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ISBN : 226608609X
Éditeur : Pocket (06/01/2000)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Ce ne sont pas tant des réponses que cherche l'homme confronté à l'imminence de sa mort qu'une proximité humaine qui l'aide à s'ouvrir à ce qui le transcende, au mystère de son existence, à l'amour qui relie entre eux, les humains.

Marie de Hennezel anime depuis plusieurs années avec Jean-Yves Leloup un séminaire sur l'approche de la mort dans les grandes traditions et dans la clinique contemporaine. de là est née cette réflexion à deux voix. Redéco... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bruno_Cm
  27 décembre 2017
J'ai bien apprécié ce livre. Pourtant le titre et surtout l'aspect proprement dit du bouquin me rebutait. Cliché. Rose, girly comme style... Un peu antinomique, ceci dit. Bref, j'ai mis un peu de temps à m'y mettre, j'ai bien fait !
C'est qui : « le présent ouvrage est une réflexion à deux voies, offertes à ceux qui veulent approfondir, aller plus loin dans leur propre pensée, face aux questions spirituelles soulevées par la mort. La première vient d'une psychologue de terrain qui interroge l'expérience quotidienne du soin donné à ceux qui vont mourir, la seconde est celle d'un prêtre orthodoxe, docteur en psychologie et en philosophie qui interroge les grands textes spirituels de l'humanité et tente d'établir un pont entre eux et la modernité dans un esprit d'ouverture. »

Marie de Hennezel plaide clairement pour sa paroisse des soins palliatifs. Et elle a raison. La mort, l'agonie est un moment ultime, extraordinaire, qu'il convient de vivre pleinement, il est source de résolution, de dissolution de tout. Les suicides assistés ou la fuite de la mort que pronent la société est une erreur, un chemin pauvre. L'accompagnement des mourants montre et démontre, selon les auteurs, de tellement de choses riches, intenses...

Les auteurs incitent clairement à se connaître, à s'accepter, à s'aimer soi pour parvenir à accompagner les mourants :
« La connaissance de soi ouvre ainsi à la tolérance. Cela nous semble être un préalable à toute démarche d'accompagnement. Comment, en effet, peut-on prétendre écouter la souffrance spirituelle d'un mourant si l'on n'a pas commencé par écouter la sienne ? Comment une équipe hospitalière peut-elle assumer cette dimension spirituelle si elle ne se donne pas les moyens de réfléchir à sa propre conception de la mort ? »

La thématique de la spiritualité, de la religion, de tout ce qui touche au mystérieux est suspect voire tabou dans notre société, selon les auteurs :
« ... il faut au préalable lever un tabou tout aussi pesant que celui de la mort : le tabou de la spiritualité.
Dans une société laïque comme la nôtre, le spirituel n'est pas reconnu. Pire, il est suspect, parce que confondu avec le religieux. »

Les auteurs s'expliquent sur le recours aux anciennes traditions dans leur recherche et discours et pratiques actuelles :
« Nous souhaitons interroger les traditions à partir de notre proximité avec la souffrance et la mort. Car nos valeurs ne s'enracinent plus dans les dogmes et les croyances. Elles s'enracinent dans l'expérience, et notamment dans celle de la solidarité, de la présence, de l'attention à l'autre, dans la découverte de l'enrichissement réciproque de toute rencontre. C'est là que le sens de nos existences et de nos actes trouve sa source. »

Pour eux, même si les dogmes, les Eglises, les structures peuvent être criticables :
« Il n'en demeure pas moins que les réponses élaborées par les traditions émanent d'intuitions profondes qui continuent à faire leur chemin dans l'homme. C'est pourquoi nous avons voulu rappeler la pensée et les croyances de ceux qui nous ont précédés. Non pour nous couler dans leur moule, mais pour trouver ce qu'il y a de vivant en elles. »

Donner de la valeur à la personne, donner de la valeur à cette expérience ultime, donner de la vie à ce moment de mort, d'agonie est un leitmotiv des auteurs. Et toute la plus-value des soins palliatifs. Pour autant qu'on conserve toujours l'idée et le sentiment que l'être devant nous, la personne est plus qu'un corps, et même plus qu'un humain, que l'humain est, au fond, divin et que l'expérience de la mort peut-doit-va lui ouvrir cette porte.
Si tout est rite, si le rite est important, il ne doit pas non plus être dogmatique, objectif, il doit au contraire être idiosyncratique, unique, propre à chacun :
« Pour inciter à inventer, à créer du nouveau. c'est à cette création de sens, à cette créativité spirituelle, dans le quotidien du soin, que nous avons souhait inviter les lecteurs, et plus précisément ceux que la vie ou la profession mettent en contact avec la souffrance et la mort. Sortir de la sclérose répétitive des réponses toutes faites et des rites vidés de leurs contenu. Mais oser puiser dans la richesse et la profondeur de notre nature humaine pour devenir pleinement humain et redonner à notre humanité sa véritable dimension. »

