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Juliette Lê (Traducteur)
EAN : 9782266307734
336 pages
Pocket Jeunesse (05/05/2022)
3.99/5   108 notes
Résumé :
Comment vivre quand on ne ressent rien ?
C'est toute l'histoire de Yunjae, 16 ans. A cause d'une malformation de son amygdale cérébrale, son "amande", Yunjae ne comprend pas les émotions. Mais quand il rencontre Gon, un garçon rebelle, colérique et violent, commence une histoire d'amitié improbable. Une histoire qui les initiera à une autre façon de voir le monde...

Best-seller en Corée, plus de 600 000 exemplaires vendus (primé par le Changbi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
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sur 108 notes
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elea2022
  07 août 2022
On se prend à rêver quand on voit que des stars d'envergure mondiale comme BTS recommandent un LIVRE à leurs fans... Sans être une Army (fan de BTS, donc), l'envie de lire ce roman me trottait dans la tête après l'avoir "rencontré" plusieurs fois sur les étalages. C'est donc chose faite, et conformément à mes attentes, je ne suis pas déçue.
Il s'agit clairement, sinon d'un roman jeunesse, du moins d'un roman young adult : l'argument est tout de même assez sombre, et certaines scènes évoquent une violence qui pourrait être insoutenable, mais à travers le prisme du regard de Yunjae, l'épure devient recevable. le résumé évoque clairement la situation : l'amitié qui naît au milieu des ruines de la vie de deux êtres que tout devrait séparer, Yunjae et "Gon". En raison de ses difficultés à connaître, identifier les émotions (davantage qu'à les ressentir, même si l'auteure le fait aller jusque-là), Yunjae est depuis son enfance mis sur la touche, voire réellement harcelé. Cependant, sa mère n'a jamais abandonné, elle a tenté de lui apprendre comment réagir, comment montrer des émotions socialement attendues, et passer le plus possible inaperçu. Jusqu'à maintenant, la vie du jeune garçon, lycéen au moment de l'histoire, a consisté en une parade, une réaction de survie à la vie en société. Faire semblant. Se faire oublier. le discours intérieur à la première personne du garçon nous ouvre une fenêtre sur sa façon particulière de percevoir le monde, d'observer pour essayer de comprendre, en alternant avec des retours en arrière sur son enfance, les deux figures bienveillantes de sa mère et de sa grand-mère, la librairie où il fait bon apprendre entre les pages de livres qui ne lui feront jamais de mal. On comprendra assez vite pourquoi ces souvenirs lui sont chers à double titre, en assistant à l'horrible scène qui le laisse seul, livré à lui-même.
Tant bien que mal, Yunjae parvient à reconstruire un certain équilibre, grâce à des figures d'adultes qui l'écoutent et le guident, comme son voisin, grand chirurgien du coeur devenu boulanger, un beau personnage. Seulement, l'adolescence arrive dans sa direction au pas de course, et la rencontre avec Gon précipite tout. Fils unique d'un couple aisé, Yun Leesu a été enlevé à ses parents dans l'âge tendre, et a grandi seul dans la souffrance et l'abandon, de foyer en centre de détention pour mineurs. Il s'est abîmé moralement, boule de révolte brute, et il faut de l'imagination pour percevoir un bon garçon en-dessous de cette enveloppe. En tout cas, son père n'y parvient pas lorsqu'il retrouve son fils des années plus tard, et la colère de "Gon", surnom que le garçon s'est lui-même choisi, enfle comme une tempête, jusqu'à provoquer une cascade de désastres, mais aussi à faire enfin comprendre à Yunjae qu'il est son ami, et qu'il doit mouiller sa chemise pour le sauver de lui-même.
Le parcours de Yunjae est original et intéressant, et même si l'écriture est simple, le travail sur la langue permet d'atteindre une certaine profondeur, au-delà du public visé. L'atmosphère du roman m'a rappelé plusieurs scènes de dramas (séries coréennes) : pas de doute, nous sommes bien dans cette nouvelle culture partagée appelée la "hallyu", vague coréenne, qui permet à présent à des lecteurs occidentaux de s'immerger facilement dans un univers asiatique somme toute éloigné culturellement du nôtre. L'approche psychologique m'a laissée un peu sur ma faim - j'ai l'impression que l'auteure est un peu floue sur l'alexithymie, mélange un peu le fait de ne pas identifier les émotions et les exprimer de manière acceptable, et celui de ne pas les ressentir, ce qui évoquerait un trouble différent. le roman a tout de même le mérite de présenter la spécificité de Yunjae comme une singularité irréductible, et de montrer l'attitude juste d'écoute et de tolérance.
Un dernier mot sur la présentation du livre à la limite du genre "bromance" (contraction de "brother romance", soit relation amicale teintée d'amour entre deux garçons) et "boy love" (relation amoureuse entre deux garçons) - était-ce pour surfer sur un certain courant qui intéresse à juste titre la jeunesse ? Ce caractère est toutefois léger dans le roman, car bien que l'amitié intense entre Yunjae et Gon tienne une place importante, on ne sent pas une réelle ambiguïté entre eux. Seule la traductrice (du coréen en anglais) l'évoque dans sa note à la fin du livre : "(...) en tant que lectrice attentive, ce que j'avais compris de la relation entre Yunjae et Gon était plus qu'une simple amitié. La démarcation était floue entre leur amour amical et quelque chose qui transcende les conventions d'une amitié." Je n'ai rien à dire sur le choix, si choix il y a, de l'auteure en ce sens, sinon qu'il ne s'agit pas ici d'une relation qui briserait les tabous hétérosexuels. le lecteur et la lectrice resteront dans la délicatesse d'un rapprochement amical et l'évocation sans pathos d'une affection capable de confiner au sacrifice. À l'instar de Yunjae, il est sans doute plus intéressant de se pencher sur l'essence de l'amour, qui transcende les catégories et représentations, mais exige une totale implication de l'être, et un passage à l'action. C'est en tout cas une belle histoire, bouleversante par endroits, qui se dévore sans regret, et mérite la recommandation de Namjoon à ses fans.
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Shaynning
  09 août 2022
Je dois dire que je suis vraiment contente, en tant que libraire jeunesse, de recevoir sur notre rayon ado étranger ce roman venu de Corée du Sud. Nous en avons vraiment très peu. Comme ce roman m'a rendue émotive, j'ai prit le temps de décanter le tout avant de me lancer sur cette critique et ce fut une bonne décision, car en l'analysant plus à froid, certains éléments me semblent moins attrayants, au final.

