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ISBN : 2266168533
Éditeur : Pocket (28/07/2006)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 198 notes)
Résumé :
Comment mourir ? Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s'en détourne. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le chemin du passage. Elles donnaient à l'achèvement de la destinée sa richesse et son sens. Jamais peut-être le rapport à la mort n'a été si pauvre qu'en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d'exister, paraissent éluder le mystère (...).
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  04 juillet 2018
On ne peut que saluer l'authenticité d'un tel ouvrage et sa justesse. En témoignant ainsi, Marie de Hennezel oeuvre utilement sur plusieurs points. D'abord elle apprend aux lecteurs ce que peut-être une unité de soins palliatifs et surtout elle aborde courageusement un thème que beaucoup occultent : la mort! Il ne s'agit pas ici de la mort brutale, accidentelle le plus souvent, mais d'une fin de vie, touchant toutes les tranches d'âge, conséquence d'une maladie dévastatrice incurable. le texte est écrit avec une grande sensibilité et aussi beaucoup d'humanité, même si parfois les témoignages peuvent interroger le lecteur, le ramener à certains épisodes douloureux de sa propre existence... soulevant justement des questions d'ordre existentiel, lui rappelant des épisodes tragiques qui l'ont accompagné, des deuils dont personne ne peut se protéger. Se protéger de l'idée de la mort est un leurre; beaucoup s'étourdissent dans leur vie terrestre afin de l'occulter, privilégiant le superficiel, le rire, la gaité souvent factice, et oubliant que tout homme est mortel et que personne ne peut se soustraire à la mort. Ces attitudes nées de la peur me semblent puériles et stériles; la mort est la conclusion logique de toute vie, le mieux à faire est d'y songer avec sérieux, à s'y préparer avec sagesse. Marie de Hennezel aborde ces questions et son livre peut aider les lecteurs à faire une introspection et peut-être conduire certains vers une certaine quiétude, mais encore faut-il que cet ouvrage soit lu par ceux qui pratique le déni et là le pari n'est pas gagné puisque même le titre "La mort intime" peut les mortifier. ,
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Tatooa
  29 mars 2014
J'ai lu tous ces livres sur les NDE et l'approche de la mort plongée dans ma psychothérapie, cela me semble d'ailleurs logique lorsque, dans ce travail sur soi, on va réellement au fond des choses.
Car la peur de la mort, la menace de la mort, est, au fond, à la base de tout, tous les soucis, toutes les souffrances, tous les malentendus, toutes les trahisons envers soi-même, tous les sacrifices conscients et inconscient qu'on fait.
Les livres de Marie de Hennezel sont touchants d'humanité. Certes ils n'apportent pas de réponses aux questions existentielles (à moins de faire le lien avec sa propre intériorité, d'avoir conscience de sa propre peur de la mort), mais quelques réponses aux questions relationnelles, déjà, pour qui s'en pose un peu.
Il me faudrait aujourd'hui les relire avec le recul (et l'apaisement) que j'ai acquis avec les années.
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frandj
  11 août 2014
Marie de Hennezel est devenue en quelque sorte le "phare" de la cause des soins palliatifs (SP) en France: dès 1987, elle a intégré la première unité dédiée à ces soins; "La mort intime", parue en 1995, est sans doute l'ouvrage qui a eu le plus d'impact sur le grand public. Ceci est peut-être dû à la préface que F. Mitterrand a écrite, mais surtout en raison de la profondeur et de l'authenticité de cette réflexion.
