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Henri Robillot (Autre)
EAN : 9782070433186
256 pages
Gallimard (03/07/1979)
3.44/5   75 notes
Résumé :
San Francisco, fin des années 20. Le Continental Op, héros sans nom d’Hammett, vient enquêter sur un vol de diamant pour le compte des assurances et va interroger les victimes du vol, la famille Legget. Il remarque quelques faits insolites comme le comportement erratique de la fille, Gabrielle, dont il découvre rapidement la dépendance à la morphine. Notre détective met alors le pied dans une histoire dont il ne sortira pas indemne…

Gabrielle Lege... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
« Sang maudit » est le deuxième roman de Dashiell Hammett. le détective anonyme de la Continental y fait une nouvelle apparition. Nous quittons Personville et sa guerre des gangs pour la résidence bourgeoise des Leggett où huit diamants viennent d'être volés. L'enquête sur le larcin est confiée à notre détective sur le compte duquel nous savons toujours si peu de choses. Les premiers résultats tombent mais chaque avancée de l'enquête va avoir des incidences. Les cadavres s'accumulent et le mystère s'épaissit autour de Gabrielle, la fille unique des Leggett. La jeune-femme qui est opiomane, qui montre des signes de démence et se trouve sous l'influence d'une secte serait-elle frappée par une malédiction familiale ?

« Sang maudit » a été publié en quatre épisodes dans le magazine pulp « Black Mask » à la fin des années 20. La structure du roman en est fortement marquée puisqu'elle est composée de quatre parties. Chaque partie s'achève par des éclaircissements, l'énigme semble résolue, mais de nouveaux éléments apparaissent qui mettent en cause les conclusions précédentes. C'est brillant mais le dénouement final est quelque peu alambiqué. Il faut tout un chapitre au narrateur pour nous expliquer le fin mot de l'histoire !

« Sang maudit » semble plus classique que « Moisson rouge ». Hammett y recycle beaucoup des ressorts habituels des intrigues policières pour mieux les évacuer : cambriolage, identités cachées, liens familiaux secrets, occultisme, démence, rapt, malédiction familiale, drogue, etc. Les échanges entre le détective de la Continental et l'écrivain Owen Fitzstephan sont essentiels pour comprendre cette transition entre le roman à énigme et le roman noir. Adieu le mystère et vive le « hard-boiled » !

« Moisson rouge » et son côté « Règlement de comptes à OK Corral » m'avait laissé sur ma faim. « Sang maudit », malgré des longueurs et un final alambiqué m'a beaucoup plus convaincu. Hammett y reprend les cadres classiques de la littérature policière pour mieux les détourner. J'ai apprécié ce livre qui est souvent présenté comme étant le moins bon de l'auteur... Ma curiosité est aiguisée et j'ouvre avec gourmandise le roman suivant de Hammett : « le faucon maltais ».
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Je me faisais une joie de retrouver le détective sans nom de l'agence Continental Op, celui qui avait si bien su tirer son épingle du jeu dans "Moisson Rouge" lorsqu'il devait s'attaquer à une ville gangrenée par la corruption et les bandits, celui qui avait regardé les cadavres s'empiler sous ses yeux…

Si ce fut une joie de suivre une de ses nouvelles enquêtes, je dois dire qu'après la première partie, l'intrigue est devenue tellement touffue que sa solution en est devenue alambiquée au possible.

Déjà que la résolution de l'énigme du vol des diamants n'était pas simple tant il y avait des contre-vérités ou des non-dits, mais bon, on s'en sortait sans tube d'aspirines.

On pense que tout est terminé, que notre détective va passer à une autre enquête, et bien non, on revient sur la première car il y a des faits nouveaux qui se produisent sous nos yeux ébahis.

Bon, notre brillant détective résout la seconde enquête et la migraine me guette parce que les éléments nouveaux intercèdent avec les anciens, ceux de la solution de la première enquête.

Troisième partie… et là je dis : "non, faut arrêter de tout compliquer de la sorte et de remettre sans cesse en compte les résolutions des énigmes précédentes" !

