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Jean-Pierre Pugi (Traducteur)
ISBN : 2207259811
Éditeur : Denoël (22/01/2009)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacCall, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d'autres. La première fréquente les lutins du bois de Bridestone quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu'il imagine embarqués sur une comète. La seconde, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Philemont
  21 décembre 2012
Roi du matin, reine du jour est un triptyque dont chaque partie est consacrée à une génération de femmes irlandaises.
En 1913, Emily Desmond est une jeune fille à peine sortie de l'adolescence. Alors que son père, astronome, est convaincu de pouvoir communiquer avec des extraterrestres, elle-même est convaincue que le bois qui entoure le domaine familial est habité par le petit peuple. Ce qui débute comme la conséquence d'une imagination fertile de la part d'une adolescente devient de plus en plus inquiétant pour finalement virer à la tragédie…
Une vingtaine d'années plus tard, Jessica Caldwell est une jeune dublinoise quelque peu mythomane. Elle finit par s'enticher d'un jeune combattant de l'IRA avec qui elle fuit sa vie morne. Ce faisant, elle découvre que les chimères qui la hantent ne relèvent pas que de son imaginaire, et qu'elle ne se connaissait finalement pas elle-même, à commencer par ses origines…
De nos jours, Enye MacColl travaille le jour dans une agence de publicité, et combat la nuit les monstres qu'elle ne manque pas de croiser. Et c'est quand la vie moderne se fait de plus en plus dure et artificielle que les monstres en question se font plus dangereux encore. Et elle aussi doit découvrir son passé et ses origines pour gagner son ultime combat…
L'indépendance de ces trois parties n'est évidemment qu'apparente. Non seulement les trois héroïnes sont liées par le sang et un don, mais le propos de Ian McDONALD est aussi de montrer que les mythes collectifs évoluent avec le temps parallèlement aux mutations sociétales. C'est ainsi que le petit peule d'Emily Desmond se fait de plus en plus inquiétant à une époque où la voix des indépendantistes se fait pressante. C'est ainsi que celui de Jessica Caldwell est carrément dangereux, au sortir de la guerre civile des années vingt et à la veille de la seconde guerre mondiale. C'est ainsi que celui d'Enye MacColl est à l'image de la société capitaliste irlandaise, une société où l'être humain n'est désormais guère plus qu'un consommateur sans cesse en quête des dernières nouveautés à la mode.
Ainsi Ian McDONALD nous raconte l'Histoire de l'Irlande du XXème siècle au regard des mythes qui ont de tout temps été associés à ce pays. Il accentue encore cette impression d'évolution en associant à chaque partie un style narratif distinct. A la première partie sont associés des extraits de journaux intimes, à la deuxième ce sont trois voix distinctes qui se répondent, à la troisième c'est le récit brut d'une jeune femme moderne.
Cela fait de Roi du matin, reine du jour une oeuvre particulièrement riche. Les références mythologiques et historiques irlandaises sont bien évidemment nombreuses, ce qui incite à penser que le lecteur appréciera d'autant plus qu'il aura préalablement quelques notions sur ces sujets. Néanmoins, le propos de fond et le mode de traitement sont suffisamment universels pour que le néophyte dans la matière d'Irlande y trouve son compte. Notons aussi que la thématique du roman fait immanquablement penser à La forêt des Mythagos de Robert HOLDSTOCK. Toutefois quand ce dernier fait plonger ses héros dans les mythes d'antan, McDONALD fait surgir lui les mythes dans le monde d'aujourd'hui, en tout cas dans celui du XXème siècle. Cela rend l'oeuvre relativement plus facile d'accès que celle d'HOLDSTOCK.
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Malahide75
  04 juillet 2013
L'Irlande est un pays de chemins cachés, de sentiers détournés et de passages inconnus... Rien d'étonnant donc à ce qu' Emily, Jessica et Enye, trois générations de femmes liées par le sang s'y perdent...
Car il est ici question de mythoconscientes : celles qui inventent et créent les légendes et les contes... À moins qu'elles ne soient seulement folles...
Ce livre n'est pas juste un roman de fantasy. Pour tous ceux qui ont eu la chance de se perdre en Irlande, ce roman à un goût de "déjà vu". Comment ne pas se souvenir des bruits particuliers des bois ? Comment ne pas penser aux choses étranges survenues ?
Ian McDonald nous livre ici un livre érudit, profondément irlandais, imprégné de références à William Butler Yeats, à James Joyce et aux mythes fondateurs de l'Irlande. Un roman complexe et labyrinthique, comme l'Irlande, qui laisse à rêver, à imaginer, à créer... Un roman qui est aussi une superbe ode à l'imagination et à la création... Bref, à l'enfance et à l'adolescence, que l'on veut trop souvent formater...