Yunjae nous narre sa vie, de ses quatre ans à ses quinze ans. Il nous explique souffrir d'Alexithymie, que l'on peut définir selon deux axes: La difficultés à pouvoir communiquer ses sentiments à autrui et l' incapacité d'identifier ses sentiments et de pouvoir les distinguer de ses sensations corporelles [ Cairn; Psychoptropes, 2006]. Un déficit de l'affect qui peut être aussi bien lié à un traumatisme qu'une sous-croissance de "l'amande", qu'on appelle aussi "amygdale". Celle-ci joue plusieurs rôles, comme de reconnaître et identifier les émotions, mais aussi un rôle d'alerte et de reconnaissance du plaisir. Donc, en claire, les gens souffrant d'alexithymie ressent peu ou pas du tout leurs émotions, ont du mal à percevoir celles des autres, rêvent très peu, fantasme très peu et ont du mal à associer les éléments dangereux à la mémoire, donc ils peuvent se mettre en danger parce qu'aucunes peur n'est associé à un souvenir mémoriel. le garçon va devoir apprendre à se repérer dans ce monde rempli de codes et de conventions basés sur les sentiments et émotions, avec l'aide de sa mère. Vivant ensuite avec sa grand-mère comme troisième membre de la famille, Yunjae nous livre quelques anecdotes et passages de son enfance, avant le drame qui va le faire se retrouver seul. Lorsqu'un inconnu instable mentalement assassine sauvagement sa grand-mère et sa mère, qui sombre dans un coma long de plusieurs mois, l'adolescent se retrouve à gérer seul la petite librairie usagée de sa mère. À l'école, il est la cible de commérages, même les plus cruels. Mais les choses pourraient changer quand il prend l'habitude d'aller voir son voisin de palier, Monsieur Shim, qui devient son tuteur officieux, ainsi qu'avec l'arrivé d'un nouveau à son école, qui a une réputation de gars violent.

L'autrice évoque, à la fin du roman, qu'elle souhaitait parler de l'interaction entre deux "monstres", un ayant trop peu d'émotions et l'autre trop, au contraire. L'idée en soi est intéressante et je ne cacherai pas le fait qu'une fois lancée dans le roman, je l'ai terminé en une lecture. Néanmoins, et c'est après y avoir réfléchit, je me demande si on peut dire que cette "amitié improbable" était saine. Et puis, je me suis aussi demandé s'il fallait impérativement avoir encore un personnage ultra-violent. On a souvent tendance, dans la littérature jeunesse, à traiter des héros masculins violents comme de pauvres petits enfants maltraités qui ne sont au final que le produit d'une société qui n'a pas suffisamment veillée sur eux. Sans banaliser le vécu de certains de nos ados, le hic que je vois dans ce genre de formule, c'est le fait de déresponsabiliser les comportements violents et même d'encourager à avoir pitié d'eux. C'est particulièrement notable dans les romances ados. Alors, je m'interroge, parce que je constate encore une fois qu'un personnage ado subit la violence physique, verbale et même psychologique d'un autre ado, qui ne sait pas gérer sa colère et cherche à entretenir une mentalité toxique du "plus fort" de la chaine alimentaire. Ici, le héro, en ayant cette particularité d'être émotionnellement restreint, ne souffre donc pas à proprement parler de la violence verbale ou psychologique - parce qu'il s'en moque. Cependant, il aura été tabassé à maintes reprises, que ce soit à coup de pied, à coup de poings ou en lui faisant des croche-pied. Ça rentre tout-à-fait dans l'intimidation et même les voie de faits. Mais pour une raison ou une autre, Yunjae cherche au contraire à s'en rapprocher. Même son de cloche du côté de Gon, ledit intimidateur. J'imagine qu'ils s'intriguaient mutuellement.

