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William Olivier Desmond (Traducteur)
EAN : 9782070316700
464 pages
Éditeur : Gallimard (02/09/2004)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 113 notes)
Résumé :
Dans un coin perdu du Herefordshire s'étend le bois de Ryhope, vestige d'une ancienne forêt remontant à la dernière glaciation ; un bois tellement dense qu'il paraît impossible d'y pénétrer au-delà d'une certaine limite.
George Huxley, qui s'est établi avec sa famille à l'orée de Ryhope, est pour d'obscures raisons obsédé par cette forêt, par l'idée d'en explorer les profondeurs ; une obsession qui le conduit à négliger sa femme et ses enfants. Après sa mort,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Elamia
  06 février 2016
Cette excursion dans la forêt des Mythagos fut une expérience inédite et appréciable. Si je connaissais Robert Holdstock seulement de nom, j'avais en tête de commencer par lire un de ses one-shots le bois de Merlin. Mais récemment, un ami m'a conseillé La forêt des Mythagos comme une série incontournable. Ni une, ni deux, je me suis donc procuré ce premier tome et j'ai accroché d'emblée à l'histoire.
Effectivement, une fois rentré dans la forêt des Ryhope, il est difficile d'en sortir et de revenir à la réalité. J'ai beaucoup aimé l'aspect païen et légendaire qui se dégage de cette histoire. Pour faire court et vous situer un peu l'action sans trop vous en dévoiler, la forêt des Mythagos abrite les perceptions visuelles de figures historiques, mythiques et emblématiques. Ces entités finissent par prendre une consistance physique réelle, et interagissent avec les personnages principaux de l'histoire qui sont Steve et son frère Christian. Ces deux anglais se retrouvent au manoir familial dans le Herefordshire, dans une Angleterre d'après guerre. Leur père vient de mourir, et les deux frères reprennent en main le manoir qui est en piteux état. Comme leur père avant eux, c'est Christian l'aîné qui développe une fascination mystérieuse et presque effrayante pour la forêt.
Steve constate très vite que son frère est victime de l'emprise de la forêt mais plus précisément, qu'il est obnubilé par une des présences féminines qui occupe les lieux. Christian part dans la forêt pour tenter de retrouver cette fameuse Guiwenneth qui hante son esprit. Fille de légende, fille de la terre et de la forêt c'est un personnage attachant, qui va finalement apparaître à Steve, resté au manoir. Tous deux vont vivre une histoire belle et profonde, un amour pur, vrai et sincère les unit et va au delà de la compréhension verbale. Ils ne parlent pas le même langage, sont issus de deux époques différentes, et pourtant ces deux là semblent ne faire qu'un. Mais alors que pendant un certain temps l'auteur nous berce pour ainsi dire dans cette tendre illusion, les ombres de la forêt vont inéluctablement se rapprocher et troubler la quiétudes des deux amants. Commence alors une course poursuite effrénée, un tourbillon infernal entre Steve et les êtres légendaires qui peuplent la forêt des Rhyope.
Les personnages de ce récit sont plaisant à suivre, surtout Steve et Guiwenneth, sur qui l'on porte presque automatiquement, un regard bienveillant, et dont la séparation forcée m'a beaucoup chagrinée. Cette forêt, est une entité à part entière, presque un personnage principal, ou devrais-je dire le personnage central de ce roman. Plus qu'un lieu, elle influe sur la personnalité des deux frères et ses mystères vont complètement bouleverser leur vie.
J'ai donc beaucoup apprécié le côté mythes et légendes qui transparaît au travers de cette histoire. On sent nettement l'attachement des personnages à la terre, aux rites ancestraux qui rythmaient la vie de ces peuples antiques. Cet aspect païen, ainsi que les énergies terrestres et sylvestres dont il est question ici se marient à merveille avec le genre fantastique du roman. Onirisme, fantastique, histoire d'amour et aventure se côtoient dans ce récit inédit et dramatique.
En somme, une excellente découverte de l'auteur et de cette série qui l'a rendu célèbre.