L'auteure ne prétend pas du tout que les soins palliatifs suppriment les souffrances physiques et morales des patients en fin de vie. Elle fait surtout état de sa grande expérience dans le domaine des SP; en fait, son message est tout simple et, pourtant, certains ne veulent toujours pas l'écouter. Les nombreux exemples qu'elle donne dans son livre montrent que le malade reste jusqu'au bout un être humain à part entière. Il n'est pas seulement un "cas médical" et il ne se résigne pas à être traité cyniquement comme un futur mort. Non ! Outre une diminution très significative de ses douleurs, il attend de l'attention, du respect, de l'amour. Sa peur de la mort et aussi son extrême inconfort physique ne peuvent pas être supprimés par un coup de baguette magique, bien sûr, mais ils peuvent être pris en compte le plus humainement possible. Son angoisse et son sentiment de déréliction peuvent être ainsi allégés et, pour lui, le "grand passage" deviendra moins difficile. Cette question nous concernera tous, un jour ou l'autre, et n'a généralement rien à voir avec d'éventuelles NDE. Des soins palliatifs convenables me semblent être une alternative généralement satisfaisante à une euthanasie active, prohibée actuellement en France pour des raisons éthiques. Seuls quelques cas, montés en épingle dans les médias, contredisent - rarement - cette vérité quotidienne.
Mais, au moment où j'écris ces lignes (2014), il faut bien reconnaitre que les soins palliatifs ne sont pas encore au point en France. Certes, les politiciens déclarent que cette question est importante, mais ils ne donnent pas les moyens nécessaires au développement des SP. Les médecins pratiquent de plus en plus souvent une communication transparente sur la gravité de la maladie, mais n'ont presque jamais le temps et/ou l'envie de faire un suivi "humain" des patients. Dans la plupart des services hospitaliers, les infirmières sont souvent dévouées mais trop stressées par leur charge de travail pour consacrer tout le temps nécessaire aux mourants. Heureusement, quelques services hospitaliers entièrement consacrés aux patients en fin de vie ont été créés un peu partout en France et font un travail admirable; cependant ils sont trop rares encore. Des associations sont également actives dans ce domaine: des bénévoles (sans aucune responsabilité médicale) donnent de leur temps pour se mettre à l'écoute des malades et les aider à traverser cette dernière période, dans des conditions remarquables de dignité et parfois même de sérénité. Tous ces progrès - insuffisants, je le répète - sont à mettre à l'actif de M. de Hennezel, notamment. Elle a su employer les mots justes pour traiter de ces sujets très délicats et elle a contribué à faire avancer les choses à grande échelle, en France.
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Butterflies
  22 décembre 2013
Un beau livre sur la mort en milieu médicalisé, sur les derniers jours. Marie de Hennezel raconte le quotidien des derniers jours dans ces maisons médicalisées. Elle le fait simplement, sans fioritures, avec douceur.
« Comment mourir ?
Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s'en détourne. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le chemin du passage. Elles donnaient à l'achèvement de la destinée sa richesse et son sens. Jamais peut-être le rapport à la mort n'a été si pauvre qu'en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d'exister, paraissent éluder le mystère (...).
Ce livre est une leçon de vie. La lumière qu'il dispense est plus intense que bien des traités de sagesse. »
François Mitterrand
Citation de F. Mitterand car il en a fait la préface, il a rendu visite à Marie de Hennezel, qui travaillait dans ces unités de soins palliatifs. Elle a même envoyé un rapport, « la France palliative », sur l'inégalité de la diffusion de la culture palliative dans notre pays à R. Bachelot en 2007.
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topocl
  30 octobre 2017
Marie de Hennezel rapporte ici, en épisodes de vie/mort entrecroisés, sous une forme accessible à tous quoique exigeante, son expérience dans le premier service de soins palliatifs, dans un service de patients atteints du SIDA, ou dans sa vie personnelle. Marie de Hennezel comprend vite que la réserve et l'absence d'empathie de la psychanalyse ne sont ici qu'un bagage superflu, elle se forme à l'haptonomie.
On est en 1995, ne l'oublions pas, la médecine, dans ses aspects techniques, humains et juridiques, a énormément évolué depuis. Mais le propos général reste parfaitement d'actualité, car la mort, elle, est toujours là: comment accompagner les patients en fin de vie, comment vivre sa mort, spiritualité ou pas, pour qu'elle soit un acte de vie.