Dommage, parce que les personnages étaient bien travaillés, la Gabrielle était une jeune femme tourmentée, en proie à un passé sombre, trouble, et son caractère versatile en faisait un personnage qu'on aurait aimé baffer de temps en temps, surtout lorsqu'elle se croit victime de la malédiction du sang de sa famille.

Il y avait tout pour faire un excellent roman noir, des énigmes, un vol mystérieux, le passé qui ressurgit, des mensonges, des non-dits, des demi-vérités, des personnages haut en couleur, mon détective sans nom, du sang, une secte, des spectres, mais au final, cela donne un truc trop lourd, trop gros, où les réponses sont sans cesse remise en question et où au final, on n'y comprend plus grand-chose.

Un bon départ, une bonne première partie et puis j'ai commencé à décrocher doucement avant de dévisser complètement dans la troisième partie et d'ouvrir grand mes yeux à LA révélation finale. Heu ???

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Deux polars à vingt ans d'écart au début du XIX siècle et un gouffre entre eux. Entre Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur» de 1907 lu juste auparavant et «sang maudit» de 1929 une qualité d'écriture effarante. L'ouvrage de Maurice Leblanc d'une simplicité extrême et, dans le style et, dans le sujet peut laisser penser qu'il s'adresse à de jeunes lecteurs ou des adultes pas très mûrs voire attardés (oui bon d'accord je l'ai lu…) ou lecteur du dimanche. le style est très léger voire évanescent. En comparaison, celui de Hammett est très bien construit avec un environnement réaliste, des personnages qui semblent vrais et une intrigue qui tient la route mais très américaine c'est à dire excessive beaucoup de morts en peu de temps et un défouraillage de pétards à la moindre occasion: un style littéraire dense et précis. Bref un petit monde qui se laisse suivre si surtout on s'attache aux pas du détective pour les autres personnages qui sont assez nombreux c'est autre chose
Deux polars parus comme feuilletons dans des journaux et deux personnages amenés à revenir souvent: Ici le détective «dur à cuir» le privé par excellence qui travaille pour des assurances et donc est soumis à une obligation de résultats: beaucoup de cogitations au coin du feu, style Poirot ou Holmes, avec vis à vis contrariant ses thèses mais des enquêtes dynamiques sur le terrain très assidues pour aérer l'action.
A noter que le livre comporte quatre chapitres qui correspondent à quatre épisodes du feuilleton et donc quatre enquêtes différentes. A la fin de chaque chapitre une sorte de récapitulatif de l' enquête qui est bien venue car c'est assez touffu et où dans la mesure ces quatre enquêtes sont réunis en une seule enquête à rallonge ou rebondissements.
On notera de plus des termes très d'époque et peu convenables aujourd'hui qualifiant des hommes colorés, «mal blanchie», «café au lait», «bout de zan»*, «crème de café» le terme «bounty» n'existait pas encore. Termes qui seraient acceptables si leur pendant pour les hommes blancs avaient été utilisés «lait de coco», «chocolat blanc», «bout d'aspirine» et «blanc de poulet». En enlevant le coté péjoratif et raciste les expressions sont jolies et exotiques un peu comme «salade de fruit» dans la chanson de Bourvil

Le reproche dans ce polar serait que l'intrigue rebondit un peu trop souvent et que le lecteur est un peu perdu En outre elle est un peu éventée si on prend du recul et si on se demande quel est le (ou les) personnage qui n'est pas à sa place
Un moment agréable à passer il suffit de se laisser mener
* «Bout de zan» était utilisé autrefois pour un petit enfant sans connotation de couleur raciste
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Un bon polar comme il ne s'en fait plus. Une écriture concise qui va à l'essentiel et qui n'use pas d'un retournement de situation jusqu'à n'en plus pouvoir comme on le voit un peu trop dans les thrillers.
Une intrigue qui réserve son lot de rebondissement.
Tout se passe dans les années 1920 mais finalement le roman est très moderne et pourrait se passer de nos jours.
Un bon moment de lecture.
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C'est entièrement ma faute, songeait Rebus, si je me sens aussi dégoûté par les outrances de Hammett. Certes, le roman était distrayant, mais la crédulité d'un lecteur a ses limites et Dashiell Hammett les avait outrageusement dépassées : à l'image du gars en dernière position dans une épreuve de tir à la corde, pieds ancrés dans la terre et muscles bandés au maximum, il les avait étirées au delà du plausible. Une succession d'incidences, d'intrigues et de cadavres, comme une série de pièces à assembler dans le bon ordre sur une chaîne de montage.

