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EAN : 9782330049065
295 pages
Actes Sud (19/03/2015)
3.76/5   17 notes
Résumé :

Le premier roman de Milton Hatoum, Récit d’un certain orient (Seuil 1993) avait reçu au Brésil le prix Jabuti (équivalent de notre Goncourt) et enthousiasmé la presse française par l’originalité de son thème, la délicatesse de l’écriture, la subtilité des sentiments. Dix ans plus tard, l’auteur nous livre son deuxième roman. Le contexte est le même : Manaus à l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Roggy
  23 février 2016
Le thème du drame familial, une trame captivante et une narration en polyphonie apportent un dynamisme surprenant à ce roman. Les événements qui ont conduit à la destruction des liens entre les membres d'une famille seront évoqués à travers les différents personnages dans une progression riche et imagée.
L'auteur établi une métaphore de la dualité. Dualité des migrants qui seront toujours tiraillés entre deux pays et deux cultures. Dualité dans le rapport de haine entre deux frères jumeaux et dualité de la préférence d'une mère pour un de ses fils.
Les personnages sont richement construits, nous livrant à la fois un roman amer et triste. Milton Hatoum croise l'ambiance de la vie à Manaus avec les souvenirs du Liban et les projections de Sao Paulo. Il nous embarque dans l'histoire de l'Amazonie d'avant et d'après la 1ère Guerre avec des descriptions vivantes des régionalismes qui apportent une vraie consistance au récit.
Ce roman est un portrait crédible d'une époque et des relations familiales où cohabitent un lot important de rivalité, haine, inceste et mensonges. Il tient la promesse d'une écriture intense et d'une belle évasion.
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chachourak
  14 juin 2015
Frères jumeaux, Omar et Yaqub se haïssent depuis toujours. le premier, aussi appelé « Petit dernier » est le préféré de sa mère ; celle-ci ne s'en est d'ailleurs jamais cachée. Ayant failli mourir juste après sa naissance, il a été autant chouchouté que Yaqub a été délaissé. Plus discret et plus réfléchi, Yaqub est envoyé seul au Liban à l'âge de treize ans, le pays d'origine de ses parents. Lorsqu'il revient, cinq ans plus tard, les jumeaux n'ont plus rien en commun que la haine et la rancoeur.
L'histoire nous est racontée du point de vue de Naël, le fils de Domingas, la bonne de la famille. Enfant pendant que les jumeaux étaient adolescents, il les a vu grandir et s'affronter en tant que jeune adulte et s'est fait raconter leur histoire par leur père Halim et sa mère Domingas. Ces deux récits ont ainsi complété son statut de témoin et de spectateur discret de cette famille.
Les personnages secondaires sont aussi bien développés que les personnages principaux. le caractère de Rânia par exemple, la petite soeur des jumeaux, est bien étoffé et nous donne un image assez complète du personnage.
L'auteur a un style assez incroyable sans pourtant avoir de trait particulièrement original -je pense en réalité qu'il a juste un énorme talent pour raconter des histoires. Celle d'Omar et Yaqub n'était pas évidente : partagée entre le Liban et le Brésil, ayant en commun une gémellité plus marquée par la fatalité que par la complicité, des personnages secondaires assez riches, la quête identitaire et paternelle du narrateur en toile de fond (Naël est en effet le fils de l'un des jumeaux, mais ne sait pas duquel avant la toute fin)... le tout est finalement assez complexe, et comme un patchwork, la teneur de l'histoire ne nous apparaît vraiment qu'à la fin du roman. Si cette fin est assez tragique d'ailleurs, elle est aussi très fine et intelligente, et particulièrement marquante ! Elle ne déçoit pas le lecteur et ne le laisse pas bredouille, elle donne au contraire tout son sens à l'histoire.
L'écriture de Milton Hatoumparvient ainsi à créer un rythme et une atmosphère très particuliers, notamment en décrivant les paysages et les rues de Manaus avec poésie. La maison des jumeaux m'est ainsi apparue plus vraie que nature et ce grâce aux détails qui nous sont fournis, aux meubles et objets symboliques qui sont décrits et qui contribuent à créer un décor authentique. L'atmosphère qui se dégage de ce roman est donc assez incroyable : enveloppante, poétique et mystérieuse, belle et angoissante à la fois, elle nous apaise et contrebalance la complexité de l'intrigue.
Lien : http://ulostcontrol.blogspot..