Bon, a priori les soins palliatifs très peu pour moi, toutefois, les arguments très intéressants, très évocateurs, très parlants, les références, la profondeur de la réflexion de ces deux auteurs-personnes font réfléchir, ils pointent ce qu'il faut comme il faut. C'est une gageure. Elle est assez réussie.
Je recommande donc !
(Mais, allez pourquoi donc cet emballage repoussant dans la version poche chez Pocket?)
(Détail un brin énervant aussi : la naïveté dans le ton et dans certaines questions de la « personne » qui est censée « interviewer » les deux auteurs... Moindre mal.)
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Citations et extraits (137) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   17 décembre 2017
Nous nous apercevons aujourd'hui que la plupart de nos contemporains ont été mal accueillis comme humains. Dès l'enfance, ils n'ont pas été respectés pour ce qu'ils étaient. Ils ont été obligés de s'adapter aux autres, à leurs désirs. Ils ont été obligés de se conformer à ce qui n'était pas eux. La plupart d'entre eux ne savent finalement pas ce qu'est être accueilli comme la personne que l'on est, être confirmé. C'est à Frans Veldman que l'on doit d'avoir attiré notre attention sur le manque de "confirmation affective" qui est une des plaies de notre monde. Être confirmé dans son existence et dans son essence.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 décembre 2017
L'être humain qui pressent l'approche de sa mort est animé d'un désir d'aller au bout de lui-même, un désir d'accomplissement. Il cherche à se rapprocher de sa vérité la plus profonde, il désire son Être. Il s'agit bien là d'un désir spirituel? Et, s'il y a une demande chez celui qui va mourir, c'est une demande de reconnaissance de ce désir, de cette dimension par les autres. Ne pas être considéré comme un corps malade, mais comme une personne, avec son histoire, son axe intérieur intime, et surtout son mystère.
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Bruno_CmBruno_Cm   22 décembre 2017
Notre peur de la mort est proportionnelle à notre peur de l'amour. Dans nos relations intimes entre homme et femme nous sommes trop souvent dans une relation de corps physiques (ce sont nos cadavres qui se rencontrent...), ou de corps psychiques (ce sont alors nos problèmes qui se rencontrent), sans nous offrir l'occasion de nous rencontrer dans nos corps pneumatiques. Cette nécessité dont nous parlons ici, dans le cadre de l'accompagnement des mourants, de dépasser son corps pour être soi, nous devrions aussi en profiter dans nos amours et dans nos rencontres quotidiennes.
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Bruno_CmBruno_Cm   23 décembre 2017
... Le DOUTE
Le doute qui remet complètement en question le labeur de notre existence, tout l'amour qu'on a pu donner, et qui se traduit par des "A quoi bon...", "A quoi cela a-t-il servi ?", "Tout cela n'a pas de sens...". Le doute qui assaille celui qui se persuade qu'il se raconte des histoires. "Il n'y a rien d'autre... je ne suis qu'un être mortel, qu'on être composé qui va bientôt se décomposer..., tout ce que les prêtres, les pasteurs ou les personnels soignants peuvent me dire, les livres que j'ai pu lire sur la vie après la mort..., tout cela est faux !"
Le mourant est presque physiquement habité par ce doute ; c'est une nuit profonde de l'esprit, du coeur et du corps qui se ferment et ne veulent plus rien entendre. Ils ne veulent plus entendre parler de la lumière, pas plus que d'un espace possible, d'une ouverture possible... L'homme se rétrécit, s'enferme. Cet état est proprement "infernal", car l'enfer, c'est d'être "enfermé" dans son moi, enfermé dans un état de conscience particulier, dans la souffrance...
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gelougelou   03 septembre 2014
On dit que l'expérience du deuil nous humanise. C'est vrai, elle nous jette au bas de notre piédestal narcissique, elle nous fait mal, elle nous humilie, elle nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant, que tout passe, tout change, que nous n'aurons pas toujours près de nous ceux que nous aimons.
Et toute cette douleur du deuil, contre laquelle nous nous défendons de toutes les manières possibles, finit par creuser en nous un espace. Un espace de pauvreté et de fécondité. Un espace pour aimer.
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