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ISBN : 2809713448
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/04/2018)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Yujin, 26 ans, se réveille un matin couvert de sang. En bas des escaliers du duplex qu'il partage avec sa mère git le corps de celle-ci, la gorge tranchée d'une oreille à l'autre.Yujin, sujet à des crises d’épilepsie qui altèrent sa mémoire, n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé la veille. Qui a tué sa mère ? Pourquoi est-il lui-même couvert de sang ? S'enclenche alors une course contre la montre pour le jeune homme. Il n'a que peu de temps avant que la police ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  01 juillet 2018
L'esprit encore ensommeillé, j'ouvre la fenêtre de la véranda. Une vague de sel et de brume froide m'envahit. Les embruns giclent comme une artère segmentée au niveau de la carotide. Là, à la lueur du petit jour, je découvre que je suis couvert de sang séché, sur le torse, sur les mains, une goutte de sueur ferreuse s'immisce entre mes lèvres et se mêle au sel. Des empreintes de pas – les miens – dans une flaque de sang. Que s'est-il donc passé hier soir ? Les souvenirs se sont absentés pendant quelques heures, pas un bruit, sans mère, sans frère. Je caresse dans ma poche le coupe-chou lui aussi ensanglanté.
Je m'approche de la chambre de ma mère, toujours aucun bruit dans la maison, pas même le floc floc de la cafetière qui égraine son temps et ses gouttes de café noir, ni même le toc toc du sang qui circule dans mes tempes. Je pénètre son antre, les pieds baignant dans cette mare de sang à l'odeur écoeurante. Ouvrir la porte – qui n'était pas fermée à clé, se retenir de gerber devant ce spectacle nauséeux. Elle est là, allongée sur son lit, les yeux fermés, couverte elle aussi de sang – le sien, je présume. J'essaie de rembobiner le film d'hier soir, comme un scénario de la nouvelle vague, mais les éléments ne s'enchaînent pas, l'histoire de mes souvenirs reste étrangement mystérieuse. Suis-je donc devenu le meurtrier de ma mère ?
« En voyant ma mère allongée par terre, ma gorge se serre. En voyant ma main qui tient encore le coupe-chou, tous mes os se mettent à crier. Une voix plante des clous dans mon front. C'est toi. le meurtrier. Toc. Toc. Toc. »
Quelqu'un frappe à la porte. Mon frère, ma tante ? La Police ? Je vois déjà les titres des journaux du lendemain, peut-être même la une, « Meurtres au rasoir » dans une petite ville balnéaire, oubliée de tous même des journalistes. Pourtant, il faut que je comprenne avant, que je retrouve le fil des évènements de la soirée d'hier. Avant que…
Suis-je une bête sanguinaire ? Un prédateur, même. Et si les réponses que je cherche tant sont à retrouver il y a plus de dix ans, comme un secret bien gardé de ma mère et de ma tante, cette salope. Je ferme le roman, une lame de rasoir aussi tranchante qu'une lame d'écume sur la grève. L'odeur de sang imprègne lourdement le parfum de ces pages, l'iode s'évapore, reste le sang et la javel que j'inspire lentement comme pour retrouver la zénitude d'un réveil au pays du matin calme. Il est si bon de se lever le matin et de ressentir cette impression de calme même si la vie baigne dans une mare de sang.
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diablotin0
  16 janvier 2019
Jeong You-jeong nous donne la possibilité d'être dans la tête de Yujin pendant tout le livre et croyez-moi, cela vaut le coup de se laisser emporter par "cet autre" durant quelques heures. Non pas parce que sa vie est enviable, loin de là mais parce que l'auteur nous offre ici un livre d'une grande qualité.
Yujin se réveille un matin recouvert de sang et trouve sa mère morte en sang au pied de l'escalier. Il ne se souvient de rien et va alors mener sa propre enquête avec le peu d'éléments qu'il a dans la maison mais aussi et surtout sa mémoire. Une introspection est alors déclenchée.
C'est un livre qui oscille entre le suspens, la psychologie et la sociologie clinique, on est vraiment au plus proche de Yujin et on va alors découvrir avec lui qui il est véritablement mais aussi ce qu'on a fait de lui. La finesse de l'analyse et la façon dont est menée toute l'intrigue en font un roman addictif et passionnant.
