AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070301672
Éditeur : Gallimard (25/08/2003)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 1303 notes)
Résumé :
La grande aventure des Français au Brésil est un des épisodes les plus extraordinaires et les plus méconnus de la Rennaissance.
Rouge Brésil raconte l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre: la baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. Les personnages - et d'abord le chevalier de Vi... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  22 juin 2013
Mon grand tort avec "Rouge Brésil" a sans doute été de me lancer dans ma lecture avec de trop grandes espérances.
Férue de romans d'aventures et, tout particulièrement, d'aventures en mer, et plus spécifiquement encore d'aventures historiques, je pensais me régaler avec ce Goncourt 2001, premier roman de Rufin qu'il m'était donné de découvrir. Un peu comme Chartier ou Colomb, je sentais que j'étais au seuil d'une belle épopée, palpitante de passion et de chaleur tropicale, dans laquelle mes émotions seraient mises à mal... Mais on a toujours tort de vouloir anticiper la trame et la couleur d'un roman. Je me rends compte (une fois de plus) qu'il faut laisser toute liberté au roman de nous montrer "ce qu'il a dans le ventre". Si on veut construire un roman "sur mesure", autant faire une sieste pleine de rêves que notre imagination ne manquera pas de nous inspirer mais ne prétendons pas dicter à un écrivain ce que nous voulons qu'il écrive.
C'est sans doute pourquoi, m'étant mise dans la peau de cette petite fille capricieuse qui demande à sa maman de lui raconter une histoire mais qui chouine dès que celle-ci n'est pas conforme à ce qu'elle attend, je n'ai pas pleinement apprécié ma lecture. le roman en lui-même est très bien construit. Tout commence en France, on cherche à embarquer des "volontaires" pour peupler une colonie au Brésil ; vient la traversée ; l'accostage ne se fait pas sans heurts puis la vie en exil s'organise. L'homme, fidèle à sa nature, applique le schéma de qui construit sa civilisation en en foulant aux pieds une autre, cherche à imposer son autorité puis à y échapper, attend des cieux et de ses chefs des commandements à suivre pour mieux se les approprier ou les rejeter...
Au milieu de ce souffle colonisateur guerrier, deux enfants, les héros, Just et Colombe, parcourent leur propre destinée. Frère et soeur, ils sont l'un pour l'autre un allié naturel dans ce parcours doublement initiatique, celui de l'adolescence et celui de l'exil, duquel il faudra bien s'émanciper à un moment donné, quand les expériences et les aspirations personnelles prendront le pas sur l'épopée commune.
Côté plume, on sent la patte d'un académicien. Si le fond est très bien documenté, la forme est alourdie par un style souvent pesant où le foisonnement des adjectifs lasse les yeux. L'utilisation de quelques mots anciens, savants, oubliés donne un sentiment d'irrégularité, on a envie que l'écrivain prenne son parti une fois pour toutes : soit il écrit comme Robert Merle dans "Fortune de France" en recréant complètement un langage proche de celui De La Renaissance, soit il abandonne toute prétention dans ce sens et écrit modestement avec notre langue moderne. Je n'ai donc pas particulièrement apprécié les poignées de poudre aux yeux que Rufin semble jeter à la face de son lecteur pour le convaincre qu'il est vraiment érudit.
Je ne peux pas dire que le roman n'est pas agréable, ce serait mensonge. Mais voilà une rencontre qui m'a semblé manquer de souffle, de vie, de couleurs et ne m'a pas enfiévrée "jusqu'au transport", comme le Chevalier des Grieux le fut en rencontrant Manon Lescaut.
***ALERT SPOILER***
Quoi ! Il s'agit quand même de débarquer au Brésil !
Là où je pensais être écrasée par les couleurs, la jungle, les odeurs, la chaleur et les corps des indigènes, je n'ai eu que la vague impression de contempler une peinture à l'huile, évocatrice mais pas assez prégnante, laissant entre le paysage qu'elle décrit et son admirateur la distance infranchissable de sa toile.
Les guerres de Religion couvant en Europe, ce climat délétère se propage jusque dans les lointaines colonies. Toutes les considérations spirituelles développées par Ruffin à l'arrivée des protestants à Fort-Coligny sont très intéressantes mais semblent davantage freiner l'action que la nourrir. D'où, petit à petit, ce spectre de l'ennui qui ne semble pas rôder aux seuls environs de la forteresse. A quarante pages de la fin, alors qu'on attend une montée en puissance, l'auteur avoue lui-même que tout le monde s'ennuie ferme !
Un mot sur les héros, Just et Colombe.
Un frère et une soeur mais personne pour affirmer qu'en réalité ils sont bien issus des mêmes géniteurs. de doux sentiments de protection et d'amour les unissent... Inutile donc de jouer la surprise quand on découvre le dénouement proposé par l'auteur... Mon seul étonnement fut de constater que Rufin n'était pas allé jusqu'à conclure son roman en expliquant le nom de la future Colombie par le patronyme de son héroïne ; là, il m'a bien eue, je croyais le voir venir avec de gros sabots.
Just peut bien être beau et avoir, pour son âge, un corps bien découplé, il peut bien nous inspirer la pensée qu'il incarnerait à la perfection ce héros viril prêt à conquérir toute l'Amérique latine à lui tout seul... hélas, il n'en est rien. Manquant cruellement de volonté, se laissant ballotter et influencer par son chef et par les femmes, il faut attendre patiemment la page 489 (sur 594) pour qu'il se découvre enfin une volonté propre, à la grande stupéfaction du lecteur qui y avait depuis longtemps renoncé !
"- Jamais, redit-il avec la fermeté d'un être qui découvre en lui-même une irrémédiable volonté."
On a envie de dire "ouf !" en lisant cette page, la seule de l'édition Folio qui ne soit pas paginée, serait-ce un message subliminal ?
En résumé, je suis contente de cette découverte (celle de la tentative de colonisation du Brésil par le chevalier de Villegagnon), je suis heureuse d'avoir achevé cette lecture et de passer à une autre et j'espère pouvoir bientôt me procurer "l'Abyssin" pour redonner à Rufin une chance de vraiment me... conquérir !