Je continuerai bien sûr la série de la forêt des Mythagos avec Avilion qui conte les aventures des descendants de Steve et Guiwenneth. En espérant y retrouver l'âme si particulière de ce premier tome.
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lokipg
  23 février 2019
1946. Après la guerre, Steven Huxley retourne à la maison familiale d'Oak Lodge, en Angleterre. Il y retrouve son frère ainé, Christian, qui y vit seul depuis la mort de leur père. Ce dernier était obsédé par la forêt bordant la propriété qui selon lui abrite des mythagos, créatures mythiques nées de l'imagination collective. Il a consacré sa vie à percer les mystères de la forêt, au point de délaisser sa femme, morte de chagrin, et ses enfants. Steven va rapidement s'apercevoir que les obsessions du père sont devenues celles du frère...
La Forêt des mythagos est divisé en trois parties. Si la première est clairement du fantastique, la troisième est résolument fantasy. Quant à la seconde, elle glisse d'un genre à l'autre à l'insu du lecteur. Sans compter quelques discrets éléments de science-fiction. Autant dire que le roman est du genre inclassable. Les maniaques des étiquettes en seront pour leurs frais.
Robert Holdstock prend son temps pour installer son univers. Un peu trop d'ailleurs, car j'ai trouvé la première partie bien longuette. le concept de mythagos n'est pas simple à appréhender, et les explications, volontairement obscures, n'aident pas tellement. Heureusement, plus le récit avance, plus j'ai été pris dans l'ambiance. Les mythagos, traités de prime abord comme une simple menace obscure, prennent véritablement vie au fur et à mesure qu'on les découvre.
Plus on en apprend sur la forêt, plus on veut en savoir, chaque réponses amenant de nouvelles questions. Et au final, je me demande si les longueurs du début n'étaient pas nécessaires car je ne saurais dire ce qu'il faudrait enlever. Chaque détail finit par prendre sens.
La plume de Robert Holdstock est pleine de poésie. le Branchu, Capuchard, les faucons, le Jaguth, Celle qui Parle la Vie... La forêt est peuplée de mille et un personnages, pour autant de lieux, autant d'époques... Ce roman fait partie de ceux qui laissent un souvenir particulier après sa lecture.
Même si j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, je ne regrette pas le voyage.
Lien : http://lenainloki2.canalblog..
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Philemont
  22 janvier 2013
A l'ouest de l'Angleterre, dans le comté d'Herefordshire, il est une forêt primitive bien mystérieuse : la forêt des Ryhope. Si l'on peut en faire le tour en quelques heures, il est très difficile d'y pénétrer et, lorsque l'on y parvient, on peut s'y enfoncer pendant des années sans jamais en voir le bout. Il faut dire que cette forêt a la faculté de matérialiser les contes et légendes de l'inconscient collectif. Ceux qui réussissent à y entrer donnent ainsi vie à leurs rêves, et à leurs cauchemars, grâce à la représentation qu'ils se font des personnages et créatures qui les peuplent : les mythagos…
C'est dans cet univers original que Robert HOLDSTOCK a aujourd'hui écrit cinq romans que je propose de lire dans l'ordre d'édition :
1) La forêt des mythagos (Mythago Wood, 1984)
2) Lavondyss (Lavondyss, 1988)
3) La femmes des neiges (The Bone forest, 1991)
4) le Passe-broussaille (The Hollowing, 1992)
5) La Porte d'ivoire (Gate of ivory, 1998)
Cet ordre est celui proposé par Denoël dans sa collection Lunes d'Encre. Il diffère quelque peu dans sa reprise au format poche chez Gallimard, dans la collection Folio SF. Dans cette dernière, le court roman La femme des neiges est en effet inséré à la fin du quatrième et dernier tome, La Porte d'ivoire. Il faut dire que les cinq romans du cycle ne se suivent pas particulièrement, même si leurs intrigues sont transversales.
Trois des cinq romans sont consacrés à la famille Huxley, dont le père est le découvreur de la forêt des mythagos ; La femme des neiges lui est entièrement consacré. le premier tome a pour personnage principal Steven Huxley, le benjamin de la famille, le cinquième Christian Huxley, le fils aîné. Lavondyss est centré sur Tallis, la jeune soeur d'Harry Keeton qui a accompagné Steven Huxley dans sa découverte de la forêt des Ryhope. le Passe-broussaille a pour personnage central Richard Bradley dont le fils, ami de Tallis Keeton, est retrouvé sans vie à l'orée de la forêt des Ryhope.
