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Éric Boury (Traducteur)
EAN : 9782757807255
408 pages
Éditeur : Points (03/01/2008)
3.82/5   1367 notes
Résumé :
Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes!
Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants.
La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur ne l'entend pas de cette oreille.
Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins ...
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Critiques, Analyses et Avis (143) Voir plus Ajouter une critique
3,82

sur 1367 notes

LoloKiLi
  20 novembre 2019
Il faut le savoir, Père-Noël c'est un métier à risque. D'aucuns se souviennent encore de Félix, pour ne citer que lui, infortunée victime d'un lâcher de fer à repasser dans la face un radieux soir de décembre 1979 (Joyeux Noël Félixch).
Chez Indridason ça rigole encore moins, cette nuit Papa Noël est monté au ciel. Son cadavre est découvert qui plus outre en fâcheuse posture, pantalon sur les chevilles, préservatif encore sur la bête. « Mais avant de partir, il faudra bien te couvrir… » quand un chant de Noël prend d'un coup tout son sens.
Sonnez hautbois résonnez musettes, il est temps pour Erlendur de débouler aux fins d'enquête sur cet assassinat d'un goût hasardeux. Enquête à effet miroir pour monsieur le commissaire, puisque la magie de Noël, c'est bien connu, y a pas mieux pour convoquer dans l'allégresse et la bonne humeur souvenirs fâcheux, traumatismes ancestraux voire menus conflits familiaux.
Allons-y gaiement par conséquent, et en toute confiance, vérifier si notre enquêteur aura finalement la peau des ceusses qui ont eu la peau de Papa Noël. Car qu'on y croie ou pas, on ne touche pas au mythe non mais des fois.

Lien : https://minimalyks.tumblr.com/
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latina
  30 septembre 2019
Pourquoi donc les enquêtes d'Erlendur, le commissaire islandais, me touchent-elles tellement, celle-ci y compris ?
Parce que cet homme est hanté par une profonde blessure depuis son enfance, depuis la disparition de son frère cadet dans une tempête de neige alors qu'ils avaient respectivement 10 et 8 ans ; parce que cet homme essaie tant bien que mal de survivre malgré une situation familiale catastrophique : divorcé d'une femme haineuse depuis des années et privé de ses enfants, il a enfin revu ceux-ci après deux décennies mais en piteux état, sa fille se drogue et a même fait une fausse-couche à 7 mois de grossesse à cause de cela.
Parce que cet homme est humain, tout simplement, mais tellement peu habitué à exprimer son mal-être.
Parce que cet homme essaie, malgré tout, de mener ses enquêtes du mieux qu'il peut.
Et cette enquête-ci touche à des difficultés bien ancrées dans la société islandaise : l'homosexualité, la maltraitance des enfants, quelle qu'elle soit (physique ou mentale, comme obliger l'enfant à accomplir les rêves de ses parents adultes), le deuil, le harcèlement des enfants plus doués et donc différents…
L'enquête se circonscrit à un hôtel de Reykjavik où en cette période de Noël, les touristes affluent. Il est donc malvenu qu'une femme de chambre découvre le cadavre du portier dans son cagibi lui servant de chambre, à la cave. D'autant plus que ce cadavre est déguisé en Père Noël, un préservatif encore pendouillant…
Ce portier est donc une énigme pour Erlendur, surtout que sur un des murs de son presque cachot, trône le poster de Shirley Temple, l'enfant-star du film « La petite Princesse ».
Curieusement, le rapport entre cette affiche et le malheureux portier se dessinera peu à peu.
Plein de psychologie, de réminiscences de douleurs enfouies et d'empathie, ce roman joue sur tous les tableaux. Ici, point de description « gore », juste quelques couches de saleté qui, si on les gratte, révèlent des horreurs pas si inhabituelles que ça.
Oui, vraiment, « La Voix », je vous conseille de l'écouter, elle vous rappellera peut-être de beaux – ou moins beaux – souvenirs d'enfance, et je ne parle pas seulement du Père Noël.
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Eve-Yeshe
  03 mai 2016
Ce roman est particulier. C'est le troisième opus des enquêtes du commissaire Erlendur et son équipe. le ton est donné rapidement, car la victime est Gulli, de son vrai nom Gudlaudur, le portier de l'hôtel de luxe qui endosse les habits du Père Noël comme tous les ans, et qu'on retrouve le pantalon baissé, le sexe recouvert d'un préservatif.
Une enquête difficile car Gulli est un homme solitaire, sans ami, en rupture avec sa famille, donc difficile de savoir par où commencer…

