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Jean-Pierre Pugi (Traducteur)
ISBN : 2207259811
Éditeur : Denoël (22/01/2009)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacCall, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d'autres. La première fréquente les lutins du bois de Bridestone quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu'il imagine embarqués sur une comète. La seconde, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  16 août 2018
Il est des romans et des auteurs dont tout le monde s'accorde à saluer l'originalité ou le talent. C'est le cas de Ian McDonald et de son ouvrage intitulé « Roi du matin, reine du jour », qui a immédiatement été encensé par la critique comme par le public, et qui a reçu toute une flopée de récompenses littéraires (Grand Prix de l'Imaginaire, Prix des Imaginales, Prix Philip K. Dick). Rassurée par cette reconnaissance quasi unanime, c'est avec un bel enthousiasme que je me suis plongée dans cette lecture qui aura, et j'en suis profondément navrée, déçue toutes mes attentes. L'ouvrage se divise en trois parties bien distinctes qui proposent chacune le portrait d'une jeune femme ayant eu maille à partir avec des créatures issues du folklore irlandais. La première, Emily Desmond, est une adolescente âgée d'une quinzaine d'années en 1913 et vit dans une belle demeure de la campagne irlandaise où elle cherche par tous les moyens à communiquer avec le « Petit Peuple » dont elle assure qu'il réside dans la forêt bordant son domaine (« Craigdarragh »). La seconde, Jessica Caldwell, est un peu plus âgée et vit cette fois dans les années 1930 : provocatrice invétérée, elle passe son temps à inventer mensonge sur mensonge pour se rendre intéressante... jusqu'à ce que certains se manifestent véritablement (« Le front des mythes »). La dernière, Enye MacColl, vit dans les années 1990 où elle arpente les rues, katana à la main, afin de débarrasser la ville de créatures monstrueuses (« Shekinah »). Trois héroïnes et trois histoires qui sont évidemment intimement liées puisqu'Emily, Jessica et Enye appartiennent à une seule et même famille. Si l'ensemble de ces récits forment donc un tout cohérent, chaque partie se déroule cela dit à une période bien distincte qui influe sur la manière dont chacun de ces trois portraits a été écris.
L'ouvrage s'ouvre avec l'histoire d'Emily Desmond et de son père, tous deux habités par des obsessions totalement opposées. Car si l'astronome se fascine pour ce qu'il estime être la première manifestation incontestable de l'existence d'une vie extraterrestre, la jeune fille, elle, ne jure que par les mythes. Aspirant à un destin bien plus glorieux que celui qui l'attend, l'adolescente se nourrit de toutes les références au folklore qui lui tombe sous la main, et assure à tout le monde qu'elle a la capacité de voir et d'interagir avec le monde des fées. Mais ces dernières ne sont pas comme nous, et leurs réactions peuvent se révélées dangereuses pour Emily... J'ai eu un mal fou à m'immerger dans cette histoire qui paraît, au premier abord, assez classique mais qui s'attarde sur tellement de détails inintéressants que j'ai bien failli m'arrêter en cours de route. Et pourtant, avec le recul, c'est certainement cette première partie que j'ai trouvé la plus réussie (c'est vous dire ce que je pense de la suite...). Ian McDonald opte ici pour une narration qui repose sur une alternance de correspondances issues des différents protagonistes : extraits du journal intime d'Emily, courriers échangés entre le père et certains de ses collègues scientifiques, rapport du psychiatre chargé d'étudier le cas de l'adolescente... Si le début est un peu poussif, la suite se fait plus captivante à mesure qu'évoluent les relations entre le « Petit Peuple » et la jeune héroïne, celle-ci passant de la fascination à la crainte, jusqu'à plonger dans l'horreur. Si l'aspect « fantastique » ne laisse pas vraiment de doute et est plutôt réussi, je serai en revanche beaucoup plus nuancée en ce qui concerne l'explication « rationnelle » proposée par le psychiatre en charge d'Emily pour qui ces créatures seraient directement nées de l'imagination de la jeune fille. L'idée est intéressante, pour autant je reste peu convaincue par les arguments du praticien qui se perd dans des explications bancales sur la frustration sexuelle d'Emily, ses rapports avec son père...
