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Antoine de Baecque (Préfacier, etc.)
ISBN : 2743607033
Éditeur : Payot et Rivages (01/11/2000)
Résumé :
Crébillon fils (1707-1777) est un écrivain majeur dans l'histoire de la langue française.
Les Lettres de la marquise inaugurent l'une des principales œuvres épistolaires, dont le style est entièrement fondé sur la retenue, l'ironie, une forme achevée d'ambiguïté. Cette virtuosité mène au plus loin l'écriture des sentiments. La marquise, qui a trop lu et trop aimé, tombe dans le piège délectable de la passion en prévoyant chaque moment de sa chute. Tout Crébil... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Bit-Lit-Fantasy
  18 octobre 2015
Voici une de mes lectures pour la fac que je vous propose aujourd'hui qui est Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** de Crébillon Fils.
Pour être franche, l'histoire ne m'a pas vraiment intéressée et j'ai trouvé le livre très très long...
Concernant le personnage de la Marquise, la principale intéressée puisque nous avons avons uniquement ses lettres (et non celles du Comte) et que nous observons ce qui se passe par son écriture, je ne l'ai pas du tout apprécié. Son comportement contradictoire face au sentiment amoureux m'insupporte au plus haut point. En réalité, je plaignais plus le personnage du Comte.
Après cela, le livre reste tout de même intéressant d'un point de vue historique et littéraire car nous en apprenons plus sur les libertins qui sont des êtres totalement opposés à la valeur de la vertu que prônait le reste de la société à l'époque du XVIIIème siècle. Ce qui est doublement intéressant c'est que l'on observe que les hommes libertins n'ont pas à cacher leur comportement, alors que, inversement, les femmes le doivent et garder par conséquent, leur réputation au risque d'être répudiée par la société et que leur univers s'écroule.
On retrouve dans ce livre un écho non pas exclusivement au Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos comme on pourrait le penser, mais plutôt aux Lettres Portugaises de Guillerague où nous avons seulement les lettres d'une femme à son amant.
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Soundandfury
  05 juillet 2011
Avis chrono'
Une liaison amoureuse narrée de ses prémices à sa fin de façon originale puisque vous n'avez ici que les lettres de la dame. Jolie prouesse, des passages savoureux, on grince un peu des dents car rien ne ressemble tant à une déclaration d'amour qu'une autre déclaration d'amour... Mais il manque un petit quelque chose pour en faire un chef d'oeuvre.
_____________________________
Tout est bidon là dedans puisque ce ne sont pas des lettres authentiques, mais un roman épistolaire... que la dame est en réalité M. Crébillon fils, auteur du XVIIIe siècle (il est mort, bon pour mon challenge nécro ça).
Vous connaissez sans doute Les liaisons dangereuses, De Laclos? Sinon il faut au plus vite réparer cette lacune. Hé bien vous avez avec cette délicieuse marquise un avant goût (50 ans plus tôt) du piquant des Liaisons.
En effet, cette dame, mariée bien sûr, entame un échange de lettres avec un comte, dont les réponses ne nous sont pas données, mais que l'on devine très aisément, un peu comme on reconstitue la teneur de la conversation téléphonique du gars qui, au restaurant, répond à un appel à la table d'à côté en parlant bien fort.
Non seulement on arrive bien à suivre, ce qui est un minimum pour un livre, si vous voulez mon avis, mais en plus, cette absence de réponse est un excellent ressort de l'action. Ainsi, côte à côte, nous trouvons une lettre: "Va-t-en, méchant, je ne veux plus te voir" et tout de suite après "Oh, mon chéri, comme tu me manques, viens dépêche-toi". Avouez que s'il y avait entre les deux le plaidoyer du comte sur 3 pages, ça gâcherait l'effet "papillon".
Je ne vous fait pas de résumé, il vous suffit de savoir qu'on prend leur idylle tout au début et qu'on la suit jusqu'à la fin. Tout y est: amour, craintes, jalousie, raccommodement, amour, craintes, jalousie...
La répétitivité des motifs est volontaire: quelle meilleure façon de nous faire sentir combien l'amour est vain, convenu, qu'il répond à des schémas immuables? Qu'aucune lucidité ne permet d'en éviter les écueils?
Car la marquise, dans ses premiers écrits, affiche sa connaissance de ce qui va arriver. Elle tient une sorte de métalangage amoureux. Celui de la femme qui sait qu'elle est en train de parler de l'amour et qui décrit minutieusement les étapes de sa chute, parfois avant même qu'elles n'aient lieu.
"A force de vous écrire que je ne vous aimais pas, je vins enfin à vous écrire que je vous aimais"
Elle désamorce même ses propres tactiques de séduction en dévoilant leur objectif, n'hésite pas à lui dire qu'elle est en train de le manoeuvrer...
« Vous vous connaissez trop bien pour ne pas croire ma froideur affectée; je ne veux que vous éprouver , et par un peu de résistance, vous rendre ma conquête plus agréable ».