Un homme attachant quand même ce commissaire, qui a une vie d'homme toute aussi triste que sa vie de père. Il s'ouvre peu à peu à sa fille qui connait très peu de choses sur lui, notamment sur la disparition de son petit frère, dans la forêt dont on n'a jamais retrouvé le corps, et dont il se sent responsable encore actuellement. Peut-on faire le deuil en l'absence du corps de la personne disparue ?
On retrouve l'alternance des récits dans le temps : l'enfance, l'adolescence, la vie de Gulli d'un côté, et la progression de l'enquête de l'autre et aussi entre la famille de la victime et celle du commissaire, (notamment la toxicomanie d'Eva Lind) et une question est soulevée : existe-t-il une addiction au succès, à la reconnaissance?
J'ai aimé ce roman noir, d'une tristesse affreuse alors que la neige tombe dehors, alors que tous les personnages sont englués dans la noirceur. La mélancolie nous accompagne tout au long des pages, alors que ce sont les préparatifs de Noël, une fête qu'on se doit d'honorer en famille, avec le traditionnel repas et qui devient de plus en plus lourde, quand ce n'est pas une corvée, pour tout un chacun.
Arnaldur Indridason n'a pas son pareil pour décrire cette mélancolie, ce temps qui passe ou ne passe pas. On sort de ce livre lessivé, le moral dans les chaussettes mais c'est une belle histoire.
J'ai moins aimé cet opus que « le femme en vert », mais j'ai envie de continuer l'aventure, car chaque enquête a un thème de fond, avec ici la musique, les collectionneurs …« La maladie de la collection n'est-elle pas une tentative pour conserver quelque chose de l'enfance ? Quelque chose qui serait lié à des souvenirs qu'on refuse de laisser s'enfuir et que l'on cultive sans cesse par le biais de cette manie ? » P 239
Note : 7,5/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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isabelleisapure
  21 août 2017
Je qualifierai ce polar de « reposant ». Ne vous méprenez pas, je ne veux pas dire par là qu'il manque d'intérêt, loin de là.
Simplement, l'auteur a eu l'intelligence et le talent de se contenter d'un seul cadavre pour nous servir un suspens constant, habilement dosé.
Il faut dire que le cadavre en question est celui du père Noël découvert en position scabreuse dans le sous-sol d'un hôtel de luxe où il travaillait comme portier, factotum, toujours partant pour se rendre utile, même à revêtir la houppelande rouge et la barbe blanche pour le bonheur des enfants en ces veilles de fêtes ?
Qui était cet homme, solitaire, pourquoi vivait-il dans ce minuscule local sans fenêtre ?
Dans cette troisième enquête, le commissaire Erlendur va être confronté au monde cruel des enfants star et va retracer le parcours qui a transformé l'enfant à la voix d'or en ce pauvre homme mort dans une cave. En fouillant dans son passé, Erlendur va découvrir une enfance passée sous la houlette d'un père tyrannique, bien décidé à amener son fils au succès.
Nous retrouvons Erlendur dans l'ambiance d'un triste Noël, face à sa solitude et à ses démons, toujours en grande difficulté pour communiquer avec sa fille qui essaye de se sortir de la drogue.
« La voix » est plus qu'un polar, certes il y a un cadavre et bien sûr une enquête mais l'auteur y aborde plusieurs thèmes : la prostitution, l'homosexualité et les difficultés des relations parents- enfants.
Une fois de plus je ressort totalement conquise par la plume précise de l'auteur qui sait à merveille créer dans ses romans une atmosphère lourde sans pour autant se sentir obligé d'inonder ses pages d'un surplus d‘hémoglobine.
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belette2911
  30 juin 2014
♫ Petit Papa Noël ♪ Toi qui as descendu ton pantalon ♫ Pour te faire câliner ton joujou ♫ Tu n'as pas oublié ton p'tit caoutchouc ♫ Mais avant de jouir, ton torse s'est fait occire ♫ Planté par un couteau… ♫ Ça a fait r'tomber ton poireau ♫ Ton p'tit imper anglais… ♪ S'est mis à flotter sur ta hampe ♫
Un sacré gros coup d'mou qu'il a eu le Père Nowel ! Dans tous les sens du terme… Alors qu'il était occupé à se faire tutoyer la clarinette, il s'est fait trucider d'un coup de surin.
C'est avec le pantalon sur les chevilles, les couleurs en berne et la capote pendouillant sur son membre tout aussi raplapla qu'il fut trouvé par une des nettoyeuses de l'hôtel.
Lorsque le commissaire Erlendur Sveinsson et son équipe arrive, c'est dans cette attitude un peu grotesque qu'il découvre Gudlaugur, l'homme à tout faire d'un hôtel de luxe de Reikjavik, et qui jouait aussi au Père Nowel pour les enfants.
Un homme qui vivait seul, logeait dans un cagibi de l'hôtel et avait peu d'amis, pour ne pas dire "aucun" et apparemment pas de famille. Alors, pourquoi s'est-il fait tuer ? Et par qui ?? Par la dame qui officiait à genoux ? Monica Lewinsky serait-elle suspecte ?
L'enquête est assez lente, comme dans tous les romans de l'auteur et on s'attache ici beaucoup plus au commissaire Erlendur qu'aux autres membres de l'équipe – Elinborg et Sigurdur Oli – qui eux, ne pensent qu'aux fêtes de Noël.
[Note pour moi-même : éviter de lire des romans "période de Noël" lorsqu'on est en vacances sous le soleil, ça l'fait moins, niveau climat !]
On en apprendra plus aussi sur la disparition du petit frère du commissaire ainsi que sur sa fille Eva Lind, sur leurs difficultés relationnelles et les questions que sa fille se pose sur ce père trop taiseux.
"La femme en vert" avait des chapitres alternés, nous faisant découvrir la vie d'une famille, pareil pour "La cité des jarres" qui nous parlait de la guerre froide… Ne voyant rien venir ici, j'avais pensé que ce roman n'aurait pas cette profondeur qui m'avait plu dans les autres.
Et bien, je me trompais, il y avait de la profondeur et beaucoup de tristesse dans le personnage de Gudlaugur, dans son enfance et sa vie. Je regrette de n'avoir connu ce personnage qu'au travers de sa mort.
— Non, plus personne ne se rappelle qui était Gudlaugur, regretta Erlendur.
Claustrophobe, attention, ce roman est un huis-clos entre les murs de l'hôtel… Erlendur, n'en ayant rien à faire des fêtes de Noël, va se louer un chambre dans cet hôtel qui se veut luxueux mais dont le chauffage est défectueux et où le personnel n'est pas toujours aussi clean que ses chambres.
Roman glauque aussi de par ses sujets abordés : meurtres, prostitution, pédophilie, drogues, jalousies, et coups bas chez les têtes blondes.
Les fausses pistes sont au menu aussi, et j'ai adoré me faire mener en bateau.
Ce roman m'a aussi surpris par son coupable, habituée que j'étais à ressentir de l'empathie pour les meurtriers des romans d'Indridasson.
Et puis, événement international, il y a quelques touches d'humour qui m'ont bien fait sourire… [Voir mes citations]
Ainsi que de nombreux moments qui m'ont plus touchés.
Pas aussi merveilleux que "La femme en vert", mais ce roman possède des qualités qui font de lui un très grand roman fort sombre.