Les cinq textes sont des drames. Dans chacun d'entre eux un personnage part à la recherche d'un proche qui n'est jamais ressortit de la forêt des Ryhope. Mais le drame n'est pas seulement le fait de celui qui s'est perdu, mais aussi le fait de celui qui cherche à le secourir. Car en entrant dans la forêt, il expérimente lui même la création des mythagos, et les difficultés que cela entraîne.
Cet univers verdoyant et sauvage est mis en valeur par une très belle écriture, à la fois travaillée et imagée. Les références aux contes et légendes, notamment celtiques et amérindiens, sont innombrables, de même que celles relatives à la mythologie grecque, en particulier dans le Passe-broussaille. Les personnages principaux, bien réels, sont parfaitement caractérisés, mais jamais caricaturaux. Chaque texte est en outre une redécouverte de la forêt des Ryhope, Robert HOLDSTOCK réussissant la prouesse de se renouveler à chaque écriture.
Il n'en demeure pas moins que La forêt des mythagos n'est pas un cycle facile d'accès. le lyrisme de l'auteur peut déjà rebuter plus d'un lecteur avide d'action pure. Les notions relatives au chamanisme, très nombreuses, notamment dans Lavondyss, demandent aussi un effort certain de concentration. Notons aussi que plus les personnages s'enfoncent dans la forêt des Ryhope, plus l'écriture se fait dense, la forêt semblant ainsi prendre le pas sur toute autre forme de réalité.
L'effort demandé n'est toutefois pas vain puisqu'il permet de découvrir un univers éminemment original. Celui-ci ne peut pas laisser indifférent, que ce soit positif ou négatif. Je crois également que chaque lecteur tournera l'ultime page en étant convaincu qu'une deuxième lecture au moins est nécessaire pour appréhender toute la richesse de l'oeuvre.
Le premier roman, La forêt des mythagos, a obtenu le British Science Fiction Award en 1985 et le World Fantasy Award en 1984. Il est aussi pour moi le meilleur des cinq.
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Bruno19
  07 septembre 2015
L'oeuvre de Holdstock dont c'est ici le premier volume est classée dans les classiques de la fantasy. Pourtant ce premier tome ne doit pas être complétement considéré comme un récit de fantasy au sens généralement admis car le lecteur serait alors déçu.
Pourquoi? Et bien parce qu'il s'agit plus ici d'un récit à la Lovecraft: un homme nous raconte qu'il revient chez lui pour trouver un père décédé après une vie de folie et un frère obsédé (possédé?) par la sombre et mystérieuse forêt qui borde la propriété familiale. Une forêt primitive dans laquelle l'espace temps semble différent et dont peuvent sortir d'étranges créatures.
Petit à petit, Steve va voir son frère christian sombrer dans la même folie qui avait envahie son père puis lui même va devoir s'aventurer dans la forêt obsédé par la recherche d'une de ses créatures (et pourchassé par d'autres)
Alors oui ce livre est bien un livre de fantasy en ce qu'il aborde des mythes (des mythagos même) mais ce premier tome est avant tout une explication des phénomènes théorisés par le père du narrateur et une première expérience de ceux ci par Steve au sein de la redoutable forêt.