La seconde partie met en scène une héroïne un peu plus âgée, Jessica, dont on découvre qu'elle possède elle aussi le pouvoir de matérialiser les mythes. La théorie de l'auteur se fait alors de plus en plus précise, développant l'idée d'un univers proche du notre dans lequel serait stockée la mémoire collective des hommes ainsi que tous les fruits de leur imagination : le Mygmus. Une espèce de matrice, donc, perpétuellement alimentée par les nouveaux mythes que nous nous créons et à laquelle seuls de rares individus « mythoconscients » peuvent avoir accès. Un don possédé par Emiliy Demond et qu'elle transmettra à certaines de ses descendantes. Si la théorie de l'auteur s'affine, cette seconde partie n'en reste pas moins peu passionnante, la faute à une narration qui s'enlise et à des passages presque incompréhensibles consacrés à un duo de personnages totalement farfelu. S'en suit un bref interlude de trois ou quatre pages (« Coda ») qui ne présente à mon sens aucun intérêt et qui sert juste à faire comprendre que la lignée d'Emily se poursuit. La dernière partie est certainement la plus indigeste et la moins réussie. On y découvre la petite-fille de Jessica, qui a hérité d'une partie seulement du pouvoir de ses ancêtres et qui découpe à coup de katana, et sous l'emprise de la drogue, les monstres que lui envoie régulièrement son aïeule. le récit est une fois encore très poussif et ne parvient que très rarement à maintenir éveillé l'intérêt du lecteur. C'est d'autant plus dommage que certaines des idées de l'auteur sont vraiment excellentes, à commencer par sa réflexion très perspicace en ce qui concerne les mythes, la manière dont ils s'adaptent, se transforment ou fusionnent avec de nouveaux folklores.
Vous l'aurez compris, aucun de ces trois récits ne m'aura pleinement convaincue, et ce pour essentiellement trois raisons. La première tient sans aucun doute au fait que ni Emily, ni Jessica, ni Enye ne sont attachantes. Frivoles, caractérielles, arrogantes, froides, puériles, oui, sans aucun doute. Mais attachante, jamais. La deuxième raison vient de ce que le changement d'époque laissait espérer en terme de reconstitution historique. Dans la mesure où les trois récits se déroulent en Irlande tout au long du XXe siècle, on pouvait en effet s'attendre à ce que l'auteur s'attache justement à mettre en avant l'histoire tourmentée du pays à cette époque. Et bien non, ou alors vraiment très peu. On a bien quelques références à l'IRA et leurs actions, ou aux exactions commises par les Black & Tans dans les années 1920, mais c'est tout. Autant dire que si vous n'avez pas déjà un petit bagage historique, vous n'allez rien saisir du contexte de l'époque, et que même si c'est le cas, vous n'apprendrez de toute façon rien de plus sur les relations entre l'Irlande et l'Angleterre tout au long de ce siècle pourtant chargé d'événements importants. Oh certes, on a bien quelques petites anecdotes une fois de temps en temps, mais franchement ce sont loin d'être les plus palpitantes ! (je ne sais pas par exemple d'où vient cette manie de l'auteur de nous détailler la météo des bleds voisins de ceux de ses héroïnes, mais honnêtement je pense qu'on aurait pu s'en passer...) La troisième et dernière raison qui a participé à complètement me sortir de ma lecture vient de la plume de l'auteur que j'ai trouvé très maladroite. Énumérations à rallonge, anaphores qui s'éternisent, utilisation de formules qui cassent complètement le rythme, à l'image de cette manie d'entrecouper les mots d'une même phrase d'un point (« Jessica. Est. Amoureuse. ») ou ces répétitions un peu ridicules (« Elliot a remarqué Enye. Enye a remarqué qu'Elliot l'a remarquée. Enye n'est pas certaine d'apprécier l'intérêt que lui porte Elliot. » ; ou encore « Elle sait qu'il sait. Il sait qu'elle sait qu'il sait »...)... : bref j'ai trouvé ça très mal écris !
