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EAN : 9782266174077
288 pages
Éditeur : Pocket (05/02/2009)

Note moyenne : 2.68/5 (sur 22 notes)
Résumé :

" Mon grand-père paternel me racontait souvent, par bribes, l'épopée de la Kahina. Cette femme qui chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu'aux reins. Vêtue d'une tunique rouge - enfant, je l'imaginais ainsi -, d'une grande beauté, disent les historiens. [...] Devineresse, cette pasionaria berbère tint en échec, pendant cinq années, les troupes de l'Arabe Hass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
dido600
  28 juillet 2020
Gisèle Halimi revient plus de mille ans en arrière. Elle revient plus de dix siècles en arrière pour nous conter, ou nous raconter, les dernières années de la reine des Berbères, La Kahina. Elle qui a tenu tête aux envahisseurs arabes qui, officiellement, sont venus en Afrique du Nord pour répandre les préceptes de l'Islam. Femme belle et rebelle. Fille de Thabet, chef de la tribu des Djerraoua. Lui qui voulait vaille que vaille avoir un garçon, sa femme mettra au monde qu'une «femelle». La déception du père a fait son effet sur la vie de la Kahina qui, pour satisfaire la volonté de Thabet, apprend à manier les armes et à guerroyer. Elle devint, après la mort de son père, le guide de tout un peuple. Elle s'allie au chef de la tribu des Branes, Koceila.
Celui-ci sera tué à Mens, en 688 après J.C., par Zoheir Ibn-Kaïs. Dans son livre, Giselle Halimi va au-delà de cette simple biographie. Elle fouine dans les arcanes et chicanes de l'histoire et nous fait découvrir la relation, à la fois maternelle et amoureuse, vouée par la reine des Berbères à son captif Khaled Ibn Yazid al Absi.
Ce dernier a été emprisonné après la défaite de son oncle Hassan Ibn Thabit face à l'armée de Kahina. La guide de la tribu des Djerraoua, en donnant le sein à son captif, l'adopte et il devient, de ce fait, l'un de ses enfants. Toutefois, au fil du temps, cette adoption dépasse la simple relation maternelle ou filiale et les rapports deviennent de plus en plus amoureux. Cela ne va pas sans attiser le feu de la discorde entre la Kahina et l'un de ses enfants.
«J'ai voulu clore ce cycle par la Kahina. Dans son contexte historique, je l'ai fait vivre, aimer, guerroyer, mourir. Comme mon père, Edouard le Magnifique, l'aurait peut-être imaginée. La Kahina était-elle son ancêtre? Peut-être. L'ai-je aimée en la faisant revivre. Oui. Passionnément», écrit Giselle Halimi dans le quatrième de couverture de son livre. «Mon grand-père paternel me racontait souvent, par bribes, l'épopée de la Kahina. Cette femme qui chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu'aux reins. Vêtue d'une tunique rouge - enfant, je l'imaginais ainsi -, d'une grande beauté, disent les historiens. [...] Devineresse, cette pasionaria berbère tint en échec, pendant cinq années, les troupes de l'Arabe Hassan», écrit-elle encore. Néanmoins, au-delà de la saga de la Kahina, et de la reine qu'elle fut, Gisèle Halimi préfère axer son oeuvre romanesque sur l'identité religieuse de la Kahina tout en feignant ignorer ses origines berbères. En mettant en avant la judaïcité de la Kahina, Giselle Halimi semble vouloir s'approprier ce personnage ou, en termes plus clairs, veut persister dans la mystification de la «Kahina la juive».
Pour ce faire, elle s'appuie sur plusieurs preuves, dont celle relative à l'origine du prénom Kahina qui, selon Halimi, est dérivé du prénom juif Cohen.
Pour étayer un peu plus ses arguments, elle cite les oeuvres d'Ibn Khaldoun. Aussi, là où Gisèle Halimi paraît vouloir vaille que vaille confirmer la judaïté de la Kahina, au détriment de ses origines berbères, est dans le fait qu'elle confirme: «Dans la terre judaïque, la Kahina n'était pas la seule femme à avoir pris les rênes de son peuple, mais il y avait aussi Judith, et Tabora...» Giselle Halimi tente ainsi de confirmer la tradition juive, selon laquelle le peuple juif est «un peuple élu de Dieu».