Superbement traduit par JP Pugi, Roi du Matin, Reine du Soir n'est pas d'une lecture facile et demande, de la part du lecteur, un pré-requis celte important pour en savourer toute le moelle.
Pour ceux là, la plongée est vertigineuse !
Une magnifique preuve d'amour à l'Irlande et à sa culture, qui n'a pas déméritée son Grand Prix de l'Imaginaire.
Mention spéciale au jardin labyrinthe et féerique de la grand-mère MacColl (Jessica, donc) qui est vrai moment de bonheur !
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Soleney
  23 août 2017
J'ai été assez déstabilisée par cette lecture…
L'histoire est découpée en trois parties, chacune dédiée à une jeune fille : Emily Desmond, Jessica Caldwell et Enye McColl. Trois personnages principaux, trois époques différentes, trois rapports au surnaturel.
Plus on avance dans l'histoire, plus les choses deviennent dérangeantes.
Que je m'explique : quand Emily se contente de voir des fées et des elfes, Jessica voit ses mensonges devenir réalité alors qu'une étrange menace plane sur elle et que deux clochards s'efforcent de la protéger, tandis qu'Enye est contrainte de prendre des pilules pour affronter des monstres hideux issus d'une dimension parallèle à coups de katana parce que la folie de son ancêtre la poursuit. Évidemment, un fil rouge relie les trois histoires, mais plus on en apprend, plus on en réalise la complexité. L'univers dans lequel baignent les jeunes filles tend à devenir de plus en plus menaçant, sombre, voire malsain. Et d'ailleurs, plus l'époque dépeinte se rapproche de la nôtre, plus elle nous paraît étrangère. Froide. Non-empathique.
Warning. Même si les légendes irlandaises ne servent que de tremplin à quelque chose de plus riche, je vous conseille d'avoir quelques notions de base dans ce folklore. L'auteur ne s'attarde pas à expliquer ce qu'est la Chasse sauvage, ce que sont les phages ni qui sont les Sidhes.
Mais l'histoire va beaucoup plus loin que les contes irlandais. En effet, les trois jeunes filles (issues toutes les trois de la même famille, vous vous en doutez), possèdent le même pouvoir.
J'ai beaucoup aimé la partie d'Emily Desmond, jeune fille rêveuse qui aurait voulu être plus qu'une simple humaine, qui s'imagine être emportée au pays des fées pour devenir l'une d'entre elle. Sa partie est entièrement épistolaire – et j'apprécie énormément ce genre depuis Les Liaisons dangereuses^^ Non seulement c'est une fille étrange pour son époque, mais son père lui-même est considéré comme un original ! Astronome de métier, il est persuadé d'avoir vu un vaisseau extra-terrestre approcher de la Terre et monte un grand projet : leur prouver qu'il y a une vie intelligente sur notre planète.
À ce stade du récit, tout est encore flou : cet étrange vaisseau et les visions d'Emily ont-elles un lien ? Quelle est la cause, quel est l'effet ? À moins que ces deux phénomènes aient une source encore inconnue…
Celle qui m'a le moins plu est celle de Jessica, parce que l'histoire m'a semblé plus confuse. Qu'est-ce que cette menace ? Qu'est-ce que l'Adversaire ? Qu'est-ce que ces deux clochards ? Qu'est-ce que ces gens sans yeux ? Qui lui en veut, et pourquoi ? Qui est son allié, et pourquoi ? On met longtemps à mettre de l'ordre dans toutes ces notions. On est un peu dépité de voir les fées céder le pas aux phages, de voir le rêve devenir cauchemar.
La partie d'Enye était plus sympa (le concept d'un combat quotidien secret fait tellement héroïque^^), cependant, je n'ai pas du tout aimé le personnage. Enye est beaucoup trop hors du commun : belle, froide, solitaire, sportive, une peau bronzée et des cheveux noirs issus des plus anciens peuples ayant colonisé l'Irlande (à ce que dit l'auteur)… J'ai eu l'impression qu'elle se rapprochait plus d'un phantasme que d'un vrai personnage de roman. Et finalement, c'est comme si les deux autres ne servaient qu'à aboutir à elle.

Bref, une lecture déstabilisante, pas désagréable mais pas non plus impérissable.