Serait-ce que je ne me suis pas plongée dans l'ouvrage au bon moment ? Toujours est-il que je suis totalement passée à côté de ce roman que j'ai vraiment peiné à terminé et qui, mis à part une réflexion intéressante sur les mythes, ne dispose ni d'une intrigue, ni de personnages, ni d'un style à même de transporter le lecteur. J'en suis d'autant plus déçue que, encore une fois, le roman a manifestement conquis un large lectorat. Dommage pour moi !
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Philemont
  21 décembre 2012
Roi du matin, reine du jour est un triptyque dont chaque partie est consacrée à une génération de femmes irlandaises.
En 1913, Emily Desmond est une jeune fille à peine sortie de l'adolescence. Alors que son père, astronome, est convaincu de pouvoir communiquer avec des extraterrestres, elle-même est convaincue que le bois qui entoure le domaine familial est habité par le petit peuple. Ce qui débute comme la conséquence d'une imagination fertile de la part d'une adolescente devient de plus en plus inquiétant pour finalement virer à la tragédie…
Une vingtaine d'années plus tard, Jessica Caldwell est une jeune dublinoise quelque peu mythomane. Elle finit par s'enticher d'un jeune combattant de l'IRA avec qui elle fuit sa vie morne. Ce faisant, elle découvre que les chimères qui la hantent ne relèvent pas que de son imaginaire, et qu'elle ne se connaissait finalement pas elle-même, à commencer par ses origines…
De nos jours, Enye MacColl travaille le jour dans une agence de publicité, et combat la nuit les monstres qu'elle ne manque pas de croiser. Et c'est quand la vie moderne se fait de plus en plus dure et artificielle que les monstres en question se font plus dangereux encore. Et elle aussi doit découvrir son passé et ses origines pour gagner son ultime combat…
L'indépendance de ces trois parties n'est évidemment qu'apparente. Non seulement les trois héroïnes sont liées par le sang et un don, mais le propos de Ian McDONALD est aussi de montrer que les mythes collectifs évoluent avec le temps parallèlement aux mutations sociétales. C'est ainsi que le petit peule d'Emily Desmond se fait de plus en plus inquiétant à une époque où la voix des indépendantistes se fait pressante. C'est ainsi que celui de Jessica Caldwell est carrément dangereux, au sortir de la guerre civile des années vingt et à la veille de la seconde guerre mondiale. C'est ainsi que celui d'Enye MacColl est à l'image de la société capitaliste irlandaise, une société où l'être humain n'est désormais guère plus qu'un consommateur sans cesse en quête des dernières nouveautés à la mode.
Ainsi Ian McDONALD nous raconte l'Histoire de l'Irlande du XXème siècle au regard des mythes qui ont de tout temps été associés à ce pays. Il accentue encore cette impression d'évolution en associant à chaque partie un style narratif distinct. A la première partie sont associés des extraits de journaux intimes, à la deuxième ce sont trois voix distinctes qui se répondent, à la troisième c'est le récit brut d'une jeune femme moderne.
Cela fait de Roi du matin, reine du jour une oeuvre particulièrement riche. Les références mythologiques et historiques irlandaises sont bien évidemment nombreuses, ce qui incite à penser que le lecteur appréciera d'autant plus qu'il aura préalablement quelques notions sur ces sujets. Néanmoins, le propos de fond et le mode de traitement sont suffisamment universels pour que le néophyte dans la matière d'Irlande y trouve son compte. Notons aussi que la thématique du roman fait immanquablement penser à La forêt des Mythagos de Robert HOLDSTOCK. Toutefois quand ce dernier fait plonger ses héros dans les mythes d'antan, McDONALD fait surgir lui les mythes dans le monde d'aujourd'hui, en tout cas dans celui du XXème siècle. Cela rend l'oeuvre relativement plus facile d'accès que celle d'HOLDSTOCK.