Dans Une mort intime, elle nous fait partager le chemin vers la mort d'une poignée patients, qui permettent d'illustrer son propos: il ne s'agit pas d'accompagner un corps souffrant, mais une personne qui est là jusqu'au dernier instant.
Cette gageur est pleinement réussie: ses "personnages " existent, ils sont là avec leur personnalité, leurs angoisses, leurs forces et leurs faiblesses, vivants. Et on est impressionné de cet accompagnement profondément humain, épris de vérité comme de tendresse, qui leur permet de passer ce cap dans le meilleur confort possible, parfois même comme une épiphanie.
L'ouvrage est assez court, ce qui est judicieux car la lecture est si "émotionnelle" devant ces situations impitoyables, qu'il aurait sans doute été difficile d'en lire beaucoup plus. Sans qu'elle ne joue jamais sur le pathos, on est perpétuellement renvoyé à ses représentations et fantasmes personnels, à des vécus plus ou moins douloureux. Au-delà de cette expérience personnelle qui constitue comme un terreau, Marie de Hennezel nous emmène doucement mais fermement vers l'introspection et la réflexion. Ce sont les buts réels de cet ouvrage : la remise en question du lecteur, de son rapport à la mort, la sienne comme celle des autres, la levée d'un tabou qui quoi qu'on en dise crânement nous emprisonne tous. C'est pleinement réussi, on découvre des choses en soi.
C'est une lecture dure, mais il ne faut pas hésiter à s'y confronter (juste un bémol, qu'elle n'ait pas parlé aussi de ses échecs).
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
calamitysabcalamitysab   03 août 2010
Les médecins ne sont partisans de la vérité. Ils se contentent d'informer les familles qui se voient par là même condamnées au secret. Les infirmières aussi subissent la même condamnation. Quel inconfort de devoir soigner des mala des qui vous lancent des regards anxieux et interrogateurs, et voius demandent pourquoi celà ne va pas mieux! Coincées entre l'angoisse des malades et la lâcheté des médecins, elles n'ont pas les moyens d'accompager leurs patients et rentrent souvent chez elles avec le sentiment de ne pas avoir été humainement à la hauteur de la situation.
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MoonBearMoonBear   09 décembre 2018
Le brouhaha s'est estompé dans l'immense salle des congrès, car Sa Sainteté le Dalaï Lama est arrivé sur l'estrade. On voit monter par les marches sur le côté un jeune garçon très frêle, le crâne chauve, presque diaphane. On voit qu'il s'agit d'un enfant malade, bien qu'il soit debout, très droit. Une femme le guide jusque devant le Dalaï Lama, prononce quelques mots, et nous voyons le saint homme se pencher vers l'enfant. Les deux crânes chauves, l'un tanné et brun, l'autre d'un blanc presque transparent, sont maintenant front contre front. Il y a quelque chose d'infiniment émouvant dans cette rencontre entre un vieux sage et cet enfant malade. Un homme, au micro, nous explique que l'enfant est atteint d'une leucémie et que sa vie est en danger, car les traitements ont tous échoué. Le plus grand désir de l'enfant était de rencontrer un jour le Dalaï Lama. Ce désir est donc exaucé aujourd'hui.

Le vieux moine place l'enfant à la table de conférences, à sa droite, et les dernières interventions du colloque se succèdent au micro. Arrive enfin le temps des questions posées par la salle. Luc Bessette s'adresse alors à l'enfant et lui demande : "Peux-tu nous dire ce dont tu as le plus besoin, au point où tu en es arrivé de ta maladie ? Peux-tu nous dire aussi ce que la mort signifie pour toi ?"