Challenge ABC 2012 - 2013
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          567
TheWind
  14 mai 2017
Nicolas Durand de Villegagnon, ça vous dit quelque chose ?
Non, ce n'est pas un nouvel homme politique sorti d'on ne sait quel chapeau !
C'est bien plus ancien...
Allez, je ne vais pas garder le secret plus longtemps ; c'est un explorateur du 16eme siècle. N'essayez pas de remuer vos anciens souvenirs d'école. Parce que vous aurez beau cherché, ce nom là ne vous reviendra pas parmi les Christophe Colomb, Magellan, Vasco de Gama, Jacques Cartier et autres explorateurs célèbres de cette période faste. A moins que vous ne soyez érudit en la matière, bien sûr, ou alors que vous n'ayez déjà lu Rouge Brésil !
Villegagnon, chevalier de Malte, est envoyé au Brésil en 1555 pour y installer une nouvelle France, la « France antarctique », ainsi qu'il la nomme.
Mais pour cela, il faut d'abord se rendre sur place, prendre place et bâtir une place forte destinée à faire peur aux Portugais, déjà en place !
Villegagnon s' entoure alors de quelques personnes de bonne volonté de confession catholique mais aussi protestante, mais croyez-moi, il y en a peu pour affronter ce pays lointain qui grouille de cannibales. Alors, on recrute des débauchés, des brigands, des prisonniers et des enfants aussi qui serviront de « truchements », destinés à apprendre la langue des « sauvages » afin de devenir interprètes et intermédiaires avec les tribus indiennes.
Et Villegagnon part, en conquérant, comme au bon vieux temps des croisades, mû par son esprit chevaleresque et il faut bien le dire aussi par un caractère âpre et peu enclin aux concessions. Il oublie juste les femmes et le ravitaillement...
Après un voyage un peu laborieux, les flottes françaises débarquent dans la baie de Rio de Janeiro, appelée Guanabara par les indigènes et s'installent dans une petite île, proche de la côte continentale, où Villegagnon entreprend la construction du Fort-Coligny et imagine déjà un lieu idyllique où la liberté de croyances ferait foi, une sorte de refuge pour les protestants, alors persécutés en France...
Mais, le rêve va vite tourner au cauchemar !
Bon, je n'en dirai pas plus !
Sachez juste que Rouge Brésil incarne tout à fait l'idée que je me fais du roman historique reposant sur une documentation précise et riche relatant le plus authentiquement possible les événements réels connus, à laquelle se mêle une fiction fondée sur une hypothétique mais fort probable destinée de personnages au demeurant fort attachants (Just et Colombe, deux adolescents embarqués en tant que truchements). En outre, s'ajoute à cela , comme une cerise sur le gâteau, une réflexion philosophique empreinte d'une délicieuse ironie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          622
palamede
  01 novembre 2015
En 1554, Henri II demande à son ministre l'amiral de Coligny de préparer une expédition au Brésil en vue d'échanges commerciaux et pour y installer une colonie de protestants français. le chevalier de Villegagnon, un marin cultivé au caractère excessif, est nommé commandant de la flotte qui jette l'ancre un an plus tard en Amérique.
Sur Serigipe, une petite île de la baie de Rio Janeiro, avec l'aide d'indiens autochtones, les colons, dont deux jeunes gens qui vont vivre une histoire d'amour, bâtissent un fort. Mais des dissensions entre les membres de l'expédition, catholiques et protestants, vont vite compromettre la survie de la colonie. Des tensions, qui transformées en véritable bataille rangée, conduiront à sa reprise par les Portugais en 1560.