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5Arabella
  24 janvier 2018
Trois femmes dans trois générations différentes. le point commun entre elles, est de ressentir le monde surnaturel comme les gens ordinaires ne le font pas, de percevoir les créatures magiques et de voir les portes permettant de circuler entre notre monde et le monde de la magie. Mais elles ne vont pas y réagir de la même façon. Une va être très tentée de franchir les portes, de s'enfuir de sa réalité. Une refusera pendant longtemps de voir la magie. La troisième va combattre les créatures qu'elle voit comme menaçantes. Mais surnaturel ou pas, la vraie question pour chacune d'entre elles est de savoir quel genre de vie elles ont envie de mener, et comment trouver sa place, ici ou ailleurs, en gérant toutes les blessures.
Je ne peux pas dire que je trouve que c'est un mauvais livre, ni que c'est un roman de fantasy de plus, avec les mêmes thèmes et schémas que l'on retrouve partout. J'ai même trouvé la première histoire, celle d'Emily, et de son père, vraiment prenante, même si la fin est un peu trop prévisible. Je suis moins rentrée dans le récit consacré à Jessica, même si vers le milieu du récit mon intérêt s'est éveillé. Mais les séances de l'hypnose et l'intervention du psy m'ont parus très lourds. En revanche la dernière partie consacrée à Enye, et la conclusion finale, m'ont parues longues, de plus en plus longues. Cette chasseresse de monstres m'a paru vraiment trop convenue. Je regrette que l'auteur ait finalement choisi de s'orienter vers l'inconscient plus que vers un pays magique.
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Malahide75
  04 juillet 2013
L'Irlande est un pays de chemins cachés, de sentiers détournés et de passages inconnus... Rien d'étonnant donc à ce qu' Emily, Jessica et Enye, trois générations de femmes liées par le sang s'y perdent...
Car il est ici question de mythoconscientes : celles qui inventent et créent les légendes et les contes... À moins qu'elles ne soient seulement folles...
Ce livre n'est pas juste un roman de fantasy. Pour tous ceux qui ont eu la chance de se perdre en Irlande, ce roman à un goût de "déjà vu". Comment ne pas se souvenir des bruits particuliers des bois ? Comment ne pas penser aux choses étranges survenues ?
Ian McDonald nous livre ici un livre érudit, profondément irlandais, imprégné de références à William Butler Yeats, à James Joyce et aux mythes fondateurs de l'Irlande. Un roman complexe et labyrinthique, comme l'Irlande, qui laisse à rêver, à imaginer, à créer... Un roman qui est aussi une superbe ode à l'imagination et à la création... Bref, à l'enfance et à l'adolescence, que l'on veut trop souvent formater...
Superbement traduit par JP Pugi, Roi du Matin, Reine du Soir n'est pas d'une lecture facile et demande, de la part du lecteur, un pré-requis celte important pour en savourer toute le moelle.
Pour ceux là, la plongée est vertigineuse !
Une magnifique preuve d'amour à l'Irlande et à sa culture, qui n'a pas déméritée son Grand Prix de l'Imaginaire.
Mention spéciale au jardin labyrinthe et féerique de la grand-mère MacColl (Jessica, donc) qui est vrai moment de bonheur !
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Soleney
  23 août 2017
J'ai été assez déstabilisée par cette lecture…
L'histoire est découpée en trois parties, chacune dédiée à une jeune fille : Emily Desmond, Jessica Caldwell et Enye McColl. Trois personnages principaux, trois époques différentes, trois rapports au surnaturel.
Plus on avance dans l'histoire, plus les choses deviennent dérangeantes.
Que je m'explique : quand Emily se contente de voir des fées et des elfes, Jessica voit ses mensonges devenir réalité alors qu'une étrange menace plane sur elle et que deux clochards s'efforcent de la protéger, tandis qu'Enye est contrainte de prendre des pilules pour affronter des monstres hideux issus d'une dimension parallèle à coups de katana parce que la folie de son ancêtre la poursuit. Évidemment, un fil rouge relie les trois histoires, mais plus on en apprend, plus on en réalise la complexité. L'univers dans lequel baignent les jeunes filles tend à devenir de plus en plus menaçant, sombre, voire malsain. Et d'ailleurs, plus l'époque dépeinte se rapproche de la nôtre, plus elle nous paraît étrangère. Froide. Non-empathique.