Petit focus sur le personnage de Gon: En bas âge, ses parents l'ont perdu dans un parc d'attraction. Sa mère sera décédée d'une maladie avant de pouvoir le revoir. D'ailleurs, quand le père de Gon le retrouve, il est si déçu par ce qu'il a trouvé qu'il demande a Yunjae de prendre sa place pour les ultimes retrouvailles entre le fils et la mère, avant que celle-ci ne meurt. Gon a des comportements puériles, agressifs et il semble chercher l'attention. Surtout, il canalise très mal sa colère. Il a des problèmes avec l'autorité, que ce soit son père ou les instances scolaires. Une petite graine de bandit, en somme. Cela dit, si on suit l'autrice, on comprendra que Gon est en réalité très sensible et réactif. Il ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est. Ce qui peut être un peu rebutant toutefois, c'est que ce "je suis comme ça" ressemble beaucoup plus à une mauvaise excuse pour ne pas vouloir changer qu'un réel trait de personnalité ( les traits de personnalité n'étant pas, par définition, changeables). Personne, à moins de traumas ou d'éducation, ne nait violent. Ce n'est PAS un trait de personnalité. On a donc pas à accepter socialement la violence de ces gens. Mais bien sur, il importe de se montrer disponibles à ceux ( et celles) qui feront le choix de changer. Bref.

C'est là que je deviens mitigée. Pour être honnête, j'ai senti qu'on cherchait à excuser Gon et son exécrable façon d'être, excusée par ses antécédents, peu claires, en fait, si on ne compte pas le fait d'avoir été "perdu". "Soyez ouverts, cherchez à le comprendre", nous évoque t-on, entre les lignes. Encore une fois, je suis bien au fait que la bienveillance et l'ouverture d'esprit sont des éléments capitaux pour favoriser l'aide aux personnes en détresse psychologique. Néanmoins, on ne peut pas "vouloir plus" que la personne. Si elle ne veut pas s'aider, ce n'est pas aux autres de vouloir pour elle. Dans le roman, j'ai senti que c'était là l'enjeu: Sauver Gon de lui-même. Je n'adhère pas à cette logique, parce qu'elle implique le sacrifice d'une autre personne. Ici, c'est Yunjae. Je n'exagère pas du tout, la fin nous l'illustre de manière limpide:
[Masquer] Yunjae prend un coup de couteau à la place de Gon, qui s'est placé dans une situation périlleuse tout seul. Et manque d'en mourir. [/masquer]

"Amande" me rappelle le roman "Dear Evan Hanssen", mais pas dans le bon sens. Les deux romans mettent en scène deux garçons dont l'un profite de l'autre. Et tout comme ce roman, "Amande" a été un succès dans son pays. Mais je me demande si, au delà du message de tolérance et de s'ouvrir aux ados qui vivent avec une différence, nous n'avons pas tendance à oublier que cela ne doit pas se faire dans un contexte toxique ou au détriment d'une autre personne. Dans "Dear Evan" , on a un ado qui, après imbroglio, est considéré à tort comme un ami d'un gars qui s'est suicidé. Et comme cela semble faire du bien autant à Evan que la famille du défunt, ce dernier porte le mensonge de leur amitié à des sommets. En clair, Evan s'est bâtit un réseau social sur le dos d'un ado suicidé. Dans "Amande", Yunjae se découvre des émotions entre autre parce qu'il a été "l'ami" d'un gars violent, qui lui même l'utilise pour passer ses nerfs. Encore une fois, je ne veux pas banaliser le vécu de certains de nos ados qui deviennent violents en réaction à des carences affectives et des sévices quels qu'ils soient, mais
prétendre qu'il fait les "sauver", c'est faire fausse route. "Accompagner", "soutenir", "être attentif", oui, mais pas tout faire à sa place et certainement pas s'il faut souffrir pour ce faire. En outre, on parle vraiment trop peu des innombrables autres ados laissés pour comptes du fait d'être différents. C'est, il me semble, toujours miser sur le même groupe, celui des gars violents qui sont ou frôlent la délinquance. le plus difficilement 'secourable", qui plus est. de plus, pour en revenir au roman, je pense que la relation entre les deux ados n'avait pas forcément à passer par la violence physique comme moyen de rapprochement.