Dans ce récit d'un épisode peu connu et peu glorieux de l'occupation éphémère française au Brésil, j'ai aimé la mise en scène des différences dogmatiques entre les catholiques et les protestants qui aboutiront aux guerres de religions en France, mais j'ai été gênée par l'histoire sentimentale, qui semble plaquée par son ton décalé et mièvre, dans un roman au style étudié (trop peut-être) et aux solides bases historiques. Une petite déception pour cette première lecture de Jean-Christophe Rufin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          482
Myriam3
  29 décembre 2015
Ce livre me faisait de l'oeil depuis un bon moment et quelque chose me disait, malgré ma curiosité, que je n'aimerais pas. Voilà chose faite, je viens de le finir et je peux dire que ma lecture a été plutôt mitigée.
1555, le Havre: deux jeunes adolescents orphelins, Colombe et Just, sont embarqués sur un bateau en partance pour le Brésil afin d'y fonder la "France Antarctique" avec le chevalier de Villegagnon, quelques repris de justice et des anabaptistes, le tout dans le contexte des guerres de religion.
Arrivés sur l'île où de Villegagnon fait construire un fort, le destin de Colombe, destinée à jouer l'interprète avec les tribus amazoniennes, et celui de son frère Just, bientôt bras droit de de Villegagnon se séparent, malgré leur fort amour l'un pour l'autre.
Ce roman, au travers de l'aventure de ces deux enfants, aborde la question des religions, du mythe du Bon Sauvage et de la colonisation, sur plusieurs années et avec en toile de fonds les alliances économiques européennes.
Est-ce parce que j'ai dévoré Notre-Dame de Paris de Hugo juste avant, ou cette écriture trop classique de Rufin? le fait est que j'ai moyennement accroché au récit malgré l'intérêt qu'il porte à ces évèenements historiques, et que je n'ai pas vraiment été touchée par le destin de ses deux enfants ni de leurs acolytes. en revanche, j'ai aimé le personnage de Pay-Lo, Français installé au milieu des tribus indigènes dans une hutte de fortune.
A part Colombe et Just, inventés pour romancer ce récit, la plupart des autres personnages ont réellement existé et Rufin laisse, en postface, une liste intéressante d'essais du seizième siècle sur cette aventure.
Chose faite, ce roman ne me fera plus de l'oeil.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          341
zabeth55
  01 février 2015
J'ai vu le film il y a quelques années, et contrairement à pas mal d'autres, beaucoup d'images m'en étaient restées.
C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé Just et Colombe, ces deux enfants embarqués malgré eux sur un bateau en partance pour le Brésil.
Le XVIème siècle n'a rien à envier à notre époque question intolérance religieuse.
Catholiques et protestants s'entredéchirent et se tuent, français et portugais en font de même pour être maîtres des terres découvertes.
L'auteur a su rendre captivant un moment d'histoire. L'écriture est simple, claire, belle.
On se dit en refermant le livre que rien n'est résolu quant à la folie meurtrière menée au nom des religions.
Commenter  J’apprécie          370
Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
clarinetteclarinette   05 juillet 2008
L'horizon devant eux était rouge à l'endroit où le soleil finissait de disparaître. on ne voyait aucune terre ni, quand le ciel s'assombrit, aucun feu. [...] A vrai dire, rien n'était perceptible sauf une odeur étrange, tout à la fois faible et immense. Faible parce qu'il fallait concentrer toute son attention pour en discerner la pointe dans l'air tiède ; immense parce qu'elle envahissait toutes les directions, entourait le bateau et paraissait s'était s'étendre sur toute la surface de la mer.