De bonnes idées, un concept original et riche de promesse pour une utilisation limitée encore, plus proche du roman de terreur que de la fantasy. Toutefois il s'agit d'une première partie posant les bases d'un univers et la suite peut potentiellement se révéler intéressante dans une autre orientation
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Guthrif
  15 avril 2013
Cela faisait longtemps que je cherchais - désespérément - un bouquin de fantasy bien écrit et sans cliché. Je l'ai trouvé récemment, grâce aux conseils d'un ami, avec le cycle des Mythagos de Robert Holdstock (même si on est plus proche de l'onirique que de la fantasy). Cycle, car l'histoire s'étend sur quatre livres, réunis en deux tomes pour certaines éditions. le thème central est celui du pouvoir de l'imagination qui, en l'occurrence, peut donner vie aux "archétypes" (appelés ici "mythagos") de l'inconscient collectif, s'exprimant généralement dans les mythologies, mais devenant ici réalité au sein de la mystérieuse forêt de Ryhope. Très jungien donc. le texte est superbement écrit, on est parfois plus proche de la poésie que du roman, dans un style très "british", volontairement lent et reposant - ici nulle action à outrance, et même quand elle est présente elle se fait finalement discrète. C'est d'ailleurs ce que certains lecteurs reprochent à ce récit - trop lent, pas assez d'action, d'hémoglobine gratuite, etc - et il est vrai que 75% de la narration se concentre sur la description de la forêt, qui est le personnage principal du récit en réalité, vivant et changeant - ce qui peut-être déroutant au premier abord. Mais c'est délicieux, et on en redemande ! Et d'ailleurs on le relit forcément, car le texte est tellement riche et intelligent (certaines réflexions sont déroutantes !) que si on le lit une deuxième ou troisième fois, on ne le verra pas du même oeil. Bref, à découvrir d'urgence !
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   13 avril 2012
Robert Holdstock s'inspire des mythes, se sert de références littéraires pour bâtir son histoire. Normal quand l'intrigue se base sur ce concept […]. Ce qui dort dans la forêt donne la chair de poule et l'effet rendu est assez spectaculaire.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lokipglokipg   22 février 2019
« Je suis la fille de la première heure du matin. Je suis la chasseresse qui dans la lueur de l'aube [...] lance le filet dans la clairière aux bécasses. Je suis le faucon qui de haut voit les bécasses s'envoler et se prendre dans le filet. Je suis le poisson [...] qui se débat dans l'eau, nageant vers la grande roche grise qui indique les eaux profondes. Je suis la fille du pêcheur qui transperce le poisson. Je suis l'ombre de la haute pierre blanche sous laquelle est couché mon père, l'ombre qui se déplace avec le jour vers la rivière où noagent les poissons, vers les bois où la clairière aux bécassines est bleue de fleurs. Je suis la pluie qui fait courir le lièvre, chasse la biche dans les fourrés, arrête le feu au milieu de la maison ronde. Mes ennemis sont le tonnerre et les bêtes de la terre qui rampent dans la nuit, mais je ne les crains pas. Je suis le cœur de mon père et de son père. Brillante comme le fer, vive comme la flèche, puissante comme le chêne. Je suis le pays. »
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laulauttelaulautte   26 septembre 2014
"Il peut donc y avoir des mythagos aussi récents que cela", dis-je calmement, plutôt étonné. Il m'était néanmoins facile d'imaginer comment les horreurs des tranchées des Flandres avaient pu provoquer la formation d'une incarnation d'espoir chez toute une génération angoissée, un personnage en lequel on pouvait avoir confiance, que l'on pourrait suivre, et qui redonnerait du coeur au ventre aux soldats perdus et terrifiés.
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bluelynxsbluelynxs   25 janvier 2015
Je suis de bois et de pierre, pas de chair et de sang.
[...] Elle savait donc. Elle savait qu'elle n'était pas humaine. Et néanmoins, elle se comportait en tout point comme un être humain. Peut-être avait-elle parlé métaphoriquement, en se référant à sa vie dans les bois, tout comme j'aurais pu dire : je ne suis que poussière et cendres.
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laulauttelaulautte   26 septembre 2014
Toute la forêt semble respirer et soupirer. Beaucoup de marronniers, ce qui tendrait à prouver qu'il ne s'agit pas d'une forêt "primordiale". Grande abondance de chênes et de noisetiers. Belles futaies de frênes et de hêtres. Cent forêts en une seule.
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   27 juillet 2018
La cuisine était vide. Le mouvement persista, comme un scintillement hésitant à la limite de ma vision. Je traversai en courant toute la maison jusqu'au bureau, m'assis derrière le meuble, les mains posées à plat sur la surface de bois poli, le souffle court.
Le mouvement disparut.
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