Je suis étonnée qu'il y ait si peu de critiques sur ce livre à ce jour, il vaut vraiment le coup d'être lu. En tout cas moi, je ne regrette vraiment pas de m'être laissée tenter malgré une couverture peu attirante. J'ajoute dans mes auteurs à suivre Jeong You-jeong.
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Ichirin-No-Hana
  03 août 2018
Yujin est un jeune homme de 26 ans qui vit avec sa mère dans un immense appartement. Un matin, celui-ci se réveille totalement couvert de sang. Sans aucun souvenir lié à un événement en particulier, Yujin découvre en bas de l'escalier le cadavre de sa mère, la gorge tranchée d'une oreille à l'autre. Epileptique, Yujin a toujours été choyée par une mère beaucoup trop envahissante. Sans rien comprendre à la situation, Yujin cachera le cadavre le temps de comprendre la situation. Qui est le coupable ? Pourquoi ? et enfin, pourquoi tant de sang sur lui ? Ce drame fera remonter des souvenirs enfouis.
Généalogie du mal de Jeong You-Jeong fut une immense surprise. J'ai été totalement happée par cette histoire malsaine. On a envie de comprendre ce qu'il s'est réellement passé mais également de comprendre Yujin, personnage antipathique, froid et calculateur. On remonte très loin dans le passé de cette famille si particulière en passant par des événements qui paraissent anodins en premier lieu mais le tout s'emboitent parfaitement pour former un final détonant. le roman est particulièrement réfléchi et l'auteur nous propose des personnalités complexes au possible. L'écriture, très descriptive et avec très peu de dialogues, permet une découverte totale des événements et des personnages ainsi qu'une immersion totale pour le lecteur. Bien que le début, assez perturbant, puisse vite nous perdre, Généalogie du mal propose une intrigue qui monte en tension, une tension malsaine qui ne semble n'avoir aucune fin.
Généalogie du mal est un très bon roman qui sort des sentiers battus et qui nous propose une psychologie des personnages complexes, le tout porté par une intrigue intelligente et malaisante. Que demander de plus ?
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Bruno_Cm
  16 juin 2018
Je remercie Babelio et les éditions pour cet ouvrage reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Ce livre a beaucoup de qualités. D'abord, il est assez prenant, captivant. On a envie de suivre les événements, de connaître le sort et le passé du personnage principal dont on est souvent dans les pensées. On est presque le personnage.
J'ai parfois eu l'impression de lire une sorte de Dostoïveski contemporain. D'ailleurs si le livre avait été signé par le génie russe, on aurait parlé de chef-d'oeuvre. Mais nous sommes maintenant, en 2018, et donc on n'attend plus cela. Bref, pourquoi je fais cette comparaison ? Parce que les personnages, sont quelque part tous un peu étranges, un peu fous, et qu'ils semblent tous sur le point de basculer, on joue avec ces points. Personne n'est tout blanc ou tout noir. Même si on parle de généalogie du mal et qu'on cible le "héros" comme étant le Mal et qu'il y a une progression croissante dans ce qui est commis ou dans les éléments qu'on nous apporte, il reste un attachement à ce personnage, une envie de rédemption ou une envie qu'il s'en sorte. La fin à cet égard nous laisse libre d'imaginer ce que bon nous semble. Une fin avec des points de suspension, dirais-je.
Il y a du Dostoïevski dans l'aspect psychologique des personnages, ou psychatrique. L'auteure s'essaie au diagnostic, à l'explication d'une construction d'une folie, mais ce n'est pas non plus purement scientifique, c'est adapté, c'est pas tout à fait ça, c'est un peu à côté...
Il y a du Dostoïevski, celui de Crime et Châtiment. Oui, je trouve.
Il y a du Dostoïevski parce que parfois c'est chiant, détails ennuyeux, répétition de pensées ou/où on avance en spirale, c'est parfois un peu lent ou comme au ralenti...
Mais l'histoire est actuelle, avec les codes contemporains, et on constate du coup que la Corée est très occidentale, ou en tout cas très "globale", la globalisation est passée par là. Il n'y a pas un côté spécifique coréen. (Contrairement au côté hyper russe chez Dosto.)