Ce rapport toxique va doucement s'amoindrir pour devenir une sorte de relation "amicale", où les deux ados se fréquentent seulement hors de l'école, surtout pour bavarder. Mais comme évoquer plus haut, Yunjae va tout de même se mettre en danger pour son "ami", alors je reste perplexe face à cette "amitié". Par contre, une relation que j'ai beaucoup aimée est celle de Yunjae avec le docteur Shim. On pourrait croire que c'est en grande partie à Gon que Yunjea se découvre des émotions, mais j'en doute, pour être franche. Gon est peut-être très sensible, son répertoire se borne à la "colère". le reste du temps, il est juste insultant et fait dans la psycho-pop. C'est un personnage pas franchement sympathique. Mais le docteur Shim a réellement quelque chose à apporter à Yunjae et le fait de manière saine. Il est non seulement complètement ouvert d'esprit envers ce jeune en apparence froid et asocial, il est également patient, présent et réconfortant. Il vulgarise bien les concepts qui posent problème à Yunjae et il est altruiste. Il a réellement à coeur la sécurité et l'intégrité de l'adolescent, probablement en raison de son amitié pour la mère de celle-ci, mais il semble le faire de bon coeur. Si on doit quelque chose de la progression de sentiment de Yunjae, c'est surtout à lui qu'on le doit, je trouve.

J'ai également du mal avec la fin, expéditive et surtout, hollywoodienne. Était-ce nécessaire d'aller dans un tel extrême? Et je doute fortement que les émotions se construisent spontanément comme cela semble avoir été le cas à la fin, comme si elles étaient simplement des oeufs difficile à pondre. Je trouvais justement le concept du roman intéressant pour ça: l'idée que les émotions et leur identification pouvait être travaillées, que ce pouvait être de l'ordre de l'apprentissage, comme c'est souvent le cas pour les personnes autistes. Mais ici, ça me semblait tenir plutôt du miracle, ce qui est ma foi, fort peu crédible.

Pour les éléments positifs, je dirais que ça se lit tout seul. Il y a eu un énorme travail de la part de la traductrice du coréen vers l'anglais, qui se donne la peine de mettre les références coréennes en notes de bas de page et a fait prit grand soin de travailler les dialogues en fonction du bagage émotif de ses personnages. Ainsi, on sent le côté empirique et descriptif de Yunjae, pour qui les sentiments sont très abstraits, alors qu'on sent le ton vibrant et réactif de Gon. Là-dessus, il y a du beau travail. Découvrir le monde à travers le regard de Yunjae était en soi très intéressant. L'autrice y consacre beaucoup de temps, alors ne vous surprenez pas de trouver le début long. En même temps, cela nous permet d'apprécier la famille de Yunjae, la mère et la grand-mère, qui elles aussi étaient du genre colorés. le simple fait de voir la maman travailler dur avec son fils pour qu'il s'adapte à son environnement social et physique était touchant. Ce l'était néanmoins un peu moins quand on comprend qu'elle craint surtout le jugement des autres. Sauf que, c'est là une crainte justifiée, dans un monde où les gens passent leur temps à juger autrui, c'est donc difficile de lui en vouloir. Au contraire, la grand-mère semblait croire que le petit garçon pouvait bien être lui-même et a accepté assez bien la différence de son petit-fils. Elles se complétaient bien, au fond. C'était une famille atypique vraiment rafraichissante.

En outre, je conçois que le roman se veut une porte de réflexion autours de la différence. Nous avons encore tendance à ne pas savoir apprécié la diversité. Je pense aux introvertis, encore très mal comprit, aux minorités sexuelles et ethniques, aux autistes, aux personnes atypiques, aux gens ayant des syndromes, aux Intellos, aux Hypersensibles, aux doués, aux artistes, etc. Je me dis d'ailleurs que le personnage de Gon aurait pu être simplement ça: un atypique, un hypersensible ou juste un gars plus ouverts que les autres, au lieu de nous représenter pour la énième fois un délinquant en construction, largement sur-représentés en littérature jeunesse comme "personnage qui fait pitié". Il me semble que le message aurait été plus adroit et plus révélateur s'il n'était pas une furie qui déteste tout le monde. L'extrême de l'émotion n'est pas forcément la colère ou la rage, ou ce besoin stupide de dominer les autres, et je m'agace que cette logique prédomine encore, surtout concernant les personnages masculins et spécialement les personnages masculins ayant une enfance difficile. En revanche, je conçois que ce sont les gens patients, attentifs et bienveillants ( comme M.Shim) qui font une différence chez les ados différents et qui vivent du rejet de par cette même différence.

