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EAN : 9782847202717
464 pages
Éditeur : Gaïa (03/10/2012)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Le videur d’une boîte de nuit, un bon père de famille danois, est assassiné. Pointés du doigt, les immigrés présents sur les lieux du crime vont faire ­l’objet d’un acharnement médiatique.
Zaki el Azizi, jeune immigré marocain, se retrouve impliqué alors qu’il célébrait l’obtention de son baccalauréat, « permis de libre circulation dans la société danoise». Entre deux cultures, il s’interroge sur son identité et doit prendre une décision : se rendre à la poli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tancrede50
  07 janvier 2020
C'est un roman ‘coup de poing', moderne par le fond et classique par la forme. Il aborde des sujets importants tels que les difficultés d'intégration des immigrés de seconde génération, le racisme ordinaire, la déontologie des journalistes et les errements des partis politiques face au problème de l'immigration. C'est facile à lire mais dur à supporter, car le sujet est grave et le récit criant de vérité prend aux tripes. On est plus près de la tragédie classique que du roman policier. Nous sommes au Danemark, mais nous savons que ça pourrait se passer dans n'importe quel autre pays d'Europe.

Comme dans toute tragédie, il y a un côté inéluctable qui broie les protagonistes. Ces jeunes immigrés, même s'ils veulent s'intégrer sont confrontés au racisme ordinaire. Alors ils se rebellent, se rassemblent en bandes, se révoltent et se dirigent vers une vie de délits, voire de crimes. Et les journaux se déchaînent relatant les exactions commises par des immigrés, et les lecteurs danois de souche réagissent en basculant un peu plus à droite, ce qui accroit cette méfiance envers les immigrés, et pour certains immigrés cette haine des danois. Est ce irrémédiable?

Comme dans toute tragédie, il y a aussi des personnages déchirés par le choix qu'ils ont à faire. Zaki d'origine marocaine, doit-il agir en bon citoyen danois, et dire ce qu'il sait à la police et à la justice, ou doit-il être solidaire de cette communauté d'immigrés, et ce quelque soit l'importance du crime dont il a été témoin? Rikke, la journaliste de Danemark matin doit-elle révéler que Micky Madsen, le videur tué par un immigré, était ‘le plus raciste des videurs de la ville' au risque de détruire la vie de sa veuve et de sa fille? Et si cette révélation mécontente le lectorat et fait baisser les ventes? Et si la non révélation des faits concernant Micky Madsen mécontente les jeunes immigrés et engendre des émeutes dans Norrebro, banlieue à problèmes de Copenhague? Et enfin Kristian Holm, premier ministre, doit-il, face à des émeutes de banlieue provoquées par de jeunes immigrés, montrer plus de fermeté, réprimer tout débordement ou au contraire tendre la main à la communauté immigrée au risque de rompre son alliance avec le parti nationaliste? Tout le récit repose sur les choix successifs de ces trois personnages: Zaki, Rikke et Kristian Holm.

Un autre personnage est intéressant c'est Jamil. Jamil est un des rares ponts entre la communauté des immigrés de seconde génération et les danois de souche, en l'occurence la journaliste Rikke. Il ne fera rien contre ses congénères, mais peut entrer en contact avec des danois de souche comme Rikke, il peut lui expliquer, il peut la comprendre et il peut la protéger. Il peut sans doute faire cesser les émeutes, rien n'est sûr quand même. Mais à lui tout seul, il ne peut pas réconcilier tous les jeunes immigrés en colère avec les citoyens et hommes politiques de la droite nationaliste. Mais les hommes politiques peuvent changer d'avis, si on les convainc.