L'écriture ne recèle pas d'une myriade de pépites littéraires, mais est correcte et nette. Pas déplaisante. le souci des détails a son importance, comme dans un polar. Car ce livre est aussi un polar. Peut-être même essentiellement ?
Je n'ai pas trouvé optimale l'utilisation du "journal" de la mère, il y a selon moi des incohérences. Des descriptions de journées qui sont un peu factices pour expliquer le déroulement des choses, mais qui donnent l'impression d'un "comme par hasard, ces descriptions, et informations tombent bien", il n'y a pas de fausses pistes, tout est trop tracé, pas tant de surprises non plus du coup... Mais il est vrai que si l'auteure s'était amusée un peu plus à essayer de nous perdre ou de nous donner du détail inutile ou inopportun, le livre aurait été vraiment long et peut-être indigeste. (Je me demande d'ailleurs combien de pages ont été supprimées, combien de passages mis au rebut... par l'auteure ou les éditeurs...)
Bref, une lecture qui en valait la peine, un livre avec beaucoup de qualités, imparfait ou trop parfait dans son genre, je me demande dans quelle mesure l'auteure est contente du résultat final, et quelles sont ses frustrations à elle...
Ce livre n'est pas un essentiel, pas un polar mémorable ni un thriller psychologique mémorable non plus, mais c'est un "bon" livre.
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Ingannmic
  26 août 2018
C'est là l'un des passionnants tours de force que permet la littérature, que nous donner l'illusion de pénétrer l'esprit d'individus dont les valeurs, la personnalité, les désirs, semblent à des années-lumière des nôtres. Et sans doute est-il très tentant -bien que risqué-pour un écrivain de se livrer à cet exercice, et prétendre explorer la psyché de ces êtres que leurs pathologies mentales rend monstrueux.
Aussi, le choix de la coréenne JEONG You-jeong, de faire du narrateur de son roman un "prédateur", n'est certes pas inédit, mais reste pour le lecteur un choix intéressant.
Yujin, vingt-six ans, se réveille un matin couvert de sang. Sa chambre, située à l'étage du duplex qu"il partage avec sa mère et son frère adoptif, ainsi que l'escalier qui y mène, présentent les traces d'une lutte violente. Dans le salon, l'attend le cadavre égorgé de sa mère.
"Généalogie du mal" est la description minutieuse des réactions et des pensées de Yujin à partir de cette macabre découverte et de l'évidence qui s'impose quant à sa culpabilité. N'ayant gardé aucun souvenir du meurtre, il est contraint de mener une enquête à la fois matérielle et intime, sur la base d'images qui lui reviennent, par intermittences, des événements ayant conduit à la mort de sa mère, puis sur la découverte d'un journal tenu par la victime, dont il est le sujet principal. Au-delà de la reconstitution du matricide, Yujin va ainsi peu à peu réaliser que depuis ses dix ans et la mort accidentelle de son père et de son frère à peine plus âgé que lui, il a vécu dans le mensonge, dans la méconnaissance de lui-même.
A la lumière des écrits maternels, il reconsidère son parcours adolescent, ses espoirs anéantis de devenir un champion de natation en raison de l'épilepsie dont il se pensait atteint, ses relations tendues avec la tante psychothérapeute qui le suit... il traque sa propre vérité, qui lui a été dissimulée.
Le lecteur, immergé dans ce huis-clos mental, est ainsi témoin des refoulements, des subterfuges que Yujin déploie vis-à-vis de lui-même pour retarder la prise de conscience de sa monstruosité, de l'acte, révélateur plutôt que fondateur, de son anormalité, prise de conscience vers laquelle il s'achemine au rythme d'un compte à rebours que le risque croissant que son crime soit découvert rend d'autant plus oppressant. Son manque d'empathie et son absence de remords suscitent une répulsion qu'amoindrit toutefois la dimension pathétique de son impuissance à lutter contre l'impératif implacable et pervers qui le gouverne, et de l'irrévocabilité de ce moment de démence qui a fait basculer une existence de toutes façons fondée sur un leurre.
