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EAN : 9782070132607
1652 pages
Gallimard (21/04/2011)
4.67/5   12 notes
Résumé :
Mèmed est le premier cycle romanesque de Yachar Kemal, dont l’écriture l’a occupé pendant plus de trente ans.
Le tome I a été publié en turc en 1955, le II en 1969, le III en 1984, le IV en 1987.

Les lieux, les personnages et leur psychologie s’enracinent directement dans l’enfance de Kemal, né dans une tribu turkmène, dans une famille où l’on rencontrait aussi bien des bardes qui célèbrent les hauts faits des vivants et des morts et la splend... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Simplementfab
  16 novembre 2021
Ca y'est, c'est terminé. Un énorme pavé, en réalité une tétralogie réunie en un seul volume. Après avoir lu le premier tome, j'ai décidé d'attendre d'avoir tout lu pour faire une critique globale. Je le regrette maintenant, j'aurais du donner mon avis sur chacun des tomes. Je vais quand même tâcher de donner mon sentiment pour chaque tome, puis mon sentiment globale ensuite, sans écrire des pages pour autant.
Commençons déjà par tuer le suspens, je me suis régalé. Dans le premier tome, on découvre Memèd, notre héro, encore jeune garçon, jeune paysan pauvre de la région du Taurus, en Turquie. Il est maltraité par Abdi Agha, tyran local, et leur ''duel'' sera le fil rouge du livre. Au bout de quelques chapitres, Memèd va par la force des choses se faire bandit dans les montagnes, et sa réputation va grandir de jour en jour au près de villages des environs. C'est seulement le deuxième livre turque que je lis, (après ''Le livre noir'' de Orhan Pamuk, que je n'ai pas vraiment aimé) et à travers ce roman, nous découvrons la Turquie à l'époque de sa jeune république. Non pas la Turquie politique, d'Istanbul ou d'Ankara, mais la Turquie paysanne, ses coutumes, son folklore, et surtout sa misère et son délaissement.
Dans le deuxième tome, Memèd, qui jouit maintenant d'une grande réputation auprès des paysans, va lutter contre un nouvel ennemi, un autre tyran local (ils sont nombreux). C'est peut-être le tome que j'ai le moins aimé, non pas à cause de l'histoire, cette fois on voyage un peu plus dans la région, notre vision de la paysannerie s'élargie, et ce pour notre plus grand plaisir, mais ce qui m'a déplu c'est le comportement de Memèd, que j'ai trouvé de moins en moins attachant pour des raisons que je ne peux dévoiler sans spoiler. Mais il a fini par remonter dans mon estime à la fin du livre, ça reste un très bon roman.
Dans le troisième tome, Memèd, devenu presque un saint pour les paysans, se trouve encore un ennemi très puissant, un peu le même que les précédents, les despotes locaux se ressemblant tous plus ou moins. En fait Memèd aura de très nombreux ennemis, je ne parle à chaque fois que du principal. Un vrai régal encore, de nombreux personnages secondaires très réussis, qui ne feraient presque pas nous manquer Memèd beaucoup moins présent dans ce volume. J'ai ici une faiblesse particulière pour les personnages pourris, les puissants qui ont juré la perte de Memèd. J'ai adoré suivre leurs intrigues, leurs coups bas et leur lâcheté.
Et enfin dans le quatrième et dernier tome, encore un régal d'aventures, avec juste un coup de mou vers le milieu du livre. Cette fois l'ennemi de Memèd (parmi beaucoup d'autres) est un homme très puissant venu exprès d'Ankara. On l'a connu dès le deuxième tome, mais cette fois il va prendre les choses en main pour se débarrasser de Memèd. Je n'en dis pas plus.
Je vais juste finir avec un avis plus globale, Memèd, bien que bandit, est un personnage très attachant. C'est en fait un jeune homme bon, modeste, presque timide, qui se refuse à tuer les gendarmes venus l'arrêter. Il ne tue que les pires des salauds, et ne vole que pour redistribuer. Il va devenir au fil de ses aventures un saint, presque un dieu pour les paysans qui n'hésiteront pas à sacrifier leur santé, voir leur vie pour lui. En fait Memèd va vite être dépasser, et même surpasser par son image. On voit ici comment les légendes prennent forme, Memèd, jeune homme maigre à l'aspect juvénile, va devenir dans l'imaginaire collectif un géant aux énormes moustaches, qu'aucune balle ne peut atteindre, et chevauchant un cheval magique. A travers le personnage de Memèd, Yachar Kemal nous fait découvrir les travers d'une jeune république Turque corrompue, en proie à de nombreux problèmes internes, mais également ce qui fait le charme de cette Turquie, ses traditions et coutumes ancestrales (surtout à travers le monde paysan) en confrontations avec une vision des choses plus moderne (vue à travers les puissants). En bref, un plaisir de romans d'aventures, dont l'épaisseur peut faire peur, mais il y a énormément de dialogues, ce qui rend la lecture plus fluide et donc plus agréable.
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ivredelivres
  27 mai 2011
Mèmed le mince
C'est une grande saga que vient de rééditer Gallimard, les quatre volumes des aventures de Mèmed le héros de Yachar Kemal
Les quatre tomes ont été publiés entre 1955 et 1987 c'est dire qu'il a pris son temps !
Ma lecture de Kemal est toute récente, sa trilogie Une histoire d'île dont les deux premiers tomes sont parus m'a beaucoup plu, aussi quand Sibylline a eu la bonne idée de faire de Yachar Kemal l'écrivain du mois j'ai profité de l'aubaine.