Lien : http://thecanniballecteur.wo..
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
babel95babel95   18 novembre 2020
-J'ai l'impression que, moi aussi, j'ai péri dans la montagne.
-Au moment où ton frère est mort ?
-C'est difficile à expliquer et peut-être même impossible. Peut-être qu'il n'est pas possible de tout rationaliser et peut-être qu'il est préférable de laisser certaines choses inexpliquées.
- Qu'entends-tu par là quand tu dis que tu as péri, toi aussi ?
- Je ne suis pas... il y a quelque chose en moi qui est mort.
-Tu veux...
- On m'a retrouvé et on m'a sauvé, mais en même temps je suis mort. Il y a une partie de moi qui a péri. Quelque chose que je possédais avant. Je ne sais pas exactement ce que c'était. Mon frère est mort et je crois qu'une partie de moi est morte également. J'avais toujours l'impression d'être responsable de lui et je ne m'étais pas montré à la hauteur. Je vis toujours avec ce sentiment -là depuis cette époque. J'ai développé un sentiment de culpabilité parce que c'est moi qui ai survécu. Et j'ai évité de prendre une quelconque responsabilité depuis lors. Et bien que je ne puisse pas dire qu'on ne s'est pas occupé de moi, contrairement à la façon dont je me suis comporté avec toi et Sindri, j'avais l'impression que je n'avais plus aucune importance. Je ne sais pas si j'ai raison ou tort et je ne le saurai jamais, mais j'ai eu cette impression dès qu'on m'a redescendu de la montagne, et elle ne m'a jamais quitté depuis.
- Depuis toutes ces années ?
- Dans le domaine des sentiments, le temps n'existe pas.
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DidiliDidili   02 octobre 2016
" Oh, où suis-je donc,
Maintenant que s'abat l'hiver
Et où ont fui les fleurs
Le soleil
Et l'ombre rafraîchissante de la terre ?
Résonnent les murailles,
Muettes et glaciales,
Grincent les girouettes
Dans la tempêtes. "