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Melisende
  01 mars 2014
Je me rends compte que la majorité de mes lectures dites « Imaginaires » sont assez légères et/ou destinées aux jeunes lecteurs. Des grands noms classiques, je n'ai pas lu grand-chose mais compte bien y remédier au fil des années. A moi K. Dick, Herbert, Asimov, Bordage, Bradbury et compagnie… et pourquoi pas Ian McDonald, peut-être moins connu mais tout aussi prometteur ? Roi du matin, Reine du jour entre, qui plus est, dans le challenge Littérature irlandaise organisé par Dawn. D'une pierre deux coups !
Bien loin des lectures de pur divertissement que j'enchaine depuis plusieurs semaines, ce titre me permet de renouer avec un style et une narration plus complexes. Les trois parties, que l'on pourrait qualifier de trois nouvelles, ne m'ont pas toutes enthousiasmée au même niveau mais je leur reconnais volontiers une belle qualité. Je relirai Ian McDonald avec plaisir.
Trois parties donc. Trois histoires. Trois époques. Trois héroïnes. Toutes les trois ne sont pas seulement liées par leur contexte géographique - à savoir l'Irlande - mais par leur rencontre avec l'imaginaire, le surnaturel, l'inconcevable. La « matière » irlandaise est toujours présente mais apparaît et se modèle différemment selon l'héroïne et l'époque en action. Des créatures quasi sylvestres dans les années 1910 aux démons urbains de la fin des années 80, Ian McDonald n'en oublie pas les origines : Chasse sauvage, changelings et pookas sont de la partie !
Les fées font partie intégrante de la vie irlandaise. Mais attention, point de petites fées ailées roses à paillettes, non non non. Plutôt des créatures sauvages ancrées dans leur environnement et bien décidées à y rester ! La campagne regorge de petits coins liés aux créatures magiques et les habitants ne manquent pas de le rappeler : « Fairy hill », « Fairy lake », « Fairy bog »… Promenez-vous au milieu du Roscommon, après 22 heures, un soir où les nuages cachent le clair de lune… je vous certifie que même le renâclement des chevaux peut paraître étrange !
Malgré la facilité qu'a l'auteur à transposer cette mythologie à trois époques différentes, je trouve que la toute première (les années 1910) est celle qui se marie le mieux avec cette féerie irlandaise. Les forêts encore bien présentes, l'électricité hésitante, les photographies en noir et blanc, les prémices de la psychanalyse et de l'hypnose… toute une atmosphère un peu désuète propice à la féérie et aux apparitions un peu étranges, à mon avis. Mais peut-être que c'est ma conception à moi de la magie irlandaise et peut-être avais-je en tête la série des photographies de petites fées qui ont été réalisées à la fin des années 1910, justement (et je pense que Ian McDonald y fait clairement référence lorsqu'Emily demande à emprunter l'appareil photo de son père pour prouver ses dires !).
Les deux contextes suivants m'ont un peu moins emballée, surtout le deuxième d'ailleurs mais peut-être est-ce également dû à une intrigue et une deuxième héroïne qui m'ont moins séduite. La fin des années 80 et les drogues hallucinogènes offrent un environnement intéressant aux mythes irlandais - et n'ont pas été sans me rappeler l'excellent Ames de verre de Anthelme Hauchecorne - mais peut-être trop urbain et contemporain à mon goût, en tout cas par rapport à « l'intrigue de base ».
D'ailleurs, je serais même tentée de dire que Ian McDonald aurait pu s'arrêter après la première partie et en faire une nouvelle isolée, elle se suffit à elle-même. En revanche, les deux parties suivantes ont besoin de la première pour prendre leur sens.
Si on s'arrête après l'aventure de la jeune Emily, on peut même se poser la question de la véracité de son témoignage et on se rapproche d'un fantastique pur et dur. A-t-elle vraiment vécu des expériences « féériques » ou est-elle juste tombée dans la folie ? On peut douter. Et j'aime bien cet entre-deux. Avec les deux aventures suivantes, le doute s'amoindrit et, paradoxalement, les aventures plus ancrées dans notre réalité, paraissent moins réelles (ou du moins, moins vraisemblables !).
J'ai, effectivement, eu beaucoup moins de mal à m'imaginer les scènes vécues par Emily (avec un petit côté angoissant qui n'a pas été sans me rappeler certains passages du Songe d'Adam de Sébastien Péguin) que celles mettant en avant Jessica et Enye. Malgré tout, je reconnais bien volontiers que Ian McDonald maitrise sa narration. Très détaillées et riches d'informations, ses descriptions ancrent bien le lecteur dans les différentes situations mais, attention, si vous êtes habitués aux lectures fluides (et même parfois simplistes, il faut l'avouer !), Roi du matin, Reine du jour pourra peut-être vous déstabiliser.