Pourtant, elle ne lui appartenait pas. Le nez, de science aussi certaine que la vue ou l'ouïe, affirmait que c'était bien une senteur de terre.

Il est des terres qui exhalent l'herbe, le bétail, la pourriture, les labours. Cette odeur-là n'évoquait rien de tel. Elle était acidulée, juteuse, turgescente, printanière. En fermant les yeux, on avait envie de dire qu'elle était colorée, rouge, peut-être orangée.

Soudain quelqu'un découvrit le mot juste et cria que cela sentait le fruit. En effet c'était bien une essence subtile de pulpe qui se répandait en vapeur sur toute l'étendue de la mer, une immense odeur de fruit mûr. Une île se voit mais elle n'a pas ce parfum lointain et puissant. Seul un continent peut jeter aussi loin ses fragrances végétales, tout comme l'océan envoie dans la profondeur du littoral ses embruns salés et ses senteurs de varech.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Gwen21Gwen21   19 juin 2013
- Ainsi, s'écria Colombe, c'est vous qui avez découvert le Brésil !
- Cela n'a rigoureusement aucune importance. Il faut toute la prétention des Européens pour croire que ce continent attendait leur venue pour exister.
Commenter  J’apprécie          626
joedijoedi   11 février 2013
Colombe cheminait derrière un Indien guère plus grand qu'elle et ne pouvait quitter des yeux la mécanique de sa musculature. Jamais elle n'avait imaginé qu'un être humain fût ainsi fait de cordages tendus et de muscles gonflés comme des voiles. Tout à coup, elle prenait conscience du mystère de ses propres mouvements, de l'affleurement, à la surface du corps, de forces communes à l'univers des minéraux et des bêtes. Et elle sentait dérisoire l'obstination que mettent les hommes de par deçà à n'exprimer l'intelligence que par les minuscules mouvements de leurs visages quand ceux, amples et superbes, de leurs corps les reflètent si parfaitement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Gwen21Gwen21   07 juin 2013
[Il] se jura une fois de plus de ne jamais la quitter, fût-ce dans la mort. C'est un âge [l'adolescence] où l'on fait facilement ce serment mais il semblait à Just que personne avant lui ne l'avait prononcé si gravement, ni n'était pareillement résolu à l'exécuter.
Commenter  J’apprécie          430
joedijoedi   14 février 2013
Le jeune chevalier, malgré tous les malheurs qu'avait traversés la colonie, ressentait une fierté profonde lorsqu'il contemplait ce fort. Chaque détour de muraille lui parlait : il en comprenait l'utilité, admirait l'intelligence de leur disposition, cette manière fascinante qu'a la pensée militaire de convertir le mouvement en géométrie, de prévoir l'attaque, ses axes, sa vitesse et de lui opposer la résistance immobile d'un rempart bien fait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Videos de Jean-Christophe Rufin (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Christophe Rufin
Jean-Christophe Rufin, le Tour du monde du roi Zibeline .Jean-Christophe Rufin présente son livre « le Tour du monde du roi Zibeline » paru aux éditions Gallimard http://www.laprocure.com/tour-monde-roi-zibeline-jean-christophe-rufin/9782070178643.html
autres livres classés : brésilVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Rouge Brésil - Le quiz détourné...

Une saulaie est...

une pagaie ronde
une plantation de saules

29 questions
75 lecteurs ont répondu
Thème : Rouge Brésil de Jean-Christophe RufinCréer un quiz sur ce livre
. .