Incontestablement tiré par les cheveux.

Ian Rankin. Dean le maudit in The beat goes on. © Editions du Masque
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
"Tu es la fille de ma sœur lui jeta-t-elle, et tu portes la malédiction de cette âme noire et de ce sang corrompu dont elle, moi, et tous les Dain avons hérité ; tu es maudite par le sang de ta mère que tu as répandu sur tes mains alors que tu étais enfant ; et par cet esprit pervers et cette soif de drogues dont je t'ai fait cadeau ; ta vie sera aussi noire que l'ont été celle de ta mère et la mienne ; les vies de tous ceux que tu approcheras seront aussi noires que celle de Maurice l'a été (...)."
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Pas maintenant, plaida-t-il. Plus tard, quand tu auras achevé ton récit, tu pourras l'agrémenter de tes "si" et de tes "mais", le déformer et le remodeler, le rendre aussi opaque, confus et incohérent que tu le voudras.
Mais de grâce, achève-le d'abord pour que je me le représente au moins une fois dans son état d'origine avant que tu entreprennes de lui apporter des améliorations.
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- Jamais je n'ai été capable de réfléchir clairement, comme le font les autres, même quand il s'agit des pensées les plus simples.
[...]- Personne ne pense clairement, même ceux qui prétendent le contraire. Penser est un truc à vous flanquer le vertige, il s'agit de saisir le plus grand nombre possible d'éléments évanescents et de les organiser au mieux.
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- [...] Je n'ai jamais été capable de penser clairement comme les autres. Même les idées les plus simples ont toujours été confuses dans mon esprit. Comprenez-vous à quel point cela peut être horrible de vivre comme ça, année après année, en sachant que ce sera toujours pareil... ou pire ?
- Je ne comprends pas du tout, fis-je, ça me paraît fichtrement normal. Personne n'a jamais les idées très claires. Réfléchir est toujours une activité vaseuse, une façon d'attraper au vol le maximum de ces aperçus fumeux et de les combiner ensemble le mieux possible.
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Mme Leggett se leva très droite et sourit, montrant une rangée de dents solides et légèrement jaunies. Elle fit deux pas en avant vers le centre de la pièce, une main sur la hanche, l'autre pendante à son côté. La femme d'intérieur [...] avait disparu. Il restait une créature blonde aux formes pleines, où se devinait non pas l'épanouissement d'une femme dans la force de l'âge et soucieuse de son corps, mais la musculation souple et bien protégée d'une panthère ou d'un chat sauvage.
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Videos de Dashiell Hammett (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dashiell Hammett
Lecture de "Un trône pour le ver de terre" / "Le chasseur et autres histoires" de Dashiell Hammet (éditions Gallimard, 2016) Par Michel Olivier, libraire à la librairie La Boîte à Livres
Traducteur : Natalie Beunat
Jusqu'ici le nom de Dashiell Hammett restait associé au roman noir américain, dont il a posé les bases au milieu des années 1920 à travers une soixantaine de nouvelles policières et cinq romans fondateurs, dont le faucon maltais, symbole s'il en est de la mythologie du privé coriace et taciturne. Le chasseur et autres histoires réunit ses nouvelles littéraires inédites et trois scénarios. Plus qu'une curiosité, ce recueil donne pour la première fois l'étendue de son talent d'écrivain. Une occasion rare, par ailleurs, de revenir sur la vie de Dashiell Hammett. Si, par leur qualité, ces fictions attestent ses ambitions littéraires, elles expriment également ses préoccupations sur la place de l'homme et de la femme dans une société en mutation. le courage et l'altruisme, la cupidité et le cynisme traversent ces textes non dénués de légèreté, grâce à l'humour caustique de leur auteur.
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