Mais commençons par le commencement et le roman d'ouverture Mèmed le mince.
Nous voilà transporté sur « les contreforts montagneux du Taurus » en Anatolie.
Cinq villages vivent sous la coupe du terrible Abdi Agha, la terre est ingrate, la récolte de coton ne nourrit pas les familles, les villageois subissent le joug d'Abdi Agha, tafics, corruption, bastonnades et brimades en tous genres, tout est bon pour pressurer les villageois.
Mèmed est le bouc émissaire du tortionnaire et il tente de s'enfuir et pendant quelques jours « Il se sentit soudain léger comme un oiseau paisible.» mais le bonheur est de courte durée car toute opposition est vaine et pour protéger sa mère il est contraint de rentrer.
Mèmed le Mince est pauvre « la maison de Mèmed n'a qu'une seule pièce » , il est tout en jambes, maigrelet mais plein d'astuce et de courage, affamé aussi mais autant de justice que de pain. Mais ce sont ses yeux qui disent tout « sa vitalité, sa haine, son amour, sa peur, sa force »
Pourrait-on imaginer un village sans Agha pour le gouverner ? y a t-il une fatalité qui fasse que Hatçe la belle, l'amour de Mèmed soit fiancée de force au neveu d'Abdi Agha ? Toutes ces questions tournent dans la tête de Mèmed, et si Abdi Agha mourrait ?
Et voilà Mèmed qui passe de la colère à la rébellion, qui va lier son sort à celui de brigands et prendre le maquis en s'enfuyant dans les montagnes.
Et bientôt « Dans la Çukurova et dans les montagnes du Taurus, l'histoire de Mèmed le Mince circulait de bouche à oreille en s'amplifiant. »
Voilà un sympathique héros, un Robin des bois moderne, un Mandrin d'Anatolie. Il y a tout dans ce récit, les poursuites, la révolte, le courage et la ruse du jeune homme, l'amour contrarié pour sa belle. Par dessus tout il y a la lutte contre l'asservissement de l'homme, la soif de justice et de liberté.
C'est une Turquie moyenâgeuse et féodale, que Yachar Kemal nous dépeint. Dans cette belle chanson de gestes digne des bardes qui de villages en villages chantaient le courage des bandits d'honneur, il y a tout l'amour de l'auteur pour cette terre âpre qui est la sienne. Lui qui a fait tous les métiers pour pouvoir écrire il tient là sa revanche, Mèmed le Mince c'est lui.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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ivredelivres
  27 mai 2011
Mèmed le faucon
Nous voilà de retour dans la plaine de l'Anavarza, une terre qu'il faut célébrer car " L'ajonc pousse dans la terre la plus belle, la plus fertile. Sa taille ne dépasse pas celle de l'homme, mais d'une seule racine jaillissent plusieurs pieds. L'ajonc, quand il est jeune, est couleur de miel. A mesure qu'il prend de l'âge, sa couleur s'assombrit, vire du miel au noir. Au printemps, c'est l'ajonc qui, le premier, bourgeonne et se couvre de feuilles, le premier dont les fleurs jaunes éclosent. "
C'est cette terre qui manque à Mèmed , les années ont passées depuis qu'il s'était fait redresseur de tords et défenseur des opprimés mais aujourd'hui il est de retour au village et vit caché chez le vieil Osman.
Il a tué Abdi Agha mais la mauvaise graine c'est comme le chiendent et Ali Safa Bey a pris la place avec un seul but : mettre la main sur toutes les terres disponibles de la région.
Pour devenir propriétaire Ali Safa est prêt à tout, même à donner ce qu'il a de plus cher. Un plan germe alors dans la tête de Hasan fils du dévot qui conclut avec Ali Safa un marché, il donnera sa terre si en échange Ali lui donne son alezan magique, l'accord est conclu. Mais quelques temps après la maison d'Hasan part en fumée, il peut tout juste s'échapper, l'écurie est en flamme et alors qu'il tente de sauver le cheval celui-ci " se cabra, arracha sa bride aux mains d'Hasan, galopa vers la place du village (...) puis dévala vers la plaine et se perdit dans les ténèbres. » Ali Safa n'a pas tenu parole, la guerre va commencer.
Mais Mèmed me direz-vous ? son souvenir est toujours présent, sa résistance a pris l'allure d'une épopée, mais le village souhaite-t-il vraiment son retour ?
Mèmed est toujours au service de la défense des petits et le combat va à nouveau s'engager entre Ali Safa représentant des nantis, de la corruption, du pouvoir et Mèmed. Heureusement les forts se battent parfois entre eux ! de nouveau s'engage le combat inégal, pièges, embuscades, représailles, la montagne où Mèmed trouve refuge grouille de gendarmes et il va lui falloir tout son talent et beaucoup de complicités pour leur échapper. Bataille pour les terres, bataille pour l'eau indispensable à la vie du village.
Dans ce deuxième roman le récit est plus resseré, l'art de Yachar Kemal s'épanouit. le merveilleux se mêle au réalisme du récit, la notoriété de Mèmed s'amplifie, il devient le Faucon, il fait un miracle " les eaux se mirent à couler en cascade vers la plaine" en rendant l'eau au village. Il est invincible, il monte la jument du Prophète, il devient une légende....
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
nabakeltinabakelti   23 mars 2017
Un ouvrage autobiographique ne peut pas être littéraire. Il faut créer, inventer pour faire de la littérature.
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