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Mariecognat
  13 juillet 2020
Plongée tragique dans le Brésil des années 50, ce roman raconte la haine que se vouent depuis leur naissance les jumeaux Yakub et Omar. Leur père Halim, originaire du Liban, a rencontré Zana à Manaus dans le restaurant où il prenait ses repas. Omar qui, nouveau-né, a frôlé la mort est couvé par sa mère qui lui pardonnera toujours tout et en fera un être instable et incontrôlable. de son côté, Yakub, envoyé à l'âge de 12 ans dans la famille de son père au Liban, en rentrera au Brésil plusieurs années après et échouera à reprendre une place dans cette famille dysfonctionnelle en se réfugiant dans les études et la réussite professionnelle. Leur soeur Rânia sacrifiera sa vie de femme en tentant en vain de maintenir les liens entre les uns et les autres.
Le narrateur est le fils de l'employée de maison, orpheline indienne recueillie par un orphelinat. Domingas élude toutes ses questions concernant l'identité de son père. Témoin de tous les instants, il raconte la lente déchéance de la famille, de l'amour fou qui a lié les parents des jumeaux, d'Omar qui glisse irrémédiablement dans la marginalité, de Manaus, la capitale amazonienne qui échoue à s'adapter aux mutations de la 2ème moitié du XXème siècle.
Très beau récit qui nous emmène dans une famille où tout est excessif, l'amour, la haine, la jalousie. Une écriture simple et souvent poétique qui excelle à évoquer l'atmosphère chaude et humide de l'Amazonie et nous entraine dans un voyage émouvant et dépaysant.
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TwentyHundred
  03 janvier 2021
"2 Frères" nous plonge au coeur d'un Brésil en pleine mutation. Omar et Yacub, jumeaux d'une famille de réfugiés libanais, grandissent dans les Docks de Manaus. L'un est réservé et studieux de nature, manifestant de grandes facilités en sciences, l'autre obséquieux, dédiant toute son énergie à satisfaire ses désirs. Les frères se haïssent et un terrible secret divise la famille.
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Thomas_Harnois
  06 août 2020
Sur un sujet en apparence déjà brillamment traité, notamment par Guy de Maupassant dans « Pierre et Jean », « Deux frères » n'en est pas moins un ouvrage intéressant par son ambiance familiale d'une lourdeur étouffante, ses multiples rebondissements et son cadre dépaysant, l'Amazonie de l'après Seconde guerre mondiale. Sans nul doute largement inspiré de son histoire personnelle de Brésilien descendant de Libanais, Hatoum réalise une brillante fresque familiale autour de deux jumeaux que tout oppose et parvient notamment dans la dernière partie de son roman traitant de la décadence, du vieillissement et des lourds secrets de famille refaisant finalement surface à émouvoir aux larmes. Hatoum n'est sans doute pas Maupassant mais mérite assurément le respect pour ce type d'ouvrage. Les plus curieux d'entre vous seront heureux d'apprendre l'adaptation en mini série télévisée brésilienne de ce roman complexe et intense.
Lien : https://lediscoursdharnois.b..
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critiques presse (1)
Telerama   01 avril 2015
Paulo démontre, avec cette oeuvre puissante dont le noir et blanc évoque irrésistiblement Hugo Pratt et José Muñoz, que la BD d'auteurs doit désormais compter avec la nouvelle scène brésilienne.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
RoggyRoggy   23 février 2016
Au fond, Omar était complice de sa propre faiblesse, d’un choix plus puissant que lui-même, il ne pouvait rien contre la décision de sa mère, à qui il semblait devoir une bonne partie de sa vie et de ses sentiments. Il a préféré les putes et le confort de la maison à une vie simple à côté de la femme qu’il aimait. Il a essayé de se faire une raison de sa frustration qui lui semblait apaisée et plus jamais n’a osé se donner à une autre femme.
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chachourakchachourak   03 juin 2015
Domingas m'a raconté certaines choses, beaucoup d'autres se sont déroulées sous mes yeux. J'ai observé tout ce petit monde de l'extérieur, parfois même avec distance. Témoin de ce jeu cruel, j'ai assisté à de nombreuses parties, jusqu'à la dernière.
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chachourakchachourak   03 juin 2015
La vie avance en ligne droite, comme un fil, et tout à coup une pirouette, et le fil fait un nœud inextricable.
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chachourakchachourak   03 juin 2015
Certains êtres sont ainsi faits. Le nez au vent, ils se laissent simplement guider par le hasard, l'inattendu.
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chachourakchachourak   03 juin 2015
Tôt ou tard, le temps et le hasard finissent par nous rattraper.
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