Il y a un petit constat que j'aimerais formuler: L'idée que les émotions peuvent passer par les gestes. Je remarque que Yunjae, quand il a perdu sa grand-mère, et que sa mère est plongée dans le coma, a prit des décisions surprenantes pour un ado atteint d'Alexithymie. Il a continué à aller voir sa mère, a prendre soin d'elle dans ses soins corporels, même légers. Il a chercher à tenir la librairie d'occasion. Il a chercher à développer ses aptitudes sociales. Ça n'a rien d'anodin, même Gon semblait incapable de penser aux autres, mais Yunjae, dans ses comportements et actions, avaient, me semble-t-il, plus d'humanité que son "ami". Et contrairement à Gon, il était en meilleure posture pour "changer", dans le sens "d'évoluer". Peut-être était-ce par convention ou par apprentissage. Mais ne sommes pas aussi le produit de nos actions que celui de nos pensées? Prendre soin de sa mère n'était-il donc pas une preuve d'affection et d'attachement?

Ah, oui et il y a une sorte de "premier amour" aussi, dans ce roman, mais là encore, ça me fait soupirer, car, évidement, on a un béguin typique des romans américains: le GROS béguin. Il aurait sans doute été plus cohérent d'avoir un béguin tout doux, progressif et moins intense pour un personnage comme Yunjae, mais on a un gros crush assez basique ici. Quoique je dis "basique", je reste fermement convaincu que toutes les personnes ne s'empêche pas de dormir, manger, penser et vivre juste parce qu'ils ont un "béguin". Bon point pour la traductrice: elle a mit le mot "béguin" et non "amour". Il y a tout-de-même une sacrée différence entre un gros coup-de-foudre pas franchement rationnel et censé et un amour sincère et profond. Et cette "première" fois émotionnelle arrive aussi de manière expéditive à la fin du roman.

Enfin, il faut préciser que ce roman étant coréen, il tient compte de certaines spécificités du pays et de sa culture. Je pense au concept "d'adolescence" en Corée. On a assez bien établit en Amérique du nord et en Europe en général que les 14 ans et plus sont des "ados". Ils sont donc responsables de leurs actes et sont traités différemment des enfants sur le plan social et même scolaire. Ici, je constate que les "ados" coréens ne semblent pas être considérés comme chez nous. Ils sont appelés "enfants" et sont traités comme tels à l'école. Un peu comme chez les japonais, qui semblent eux aussi n'avoir que trois groupes: enfants, adultes et aînés. Gon et Yunjae ont pourtant 15 ans.

Donc, un roman qui a sa pertinence, mais qui aurait vraiment gagné à ne pas tomber dans le pattern quasi chronique du "sauver le bad-boy de lui-même parce qu'il refuse de faire l'effort de s'aider". Les auteurs et autrices américaines adorent ce genre de concept, mais je constate qu'il est populaire même en Asie. On aurait peut-être eu un meilleur équilibre si le début était moins long et la fin moins "fourre-tout". Reste que c'est génial d'avoir un roman qui a la saveur de la Corée, avec ses références, ses valeurs sociales. Et contre toute attente, il y a même eu des passages comiques, car sans s'en rendre compte , Yunjae porte un regard critique parfois sur les rapports entre personnes. Un avis mitigé, en somme.

Oh, et prenez le temps de lire les notes de l'autrice et de la traductrice, elles sont intéressantes.

Pour un lectorat Jeune Adulte, 17 ans+.