On voit alors l'enfant prendre le micro et, avec une autorité intérieure certaine, répondre d'une voix calme et étonnamment posée : "J'ai besoin que l'on soit avec moi, comme si je n'étais pas malade. Que l'on rie, que l'on s'amuse avec moi, qu'on soit naturel ! Je sais que je suis sur terre pour un temps limité, pour apprendre quelque chose. Lorsque j'aurai appris ce que je suis venu apprendre, je partirai. Mais dans ma tête, je ne peux pas imaginer que la vie s'arrête !"

Voilà comment mille cinq cents personnes savantes ont reçu, cet après-midi-là, la plus belle leçon de sagesse et de simplicité qui soit. Une parole d'or dans la bouche d'un enfant condamné par la médecine. Un immense frisson a couru dans la salle, suivi d'un profond silence. Il y avait des larmes dans bien des yeux. Le vieux moine s'est levé et s'est penché vers l'enfant, comme il se serait incliné devant un maître. Il a entouré ses épaules d'une écharpe blanche et l'a béni. Des applaudissements sans fin ont soulevé la salle qui ne savait pas comment dire autrement l'émotion intense qui était la sienne.
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araucariaaraucaria   03 juillet 2018
Je comprends maintenant qu'on ne peut pas faire l'économie d'un travail de deuil. Ce que l'on met de côté se réveille plus tard, à l'occasion d'un autre deuil, ou d'une date anniversaire.
Je sais maintenant, parce que je suis en train de le vivre, à quel point les endeuillés sont seuls. Trouvent-ils à leur côté des humains capables de leur faire exprimer la tristesse ou la colère dans laquelle les plonge la mort d'un être cher, surtout quand elle est brutale? Trouvent-ils une oreille prête à recevoir tout ce qui aimerait se dire à celui qui n'est plus là pour entendre? Je sais depuis longtemps que tout ce qui n'est pas réglé avec un proche avant sa mort doit l'être après, sous peine d'être entravé par un deuil non résolu. J'ai souvent, moi-même encouragé les autres à construire un dialogue intérieur avec le disparu, à parler au mort.
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MadeMoiZeleMadeMoiZele   17 décembre 2015
Le besoin, dans ces moments-là, n'est-il pas précisément, de parler de celui qui n'est plus là, de raconter les circonstances de sa mort? Et bien sûr cela fait venir les larmes. Et il est bon de pleurer en présence de ses amis, de sentir que c'est possible, comme il est bon d'évoquer ensemble les moments vécus avec celui qui a disparu pour toujours. Cela fait du bien de parler de ses regrets, de ses remords quand on en a et, pourquoi pas, de sa révolte. C'est tout cela qui permet le travail du deuil, ce mystérieux travail intérieur de détachement qui permettra un jour de se réveiller libéré, et plein d'énergie pour la vie.
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araucariaaraucaria   04 juillet 2018
(...) Je peux maintenant lui masser doucement la zone douloureuse et le bercer légèrement.
Il semble apprécier et pousse des soupirs de soulagement. "Cela me fait du bien, dit-il, vous savez, j'ai l'impression de souffrir comme une femme en couches." A peine a-t-il prononcé ces mots que le voilà pris de sanglots convulsifs. Je reste-là, calmement. Je sais pour l'avoir observé si souvent, que le seul fait d'être touché avec respect et tendresse déclenche parfois de fortes réactions émotionnelles. C'est que la peau a une mémoire, et il arrive qu'un contact bon et confirmant réveille une peine, un manque très anciens.
"Que se passe-t-il?" lui demandé-je?
- En vous disant cela, j'ai pensé à ma mère, et cette pensée me fait très mal. Je suis un enfant non désiré, et ma mère a tenté tout ce qu'elle a pu pour se débarrasser de moi, dans les premiers mois de sa grossesse. Elle ne m'a jamais aimé, et je crois que je mourrai sans en être consolé."
Comment mourir, ai-je pensé, quand on a le sentiment de n'avoir pas été accueilli dans la vie? (...)
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