C'est fort. Il y a un suspense permanent. Vers la fin, il y a beaucoup d'émotion et une touche d'optimisme aussi. Cela fait réfléchir. Un très grand roman. Impensable que si peu de personnes n'aient lu un tel chef d'oeuvre.
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nilebeh
  10 février 2015
Que pouvait-il arriver de pire à la famille el Azizi, venue du Maroc s'installer au Danemark pour y trouver un avenir meilleur ? Ils ont travaillé comme des fous, se sont installés dans une maison agréable, ont élevé très correctement leurs enfants, d'ailleurs Zaki vient de réussir son bac, à la grande joie de sa petite soeur Sarah et à la grande fierté de ses parents. Son père est apprécié dans son travail, sa mère Rabia se fait un point d'honneur à ne pas se laisser taxer d'épouse soumise et revendique son droit au foulard : alors, pourquoi leur vie bascule-t-elle dans l'horreur ce samedi soir où Zaki et ses copains Rassan, Kamal et Muddi veulent fêter la fin de l'année et les succès scolaires dans une boîte de nuit ?
Pourtant, tout commençait bien, Muddi, connu pour ses liens avec les voyous, a accepté de se débarrasser de son couteau, une jeune fille aux « yeux d'automne » sourit à Zaki et ils doivent se retrouver à l'intérieur. Sauf que. Sauf que les jeunes immigrés font la queue, inlassablement, sous le regard narquois du videur, et malgré leurs demandes répétées, le videur leur promet des heures durant une entrée qui n'aura jamais lieu. Alors Zaki, devant tant d'injustice et de méchanceté donne un « coup de boule », les autres lui viennent en aide et le videur reste sur le sol dans une mare de sang.
Commentaires des témoins, gros plans sur le sang, sur la femme du videur, enceinte et éplorée, les médias s'emparent du fait divers et en font leur miel (leur beurre?).
La journaliste qui mène l'enquête, à charge d'abord, puis de façon plus objective, arrivera à prouver que le videur a été l'arme de sa propre mort, mais à quel prix !
On voit ici s'affronter tous les acteurs du monde moderne, politiques, journalistes, groupuscules islamistes, familles d'immigrés devenues otages de la guerre enclenchée. C'est passionnant, plein d'émotion, de réflexion, d'invitation à méditer sur les prises de position abusives par les tenants des pouvoirs politico-médiatiques, sur le métier de journaliste aussi.
Un très, très, bon livre !
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cleomine
  18 septembre 2013
Zaki, jeune homme danois d'origine marocaine, vient d'obtenir son bac. Ses parents sont très fiers car ils y voient un signe fort d'intégration à la société danoise. Eux qui ont toujours fait profil bas sont heureux d'assister à la cérémonie de remise de diplôme de leur fils. C'est lors d'une sortie en discothèque que tout dégénère : le videur est retrouvé mort.
Cette affaire prend une tournure de conflit multiculturel (un bon père de famille danois victime de la violence arabe) alimenté par le parti nationaliste danois et amplement relayé par les médias qui voient là le sujet idéal pour faire grimper leur audimat. Pour Rikke Lyngdal, journaliste mise au placard, c'est l'occasion de revenir dans les colonnes de son quotidien, car si tout le monde va dans le même sens, elle va trouver des éléments montrant que l'affaire n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air.
Interactions entre les médias et la police, métier du journaliste et rôle du journalisme dans l'opinion publique, récupérations politiques… Ce polar analyse la société danoise, la montée des extrémismes à travers une intrigue passionnante et au rythme soutenu. Origine étrangère est le deuxième roman d'Olav Hergel, lui-même journaliste. Otage, son premier opus dans lequel on découvre le personnage de Rikke Lyngdal, est également une réussite. Les deux polars vous promettent un très bon moment de lecture.
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critiques presse (1)
Actualitte   06 février 2013
Ce roman, écrit avant tout par un journaliste reporter, se lit effectivement comme une brillante enquête approfondie de la société danoise et frappe par son aspect très réaliste et sérieux, sans concession, plutôt critique mais vraiment convaincant.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   09 février 2016
Dans une civilisation, le citoyen est supposé évoluer librement et être protégé par le droit. Pour le moment, certains peuvent sévir librement. J’irai même jusqu’à dire que nous vivons dans une société où les hyènes font ce qui leur convient et où ceux qui observent la loi sont surveillés.
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rkhettaouirkhettaoui   09 février 2016
La culture occidentale est la bouée de sauvetage du monde, mais si on la surcharge, elle coulera et il n’y aura plus de recours. Si l’on pense, comme dans ce journal, que notre histoire, notre culture et notre société du bien-être occidental sont l’expression du plus haut degré de développement social, on se doit de le défendre contre toute menace.
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rkhettaouirkhettaoui   09 février 2016
Tacitement, il était leur chef. Fort, intelligent, il n’usait jamais de sa force pour opprimer les autres. Ils ne l’avaient jamais vu se battre auparavant, mais il venait de perdre le contrôle et les choses auraient pu mal tourner. Ils avaient quitté la cascade en silence, l’abandonnant à sa colère et à la peur de cette force qu’il n’avait pas pu maîtriser.
Il ignorait ce qu’était un démon, mais la puissance qu’il venait de se découvrir l’effrayait autant qu’elle lui communiquait la formidable énergie qui le poussait à cet instant à gravir la montagne. Le rêve était devenu réalité. Ils partaient, mais c’était trop grand, trop impressionnant et trop inconnu pour son entendement.
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rkhettaouirkhettaoui   09 février 2016
La culture musulmane est basée sur l’individu et sa famille. On ne fait qu’un avec ses proches. La culture chrétienne est basée sur l’amour du prochain. Si mon voisin tombe malade, il sait que je paie volontiers mes impôts et je sais qu’il en fait autant pour moi. Mais le musulman ordinaire qui vend du coca-cola au noir, travaille au noir en même temps qu’il perçoit des aides sociales, vient d’un pays où, à bon droit, il considère l’État comme son ennemi et ne concevra jamais le sentiment que nous avons pour l’État. C’est pourquoi il ne peut être intégré.
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rkhettaouirkhettaoui   09 février 2016
Suivant la mode chez les jeunes femmes musulmanes, elle avait soigneusement épilé ses sourcils qui dessinaient deux élégantes lignes noires au-dessus de ses yeux bruns. Ce n’était pas une femme sur laquelle les hommes se retournaient. Après tout, elle portait le foulard, indiquant ainsi au monde qu’elle ne souhaitait pas attirer l’attention, mais une fois qu’on avait posé le regard sur son visage, il était difficile de l’en détourner. Elle n’était d’ailleurs pas effrayée par le regard des hommes et rendait les sourires qu’ils lui adressaient.
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