Warning. Même si les légendes irlandaises ne servent que de tremplin à quelque chose de plus riche, je vous conseille d'avoir quelques notions de base dans ce folklore. L'auteur ne s'attarde pas à expliquer ce qu'est la Chasse sauvage, ce que sont les phages ni qui sont les Sidhes.
Mais l'histoire va beaucoup plus loin que les contes irlandais. En effet, les trois jeunes filles (issues toutes les trois de la même famille, vous vous en doutez), possèdent le même pouvoir.
J'ai beaucoup aimé la partie d'Emily Desmond, jeune fille rêveuse qui aurait voulu être plus qu'une simple humaine, qui s'imagine être emportée au pays des fées pour devenir l'une d'entre elle. Sa partie est entièrement épistolaire – et j'apprécie énormément ce genre depuis Les Liaisons dangereuses^^ Non seulement c'est une fille étrange pour son époque, mais son père lui-même est considéré comme un original ! Astronome de métier, il est persuadé d'avoir vu un vaisseau extra-terrestre approcher de la Terre et monte un grand projet : leur prouver qu'il y a une vie intelligente sur notre planète.
À ce stade du récit, tout est encore flou : cet étrange vaisseau et les visions d'Emily ont-elles un lien ? Quelle est la cause, quel est l'effet ? À moins que ces deux phénomènes aient une source encore inconnue…
Celle qui m'a le moins plu est celle de Jessica, parce que l'histoire m'a semblé plus confuse. Qu'est-ce que cette menace ? Qu'est-ce que l'Adversaire ? Qu'est-ce que ces deux clochards ? Qu'est-ce que ces gens sans yeux ? Qui lui en veut, et pourquoi ? Qui est son allié, et pourquoi ? On met longtemps à mettre de l'ordre dans toutes ces notions. On est un peu dépité de voir les fées céder le pas aux phages, de voir le rêve devenir cauchemar.
La partie d'Enye était plus sympa (le concept d'un combat quotidien secret fait tellement héroïque^^), cependant, je n'ai pas du tout aimé le personnage. Enye est beaucoup trop hors du commun : belle, froide, solitaire, sportive, une peau bronzée et des cheveux noirs issus des plus anciens peuples ayant colonisé l'Irlande (à ce que dit l'auteur)… J'ai eu l'impression qu'elle se rapprochait plus d'un phantasme que d'un vrai personnage de roman. Et finalement, c'est comme si les deux autres ne servaient qu'à aboutir à elle.

Bref, une lecture déstabilisante, pas désagréable mais pas non plus impérissable.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
laulauttelaulautte   12 mai 2016
Une pensée angoissante m’assaille au cœur de la nuit : n’avons-nous pas perdu d’une manière ou d’une autre la capacité d’engendrer de nouveaux mythes adaptés à une société technologique ? Nous nous rabattons vers des archétypes mythiques d’un autre âge, une époque où les problèmes étaient plus simples que les nôtres, parfaitement définis. Il était alors possible de les résoudre d’un coup d’épée, une armée baptisée Duralibur ou quelque chose d’approchant. Nous avons créé un monde pseudo-féodal rassurant et stérilisé de trolls, d’orques, de mages, de chevaliers, de guerrières aux seins aussi plantureux que leurs armures sont succinctes et de Maîtres du Jeu ; un monde où le mal est personnifié par des hordes de méchants gobelins qui veulent envahir le pays des gentils Hobbits et non par la famine dans la corne de l’Afrique, l’esclavage des enfants dans les ateliers philippins, les caïds de la drogue colombiens, une économie de marché sans aucun garde-fou, les polices secrètes, la destruction de la couche d’ozone, la pornographie enfantine, les snuff movies, le massacre des baleines et la déforestation des tropiques.
Où est le héros qui nous sauvera d’une catastrophe écologique ou qui renflouera un compte drainé par une carte de crédit ? Où sont les Sagas et les Eddas des grandes cités ? Où sont nos Cuchulain, Roland et Arthur ? Pourquoi nous tournons-nous vers ces guerriers d’une époque où tout était plus simple, quand le noir était noir et le blanc aussi blanc qu’un drap lavé avec une lessive bio ?
