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EAN : 9782070378142
256 pages
Éditeur : Gallimard (12/03/1987)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 55 notes)
Résumé :

Au petit matin d'une veillée funèbre agitée, à Harlem, le révérend Short se penche un peu trop par la fenêtre et dégringole du deuxième étage. Premier miracle : une vaste corbeille de petits pains frais amortit sa chute. Il remonte à l'étage, indigné. Tout le monde se presse à la fenêtre et... deuxième miracle: il y a encore un homme dans le pain. Mais celui-là est mort, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  22 avril 2014
Chester Himes est souvent jubilatoire et lorsqu'il délivre une galette légèrement en deçà de ce à quoi il nous a précédemment habitué, pas de quoi fouetter le boulanger, sa verve et sa truculence se chargent de faire passer la fève sans avoir l'air d'y toucher.
Couché Dans le Pain, troisième du nom dans la série Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, se lit bien et ce malgré une pâte qui aura éprouvé quelques difficultés à lever. Et pourtant, c'était pas faute d'enflu...de levure...
Point de départ, le révérend Short, présent à une veillée funèbre parmi une foultitude de personnages qu'il aura été difficile à fixer d'emblée, à trop avoir biberonné, se trouva fort dépourvu lorsque de la fenêtre il chut. Mais avoir des potes comme Jésus présente certains avantages, notamment celui d'en sortir indemne en atterrissant comme une fleur dans une corbeille à pains. Remonté comme un coucou courroucé, li père Bol – bon Enrico, tu vires maintenant – réintègre la petite fête, accuse Chink d'un doigt vengeur de l'avoir poussé du deuxième étage puis suscite l'interrogation quant à son prétendu sauvetage céleste. Deuxième miracle offert pour le prix d'un aux mécréants voulant vérifier ses dires, la présence d'un second cadavre au même endroit et qui devait être, lui, beaucoup moins à la colle avec Dieu le père. Poignardé puis couché dans le pain, roulé dans la farine sur toute la ligne...
Un premier tiers poussif, un final alambiqué, cet épisode ne sera pas le meilleur de la série.
Il y a la famille en or puis il y a cette tribu dont le passe-temps principal consiste à se pigeonner.
Mari, femme, amant, ex, tout ce petit monde gravite et se déchire autour d'un même mystère : qui a bien pu poinçonner Val en plein coeur et pourquoi nom d'une pipe en bois?
Une fois familiarisé avec tous ces personnages vaudevillesques, c'est avec un plaisir certain que l'on retrouve nos deux inspecteurs les plus limites de Harlem dans ce parfait jeu de dupes qu'ils maîtriseront rarement, une fois n'est pas coutume.
Himes, on ne le dira jamais assez, c'est une écriture hors norme.
Gouailleur patenté, son écriture oscillant régulièrement entre humour et désespoir possède le don plutôt rare de faire passer les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages...
Pas vraiment du niveau de la Reine Des Pommes, Couché Dans le Pain, malgré quelques grumeaux, s'avère finalement tout à fait digeste...
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belette2911
  20 octobre 2013
♫ Couché dans le foin, avec le soleil pour témoin ♪ (1)... Oups, c'est "couché dans le pain", le titre du roman. Voici donc un lapsus révélateur... entre le titre du livre et une chanson !
Non, le roman de Chester Himes ne nous conte pas les aventures extraconjugales d'un boulanger qui aurait pétri des miches qu'il ne fallait pas, joué avec sa baguette et trempé son croissant ailleurs...
Harlem... Au petit matin d'une veillée funèbre agitée, le révérend Short se penche un peu trop par la fenêtre et dégringole du deuxième étage. Bardaf, c'est l'embardée... ?
Non ! Miracle divin pour ce serviteur de Dieu : une vaste corbeille de petits pains frais amortit sa chute. Il remonte à l'étage, indemne et indigné. L'aurait-on poussé afin qu'il se présente plus vite devant son Créateur ?
Les gens qui veillaient le mort ont du mal à croire à sa chute mais puisque personne ne l'a vu sortir par la porte... C'est donc qu'il dit vrai. Ils se pressent tous à la fenêtre pour vérifier la présence du panier de pain et là... second miracle : il y a encore un homme couché dans le pain.
Serait-ce une histoire de coucherie "joyeuse" dans du pain ? Non, celui-là est mort, bien mort, avec un couteau planté en plein coeur... Mais il n'y état pas quand le révérend y a chuté.
Vous voyez un peu le bordel ? Avec, en prime, un coup de fil anonyme signalant un corps couché dans le pain...