Il s'agit en effet d'une lecture plus exigeante qui demande concentration et quelques efforts de réflexion pour remettre les choses en place. Je pense notamment à certains paragraphes de la troisième partie qui, dédiés aux phages et à la place de la mythologie irlandaise dans la vie quotidienne des années 80, peuvent perdre un peu le lecteur ou au moins casser un peu le rythme de l'intrigue. Encore une fois, c'est la narration particulière de la première histoire que je retiendrai. Alternant les entrées du journal intime d'Emily et les lettres envoyées/reçues par son père, Ian McDonald nous offre les pièces du puzzle petit à petit, grâce à différents points de vue. J'ai bien aimé ce travail narratif, plus original que le point de vue externe ensuite utilisé pour suivre les deux autres héroïnes.
Roi du matin, Reine du jour est une lecture originale et marquante qui propose un retour sur la sombre féérie irlandaise, à travers le destin de trois jeunes femmes différentes mais intimement liées. Je retiens surtout la toute première partie, la plus aboutie et la plus intéressante, à mon avis… et c'est en tout cas celle qui me donne le plus envie de découvrir d'autres écrits de Ian McDonald.
Lien : http://bazardelalitterature...
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Elvynaa
  14 juin 2016
Plongez-vous à corps et âme perdus dans l'histoire de 3 femmes à travers 3 époques. Leurs histoires semblent différentes, opposées même et pourtant... Ces trois jeunes femmes sont liées par le sang, par leur "pourvoir" surnaturel, leur capacité à voir ce que la nature offre et ce qu'elle cache de plus sombre.
La première histoire nous présente Émilie Desmond, personnage principale, au coeur de toutes les intrigues et lien entre les deux autres personnages. Fille unique d'un célèbre astronome qui souhaite créer un engin capable de communiquer avec une espèce habitant sur une autre planète, à ses dires. Émilie est capable d'interférer avec les êtres surnaturels présents dans son jardin... Âgée d'à peine 15 ans, elle se retrouve enceinte suite à une fâcheuse histoire dont la vérité ne serait pas ce qu'elle semble être. C'est avec elle que l'histoire des Mythes et d'une robe de mariée enchantée que ces créatures sorties de son esprit et de sa descendance commence.
Dans la deuxième partie, nous rencontrons Jessica Caldwell, adolescente dublinoise au caractère bien trempée, connue pour ses fantasmes et mensonges à répétitions. Elle vivait paisiblement sa vie d'adolescente tumultueuse jusqu'au jour où ses mensonges prirent vie la mettant en danger. Un lien fort la relie donc à Émilie, mais pourquoi et comment est-ce possible ?
La dernière partie nous présente Enye MacColl, jeune femme débordante d'énergie, maitrisant avec brio les katana et la culture japonaise grâce à un entrainement sérieux auprès d'un grand maître. Elle aussi se bat chaque nuit pour sauver sa peau et celle de son entourage de ces Mythes dont elle n'a aucunes explications. Elle vit seule, n'aime pas spécialement les couples, travaille inlassablement dans une agence de publicité au sein de laquelle elle se morfond et se fatigue jusqu'au jour où elle rencontre des Mythes qui ne sont pas à ses trousses mais qui sont là pour l'aider à sauver sa vie.. Quel est son lien avec Émilie, pourquoi vit-elle seule et a t-elle si peu de souvenirs de son père et surtout, comment éradiquer ces Mythes de la Terre ?
Un ouvrage absolument trépidant, extrêmement bien écrit, un beau folklore qui nous transporte au coeur de l'Irlande.
Si vous aimez la fantasy, la science fiction et le surnaturelle, ce livre est fait pour vous !
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
laulauttelaulautte   12 mai 2016
Une pensée angoissante m’assaille au cœur de la nuit : n’avons-nous pas perdu d’une manière ou d’une autre la capacité d’engendrer de nouveaux mythes adaptés à une société technologique ? Nous nous rabattons vers des archétypes mythiques d’un autre âge, une époque où les problèmes étaient plus simples que les nôtres, parfaitement définis. Il était alors possible de les résoudre d’un coup d’épée, une armée baptisée Duralibur ou quelque chose d’approchant. Nous avons créé un monde pseudo-féodal rassurant et stérilisé de trolls, d’orques, de mages, de chevaliers, de guerrières aux seins aussi plantureux que leurs armures sont succinctes et de Maîtres du Jeu ; un monde où le mal est personnifié par des hordes de méchants gobelins qui veulent envahir le pays des gentils Hobbits et non par la famine dans la corne de l’Afrique, l’esclavage des enfants dans les ateliers philippins, les caïds de la drogue colombiens, une économie de marché sans aucun garde-fou, les polices secrètes, la destruction de la couche d’ozone, la pornographie enfantine, les snuff movies, le massacre des baleines et la déforestation des tropiques.