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laulauttelaulautte   06 mai 2016
Ce qu'il y a de triste, dans le romantisme, c'est que la réalité n'est jamais à la hauteur des fruits de l'imagination et que la déception est par conséquent inévitable. Dans le monde réel, il reste toujours des coins d'ombre, la tapisserie pèle le long des plinthes, le porte-parapluies a perdu un de ses chérubins et certains carreaux sont craquelés.
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laulauttelaulautte   12 mai 2016
Laisser l’initiative à l’opposant relève toujours d’une piètre stratégie. Miyamoto Musasbi [une des figures emblématiques du Japon, maître bushi, philosophe et le plus célèbre escrimeur de l'histoire du pays (merci Wikipédia)] n’a-t-il pas déclaré qu’il faut « presser l’oreiller de son adversaire »… autrement dit l’empêcher de relever la tête. Contrer toutes les actions pouvant servir ses intérêts et n’autoriser que celles qui ne lui rapporteront rien, telle est la voie de la stratégie.
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laulauttelaulautte   09 mai 2016
La prêtrise n’a pas toujours été l’apanage des hommes. Dans les sociétés préhistoriques, le rôle de gardien des mystères était principalement dévolu aux femmes. Si la magie masculine est centrée au sein des peuples primitifs sur les exigences de la chasse, les femmes – en tant que gardiennes du feu et du foyer, ainsi que des insondables mystères de la procréation et de la fertilité – ont élaboré une magie, un ensemble de croyances, qui dépasse les simples besoins matériels pour englober des conjectures d’ordre philosophique et symbolique.
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Malahide75Malahide75   24 juin 2013
C'est un modèle haute définition. J'ai droit à ce qui est à la pointe de la technique, sitôt que c'est disponible. Mais ils n'ont pas de bouton d'arrêt. Une autre de mes premières constatations c'est que je vois toujours cette ville quel que soit le canal choisi, et que le programme qui passe n'est autre que ce qui s'y déroule. En un certain sens, je suis le témoin de tout ce qui s'y passe. Vous connaissez certainement le solipsisme de l'arbre qui tombe dans la forêt. Fait-il du bruit, s'il n'y a personne pour l'entendre ? La vieille question posée par Berkeley, peut-on dire qu'une chose existe si elle n'est pas perçue ? J'aime à croire que, sans ma surveillance constante et ma qualité de témoin, la ville se serait désagrégée et aurait sombré dans le néant, car il y a nécessairement eu un instant, fût-il très bref, où j'ai été le seul à être éveillé et conscient de l'existence de sa population. Lorsque j'aurai retrouvé l'état qui était auparavant le mien, il est possible que la ville finisse par s'oublier et de dissoudre, au cours d'une sombre nuit. Oh, je ne me fais aucune illusion sur mon compte ! Un homme qui ne dort, ne mange et ne chie jamais, qui ne se fatigue pas et n'a aucune pulsion sexuelle ; un individu qui n'a pas une seule fois depuis au moins vingt ans mis les pieds hors du bâtiment dans lequel vous venez de le trouver à cause de la peur incapacitante qui l'empêche de s'éloigner de cette chaise plus de quelques minutes ; que pourrait-il bien être, sinon le fruit de l'imagination d'une autre personne, son cauchemar ?
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Vidéo de Ian McDonald
Ian McDonald - La Petite Déesse et autres nouvelles .A l?occasion des Utopiales 2013 à Nantes, Ian McDonald nous présente son nouveau recueil, « La Petite Déesse et autres nouvelles » publié aux éditions Denoël lunes d?encres. Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/mcdonald-ian-petite-deesse-9782207111260.html http://www.mollat.com/livres/mcdonald-ian-fleuve-des-dieux-9782070453610.html http://www.mollat.com/livres/ian-mcdonald-maison-des-derviches-9782207111307.html Notes de musique : treasureseason, Return to Dope Mountain, Fjords ®
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