**Pour les profs et les bibliothécaires, ont a la présence de termes injurieux et de plusieurs scènes violentes.
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celine85
  07 mai 2022
Ce roman coréen est disponible à partir de 13/14 ans, Seon Yunjae souffre d'alexithymie. Il est dans l'incapacité à identifier ou exprimer ses émotions. Pour lui ses amandes appelés « amygdales » ne réagissent pas lorsqu'elles reçoivent un stimulus. Sa mère essaye de lui apprendre les « bons codes » de la société, avoir « les bonnes réactions ». Il est également très proche de sa grand-mère. Mais un jour un évènement tragique vient bousculer sa vie, il se retrouve seul. Une rencontre improbable avec Gon vient bousculer sa vie et le faire évoluer pour qu'il maitrise ses sentiments et s'ouvre plus aux autres.
Déjà bravo aux traducteurs car ce livre a été traduit en anglais et ensuite à partir de cette version en français. Pas facile de retranscrire les choses et faire ressentir l'absence de sentiment du personnage. Les bons mots ont été trouvés.
Le thème de cette maladie est original et correspond parfaitement à ce public que lui traverse des périodes où les sentiments bouillonnent
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LightandSmell
  24 mai 2022
J'ai tout de suite été intriguée par ce roman dont le titre prend tout son sens quand l'on découvre la particularité de Yunjae, un adolescent de 15 ans. En effet, en raison d'une défaillance de son amygdale cérébrale, son amande, ce dernier ne ressent pas les émotions, que ce soit la joie, la peine, la tristesse, l'émerveillement… Incapable de ressentir une émotion aussi importante que la peur, il aura d'ailleurs parfois des comportements à risque qui m'ont donné quelques sueurs froides ! Sa différence, Yunjae semble l'accepter, tout comme sa grand-mère, mais pas vraiment sa mère qui tente de lui apprendre « à être normal » afin de lui épargner la douleur du rejet et de la haine. Alors à défaut de les comprendre, l'adolescent a intégré depuis son enfance les codes sociaux et a appris les réponses qu'on attend de lui face à une situation donnée.
Mais un jour, un drame survient et Yunjae ne peut plus s'appuyer sur sa mère pour l'aider à se fondre dans masse. Il pourra heureusement compter sur le soutien d'un ami bienveillant de sa mère dont l'histoire personnelle m'a beaucoup touchée. Elle illustre l'importance d'accorder de l'attention à ses proches pendant qu'il en est encore temps. de fil en aiguille, l'adolescent va également nouer d'autres liens, notamment avec Gon, un adolescent perturbé que le destin a placé de manière bien singulière sur sa route…
Une amitié improbable va se nouer entre ces deux adolescents qui ne pourraient pourtant pas être plus différents l'un de l'autre. Yunjae est froid et rationnel à l'excès, ne ressentant aucune émotion même quand le pire se passe sous ses yeux ou qu'il se fait tabasser sans raison. Gon est un concentré d'émotions brutes et brutales qui ne demandent qu'à exploser. Victime une grande partie de ma scolarité de brutes comme Gon qui tapent et agressent au lieu de parler et d'exprimer leurs difficultés, j'ai eu un peu de mal avec ce personnage, du moins au début. Mais à mesure que l'on découvre son passé compliqué et les erreurs de son père, on ne peut s'empêcher de compatir à sa douleur, et de ressentir le besoin de l'aider à avancer dans la vie plus sereinement.
Si cela demande un effort de la part des lecteurs, Yunjae arrive, quant à lui, spontanément à voir au-delà de la violence de Gon. C'est probablement la raison pour laquelle ce dernier tente de se rapprocher de lui, même si c'est à sa manière, c'est-à-dire avec une certaine réserve, pudeur, brutalité et maladresse. Leurs échanges semblent souvent banals, mais ils témoignent du mode de communication particulier liant ces deux adolescents qui vont évoluer au contact l'un de l'autre malgré, ou plutôt grâce à leurs différences.
La route sera semée d'embûches, la société ayant tendance à juger et rejeter ceux qu'elle ne comprend pas, et à condamner sans chance de rédemption ceux qui tentent de changer. Mais elle sera également chargée de beaux et émouvants instants, d'amitié, d'amour sous différentes formes, d'échanges dont il faut parfois deviner la réelle portée, d'émotions intenses, de dangers, de tension, de doutes, d'espoir… Won-Pyung Sohn nous offre ici un texte fort dont la force réside, entre autres, dans la personnalité de son protagoniste qui n'éprouve pas d'émotions, mais qui se révèle incroyablement doué pour en susciter chez les autres ! Curiosité, défiance, empathie, amitié, amour… impossible de rester de marbre devant Yunjae, un peu comme si son absence d'émotions permettait à chacun de ressentir avec encore plus d'intensité les siennes.
En plus de cet adolescent qui s'est fait une place dans mon coeur, j'ai apprécié le ton détaché de la narration qui reflète parfaitement l'état d'esprit de Yunjae et son schéma de pensée. Il constate, évalue et émet des hypothèses selon ce que sa mère lui a appris ou ce qu'il a expérimenté, mais il ne juge jamais les autres. Il a ainsi une manière bien à lui d'être détaché tout en étant présent au monde, ce qui le rend bien plus ouvert d'esprit que la plupart des gens. Et puis, au fil des épreuves, on le voit évoluer et nous révéler d'autres facettes de lui-même, jusqu'à une fin qui m'a donné quelques frissons autant de peur que d'émotions pures.
L'évolution de Gon est également convaincante, l'autrice nous permettant petit à petit de découvrir un personnage bien plus complexe et profond qu'on pourrait le penser. Il y a d'ailleurs une fragilité en lui, que sa brutalité ne saurait complètement cacher, qui le rend étrangement attachant et émouvant. À travers ces deux personnages qui trouveront chacun en l'autre la force d'avancer et d'exister, l'autrice interroge avec beaucoup d'intelligence la notion toute relative de normalité, mais aussi le rôle de la société dans l'émergence de la violence.
En conclusion, Amande est un roman fort qui met en scène un personnage incapable de ressentir les émotions, mais pourtant terriblement attachant et émouvant. Mais Amande, c'est aussi l'histoire d'un drame qui va conduire un adolescent sur la route du changement, et lui permettre de réaliser qu'amygdale cérébrale défaillante ou non, lui aussi est capable de nouer des liens avec autrui en étant lui-même. Porté par une écriture détachée et pourtant percutante, un récit d'amitié, d'espoir et d'acceptation de soi qui emportera adultes et adolescents par sa justesse et son étrange beauté.
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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ManouB
  09 mai 2022
Nous sommes à Séoul.
Depuis qu'il est tout petit, Yunjae souffre d'une maladie rare, l'alexithymie : il ne peut ressentir les émotions comme les autres personnes qui l'entourent, ou les autres adolescents de son âge, parce que son cerveau ne fonctionne pas comme celui des autres. Il n'associe pas ce qu'il observe, ses pensées ou ses idées, avec les émotions qui devraient en découler. Il ne peut donc pas comprendre les émotions des autres, comme par exemple, la peur, la joie, la colère et autre...ni identifier les expressions des visages.