Comment les policiers vont-ils s'en sortir pour démêler ce sac de noeud et découvrir qui est l'auteur du crime et du coup de fil anonyme ? Surtout que à Harlem, personne ne va dénoncer le caïd local...
No stress ! Mesdames et Messieurs, veuillez faire entrer les deux policiers les plus efficaces au monde : Ed Cercueil et Fossoyeur Jones !
Ils marchent en marge de la loi, ont des indics, les consultent, font fumer leurs méninges et la poudre de leurs révolvers, et, au bout d'une enquête des plus rocambolesque, arriveront à trouver le(s) coupable(s). Oui, bon nombre de personnages ont des choses à se reprocher.
Roman policier noir au coeur de Harlem, dans une famille haute en couleur et où personne n'est tout à fait blanc comme neige. D'ailleurs, ici, la neige, on la sniffe.
Si vous voulez plonger dans le quartier de Harlem, c'est avec Himes qu'il faut voyager : écriture simple mais riche de couleur, intrigue au top, rebondissements dans l'histoire et violation de la loi par les forces de l'ordre. Roman noir...
Bien que j'ai trouvé "La reine des pommes" plus humoristique et encore plus rocambolesque, l'auteur m'a entraîné une fois de plus dans son récit, me présentant à cette famille bizarre où j'ai eu du mal à m'y retrouver dans tous leurs noms étranges.
Sans chichis, en quelques 200 pages, Himes m'a présenté la solution et j'ai éclaté de rire devant la résolution de l'affaire. Fossoyeur Jones et Ed Cercueil sont bien les meilleurs !
Les dialogues sont drôles, les réparties fusent et les bons mots aussi :
- Si les flics me trouvaient là, pour peu y diraient que je l'avais poussé par la fenêtre.
- Tu me fais de la peine fiston, déclara Fossoyeur avec le plus grand sérieux. Les flics sont pas si vaches.
Avec une déduction à mon actif, j'étais loin de la solution, qui était bien trouvée parce que l'auteur m'a bien baladé.
Faites juste gaffe aux balles, elles sifflent parfois à vos oreilles...
(1) La chanson "Couché dans le foin avec le soleil pour témoin" est de Mireille. (Mireille Hartuch, plus connue sous le pseudonyme de Mireille, née le 30 septembre 1906 à Paris et morte le 29 décembre 1996 dans la même ville, est une compositrice, chanteuse et actrice française. Elle est l'épouse de l'écrivain Emmanuel Berl).

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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rotko
  11 juillet 2015
Couché dans le pain, Chester Himes,
« Quand on se met à mélanger le sexe et la religion, on est sûr de perdre les pédales » déclare Ed Cercueil. Outre la pertinence de cette remarque générale, la réflexion vaut pour l'intrigue.
Dans cette histoire, à la fois comique et rocambolesque, le démarrage par « défenestration » d'un pasteur de l'Église de la Sainte Culbute donne le coup d'envoi. Une maestria comparable au célèbre incipit d' « Imbroglio negro ».
Personnages multiples et obsessions diverses. Intrigues à double ou triple étages. Les calculs et les actions, suivent leurs propres cours, sur fond d'arnaques, de rancunes, ou de motivations amoureuses. La vie est foisonnante dans le ghetto. A croire que la misère décuple l'imagination de ceux qui veulent s'en sortir.
Dans le Harlem de Himes, vu et compris par Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, rien ne se passe comme chez les Blancs. Aussi le sergent Brody, chargé officiellement de l'enquête, ne peut rédiger administrativement le procès-verbal final que grâce à l'action des deux inspecteurs noirs, véritables chevilles ouvrières de l'action, - et du récit.
Le lecteur appréciera leur connaissance du terrain et des mentalités. Même si l'auteur tire sur la corde avec les dialogues, les comportements déconcertent, et Chester Himes rassemble des intrigues superposées en un bouquet exotique cohérent, avec ingrédients comiques, qui dénote la parfaite maîtrise de l'écrivain.
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jfponge
  09 février 2019
Harlem, New York City, fin des années 50. Avant de devenir la coqueluche des "bobos" new-yorkais, Harlem était un quartier pauvre, mal famé, une sorte de "ghetto" afro-américain en marge de la société de consommation. Tel est le cadre des aventures de deux flics qui ont fait la célébrité de l'auteur de "La reine des pommes" : "Fossoyeur" et "Ed Cercueil". Leurs méthodes d'investigation, pas très catholiques, s'avèrent super-efficaces dès lors qu'ils joignent l'intimidation musclée à une parfaite connaissance des moeurs de la population locale. Accompagnés d'un troisième larron, Brody, bien blanc sur lui, qui se contente de les regarder faire avec des yeux tout ronds, ils vont démêler une sombre affaire de meurtre à l'arme blanche, assaisonnée de tentative de chantage et de multiples autres délits impliquant la fine fleur de Harlem. Comme dans les autres polars de cet auteur, l'intérêt réside plus dans la truculence de la narration que dans le déroulement de l'enquête. Dans la chaleur étouffante de l'été new-yorkais, les neurones préfèrent faire la sieste et le hasard, accompagné de quelques coups bas, spécialité de nos deux compères, devient un facteur prépondérant. Un Chester Himes comme on les aime...