Où est le héros qui nous sauvera d’une catastrophe écologique ou qui renflouera un compte drainé par une carte de crédit ? Où sont les Sagas et les Eddas des grandes cités ? Où sont nos Cuchulain, Roland et Arthur ? Pourquoi nous tournons-nous vers ces guerriers d’une époque où tout était plus simple, quand le noir était noir et le blanc aussi blanc qu’un drap lavé avec une lessive bio ?
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laulauttelaulautte   12 mai 2016
Laisser l’initiative à l’opposant relève toujours d’une piètre stratégie. Miyamoto Musasbi [une des figures emblématiques du Japon, maître bushi, philosophe et le plus célèbre escrimeur de l'histoire du pays (merci Wikipédia)] n’a-t-il pas déclaré qu’il faut « presser l’oreiller de son adversaire »… autrement dit l’empêcher de relever la tête. Contrer toutes les actions pouvant servir ses intérêts et n’autoriser que celles qui ne lui rapporteront rien, telle est la voie de la stratégie.
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laulauttelaulautte   09 mai 2016
La prêtrise n’a pas toujours été l’apanage des hommes. Dans les sociétés préhistoriques, le rôle de gardien des mystères était principalement dévolu aux femmes. Si la magie masculine est centrée au sein des peuples primitifs sur les exigences de la chasse, les femmes – en tant que gardiennes du feu et du foyer, ainsi que des insondables mystères de la procréation et de la fertilité – ont élaboré une magie, un ensemble de croyances, qui dépasse les simples besoins matériels pour englober des conjectures d’ordre philosophique et symbolique.
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laulauttelaulautte   06 mai 2016
Ce qu'il y a de triste, dans le romantisme, c'est que la réalité n'est jamais à la hauteur des fruits de l'imagination et que la déception est par conséquent inévitable. Dans le monde réel, il reste toujours des coins d'ombre, la tapisserie pèle le long des plinthes, le porte-parapluies a perdu un de ses chérubins et certains carreaux sont craquelés.
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Malahide75Malahide75   24 juin 2013
C'est un modèle haute définition. J'ai droit à ce qui est à la pointe de la technique, sitôt que c'est disponible. Mais ils n'ont pas de bouton d'arrêt. Une autre de mes premières constatations c'est que je vois toujours cette ville quel que soit le canal choisi, et que le programme qui passe n'est autre que ce qui s'y déroule. En un certain sens, je suis le témoin de tout ce qui s'y passe. Vous connaissez certainement le solipsisme de l'arbre qui tombe dans la forêt. Fait-il du bruit, s'il n'y a personne pour l'entendre ? La vieille question posée par Berkeley, peut-on dire qu'une chose existe si elle n'est pas perçue ? J'aime à croire que, sans ma surveillance constante et ma qualité de témoin, la ville se serait désagrégée et aurait sombré dans le néant, car il y a nécessairement eu un instant, fût-il très bref, où j'ai été le seul à être éveillé et conscient de l'existence de sa population. Lorsque j'aurai retrouvé l'état qui était auparavant le mien, il est possible que la ville finisse par s'oublier et de dissoudre, au cours d'une sombre nuit. Oh, je ne me fais aucune illusion sur mon compte ! Un homme qui ne dort, ne mange et ne chie jamais, qui ne se fatigue pas et n'a aucune pulsion sexuelle ; un individu qui n'a pas une seule fois depuis au moins vingt ans mis les pieds hors du bâtiment dans lequel vous venez de le trouver à cause de la peur incapacitante qui l'empêche de s'éloigner de cette chaise plus de quelques minutes ; que pourrait-il bien être, sinon le fruit de l'imagination d'une autre personne, son cauchemar ?
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Videos de Ian McDonald (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McDonald
Ian McDonald - La Petite Déesse et autres nouvelles .A l?occasion des Utopiales 2013 à Nantes, Ian McDonald nous présente son nouveau recueil, « La Petite Déesse et autres nouvelles » publié aux éditions Denoël lunes d?encres. Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/mcdonald-ian-petite-deesse-9782207111260.html http://www.mollat.com/livres/mcdonald-ian-fleuve-des-dieux-9782070453610.html http://www.mollat.com/livres/ian-mcdonald-maison-des-derviches-9782207111307.html Notes de musique : treasureseason, Return to Dope Mountain, Fjords ®
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