Ses deux "amandes" cérébrales dont l'ensemble constitue l'amygdale cérébrale (encore appelée le complexe amygdalien) sont atrophiées et personne ne sait si elles se développeront un jour. du coup, les autres lui trouvent l'air bizarre car il ne réagit pas aux stimuli extérieurs, n'éprouve rien et souvent, il ne sait pas que dire devant une situation, ou répondre tout simplement à une question, alors il ne dit rien quand les autres exprimeraient leur opinion ou éprouveraient au moins de l'empathie.
Sa maman lui apprend à répondre les "bonnes" phrases, à imiter les autres quand ils rient ou sont tristes, a être poli quand on s'adresse à lui. Elle veut avant tout qu'il soit comme les autres. Sa grand-mère au contraire l'accepte comme il est, et toutes deux se disputent souvent à son sujet, mais elles s'occupent de lui, l'entourent d'amour et d'attention et font tout pour le protéger des autres et de leur méchanceté.
Le jour de son anniversaire, alors que tous les trois viennent de manger ensemble dans un restaurant, comme chaque année, un drame survient : un homme devenu fou, s'en prend aux passants : sa mère se retrouve dans le coma et sa grand-mère décède. Yunjae assiste à tout cela sans aucune réaction, car il a tout vu de la scène macabre à travers la vitre. Il se retrouve à présent tout seul avec seulement un voisin proche, le docteur Shim, un ancien médecin devenu boulanger, propriétaire de la maison, donc de l'appartement où Yunjae vivait avec sa famille. Il est aussi propriétaire de la librairie d'occasion dont s'occupait sa maman et que Yunjae va continuer à ouvrir durant son temps libre.
Le docteur Shim est une belle personne, il a eu lui-aussi sa part de souffrance et était vraiment médecin dans sa jeunesse. Il avait promis à la maman de Yunjae de veiller sur lui, s'il lui arrivait quelque chose. Il fera tout pour tenir parole et aider le jeune adolescent à grandir tout en comprenant le monde qui l'entoure. Mais il ne peut le protéger de tout.
Rejeté par ses camarades de classe, Yunjae va connaître le harcèlement quotidien et la violence gratuite. Il va constater sans rien ressentir, qu'il est devenu une proie facile, un "bouc émissaire". Un jour, il rencontre Gon, un ado qui comme lui s'est retrouvé éloigné de sa famille et qui se sent très seul. Malgré leurs différences, la colère de Gon ancrée au fond de lui et ses actes répréhensibles, une amitié va naître entre eux. Grâce à lui, à ses questions incessantes, à son caractère provocateur, Yunjae va commencer à ressentir certaines émotions.
Plus tard, ce sera au tour de Dora, rencontrée en classe, de lui faire découvrir de nouvelles sensations...
Voilà un roman sorti en librairie le 5 mai dernier en France et que j'ai reçu dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée de Babelio. C'est un best-seller en Corée (plus de 600 000 exemplaires vendus là-bas et près d'un million au Japon). Il a reçu plusieurs prix, ce que je ne savais pas quand j'ai accepté de le recevoir.
Les personnages, en particulier Yunjae sont attachants. C'est un adolescent finalement plus fort qu'il n'y parait, qui sait contourner ses problèmes et se fixer des objectifs réalisables qu'il va ensuite prendre tout son temps pour mener à leur terme. Sa solitude nous touche beaucoup et je ne suis donc pas étonnée que ce roman remporte un tel succès auprès des adolescents car il est émouvant, les dialogues sonnent justes, et la vie quotidienne qui est décrite dans le roman, ressemble beaucoup à celle de la jeunesse d'aujourd'hui.
J'ai beaucoup aimé la première partie dans laquelle l'auteur nous donne tous les détails pour comprendre cette maladie. La façon dont Yunjae réagit, ses mots et tout ce que sa maman met en place, très intelligemment d'ailleurs pour l'aider à s'intégrer, sont très réalistes et instructifs.
Les dialogues sonnent justes et l'auteur nous fait très bien comprendre la nature de cette maladie, comment elle s'exprime dans la vie de tous les jours et l'handicap qui en résulte.
Je trouve que la plume de l'auteur est très agréable à découvrir. Elle nous parle avec beaucoup de sensibilité des émotions. Elle nous permet d'entrer en douceur dans les pensées de Yunjae et de mieux se rendre compte de ce qui lui manque dans la vie.
Je dis aussi bravo aux traducteurs car le livre a d'abord été traduit du coréen à l'anglais, puis de l'anglais au français, ce qui rend leur tâche particulièrement difficile mais précieuse.
Le positif c'est aussi que ce roman nous immerge dans la culture coréenne ce qui est très intéressant pour le lecteur.
J'ai aimé aussi les sujets abordés qui toucheront le lecteur comme l'amitié, l'amour, la famille, le deuil, le harcèlement, l'intolérance, et bien entendu le handicap.
De plus, l'auteur emploie très judicieusement le "je", ce qui permet au lecteur de mieux ressentir toutes les situations vécues par ce jeune ado.
Le seul bémol c'est que j'ai trouvé tout de même que c'était un peu "too much" pour Yunjae. le pauvre garçon accumule vraiment les drames. Non seulement il a déjà perdu son père avant sa naissance, mais il nait avec ce handicap, puis perd sa grand-mère et voit sa mère tomber dans le coma et y rester pour un temps indéterminé. J'ai eu parfois l'impression qu'il fallait à tout prix que l'auteur case tous les sujets qui pourraient toucher son public...et comme elle voulait que cela se termine bien, la fin paraît un peu trop rapide, voire un peu bâclée.
Cependant il faut noter que malgré les drames, c'est un roman toujours positif, qui cultive à chaque page, l'espoir d'une vie meilleure. le lecteur est persuadé que ce jeune adolescent va s'en sortir un jour malgré son handicap et l'histoire lui donne raison. C'est réconfortant !
Je suis certaine que ce roman plaira aux adolescents français et qu'il trouvera son public parmi les adultes qui seront touchés comme je l'ai été par la force de ce jeune adolescent et ce qu'il nous raconte de sa vie quotidienne. Si je travaillais encore, je l'aurais acheté sans hésiter pour le faire lire aux adolescents. Il ne peut que permettre de mieux comprendre le handicap et mener à plus de tolérance, c'est donc ce que je retiendrai de ce livre.
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
elea2022elea2022   07 août 2022
Les gens ferment les yeux devant une tragédie qu'ils jugent lointaine, au prétexte qu'il n'y a rien qu'ils puissent faire. Et pourtant, ils ne font rien non plus lorsqu'un événement se déroule sous leurs yeux, car ils ont trop peur. La plupart des gens sont capables de ressentir, mais ils ne font rien. Ils disent compatir, mais ils oublient très rapidement. De mon point de vue, je ne trouve pas que cela relève de la "compassion".
Je n'avais pas envie de vivre comme ça.