JEONG You-jeong, en dépit de quelques longueurs -qui s'oublient assez vite-, entretient l'intérêt du lecteur en entremêlant habilement aspect psychologique et suspense, et l'amène à se questionner sur les mécanismes de ces folies nuisibles qui semblent inconciliables avec la vie en société...
A découvrir.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   19 juin 2018
Il y a une semaine, j'ai connu la migraine la plus terrible et la plus implacable de toute mon existence. J'ai dû supporter un pouls devenu fou, des acouphènes qui me vrillaient les tympans et des maux de crâne atroces ; on me faisait bouillir la cervelle au lance-flammes. Et je n'avais aucun moyen de faire face si ce n'est m'allonger, respirer profondément, m'écrouler sur le lit en me prenant la tête dans les mains, tomber à genoux, pousser des gémissements bestiaux, attendre que la douleur passe en pressant l'arrière de mon crâne avec mes doigts croisés, suffoquant. J'ai souffert d'hallucinations, senti ma langue gonfler comme un testicule de taureau et m'obstruer la gorge. Jusqu'à ce que j'explose, le crâne éclaté en mille morceaux. Exploser de pitié envers moi-même, condamné à avaler cette merde toute ma vie...
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le_Bisonle_Bison   30 juin 2018
Dans ce monde, on trouve toutes sortes de gens. Chacun fait tout et n’importe quoi de sa vie. Et quelques-uns deviennent des meurtriers. Par accident, par colère ou par jeu. Je crois que cela fait partie de la vie de l’homme. Pourtant, je n’avais jamais imaginé devenir l’un d’eux, ni que ma mère deviendrait une victime. Tout ce que je voulais, c’était avoir une vie à moi. Mon espoir, c’est que vienne le jour où je pourrais faire ce qui me plaisait, où je pourrais vivre ma vie à moi – après la mort de ma mère. Mais je n’aurais jamais pensé qu’elle mourrait de cette manière. Encore que si, d’ailleurs autant l’avouer.
En voyant ma mère allongée par terre, ma gorge se serre. En voyant ma main qui tient encore le coupe-chou, tous mes os se mettent à crier. Une voix plante des clous dans mon front. C’est toi. Le meurtrier. Toc. Toc. Toc.
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le_Bisonle_Bison   20 juin 2018
Le sang afflue à mes joues brûlantes. La femme est pile devant moi. Il me suffisait de tendre la main pour la toucher. J'écoute sa respiration haletante. J'ai presque l'impression d'entendre le bruit de ses côtes à chaque respiration. De sa nuque monte l'odeur de l'adrénaline, acide comme la sueur, entêtante comme un parfum. Depuis que ma maladie de chien s'est déclarée, c'est la première fois que je sens une odeur aussi capiteuse et d'aussi près.
Mon thorax se raidit. Mon estomac se durcit, un ballon gonflé à bloc. Dans ma tête, le scénario maintes fois imaginé tourne en boucle. Suivre, épier, suivre encore, courir, se cacher, trouver, faire face... Le rasoir est toujours dans ma paume, son aile tranchante grande ouverte.
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le_Bisonle_Bison   22 juin 2018
Ça fait cinq minutes que l'idée m'est venue que contre les taches de sang, il y a Google. [...] Je réveille mon portable [...] et j'ouvre Google. Je demande Comment effacer une tache de sang et toutes les astuces de tous les spécialistes en ce domaine s'affichent à la queue leu leu.
Frotter avec du dentifrice. Frotter légèrement avec de la mousse. Couvrir la tache de radis broyé. Frotter avec une serviette trempée dans l'eau oxygénée...
Tout cela est très tentant mais je n'ai aucun des matériaux de base en quantité suffisante pour traiter la couverture et le drap. Autant rester fidèle à l'eau de javel expérimentée auparavant.
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le_Bisonle_Bison   25 juin 2018
Je ferme la boîte mail et sors du cybercafé. Je marche à l'aventure en cherchant un endroit où dormir. La ville est déserte, la nuit de décembre est sinistre. La mer est cachée par un épais brouillard. Là-bas, devant moi, quelqu'un marche. Tap tap tap, j'entends le bruit de ses pas. Dans le vent salé, une puissante odeur de sang sature mes sens.
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