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alzor
  16 février 2019
Après avoir lu l'an dernier Il pleut des coups durs du même auteur, me voilà littéralement tombé dans la corbeille à pains, tel le révérend Short: ce pain-là est bien noir, non pas qu'il soit fait de seigle ou de sarrasin - oui, le jeu de mot est douteux - mais parce qu'il est fait de toute la crasse du Harlem des années 50.
Le style truculent, désespéré et hors-norme de Chester Himes supplante encore une fois les égarements narratifs de ses personnages sombres, mus par des obsessions propres, à la fois comiques et fascinantes.
Un très bon moment de lecture !
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette2911   08 octobre 2013
- On est à Harlem, dit-il, et des bleds comme ça, y en a pas deux. On est obligé de partir de rien, parce que les gens d'Harlem agissent pour des raisons qui ne viendraient jamais à l'idée de personne ailleurs. Tenez, par exemple : j'ai connu deux gars de couleur, deux ouvriers sérieux et pères de famille. Ils se sont bagarrés un jour dans un bar de la Cinquième Avenue, près de la Cent-dix-huitième Rue, pour savoir si Paris était en France ou si c'était la France qui se trouvait dans Paris. Et ils se sont saignés à mort.

Brody éclata de rire.
- Il y a encore mieux ! dit-il. Deux Irlandais du côté de Hell'sKitchen, se sont mis à s'engueuler pour savoir si les Irlandais descendaient des dieux ou si les dieux descendaient des Irlandais. Ils se sont descendus à coups de pétard.
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belette2911belette2911   04 août 2013
- Tu trembles, fit observer Fossoyeur.
- Et tu transpires, en plus, ajouta Ed Cercueil.
- J'ai pris froid, déclara Chink.
- Comme tu dis, répliqua Fossoyeur. Et même le meilleur moyen de se faire refroidir de façon permanente, c'est de fricoter avec la femme d'un autre mec, dans sa propre maison.
- Je m'occupais seulement de mes propres affaires, protesta Chink. Vous pourriez pas essayer d'en faire autant, une fois, par hasard ?
- C'est comme ça que tu nous remercies de t'avoir fait une fleur, dit Fossoyeur. On l'a retenu jusqu'à ce que tu aies le temps de filer.
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CrossroadsCrossroads   18 avril 2014
- Comment s'habille-t-il? demanda Fossoyeur.
- Comme je viens de dire; des vieux bluejeans, un maillot de corps, des baskets; il a toujours l'air de sortir d'une poubelle.
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belette2911belette2911   07 octobre 2013
- Les inspecteurs Fossoyeur Jones et Ed Cercueil Johnson se présentent au rapport, mon général, marmonna Pigmeat.
- Ah ! Nom de Dieu ! fulmina Chink. Il nous manquait plus que ces deux fumiers de cow-boys de mes deux pour foutre le bordel.
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belette2911belette2911   09 octobre 2013
Le corps de Gigilo se mit à tressauter comme si quelqu'un lui avait glissé une tige de fer brûlante dans le fond de son pantalon.
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Vidéo de Chester Himes
“Cercle Polar” est confiné, mais il en faudrait plus à nos deux critiques pour les empêcher de vous présenter le meilleur des romans noirs du moment. Au programme : "Temps noirs" de Thomas Mullen qui nous emmène sur les traces de flics noirs à Atlanta en 1950. 
"Temps noirs" de Thomas Mullen. Formidable série en devenir. La vie mouvementée des premiers policiers noirs à Atlanta dans les années 1950. Chronique à la fois policière, quotidienne et politique, subtilement incarnée. Après Darktown qui reparaît en poche, voici Temps noirs. Mêmes personnages, mêmes qualités, sens du détail, humanité du regard. Et l'occasion de lire ou de relire les grands prédécesseurs de Thomas Mullen, à commencer par Chester Himes. Les livres sont le meilleur remède au confinement !
Traduit de l'américain par Anne-Marie Carrière, éd. Rivages/Noir. Disponible en version numérique : https://vitrine.edenlivres.fr/resources/9782743649890
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La Reine de la nuit
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