Extrait de Au milieu de la vie Friedrich HÖLDERLIN
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belette2911belette2911   30 juin 2014
Il [le directeur de l'hôtel] l'attrapa, fermement décidé à la jeter dehors.
— Fiche-moi donc la paix, répondit Stina en se levant. Je suis en train de discuter avec ce monsieur.
— Faites attention à ses seins, cria Erlendur qui ne voyait pas ce qu'il aurait pu dire d'autre. Le directeur de l'hôtel le regarda, interloqué. Ils sont tous neufs, ajouta Erlendur en guise d'explication.
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pilepile   04 novembre 2011
Ils ne parlaient jamais du temps, ni des prix qui augmentaient dans les magasins, ni de politique, ni de sport, ni de mode ni de toutes ces choses auxquelles les gens consacraient du temps à discuter mais qui n’étaient à leurs yeux que du bavardage insipide. Seuls eux deux, leur passé et leur présent, cette famille qui n’avait jamais vu le jour parce qu’Erlendur l’avait abandonnée, la tragédie d’Eva et de son frère Sindri, la haine que leur mère portait à Erlendur ; seules ces choses-là avaient de l’importance dans leur esprit et donnaient le diapason à toutes leurs relations.
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sabine59sabine59   20 juillet 2018

Elle était totalement détruite. Elle m'a expliqué que le pire de tout, c'était le harcèlement , qui faisait de toi une loque humaine. On finit par avoir de soi la même opinion que ceux qui nous tourmentent.
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Extrait du livre audio "La cité des jarres" d'Arnaldur Indridason lu par Jean-Marc Delhausse. Parution CD et numérique le 9 juin 2021.
https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-cite-des-jarres-9791035403478
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Un soir glacial de janvier, un petit garçon asiatique de 12 ans qui rentrait de son école est assassiné au pied d’un immeuble de la banlieue de Reykjavik.

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