leur famille ni de leur monde. Nous sommes des énigmes, des mystères, des blessures inavouées les uns pour les autres. Nous ne faisons que nous échapper les uns aux autres. À force de vouloir leur ressembler, j’ai été comme anesthésiée. J‘entendais leurs phrases, mais ne donnais pas de sens aux m0ts. je voyais ce qui se déroulait autour de moi, mais je refusais de comprendre. Peut-on tomber amoureux d’une famille? Vouloir à tout prix être adoubée? J’ai voulu briller à leurs yeux. Me rendre désirable. En refusant d’admettre que pour eux, je ne suis qu’une fille de pieds-noirs, comme ils disent. « Ces gens-là sont d’une ignorance crasse », avait tranché sa mère après le dîner avec les Duchesnais. Le seul. Ses parents n’avaient eu aucune envie de récidiver, et curieusement, les parents de Jane ne les avaient pas invités en retour. « Comme si les juifs marocains étaient des pieds-noirs! avait repris sa mère. Cesse donc, mami, de vouloir leur ressembler. Tu ne leur ressembleras jamais. Tu n’es pas comme eux. On n’est pas comme eux. » Pourquoi n’ai-je pas écouté ce que ma mère me disait? Pourquoi ses mots ont-ils ricoché sans m’atteindre? Parce que la réalité était si décevante que j’ai préféré la maquiller pour mieux y croire? J’ai fait d’eux une famille idéale dans laquelle je pouvais me lover, je les voyais comme ils aiment à se présenter, ou comme j’avais envie qu’ils soient, une famille très française qui malgré moi m’ensorcelait. (p. 161)
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hcdahlemhcdahlem   09 avril 2018
Elle se redresse d’un bond, en sueur. La couette pèse une tonne sur ses jambes. Elle passe ses mains sur ses yeux, se masse le front. Elle est fiévreuse. Elle appuie ses doigts sur ses paupières et inspire profondément pour chasser la terreur. Elle a du mal à respirer. La culpabilité lui mord le cœur. Grignote son âme, mois après mois, année après année. Cette histoire dévore sa vie. Je ne m’en sortirai jamais… Jamais. Sa voix se casse en prononçant ces mots. Tu t’es condamnée à errer dans le néant, le vide. Et tout ça à cause d’eux. Son squelette va se disloquer, ses os se briser comme du verre, elle ne pourra pas lutter contre le poids de ces images. Toujours ce même cauchemar. Rien ne pourra te sauver. Elle fond en larmes. 
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hcdahlemhcdahlem   09 avril 2018
Elle plisse les paupières de douleur. L’éclair s’est gravé dans sa rétine. Elle le distingue même les yeux fermés. Le fracas autour d’elle l’oppresse. La pluie martyrise l’habitacle, le vent chahute lcs arbres sur le bord de la route. Je suis à la place du mort, songe-t-elle, la gorge serrée. De nouveau l’obscurité. Ia voiture accélère. Elle voit à peine les gouttes d’eau qui s’écrasent contre le pare-brise. Il faut que je change les ampoules des phares. Son cœur tambourine. Son souffle se fait court. Je suis un esquif en pleine tempête. Le tonnerre la fait sursauter. Soudain, un trait de lumière déchire le ciel et des dizaines de filaments se cristallisent autour. Une sueur glacée ruisselle le long de son dos. La foudre vient de tomber à quelques mètres. Elle tourne la tête vers le conducteur. L’effroi lui givre l’échine. Une décharge électrique lui écorche le bout des doigts. Il n’y a personne. Et pourtant, le véhicule prend de la vitesse. Comme dans un train fantôme. Les branches brisées griffent les vitres. La carcasse tremble. Son corps vibre et ses doigts se crispent sur la poignée de la portière. Une ombre traverse le rétroviseur. Elle voudrait incliner la téte mais sa nuque est raide. Figée. Comme toute sa colonne vertébrale. Elle essaie de se lever, mais ses pieds sont collés au plancher. Prise au piège. Elle bat des paupières. Je suis en train de mourir. Ses ongles blanchissent à force de serrer le plastique. Sa gorge est trop nouée pour émettre le moindre cri. Mais pour appeler qui? Je suis seule. Et je vais mourir.
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hcdahlemhcdahlem   16 avril 2018
– Toi, tais-toi. Tu t’imagines quoi? Que tu vas rentrer dans la famille? Que tu en fais partie? Mais t’es qu’une de ses poules! Tu crois que t‘es la seule?
– Jane, écoute-moi. . .
– Tu crois peut-être qu’il est amoureux de toi? siffle-t-elle entre ses dents. Ah tu m’as bien baladée hier soir! Et dire que je t’ai crue quand tu m’as parlé d’un type de la fac…
Jamais Charlotte ne l’a vue ainsi. Son visage est déformé par la fureur. Un éclat de silex dans le regard, des rides de méchanceté au coin des yeux. Jane est comme hérissée par la colère. Une gorgone, songe Charlotte, pétrifiée.
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hcdahlemhcdahlem   16 avril 2018
Charlotte se voit à travers le regard de Jane, de cette famille si française qui ne connaît rien des difficultés de l’exil, de l’adaptation, rien des épreuves de la vie, elle en est persuadée. Pas comme Malika, pas comme sa grand-mère. Pour la première fois, Charlotte voit Ichter dans le camp des exclus, de ceux qu’on peut renverser sans remords. De ceux qui ne méritent pas même le respect. Ceux dont l’existence est contestable puisqu’ils sont sans papiers. Ichter n’a qu’un permis de séjour. Et Malika? Pourtant, Charlotte est terriblement gênée par le relâchement de sa grand-mère, ses accoutrements lui paraissent ridicules et lui font honte. Mais elle était dans la voiture qui a renversé un homme, elle était assise à côté du chauffard. Charlotte a la gorge en feu. Le mépris qu’elle ressent pour elle-même la paralyse.
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Maëlle Guillaud - Une famille très française
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