Je pense qu'on peut voir l'ensemble de l'oeuvre de deux façons: ou bien on considère que c'est un avertissement. A quoi bon être infidèle, puisque ça n'apportera rien de neuf, que ça ressemblera en tout point à l'expérience de tous les autres amants du monde? C'est d'un ennui...
Ou bien on s'en réjouit: si c'est si commun, à quoi bon se priver, tout le monde fait pareil. Crébillon en était déjà convaincu il y a près de 300 ans et ce roman ressemble à s'y méprendre au scénario des Feux de l'Amour.
La première proposition est fort bien-pensante, la seconde passera pour immorale.
Et moi... ceux qui commencent à me connaître à force de fréquenter ces pages savent que mes positions morales sont toujours extravagantes!
Ce que je retiens de cette histoire, c'est sa tendresse. Je trouve ça mignon de nous donner ainsi à voir nos défauts amoureux. Mieux vaut en rire!
Montrer que nous pouvons vivre trois fois la même histoire, la reconnaître chez les autres... Savoir où l'on va, savoir que ça va mal finir... Et quand même y retourner... C'est une belle preuve de la puissance de la nature et des instincts en nous. Nous passons vraiment trop de temps à nous croire les plus forts, dans cette vie...
« En connaissant le péril que je courrais, je n'eus pas la force de l'éviter »
Terminons sur une petite note pour l'égalité des sexes:
« Que vous êtes heureux, vous autres hommes, de pouvoir sans honte vous livrer à votre penchant; pendant que, soumises à des lois injustes, il faut que nous vainquions la nature, qui nous a mis dans le coeur les mêmes désirs qu'à vous. »
P.S. Si après cet article merveilleux vous vous sentez l'envie irrépressible de m'écrire des mails enflammés... un mp est toujours possible ^^
Lien : http://talememore.hautetfort..
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Elvira
  25 février 2012
Crébillon fils nous offre à lire la correspondance entre une marquise et un comte, ou plutôt seulement les lettres écrites par la Marquise. L'histoire d'amour entière est évoquée à travers ces quelques 80 lettres et billets, de sa naissance à sa mort, en passant par les nombreux reproches et lamentations d'amour. Mais les lettres de la Marquise ne se réduisent pas à de simples lamentations : celle-ci s'efforce d'analyser ce qu'elle ressent et de percer les mystères de son amant. Ces lettres nous plongent par ailleurs au coeur des salons mondais du XVIIIe, que l'auteur fréquente lui-même assidûment, hantés par les libertins et les coquettes et régis par des rituels sociaux très codifiés. Une lecture plaisante de ce premier vrai roman épistolaire du XVIIIe siècle, qui préfigure Les Liaisons Dangereuses de Laclos.
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Ackerman
  08 novembre 2016
Un roman épistolaire absolument sublime, à une voix, ce qui le rend d'autant plus poignant. Tour à tour femme modeste et vertueuse, libertine, précieuse, héroïne tragique éplorée, la marquise aux mille visages prend la plume pour séduire, garder, reconquérir son amant.
Entre les Lettres Portugaises et les Liaisons dangereuses, ce chef-d'oeuvre malheureusement trop peu connu du grand public gagne à être lu.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ElviraElvira   04 février 2012
« Nous oublions si tôt un amant vivant, que nous ne devons pas nous souvenir longtemps des morts ; sans entrer même ici dans le détail de ce que les autres femmes peuvent faire en pareille occasion, je vous dirai naturellement qu’il n’y en a pas que je ne surpasse en légèreté et en coquetterie. Veuve d’un amant, j’en prendrais d’abord trois autres pour me consoler. »
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ElviraElvira   25 février 2012
Croyez-moi, renoncez à tous les petits manèges d'amour, les femmes en savent là-dessus plus que vous, et j'ai précisément la coquetterie qu'il faut pour vous rendre le plus malheureux de tous les hommes, quand vous voudrez me chagriner mal à propos.
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ElviraElvira   25 février 2012
Vous la méprisez, je le veux bien ; mais le mépris n'éteint pas toujours une passion violente ; on gémit sur son choix, on en connaît toute l'horreur ; mais emporté par un sentiment plus fort que la raison, on adore ses chaînes en les détestant.
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SoundandfurySoundandfury   05 juillet 2011
Que vous êtes heureux, vous autres hommes, de pouvoir sans honte vous livrer à votre penchant; pendant que, soumises à des lois injustes, il faut que nous vainquions la nature, qui nous a mis dans le coeur les mêmes désirs qu'à vous.
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ElviraElvira   04 février 2012
« Vous m’avez dit par galanterie que vous m’aimiez ; vous avez imaginé que je serais plus propre qu’une autre à vous amuser ; quelque perfidie que vous aviez peut-être faite, vous avait laissé le cœur vide ; vous cherchiez à le remplir : vous m’avez trouvée plus sévère qu’une autre, et vous vous êtes opiniâtré à me poursuivre, parce que c’est un affront pour votre vanité de ne pouvoir me rendre sensible. »
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