Page 309.
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elea2022elea2022   07 août 2022
De ce que j'en avais compris, l'amour était une idée assez extrême, qui semblait enfermer l'indéfinissable dans la prison d'un terme unique. Et tout le monde abusait du verbe. Les gens employaient le mot "aimer" pour un oui ou pour un non, dès qu'ils ne se sentaient pas trop mal ou quand ils ressentaient de la gratitude.

Page 218.
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Miss_b_juMiss_b_ju   09 août 2022
Les gens semblaient figés, comme sur une photo. Ils restaient plantés là, à regarder ce spectacle macabre. La foule n'était qu'un public. Et j'en faisais partie.
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Miss_b_juMiss_b_ju   08 août 2022
Je ne vous dirai pas si la fin est heureuse ou tragique. Toutes les histoires se teintent d'ennui quand on en connaît la fin. Si je ne vous dis rien, vous serez plus attentif au récit.
Je sais qu'on dirait un prétexte, mais ni vous, ni moi, ni personne ne peut vraiment savoir si une histoire est heureuse ou tragique.
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elea2022elea2022   06 août 2022
Sous ses sourcils, sombres comme des ombres, ses yeux brillaient tels des galets de ténèbres, et il jetait des regards noirs à tout le monde. C'étaient ses yeux qui avaient fait tomber le silence dans la salle.

Page 131.
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