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69Adil
  10 août 2019
Merci Madame Gisèle Halimi !
Un récit riche aussi bien historiquement que pour le personnage principal ; la kahina. Et grâce à ce roman, j'ai revisité l'histoire du peuple berbère.
Il y a quelques semaines, j'ai eu le privilège de saluer l'auteure sans l'avoir lue, la kahina m'a donné envie de lire l'oeuvre entière de Gisèle Halimi.
Je recommande absolument !
Adil Mesbahi
Auteur d'ouvrages de géopolitique et romancier
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mireille.lefustec
  21 mai 2012
Ecrit dans le style des conteurs orientaux,avec redites et emphase.
La fin est douloureuse,mais on ne refait pas l'histoire.
J'ai été intéressée et souvent emportée par le lyrisme.
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Becar
  04 avril 2019
Après avoir lu la série de Marek Halter sur les femmes emblématiques tant du christianisme que de l'Islam, je pensais trouver au travers du récit de la Kahina un roman de la même veine. Ç'a n'a pas été le cas ! Si l'histoire de cette cheffe de tributs berbères résistant à l'invasion arabe est étonnante, le récit proposé manque de rythme.
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miriam
  15 janvier 2015
En vacances en Tunisie, la figure de la Kahina s'est imposée à Tamrezet au musée berbère où le guide m'a montré les arches du Capitole d'El Jem sur des voiles et parures de mariée berbères.
Qui mieux que l'avocate féministe Gisèle Halimi aurait pu faire revivre cette flamboyante figure de reine guerrière?
L'abondante bibliographie témoigne du sérieux de l'étude.
Je me suis attachée au personnage, même si au début les amours avec
le prisonnier Khaled m'avaient un peu agacée. Roman historique oblige?
Le handicap, pour moi, dans cette lecture, c'est que je viens tout juste de refermer Salambô. Aucun roman historique ne peut lui être comparé. j'ai donc regretté l'absence de descriptions précises, de style. Mais encore un fois, on ne peut demander d'égaler Flaubert!
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
k.ajana__hotmail.comk.ajana__hotmail.com   06 juillet 2012
Depuis, ce corps mûr et ses seins haut plantés, cette peau sombre et douce, son sexe foisonnant comme sa langue chevelure couleur de miel roussi, avaient enchaîné l'Arabe. Il tentait de se détacher, humilié par l'aimant de cette chair ennemie. Mais les gestes sur le moment elle lui prodiguait anéantissement en lui toute résistance, toute prise de conscience. Il se méprisait - en quoi ai-je été libéré? Je ne me suis jamais senti aussi esclave, aussi étranger à moi même, aussi impuissant. Fuir?
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mireille.lefustecmireille.lefustec   21 mai 2012
Sans une étincelle d'espérance,même vague,l'homme sort de la vie avant même de mourir.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   22 mai 2012
Ils sont venus de tous les horizons, de tous les coins de l'Ifrkiya. Des montagnes de l'Aurès jusqu'à la mer. Du Hodna à la Tripolitaine, de Carthage, de Kairouan, des côtes d'Hippone au Sahara jusqu'aux déserts limitrophes du golfe syrtique,ils affluent.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   22 mai 2012
Elle s'inspirait d'un droit coutumier,calqué sur les rites des tribus. Ces rites relevaient au fond d'une conception particulière de la place de l'homme dans le monde.
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Videos de Gisèle Halimi (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gisèle Halimi
Annick Cojean est grand reporter au Monde, directrice et présentatrice des collections Empreintes et Duels sur France 5 et auteure de plusieurs livres. Elle préside de 2010 à 2020 le jury du Prix Albert-Londres, elle-même lauréate de ce prix en 1996 pour sa série de cinq reportages, "Les Mémoires de la Shoah".
En 2020, elle publie "Une farouche liberté" (Grasset), un livre d'entretiens autobiographiques avec l'avocate Gisèle Halimi qui paraît peu avant la mort de celle-ci. Il revient sur la vie de combattante de cette figure emblématique du féminisme et des droits humains.
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